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MÉLANGES DE MUSICOLOGIE CRITIQUE
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LAIS ET DESCORTS FRANÇAIS
DU Xllle SIÈCLE
— TEXTE ET MUSIQUE —
PUBLliS PAR
Alfred JEANROY
PROFESSEUR A L'uNIVERSITÉ DE TOULOUSE
Louis BRANDIN & Pierre AUBRY
ARCHIVISTES-PALÉOGRAPHES
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PARIS
H. WELTEH, l'oiTKUR
4, RUE BERMARD-PALISSY, 4
1901
HARVARD UNIVERSITY
SEP 24 fi68
EDA KUHN LOEB MUStC LIBRARY
INTRODUCTION
Mon dessein n'est point d'aborder, dans cette courte introduction, toutes les questions
qui pourraient se poser à propos des textes ici rassemblés pour la première fois ^ . Ces textes
en eflfet sont étroitement associés — subordonnés serait peut-être plus exaft — à des
mélodies : or, mon ignorance totale de la musique ne me permet pas de chercher dans
rétude de ces mélodies les renseignements qu'on est en droit d'en attendre sur les origines
& la nature du genre. Sans doute mon excellent collaborateur, M. Aubry, eût pu me fournir
sur ce sujet toutes les lumières qui me manquent ; mais nous avons travaillé à distance, &
une perpétuelle consultation n'eût point été sans difficultés. J'ai donc pris le parti de laisser
M. Aubry tirer de l'étude des mélodies toutes les conclusions qu'il jugera convenables &
me suis borné à l'examen des textes. Je vais d'abord énumérer les particularités de versifi-
cation que ceux-ci présentent; j'aborderai ensuite très brièvement la question des origines.
LA VERSIFICATION DANS LES LAIS ET DESGORTS
Identité du lai & du descort. — L'essence du genre a dû être primitivement la « discordance » entre
les strophes. — Nombre des strophes. — Nombre des rimes dans la strophe. — Dimension
des strophes. — Longueur des vers. — Construélion de la strophe; sa division en membres
symétriques. — Forme & nombre des membres symétriques. — La coda; sa forme, sa place.
— Strophes non symétriques.
Tout d'abord, a-t-on le droit de confondre en une même étude les lais & les descorts,
& pouvons-nous appliquer aux uns tout ce qui sera dit des autres? Les opinions sur ce point
sont partagées : F. Wolf- croit à l'identité des deux genres^ M. Suchier^ au contraire, en
admettant pour le lai & le descort une origine différente, tranche par là même la question
dans le sens de la dualité. M. AppeH est encore plus précis : « Quant à la forme, dit-il, le
* Nous n'avons point compris dans ce travail la « Note Martinet » (Raynaud, Bibliographie des cbansonniers,
n*» 474) qui ne nous a point paru offrir les caraftères distinélifs du lai. La pièce Flur de virginité, qui m'avait
d'abord échappé, n'étant point dans la Bibliographie de M. Raynaud, est imprimée en appendice.
* Ueber die Lais, Sequen^en und Leicbe, Heidelberg, 1841.
3 Geschichte der fran{Ôsischen Litteratur, Leipzig & Vienne, 1900.
* Zeitschrift fur romanische Philologie, XI, 230.
VI LA VERSIFICATION
lai & le descort sont très voisins ; au point qu'il est très difficile de découvrir entre eux des
différences spécifiques. 11 y en a cependant : les rimes dans le lai changent souvent plus
fréquemment que dans le descort : de là cette conséquence que la division en strophes
est plus nette que dans la plupart des lais. Enfin une particularité habituelle dans le lai, &
exigée par les récents théoriciens, est que la dernière strophe reproduise la forme de la
première ; dans le descort il n'en est jamais ainsi : au contraire on trouve souvent à la fin
de la pièce une tornade qui répond, quant à la forme, au dernier couplet. »
Une étude attentive des textes m'a amené à une conclusion contraire. Voici les faits.
Parmi les pièces ici publiées, huit sont qualifiées descorts (i. II, III, VIU, IX, X, XI, Xlll);
treize prennent le nom de lais (XII, XIV, XVI, XVII, XVIII, XX, XXI, XXII, XXIII, XXIV,
XXV, XXVI, XXVII). Si nous étudions ces pièces, nous ne trouvons point entre les deux
séries les différences que M. Appel, — qui du reste n'avait pas tous les textes à sa dispo-
sition, — a cru y remarquer. L'observation relative au changement plus fréquent des rimes
dans le lai n'est justifiée que par un petit nombre de pièces, où ce changement s'explique
par la longueur inusitée des strophes ; mais il arrive fréquemment aussi que les strophes,
dans le lai comme dans le descort, n'aient, malgré leur longueur, qu'un petit nombre de
rimes, & que la division -des couplets y soit parfaitement nette (voyez les n^" XII, XVIII,
XXII, XXIV, XXV, XXVI, XXVII). L'essence du lai ne tient pas non plus à ce que la
dernière strophe y serait calquée sur la première : sur treize pièces cette particularité ne se
présente que deux fois (XXII, XXVII) ^ — Cette remarque n'est pas plus justifiée par
l'étude des pièces provençales : deux seulement portent le nom de lais, &, dans une seule, le
<s lai Markiol », la dernière strophe est symétrique à la première (encore a-t-elle un vers de
plus); dans le « lai Nompar », la dernière strophe reproduit les rimes & les idées de la
première ; mais la structure est toute différente.
On pourrait penser enfin, en s'appuyant sur le sens même du mot « descort », que le retour
de la même forme strophique y serait interdit, tandis qu'il serait autorisé dans le lai. Mais ce
serait là encore une illusion. On trouve le retour de la même forme dans des pièces qualifiées
descorts (XI, Xlll) &, inversement, on ne le trouve pas dans des pièces qualifiées lais
(XVI, XXVI). Nous pouvons donc sans hésitation réunir dans la même étude les deux
genres, ou mieux les pièces diversement nommées qui appartiennent à un genre unique.
Nous venons de voir qu'en dépit des apparences l'essence du genre n'est pas constituée
par la discordance entre les strophes. Le nombre des pièces où la même forme strophique
se répète est même supérieur à celui des pièces où ne se rencontre pas cette répétition-.
Néanmoins il est permis de penser qu'à l'origine il n'en était pas ainsi & que toutes les
strophes devaient différer entre elles. Il est à remarquer que l'accord, quand il se produit,
* Je ne compte pas la pièce XXIX, calquée sur XXII. Encore faut-il remarquer que dans le n° XXVII la même
formule sert aussi pour un grand nombre d'autres strophes.
* Sur vingt-neuf pièces, il y en a en somme dix-huit où elle se trouve (V, VI, XI, XIl, Xlll, XIV, XV, XVII,
XVIII, XX, XXI, XXII, XXIII, XXIV, XXV, XXVII, XXVIII, XXIX), onze où elle ne se rencontre pas (douze, en
tenant compte du n® XXX).
DANS LES LAIS ET DESCORTS VII
n'affefte généralement que deux strophes, qui souvent ne se suivent pas *, & qu'il ne porte
qu'une faible atteinte à l'impression produite par l'ensemble. Ce genre a dû se constituer en
eflfet en opposition à la chanson, où toutes les strophes étaient identiques. Il semble qu'il
ait été, à l'origine, destiné à peindre &, pour ainsi dire, à figurer matériellement, par l'inco-
hérence de sa forme, non point seulement les angoisses de l'amour, ce qui le distinguerait
médiocrement de la chanson, mais le trouble le plus extrême & une sorte de déséquilibrement
produit par la rapide succession de sentiments contraires. C'est du moins ce que semblent
vouloir dire, dans des passages du reste médiocrement clairs, Gilles le Vinier & Adam de
Givenci (iX, i ; X, i).
Peut-être, parmi les mélodies afférentes aux diverses strophes, les unes étaient-elles
gaies, les autres tristes; il est certain que le caractère de l'ensemble devait être plutôt
mélancolique, d'accord en cela avec celui du texte; d'autre part il est remarquable, &
M. Appel a déjà signalé ce fait 2, que la mélodie des descorts provençaux est souvent
qualifiée de « gaie », « légère », &c. De même Gilles le Vinier (VII, 5) nous dira qu'il veut
composer un chant lié et gai, & Colin Muset déclare (IV, 4) qu'il \eut s'envoisier, être bau:(
et joiani. Ou bien encore, en appliquant une mélodie joyeuse à des paroles plaintives,
comme le sont presque tous nos textes, on cherchait peut-être à accentuer la « discor-
dance » qui faisait le fond du genre.
Le nombre des strophes^ n'est nullement fixé, comme il le sera au xiv® siècle. II est au
contraire extrêmement variable : telles pièces n'ont que quatre strophes (VII, X, XIX) ; une
autre (XVlll) en a jusqu'à vingt-trois. En général leur chiffre oscille entre cinq & treize.
Il y en a six
dans
II, IV, IX, XXVIl.
»
sept
»
m, XI, xii, XVII.
»
huit
»
XVI.
»
neuf
»
1, XXIV, XXV.
»
dix
»
IX, XX.
»
onze
»
V, XI, XXIII.
»
treize
»
XXI, XXll, XXIX.
»
dix-sept
»
XXVllI.
»
dix-neuf
»
XXVIl.
Ordinairement c'est l'apparition de rimes nouvelles qui signale le début d'une nouvelle
strophe. Pourtant ce critérium n'est pas infaillible ; telle pièce nous offre les mêmes rimes
dans deux strophes consécutives (I, i, 2 ; II, i, 2), tandis que dans d'autres, comme nous
le verrons plus loin, toutes les rimes changent brusquement à l'intérieur d'une strophe.
^ Pour plus de détails, voyez plus loin, p. xii.
2 Loc, dt,f p. 219.
3 Pour toutes les questions de versification, je renvoie aux formules strophiques qui précèdent les textes;
c'est là qu'on pourra, d'un coup d'oeil, prendre une idée exade du nombre des strophes, de celui des rimes, de
leur genre, de leur disposition, &c. Je ne mets ici en relief que les points les plus essentiels.
VIII LA VERSIFICATION
Aussi l'hésitation sur ce point est-elle souvent permise & je ne suis pas sûr d'avoir toujours
tranché les difficultés comme il eût convenu. Les petites capitales ou lettrines ornées, qui,
dans les manuscrits, marquent ordinairement le début des strophes, ne sont pas non plus
un guide toujours sûr ; elles ont été souvent mal placées par le rubricateur. Le mieux est,
à mon avis, de se régler sur Tapparition de nouvelles combinaisons métriques & de nouvelles
unités musicales.
Dans les pièces où la longueur des strophes ne dépasse pas la moyenne, le nombre
des rimes est le plus souvent de deux par strophe ; mais, plus la strophe s'allonge, plus,
naturellement, le nombre des rimes tend à s'y élever : on en trouve assez fréquemment
quatre (Xll, 5 ; Xlll, 3, 4), cinq (XXIII, i), sept (XVll, 3), & même neuf (XVII, 2, 4).
La dimension des strophes est en effet très variable : elle va de deux vers (V, 11) à
cinquante-six (XVII, 2). La moyenne est de vingt à vingt-cinq. Voici l'indication des plus
longues que j'ai rencontrées (on verra qu'elles appartiennent toutes aux deux mêmes pièces,
où la complication des combinaisons a été poussée plus loin que partout ailleurs) :
11 y a trente vers dans XVI, i .
» trente-trois » » XVI, 5.
» trente-huit » » XVII, 7.
» cinquante-trois » » XVI, 4.
En ce qui concerne la longueur des vers, on en trouve à peu près de toutes les
dimensions, de deux syllabes (XXI, XXIII, passim) à onze (III, i ; XXV, 1); les vers de
sept & de huit syllabes sont naturellement les plus nombreux, comme dans tous les genres
lyriques. Mais ce qui est vraiment caraètéristique du genre, c'est le fréquent emploi de vers
courts, notamment de ceux de trois, quatre, cinq & six syllabes.
Chaque strophe, dans le lai, formant un ensemble, la constitution de la strophe est
fort importante à étudier. On sait que le propre de la strophe de chanson est d'être
« tripartite » : il n'en est pas de même, du moins le plus ordinairement, de celle du lai, &
c'est là entre les deux genres une des différences les plus remarquables : le couplet dans
le lai est le plus souvent « bipartite », & fréquemment composé de formes strophiques
appartenant à cet ancien fonds de notre poésie lyrique antérieur à l'imitation de la poésie
provençale & qui étaient presque toutes divisibles en deux ou quatre parties symétriques :
telles sont les rimes croisées (ab ab ...) ou le vieux rytbmus tripertitus caudatus (aab aab)^
Le couplet à rimes croisées est un de ceux qui reviennent le plus fréquemment ; il a
souvent huit vers : il se confond alors absolument avec une des formes strophiques les plus
anciennes & les plus sûrement populaires de notre poésie lyrique-. Ce couplet, quand il
est composé de huit vers, est divisible soit en deux, soit en quatre parties symétriques. 11
* Sur cette forme voyez Wolf, op, cit., passim, surtout p. 198, Suchier, Reimpredigt (Halle, 1879), Introd., &
mes Origines de la poésie lyrique en France, p. 364 & ss.
^ Ce couplet forme la quasi totalité des pièces XVIIl & XXII. J'ajoute que les vers de sept & huit syllabes, si
fréquents dans la poésie populaire, y dominent notablement.
DANS LES LAIS ET DBSCORTS IX
peut aussi être moins long & ne compter que six vers (II, 2 ; V, 3-7 ; XIX, 3); les membres
symétriques sont alors au nombre de trois. Il Test souvent davantage & va jusqu'à seize
vers, sans doute par la simple réduplication de la forme primitive.
Le couplet monorime, si fréquent dans les lais, paraît être, par sa nature même, rebelle
à toute division symétrique ; cependant il est remarquable que lui aussi est le plus souvent
composé d'un nombre pair de vers & peut par conséquent être considéré comme formé de
membres symétriques ^
La forme la plus fréquente peut-être, après celles que je viens de signaler, est la strophe
couée (le vers en b est ordinairement, comme dans les plus anciens exemples, plus long
que les deux qui le précèdent). Ici les membres symétriques sont au nombre de deux &
comptent trois vers chacun. Mais cette forme peut être & a été fort souvent amplifiée
(aaa..b) & les membres symétriques peuvent compter alors quatre vers (VI, 4; X, 2), cinq
vers (VIII, I ; XVII, 2), ou davantage. Le nombre des membres symétriques n'a rien de fixe;
cependant il est remarquable qu'il soit souvent de trois.
Certaines autres formes, fort différentes de celles-là au premier aspeft, peuvent, en
dernière analyse, y être ramenées : elles peuvent en être considérées, soit comme un raccour-
cissement, soit comme un allongement, suivi d'une coda, laquelle peut, du reste, être réduite
à un seul vers^. Ainsi on peut rattacher au premier type les formes en ab ab b (XXIV, 2) ou
ab ab c (XVII, 3), au couplet monorime celles en aa bb baa (IX, 6) ou aaa bbb c (XVI, 5).
Ces différentes formes sont du reste souvent redoublées ou triplées & la symétrie est ainsi
obtenue ^.
Il est encore une forme ancienne, d'origine probablement populaire ^, dont la rareté
dans les lais est frappante. Peut-être en a-t-elle été écartée parce qu'en l'employant on ne
pouvait obtenir la symétrie que par voie de redoublement^.
La dimension des membres symétriques est ordinairement réglée par le système stro-
phique dont ils font partie : ils sont de deux vers dans les strophes à rimes croisées, de
trois (ou parfois davantage) dans la strophe couée; dans certaines constructions plus
savantes ou plus arbitraires, ils peuvent être beaucoup plus longs, compter par exemple six
vers (IX, 4), sept vers (IX, 6 ; XVI, 5 ; XXIV, 4, 5), neuf vers (IX, i)^-
Étudiant la symétrie dans le corps de la strophe, j'ai fait abstraction, pour plus de
commodité, d'un élément qui, lorsqu'il existe, rapproche la strophe du lai de celle de la
ï Un chiffre impair de vers est l'exception (IV, 5, 6; XI, 1 ; XXII, 1); le dernier vers peut alors être consi-
déré comme une coda.
2 Sur la coda, voy. plus loin, p. x.
3 II est remarquable qu'on ne trouve jamais la symétrie inverse (ab ba) si fréquente dans la chanson, surtout
au Midi.
* Voy. mes Origines de la poésie lyrique, p. 397 & ss.
5 Je n'en ai trouvé que deux ou trois exemples : a a a b c b (IX, 4), a a b a b (b b) (II, 6), auxquels on peut
ajouter d d d e d d e (IV, 4). Dans aucun des cas nous ne trouvons le redoublement qui eut produit la symétrie.
® Notons enfin le cas où la symétrie est établie entre deux ou plusieurs membres parla dimension seule des
vers, les rimes restant différentes (XXVII, 7 ; XXV, 4, 8).
b
X LA VERSIFICATION DANS LES LAIS ET DESCORTS
chanson : je veux parler de la coda. Elle peut affecter des formes très variées, dont il est
inutile de citer ici des exemples, & des dimensions fort diverses ^ Je ferai remarquer seule-
ment qu'elle est souvent monorime, surtout, semble-t-il, dans les pièces les plus anciennes
(I, 2, 4; m, i). i
Elle peut être double & se composer de parties n'ayant entre elles aucun rapport de
strufture (Vil, 4).
Il arrive assez fréquemment que la coda — disons la partie non symétrique, si ce
rapprochement de mots contradictoires paraît trop choquant — précède le corps de la *-
strophe (III, 2; IV, i ; XXIII, 5; XXV, 5)2. Parfois encore elle se trouve intercalée entre
les deux parties symétriques (I, 7 ; XVI, 4; XVll, 5 ; XXIII, 8) 3. Parfois enfin on la trouve
à l'intérieur & à la fin de la strophe (XVII, 2, 3, 4) K
Tous les cas étudiés jusqu'ici nous ont fait constater une symétrie entre les membres
de la strophe. Je n'ose pourtant déclarer qu'une telle symétrie soit inhérente au genre :
elle est absente en effet d'un assez grand nombre de strophes. Celles auxquelles je fais
allusion ne présentent aucune sorte de symétrie ni dans la dimension des vers ni dans
l'agencement ou la nature des rimes ; ce sont par exemple des séries monorimes de vers de
longueurs diverses (XII, i) ou des séries monorimes plus ou moins longues, dont la réunion
forme un ensemble vraiment amorphe (IV, 11 ; XXI, 11. Cf. encore XXI, 10; XXVIII, 17).
* Un vers (1, 3 ; 11, 4; III, i) ; six vers (III, 6) ; huit vers (VI, 7); quatorze vers (XXIII, 10).
2 Dans VII, 1 , on peut considérer les six premiers vers de la strophe comme une coda.
3 C'est à ce système que je rattacherais volontiers le lai de Thibaut de Champagne (XIV), où les vers 7-13
forment un groupe asymétrique entre deux groupes de membres symétriques.
* Certaines strophes présentent cette particularité qu'elles se composent de deux ou plusieurs groupes non
symétriques entre eux : par exemple baba dada (VI, 3); mais chacun de ces groupes mêmes se divise en
membres symétriques. Ce cas peut donc être considéré comme rentrant dans celui qui vient d'être examiné
(voy. VI, 1 ; VIII, i, 3, 4; X, i, 2, 4; XI, 7; XVI, 3, 4, 5). Ces groupes non symétriques peuvent naturellement,
comme les groupes symétriques, se combiner avec une coda: celle-ci peut suivre les deux groupes (I, 4; XII, 5),
suivre chacun d'eux (III, i), ou s'intercaler entre eux (XVI, 4 [v. 103-4]). Cette disposition est surtout fréquente
dans les lais aux strophes interminables de la seconde période, par exemple dans XVI, XVII, XXIII. Dans XVI, 5
on a jusqu'à six groupes consécutifs à symétrie interne, mais sans aucun rapport entre eux. La recherche de la
complication a ici déterminé une véritable déviation aux lois primitives du genre.
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LAIS ET DESCORTS. — Bibl. Nat. f. fruip. fMff
II
ORIGINE DU GENRE
L'origine du genre doit-elle être cherchée dans la France du Nord ou dans celle du Midi ? Théorie de
MM. Appel & Suchier. — Selon Wolf, le lai serait une imitation de la séquence; discussion de
cette théorie. La séquence se compose de phrases musicales symétriques deux à deux. Il n'en
est pas de même du lai ; la symétrie entre les strophes considérées deux à deux n'y est de règle
qu'au xive siècle. — Le lai est-il d'origine celtique? Arguments en faveur de cette opinion. —
Quel peut être l'élément celtique dans les lais ?
Ces minutieuses constatations ne nous fournissent que de très faibles indications sur la
question essentielle, à laquelle j'aurais voulu arriver plus tôt, celle de l'origine du genre.
Nous devons d'abord nous demander si c'est dans la France du Midi ou dans celle du
Nord qu'il a d'abord apparu ; mais cette question préjudicielle même n'est pas facile à
trancher ^ Un texte bien connu, la biographie provençale de Garin d'Apchier, nous apprend
que c'est ce troubadour qui « fit le premier descort qui jamais fut fait- ». Mais cette indica-
tion n'a peut-être pas une grande valeur : elle ne prouve guère qu'une chose, c'est que le
biographe ne connaissait pas de descorts antérieurs à celui de Garin dont il cite les deux
premiers vers. Ce troubadour, en effet, paraît bien avoir poétisé dans les premières années
du xiii* siècle, tout au plus dans les dernières du xii®, & nous avons des descorts de
poètes plus anciens, tels que Pons de Capduoill & Peire Raimon. Les plus anciens
spécimens provençaux appartiendraient, selon M. Appel, aux années 1180-90 environ.
C'est précisément vers la même époque que le descort apparaît dans la France du Nord ;
c'est celle de Gautier de Dargies & de Colin Muset, les deux trouvères les plus anciens qui
en aient composé 3. Quand bien même du reste nous pourrions fixer de la maniée la plus
précise la date des plus anciens descorts provençaux & français, nous ne serions pas encore
bien avancés, car rien ne nous prouve que nous ayons conservé les plus anciens spécimens
* Peut-être l'a-t-elle été un peu vite par M. Appel : « La priorité du descort, dit-il, est assurée du côté des
Provençaux (loc, cit., p. 221). » — M. Suchier, dans sa toute récente Histoire de la littérature française, suppose
(p. 120) «que la patrie du lai doit être cherchée dans la France du Nord & que le descort est né indépendamment
au Midi de l'imitation des séquences ecclésiastiques ». Mais cette hypothèse tombe devant la constatation faite
plus haut de l'identité absolue des deux genres.
2 Raynouard, Choix de poésies des Troubadours, V, 155 ; Chabaneau, Biographies des Troubadours, p. 6^,
3 Sur la date du second, voy. G. Paris dans Roniania, XXll, 289. Qyant au premier, il fut Tami de Gace Brûlé
à qui il a adressé deux pièces ( Raynaud, 418 & 423); son nom figure dans une charte de 1201 {Histoire litté-
raire de la France, XXIll, 569). 11 est vrai que dans l'un de ces descorts il se donne comme âgé ; mais on ne peut
fixer la date de l'autre.
XII ORIGINE DU GENRE
du genre ; tout même nous fait supposer le contraire. Nous sommes donc, sur ce premier
point, réduits aux hypothèses. Tout au plus peut-on faire observer, en faveur de la France
du Nord, que le genre y est plus abondamment représenté, qu'il y a vécu d'une vie plus
durable & plus intense ^ .
Les probabilités en faveur de la France du Nord seraient bien accrues si Ton pouvait
affirmer que Torigine lointaine du genre doit être cherchée dans la poésie celtique. Mais cela
même, comme nous allons le voir, n'est pas certain.
La théorie communément acceptée sur ce point est celle de F. Wolf. Ce savant a
consacré tout un livre célèbre, où une surprenante érudition n'est égalée que par la prodi-
gieuse confusion des matières, à défendre cette thèse que le lai provient directement de la
séquence liturgique. Il ne me paraît pas avoir réussi à la démontrer. Le propre de la séquence,
on le sait, est d'être formée de phrases musicales (clausulœ) qui « sont, deux par deux,
composées d'un même nombre de syllabes & chantées, deux par deux, sur les mêmes
notes ^ ». Dans chaque clausula, les poses doivent être placées au même endroit; dans
chacune des subdivisions formées par ces poses, les accents toniques doivent se corres-
pondre 3. Seules, la première & la dernière clausulœ sont indépendantes & se chantent sur
une mélodie particulière.
On voit la différence immense qui sépare les séquences de nos lais : là, sauf en ce qui
concerne la première & la dernière strophe, le parallélisme est absolu ; ici, l'indépendance est
à peu près érigée en loi. Sur trente pièces (ou plus exaftement vingt-neuf, puisque deux sont
de forme identique), il y en a douze où on ne trouve d'identité entre aucune des strophes.
Là même ou l'identité se produit, elle est rarement établie entre deux strophes consécutives.
Voici tous les exemples de ce cas que j'ai relevés (la plupart du temps cette identité ne s'étend
pas à la nature des rimes). Il y a identité
ans
XI
entre
5-6,
dans
XXI
entre
6-7-8,
»
XVll
»
3-4,
»
XXII
»
8-9-10-11,
»
XVIII
»
1-2,
»
XXIII
»
2-3-4,
»
»
»
3-8,
»
»
»
8-9, (sauf trois vers),
»
»
»
9-10-1 1-12-13-14,
»
XXVIII
»
1-2-3-4,
»
»
»
15.18,
»
»
»
6-7-8,
»
XX
ss
ï-2;3-4(?),
»
»
»
9-10,
»
XXI
»
2-3-4,
»
»
»
11-12, 16-17*.
* Les dernières pièces ici publiées paraissent bien appartenir à la fin du xiii* siècle. — Nous n'avons pas
moins de huit descorts pieux, ce qui prouve que le genre avait obtenu une assez grande vogue.
2 L. Gautier, Adam de Saint-Viâor, éd. de 1894, p. 297.
3 L. Gautier, ihid,, d'après Bartsch, Die lateinischen Sequen^en des Mittelalters, p. 69.
* Je ne mentionne pas XXIV, 1-3, où, si la succession des rimes est la même, la longueur des vers diffère.
Dans XXV, il y a des analogies diverses, dont on trouvera le détail plus loin (p. 62). 11 faut signaler enfin un
genre tout particulier de symétrie, la symétrie rétrograde qu'on observera dans V. — J'ai tenu à citer tous les
exemples que nos textes nous offrent, mais je ferai remarquer que ceux qui sont empruntés aux pièces XVlll &
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LAIS BT DESCORTS. — Bibl. Nat. f. fhuip. f««
ORIGINE DU GENRE XIIl
L'identité s'établit donc, non point, comme dans les séquences, entre deux strophes
consécutives, mais entre trois strophes ou davantage. En somme, nous ne trouvons pas^ au
xiii® siècle, un seul lai qui soit construit conformément au type de la séquence, c'est-à-dire
qui nous offre, entre une strophe initiale & une strophe finale indépendantes, une série de
strophes identiques deux à deux.
L'identité entre diverses strophes, à peu près exclue des plus anciens lais, devient de
plus en plus fréquente dans ceux du milieu & de la fin du xiip siècle : dans XXVII, si on
excepte la strophe finale, les dix-huit strophes restantes se répartissent en six systèmes qui
peuvent embrasser jusqu'à six strophes ; le même principe règne dans XXVIII, où trois
strophes seulement restent isolées ; XXVIII & XXII sont construits presque tout entiers,
comme je l'ai fait remarquer, en strophes de huit vers à rimes croisées.
Nous nous approchons donc peu à peu du système suivi au xiv<» siècle, où on ne fit
proprement qu'ériger en règle une tendance de plus en plus marquée à la symétrie. La
réforme fut double : elle consista à régler le nombre des strophes, qui fut fixé à vingt-quatre,
& à exiger le parallélisme de ces strophes deux à deux. Chez la plupart des théoriciens, ce
chiffre est fixé non à vingt-quatre, mais à douze, parce que les deux strophes symétriques
entre elles ne comptent que pour une seule K Voici comment s'exprime Eustache Deschamps
dans son Art de ditier (1392) : « H y faut avoir douze coupples, chascune partie en deux,
qui font vingt-quatre. Et convient que la taille de chascune coupple a deux paragrafes soient
d'une rime, toutes differens l'une coupple a l'autre, excepté tant seulement que la derreniere
coupple des douze qui font vingt-quatre & qui est & doit estre conclusion du lay, soit de
pareille rime & d'autant de vers sanz redite, comme la première coupple. » (Édition de la
Société des anciens Textes, t. Vil, p. 266) 2. Peu après, ces règles se compliquèrent d'une
exigence nouvelle : chacune des douze strophes dut être divisible, non en deux, mais en quatre
parties symétriques ^. Cette règle est arbitraire & provient simplement de ce fait que les
XXII ne sont pas très probants; ces deux pièces étant composées presque exclusivement de strophes de huit vers
à rimes croisées, il était presque inévitable que la même alternance de rimes masculines & féminines & l'emploi
de vers de même longueur se reproduisissent.
^ Le lai (lyrique) d'Ignaure» source éperdue) du lai que Renaud composa sur le même sujet, était formé de
douze strophes (Wolf, p. 182); mais ce chiffre avait été choisi sans doute pour rappeler le souvenir des douze
amantes du héros, & la coïncidence avec les règles postérieures du genre est purement fortuite.
* 11 faut remarquer du reste que les auteurs mêmes du xiv« siècle n'observent pas toujours ces règles.
E. Deschamps lui-même ne s'y astreint pas. Dans ses deux premiers lais (éd. citée, II, 171) les strophes sont en
général symétriques deux à deux (du moins si l'on admet quelques correftions). Mais dans le premier, composé
de vingt-&-une strophes, la dernière n'est pas de strudure identique à la première & la XIV* (v. 184-213) est
indivisible. Dans le second, composé de vingt-deux strophes, la dernière est symétrique à la première, mais la
Xin« diffère de la XII« (v. 145-176) & la XVII" de la XVI* (v. 207-235). — Dans le premier lai de Christine de
Pisan {Société des anc. Textes, 1, p. 125) les strophes XVll-XVIII (v. 143-60) sont bien symétriques, mais inverse-
ment; la strophe XXIII (v. 195-202) est suivie, non d'une, mais de deux qui lui sont identiques. Enfin il y a en
tout trente-&-une strophes & non vingt-quatre. Dans le second (p. i ^6) qui comprend vingt strophes, les strophes
X & XI (v. 125-142), XII & XIII (v. 143-160) ne sont pas symétriques.
3 « Premièrement, dit l'auteur de la Seconde Rhétorique, lais ont XII coupples, dont le premier coupple & le
derrain sont d'une façon & d'une consonance, & les X coupples sont chascun a par soy de façon ; mais il fault que
chascun ait llll quartiers. ^ (Cité par Wolf, p. 141.)
XIV ORIGINE DU GENRE
deux formes strophiques les plus ordinaires au lai, la strophe à rimes croisées & la strophe
couée, toujours divisibles par deux, Tétaient aussi par quatre, quand la première atteignait
huit vers & la seconde douze. Mais en fait les auteurs de lais du xiv« siècle, qui ne
s'imposent pas toujours la divisibilité par deux, se font moins encore une loi de celle par
quatre.
Le lai construit de la sorte présente, on le voit, une similitude frappante avec la séquence,
en tant au moins que les strophes y sont symétriques deux à deux^ Aussi me paraît-il
probable que c'est cette similitude qui a inspiré à Wolf sa théorie ; il me paraît aussi que
cette théorie s'évanouit d'elle-même devant l'examen des faits. Si le lai sortait de la séquence,
c'est à l'origine du genre que les analogies apparaîtraient le plus frappantes ; or elles ne se
développent, nous l'avons vu, que peu à peu, & ces analogies, pour être considérables, n'en
sont pas moins fortuites. Tout au plus pourrait-on objefter que nous ne possédons pas
sans doute les plus anciens lais & que cette similitude pouvait déjà se rencontrer dans
ceux-ci. Mais combien il est peu probable que le genre, dès la fin du xii^ siècle, ait parcouru
une assez longue carrière pour perdre aussi complètement la trace de ses origines ! Et
combien il est plus improbable encore qu'après s'être éloigné de son type primitif, il y soit
accidentellement revenu !
Si l'on écarte l'hypothèse de Wolf, je n'en vois guère qu'une autre qui puisse se
présenter à l'esprit : c'est que les lais lyriques sont, comme les lais narratifs, une émanation
de la poésie celtique. Le nom même du genre est un sérieux argument en faveur de cette
thèse : comment aurait-on appliqué à cette forme le nom d'un genre essentiellement breton,
si elle n'avait eu aucun rapport avec celui-ci 2? Mais il en est un autre plus probant, que je tire
du titre même de quatre des morceaux ici publiés ; les lais des Amants (XX), du Chèvrefeuille
(XXII), d' A élis (XXV), & des Hermins^XXVll) ont (ou ont eu) pour pendants des lais narratifs
reposant sur des traditions celtiques. Il y a, comme on le sait, dans les œuvres de Marie de
France, un lai des Deux Amants^ & du Chèvrefeuille^; quant au lai (ÏAélis, dont nous
possédons la mention, il n'y a aucune vraisemblance qu'il ait été une sorte de remaniement
* La première & la dernière, il est vrai, sont symétriques entre elles, tandis que, dans la séquence, elles sont
indépendantes Tune de l'autre, comme du reste de la pièce.
2 Je considère en effet la dénomination de lai comme plus ancienne que celle de descort. On comprend très
bien comment, à une époque ou dans un pays où s'était perdue la notion de la provenance du genre, on ait
substitué au mot lai le mot descort, qui en désignait si clairement la plus frappante particularité, tandis qu'on ne
voit pas comment le mot lai se serait substitué ou juxtaposé à celui de descort. 11 n'y a pas de raison intrinsèque
pour que ce dernier mot soit plutôt provençal que français; nous verrons néanmoins que l'hypothèse de l'origine
française est la plus probable.
3 Flamenca (Bartsch, Cbrestomatie prov., 4«éd., 298, 9) mentionne le lai delsfinsatnan{ &Jau/ré (Lexique
roman, IV, 12) celui des dos aman^. Ce lai nous est représenté dans ces deux textes comme chanté & non simple-
ment joué ; il est donc probable que l'allusion se rapporte à l'œuvre de Marie de France plutôt qu'à notre lai
lyrique.
^ Le scribe du manuscrit de Berne, qui attribue notre lai à « Tristans », connaissait évidemment le passage
où Marie de France dit (Bartsch, Chrest. franc, 268, 19) que Tristan avait composé un lai sur l'aventure qu'elle
vient elle-même de raconter.
ORIGINE DU GENRE XV
de la célèbre reverdie sur Aélis ; il devait être au contraire fondé, comme les précédents, sur
une tradition celtique, car le texte qui nous en a conservé le titre nous le montre exécuté
par un jongleur irlandais^. Enfin les Hermins, dont fait mention le titre de notre pièce XXVII,
ne sont pas évidemment les habitants de l'Arménie, mais ceux de cette Ermonie ou Ermenie
qui aurait été la patrie de Tristan 2.
Or on se demande quel rapport peuvent avoir nos lais lyriques avec les oeuvres de
provenance celtique dont ils ont emprunté les titres, affirmant ainsi leur parenté avec elles. Ce
rapport ne peut porter sur le fond, puisque nos lais ne contiennent que des effusions
amoureuses sans le moindre élément narratif. Il faut donc le chercher, à notre avis, dans les
mélodies, & ce ne serait pas un des moindres intérêts de nos lais que de nous avoir conservé
un écho, si affaibli qu'il soit, de ces « sons de Bretagne » qui avaient le don d'émouvoir si
profondément nos aïeux. Cette théorie est parfaitement d'accord avec ce que nous savons
des lais bretons. MM. G. Paris, Hertz & Bédier ont fort bien expliqué ^ comment ceux-ci
comprenaient une mélodie & des paroles (naturellement en langue celtique); ces deux
éléments ont dû se scinder quand le lai breton passa en français : seule, « l'aventure » fut
reproduite dans nos lais narratifs, qui, sMls étaient chantés, Tétaient évidemment sur une
mélopée très simple, analogue par exemple à celle des chansons de geste; quant aux
mélodies, on comprend qu'on ait essayé d'en conserver aussi le souvenir & que, pour les
rendre plus faciles à retenir, on y ait adapté des paroles. Cette supposition reçoit, ce me
semble, une confirmation éclatante d'un de nos textes mêmes (XXVIl, 102-3) qui oppose au
« lai » lui-même (c'est-à-dire à la mélodie, que l'auteur a trouvée toute faite) la « raison
romance », c'est-à-dire les paroles françaises qu'il y a adaptées. Il n'y a rien d'étrange à ce
que la poésie lyrique se soit emparée de ces mélodies : on comprend que nos trouvères, qui
affectaient les passions les plus brûlantes, aient songé à les utiliser pour exprimer leurs
angoisses sincères ou feintes.
S'il en est ainsi, c'est dans la France du Nord, & probablement dans une région voisine
de la Bretagne^, que le lai lyrique aurait fait son apparition; le Midi, où cette origine dut
* Le lai escoutcnt d'Aeliz
Que uns Irois sone en sa rote :
Moût doucement le chante & note.
(Ui de l'Épine,)
Ce texte, déjà cité par Wolf (p. 55), a été récemment allégué par M. F. Lot, (Romania, XXIV, 524) comme
preuve que les Irlandais exécutaient des lais. 11 me paraît difficile, comme a voulu le faire M. Brùgger (Zeitscbrift
fûrfran^ôsiscbe Sprache und Litt,, XX, 1 13), d'en contester la valeur. — Je ne vois pas le rapport que peut avoir
avec notre lai d* Aélis le Cantus de Domina post cantum Àalis que nous republions en appendice, & qui, dans sa
construâion & sa mélodie, en diffère profondément.
2 Voy. Romania, XXVI, 477, & Bédier dans Forscbungen {ur romaniscben Pbilologie (Festgabe fur H, Stubier),
Halle, 1900, p. 79, n. i. — Je ne mentionne pas ici le lai de la Rose (n° XXI); je n'ose pas affirmer en cflfet qu'il
y ait le moindre rapport entre ce morceau & le lai (ou conte) de la Rose inséré dans Perceforest & dont l'origine
n'est certainement pas bretonne (voy. G. Paris dans Romania, XXIII, 78).
3 G. Paris dans Hisi. littéraire de la France, XXX, p. 7 ; Bédier dans Revue des Deux Mondes, 1891, t. CVll,
p. 849; Hertz dans Spiehnaunsbucb , p. 48.
* Je n'attache pas une grande importance au fait que le plus ancien auteur connu de descorts est le trouvère
picard Gautier de Dargies.
XVI ORIGINE DU GENRE
être facilement méconnue, aurait substitué au mot lai celui de descort^y & ce serait sous ce
nouveau nom que le genre serait revenu en France & y aurait été souvent désigné, à une
époque où les noms & les formes d'importation provençale faisaient fureur.
Quant à la date de cette apparition, elle doit être placée environ dans le troisième tiers
du XII® siècle. Elle ne peut être antérieure en effet à l'épanouissement de la poésie lyrique
courtoise, qui se place précisément à Tépoque où les lais bretons devaient être dans leur
pleine vogue. Les plus anciens lais connus ne sont peut-être que des dernières années du
XII® siècle ou des premières du xiii®-. Il est frappant au moins qu'il n'y en ait pas un seul
dans toute l'œuvre des trouvères de la période classique, Gace Brûlé, Blondel de Neele ou
le Châtelain de Couci. C'est dans la Picardie qu'il paraît avoir eu le plus de succès : c'est à
cette région en effet qu'appartiennent la plupart des auteurs dont il nous en est resté.
Comme la plupart des genres lyriques, le lai se transforma au xiv® siècle & trouva alors
un renouveau de popularité. Mais nous n'avons pas à nous occuper ici de ce qu'il devint
entre les mains de Guillaume de Machaut & de ses disciples ^.
Un mot maintenant sur la façon dont nous avons entendu notre tâche & la part qui
revient à chacun de nous.
Notre texte reproduit rigoureusement, quant à la graphie, celui de l'un des manuscrits, le
meilleur ou le plus complet. Pour la division en couplets, nous nous sommes réglés
beaucoup plus sur les indications fournies par les rimes & les groupes métriques que sur
celles (souvent erronées) que nous offraient les manuscrits ; nous avons néanmoins jugé bon
de faire connaître celles-ci : nous avons donc indiqué en tête de la varia le£tio les vers qui
commencent par de petites capitales ou des lettrines ornées. Nous avons donné toutes les
variantes de sens, & même celles de forme qui présentaient quelque intérêt. — Les divers
morceaux ici publiés appartenant à des auteurs & à des époques diverses, je n'ai pas jugé
utile d'en étudier spécialement la langue ; cette étude n'eût pas du reste permis de préciser
beaucoup les données chronologiques fournies par des circonstances extérieures déjà
connues, je me suis borné à enregistrer dans un bref glossaire les mots ou les acceptions
intéressantes. Quand je n'avais pas à proposer un sens probable ou plausible, je me suis
borné à signaler mes doutes par une brève remarque ou un simple point d'interrogation ^
M. Aubry s'est naturellement chargé de la partie musicale; il exposera lui-même, dans
les pages qui vont suivre, les principes qui ont dirigé son travail. M. Brandin a copié &
* Si Ton excepte les deux lais Markiol & Nompary aucune des pièces provençales qui auraient droit à ce titre
ne le porte; ces deux lais eux-mêmes, à en juger par la langue & certaines allusions (voy. Zeitschrift, I, 73),
paraissent bien n'avoir pas été écrits dans la France méridionale.
' Voy. plus haut, p. xi.
3 II y a, comme on sait, de nombreux lais, accompagnés de leurs mélodies, dans le roman de Fauvel; c'est de
parti pris que nous les avons écartés de cette publication.
* Voici la liste des principaux passages où, sans doute à cause d'une altération du texte, le sens me paraît
particulièrement obscur, & que je signale spécialement à l'attention de la critique : 1, 34-5 ; IX, 23-4 ; XI, lo-i ;
51-2 ; XVIIl, 77, 21 1-9 ; XXl, 104-6 ; XXll, 3-4 ; XXllI, 87-98 ; 99-1 12 ; 173-5 ; 216-22 ; XXIV, 85-6.
ORIGINE DU GENRE XVII
préparé pour la publication toutes les pièces contenues dans le manuscrit 12615; ^^^^ j^
ne me suis pas toujours trouvé d'accord avec lui sur tel détail de sens ou de construftion
strophique ; j'avoue que, dans ce cas, usant — abusant peut-être — du privilège de Tâge,
j'ai préféré mon système au sien^ Il a bien voulu en outre se charger d'une quantité de
vérifications ou collations, dont le nombre n'a jamais rebuté sa patience. Si Ton trouve dans
cette édition une reproduftion fidèle des manuscrits, c'est en grande partie à lui que le mérite
en sera dû.
Il me reste à exprimer ma sincère reconnaissance à MM. Collon, conservateur de la
Bibliothèque municipale de Tours, & G. Duval, attaché à la Bibliothèque de l'Arsenal, qui
ont bien voulu m'envoyer une copie du n'* XXVIII d'après deux manuscrits confiés à leurs
soins, à mes collègues & amis H. Guy & J. Bédier qui ont bien voulu, malgré de multiples
& plus importantes occupations, le premier m'aider dans le pénible travail de la correftion
des épreuves, le second compléter pour moi la copie du n^ XVIII, que des circonstances
diverses m'avaient empêché de terminer. Je remercie enfin le directeur de l'imprimerie Saint-
Pierre, le R. P. Dom Démaret, des soins tout particuliers qu'il a apportés à l'impression,
vraiment difficile, de cet ouvrage qui, grâce à lui, ne sera pas indigne de la réputation des
ateliers qu'il dirige avec tant de zèle & de goût.
A. JEANROY.
Toulouse, 16 novembre 1900.
1 Je dois ajouter, pour ma justification, que mes divisions & subdivisions, bien que fondées uniquement sur
le texte, ont pleinement concordé avec celles que M. Aubry était amené, de son côté, à introduire dans les
mélodies.
LA MUSIQUE DES LAIS
La musicologie médiévale est sans doute une des dernières acquisitions de Térudition
contemporaine : là même où les philologues seuls avaient jusqu'ici travaillé, elle nous révèle
un domaine encore inexploré & nous apprend que nos trouvères concevaient la poésie
lyrique un peu à la mode antique, c'est-à-dire inséparable de la mélodie, & qu'ils étaient à
la fois des poètes & des musiciens.
Cette union de la musique & de la poésie est particulièrement forte dans la forme du
lai. L'étude de l'une & de l'autre permet seule à qui édite des pièces de ce genre de donner
au texte une structure rythmique à peu près certaine, car désormais le critère devient double,
en ce sens que nous avons à faire concorder & la coupe du vers & l'ordonnance de la phrase
musicale.
Or, cette concordance s'est faite aisément & comme d'elle-même. C'est là d'ailleurs,
dans ces études de musicologie qui sont si nouvellement entrées dans le domaine de la
critique, une constatation rassurante : jamais les conclusions du musiciste ne sont encore
venues à rencontre de celles du philologue ou de l'historien, & les données nouvelles que
nous avons sur la musique du moyen âge n'ont rien bouleversé dans le vieil édifice : elles
ont confirmé, mais non réformé.
La forme extérieure de nos lais a été arrêtée de manière à satisfaire à la fois les exigences
de la poésie & celles de la musique ; l'éditeur du texte littéraire pouvait à certains endroits
concevoir quelques hésitations entre deux manières possibles de présenter sa strophe, de
couper le vers, d'en compter les syllabes ; or, c'est la musique qui est venue lever ses
doutes & c'est la phrase musicale qui a guidé le choix.
De même, les opinions que notre collaborateur a exposées plus haut sur l'origine des
lais sont-elles les nôtres en matière d'histoire musicale. Comme lui, nous rejetons d'une
façon absolue la théorie de Wolf, qui met la séquence ou la prose liturgique à l'origine du
lai. jamais, à aucune période de son évolution depuis le moine de Jumièges, depuis Notker
& ses imitateurs jusqu'à Adam de Saint-Viftor & aux derniers poètes liturgiques, la prose
n'a démenti son type musical, si bien que nous pouvons, sans restriftions, dire que dans
toute prose la strophe musicale se compose essentiellement de deux périodes dont Videntité est
une règle absolue.
XX
LA MUSIQUE DES LAIS
Trois exemples, pris à trois périodes de i^histoire des proses, montreront clairement ce
parallélisme intérieur de la phrase musicale dans la strophe.
Premièrement, donnons un exemple pris dans une prose de la période primitive
antérieure à Notker ; cette prose se chante le premier dimanche de TAvent.
A B
s ■
km »
■ ■ ■ ■ ■
•
■ ■ • • ■ •
Sa- lus e- ter-na, inde- fi- ci- ens mundi vi- ta
À B
8 ■ ■
km m
■ ■ ■ ■ ■
m
■ ■ ■ ■ ■ ■
Lux sempi- ter-na & red- empti- o ve- re nostra.
Si nous représentons par des lettres les membres de phrase musicale, nous avons bien
un type
AB + AB
Au second âge des proses, il en va de même ; un exemple entre mille nous montrera
la persistance de cette symétrie : nous donnons une strophe prise au hasard dans l'œuvre
de Notker à la prose de la Purification :
.A B C
k .
_ __ _____ _
m
■ ■ É - 1 . ■ _ É
m ■■■■■■
■ ' ■ ■
Ge-ne-ro- si Abra-he
■ ■ ■ ■
■■..■■ ■
tu fi- H- a ve-ne-randa, re-gi- a de Da-vi-dis stirpe ge-ni-ta,
3 C
E -
■ ■ ■
■ ■ ■ ■
■ "■■■
— . ■ i-
■ ■ ■ ■
■ ■ ■ ■ ■
Sanftissi-ma corpo-re, ca-stis-sima mo-ri-busque omni- um pulcherrima virgo virgi-num.
Ici le schéma comporte trois membres de phrase & est représenté par la formule
ABC + ABC
Enfin au douzième siècle, à l'époque d'Adam de Saint-Viftor, c'est toujours la même
habitude : toutes les proses se comportent semblablement. Prenons pour exemple la fin
d'une prose d'Adam pour le samedi après l'Assomption.
A B C
-■ — ■-
-41 ■■-
^
-*-^-^-i-*
o Ma- ri- a, Red-empto- ris cre- a-tu-ra,Cre- a- to- ris ge- ni- trix ma-gni- fi-ca,
A B C
r* • *-* .
•-Ï-*--
- i— ■ . ,
■ . ■ ■
■ ■ iè
■ ■ ■
■ n%
Per te no- bis re- pa- ra- trix perte fi- at conso- la- trix tu- a pro- les u-ni-ca.
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I^A^IS BT DESCORTS. — Blbl. Nat. f. fnn^ m
LA MUSIQUE DES LAIS XXI
Le type est encore
ABC + ABC
mais on pourrait aussi bien avoir, & Ton a
ABCD + ABCD
AABCD + AABCD
& nombre d'autres combinaisons, mais toujours & jusqu'à la disparition du genre vers le
quinzième siècle, avec un parallélisme absolu.
Au contraire, que voyons-nous en examinant la condition de la phrase musicale dans
les lais ?
Il nous apparaît que les types musicaux des lais sont à la fois très variés & très
irréguliers. C'est la répétition, un grand nombre de fois, d'un seul membre de la phrase
musicale, tel
A -I- A + A + A + A + A + A -l- A + X,
plus souvent, c'est la répétition de deux membres de phrase, d'un distique musical, aussi
longtemps que la longueur de la strophe l'exige, ainsi
AB + AB + AB + AB + AB + X ;
nous pouvons avoir aussi bien cette répétition pour trois ou quatre membres de phrase en
ABC + ABC + ABC
ABCD + ABCD + ABCD, &c.
Enfin, ce peut être un développement libre, une mélodie continue, sans règles fixes
apparentes &, en dernier lieu, dans les strophes de quelque longueur, on rencontrera le
mélange de ces divers systèmes.
En résumé, dans la prose liturgique : unité de type, qui est la répétition de deux périodes
dont l'identité est une règle absolue; — dans le lai : multiplicité & diversité de systèmes, dont
le nombre augmente encore par la combinaison. Nous ne pouvons donc, en nous plaçant
au point de vue de la musique, voir dans la prose liturgique le prototype du lai.
Reste l'hypothèse du lai celtique. 11 faut dire tout d'abord que nous sommes très mal
renseignés sur les mélodies, qui ne nous sont point parvenues, de ces compositions
lointaines ; mais, à regarder de près la musique de nos lais français, nous arriverons à de
curieuses constatations qui nous permettront ensuite, quand nous les aurons groupées, de
nous rallier à l'opinion émise & acceptée par M. Jeanroy.
Ici une remarque, indifférente au philologue, s'imposait au musiciste : c'est que, dans
les manuscrits, la musique des lais se présente à nous sous deux aspefts différents :
1® certains lais sont entièrement notés ;
2"" les autres ne le sont qu'incomplètement.
Or, les uns & les autres se rencontrant dans un même manuscrit, tel le manuscrit 12 6i 5
du fonds français de la Bibliothèque Nationale, on ne peut objefter l'habitude du copiste : le
même ayant noté les uns entièrement, incomplètement les autres. Alors pourquoi cette diffé-
rence? Quels sont ceux-ci & quels sont ceux-là?
XXII LA MUSIQUE DES LAIS
I*» Les lais entièrement notés sont les suivants dans notre édition : I, II, III, IV*, V*,
vr. Vil, VIII, IX, X, XI, xir, xiii, xiv, xv, xvi, xix, xxiv, xxvi, xxvii, xxviii,
XXIX*.
Or, ces lais entièrement notés ont des auteurs que nous connaissons, ils appartiennent
à Gautier de Dargies, Colin Muset, Guillaume le Vinier, Gilles le Vinier, Adam de Givenci,
Andrieu Contredit, Thomas Hérier, Thibaut de Champagne & Gautier de Coinci. Deux
lais pieux, pourtant, sont anonymes, mais d'une fafture savante.
2aes lais incomplètement notés sont les XVII, XVIII, XX, XXI, XXII, XXIII, XXV.
Nous avons entièrement reconstitué la mélodie absente, — nous dirons plus loin sur
quels principes, — & voici la liste des passages qui ne sont point notés dans les manuscrits :
XVII : vers 32-42, 46-53, 58-83, 90-103, 124-165, 172-181, 225 à la fin.
XVIII : vers 20-40, 46-48, 70-72, 76-80, 112-128, 132-166, 196-206, 209-228,
232-242.
XX : vers 12-23, 42-51, 145-149, 152-157.
XXI : vers 33-48, 50-63, 99-148, 160 à la fin.
XXII : vers 16-21, 24-29, 32-37, 40-45, 48-53, 56-61, 64-69, 72-77, 80-85.
XXIII : vers 40-67, 101-137, 160-180, 206 à la fin.
XXV : vers 17-25, 31-37, 45-53, 61-67, 69-81, 84-89, 98 à la fin.
Ces lais sont les deux lais d'Ernoul le Vieux : le lai de Notre-Dame & le lai de TAncien
& du Nouveau Testament, le lai des Amants, le lai de la Rose, le lai du Chèvrefeuille, le
lai des Pucelles & le lai d'Aélis.
Sauf les deux lais d'Ernoul le Vieux qui ont un caraftère nettement narratif,
remarquons-le, ces lais sont, au contraire des premiers, anonymes.
Qy'on nous permette ici une parenthèse pour dire comment, dans les fragments qui ne
sont point notés, nous avons reconstitué la mélodie.
Il fallait tout d'abord partir de cette idée fondamentale que, la pièce tout entière étant
chantée, les fragments dont la mélodie n'est point notée devaient se chanter sur la mélodie
d'un autre fragment noté du même lai.
Ensuite, il convenait, pour n'aller point à l'aventure, d'étudier sur les strophes notées
d'un bout à l'autre la structure générale de la phrase musicale : nous avons vu précédemment
quelle elle est.
Dans ce travail d'application mélodique à un texte non noté, les rimes ne nous ont été
qu'un appoint sans valeur ; en revanche, le nombre des syllabes a eu beaucoup plus d'impor-
tance & nous nous sommes attachés surtout à la concordance entre la coupe du vers & celle
de la phrase musicale, répétant l'une où l'autre revenait.
Quand nous avons deux ou trois vers avec leur mélodie suivis d'une longue suite de
texte sans musique, nous avons répété ces deux ou trois membres de phrase musicale aussi
* Les lais marqués de ce signe * ont dans le manuscrit une portée tracée au-dessus du texte, mais les notes
manquent dans la portée.
LA MUSIQUE DES LAIS XXIII
longtemps que nous ne rencontrons pas une nouvelle mélodie. Quand un long morceau est
noté & qu'à la suite un fragment de texte ne Test pas, on en retrouve la mélodie en
remontant dans la partie notée d'un même nombre de vers que ceux qui n'ont pas leur
musique.
Deux ou plusieurs strophes, dont la première seule est notée, peuvent s'appliquer Tune
sur l'autre, s'il y a entre elles identité de strudure rythmique ; il nous est arrivé parfois de
remonter de plusieurs strophes pour chercher la mélodie d'un passage non noté, suivant
alors l'identité des schémas rythmiques.
Tels sont les principes généraux que nous avons suivis. Pourtant telle combinaison a
été adoptée parfois qui nous semble encore douteuse : en tout cas, l'indication des passages
non notés & reconstitués permettra par la suite à la critique de rechercher s'il n'y a point
de solutions meilleures. Cette méthode, disons-le, nous semble justifiée & confirmée
a. par l'étude des strophes entièrement notées,
b. par les manuscrits eux-mêmes qui parfois, sans la continuer, amorcent en deux ou
trois notes la mélodie absente, telle qu'elle nous semble devoir être reconstituée.
Qyand on examine, au point de vue purement musical, les lais qui sont entièrement
notés & ceux qui ne le sont que d'une façon fragmentaire, on remarque vite entre les uns
& les autres une sensible différence dans la conception & dans l'inspiration.
Les lais de la première série ont, selon l'esthétique du moyen âge, un caractère artistique
plus marqué & plus de recherche dans l'expression de l'idée musicale que ceux de la
seconde, — ce qui est peut-être une raison pour qu'ils soient moins sympathiques à notre
oreille moderne. Le retour des mêmes phrases mélodiques est moins fréquent & leur
disposition plus savante, la ligne musicale est plus chargée de notes, de ligatures, de
mélismes.
Les lais de la seconde série sont, musicalement, beaucoup plus simples. Le chant est
presque syllabique, par suite le rythme poétique règle presque celui de la musique : d'où
un caraftère nettement populaire.
Telle est la distinftion qui s'impose. Qiielles conséquences pouvons-nous en tirer?
Les lais, entièrement notés dans les manuscrits & attribués avec certitude à des trouvères
que nous connaissons par ailleurs comme poètes & musiciens tout ensemble, ont une
mélodie qui doit leur être propre & qui est d'origine artistique, vraisemblablement composée
par le trouvère lui-même.
Les autres, incomplètement notés & anonymes, sont écrits, semble-t-il, sur des timbres
musicaux populaires préexistant à la poésie.
A en juger par la musique seule, il semble donc bien que, si d'une manière générale
nous admettons l'hypothèse du lai celtique à l'origine des nôtres, ce soient plutôt les lais
de la deuxième catégorie, les lais d'Ernoul le Vieux & les lais anonymes, incomplètement
notés, qui soient les plus voisins du type primitif : peut-être même ces mélodies si simples,
si faciles des lais anonymes sont-elles un écho lointain des mélodies celtiques, tandis que les
lais d'auteurs connus sont des pièces savantes, postérieures aux lais anonymes & composées
à l'imitation de ceux-ci.
XXIV LA MUSIQUE DES LAIS
Nous ne pouvons avancer cette hypothèse qu'avec force réserves, l'un des deux termes
de la comparaison nous faisant défaut ; mais, si Ton considère de près la phrase musicale,
c'est une hypothèse vraisemblable : nous nous représentons ainsi chantées les laisses des
chansons de geste & des interminables récits d'aventure, qu'accompagnaient la harpe ou la
viole du jongleur, comme ces mêmes instruments accompagnaient les lais bretons, à ce que
nous disent les poètes ^ .
Un mot enfin sur la notation : la musique des lais appartient à Vars mensurabilis du
douzième & du treizième siècle. Ce sont des mélodies mesurées en rythme ternaire & avec
les valeurs fixes de la doftrine franconienne. Nous ne donnons pas ici la tradudion de ces
cantilènes en notation moderne, parce que c'est un travail facile que tout ledeur pourra faire
& aussi parce que nous croyons que peut-être ces monodies, théoriquement mesurées,
étaient dans la pratique chantées assez librement.
Nous avons établi notre texte musical sur les manuscrits dont nous donnons l'indication
en tête de chaque lai, apportant comme seules corredions celles que réclamait la tessiture
modale de la pièce, particulièrement aux finales, ainsi que les erreurs notoires du copiste.
P. AUBRY.
I Nous croyons par là que, aux chansons de geste comme aux différentes manifestations de la poésie épique
& narrative, était jointe une mélodie très simple, très courte, deux membres de j^hrase musicale formant une
mélopée sans cesse renaissante. Nos lais anonymes ont ainsi la phrase simple qui, plus que les autres lais, se
rapproche de la musique supposée des chansons de geste ; mais il ne faudrait pas , croyons-nous , établir une assi-
milation absolue.
PREMIÈRE SECTION
LAIS D'AUTEURS CONNUS
LAIS PROFANES
GAUTIER DE DARGIES
N° 416. — Texte de Pb**, 148 r°; var. de Pb^ 91 r°.
36-44; 59-65) : Hîst. litt. de la France, XXIII, 571.
— Édition partielle (v. 1-15; 21-2^]
I
II
III
IV
V
Formule :
ac bo a« bô a« b« a« b» ^
a^ b» a^ b» a^ b*» a^ b^V^^jV^ b"* l ^ ^^
^7 b7 ^7 b7 ^7
d» d7 d* d7 d* d7 d7 é?7 d7 é?7 d7 ^7 ^7 y 7 ;7
ac ao ^ ac a« ^ a^ a« g^
VI ib7 i* ib7 ii bi ji i7 i*
VII p p p p p p k» k» k» 17 F 17 n
VIII 2fi a® a^ a^ a» a^ a^ a®
IX m7 m7 m7 m7 m" m7 m* m^
// n'y a entre les différents couplets aucune identité de struélnre.
I
J'ai mainte fois chanté
De joie & de baiidor :
Or ai mon ver[s] mué,
Si sui en grant error,
Car je voi atome
Mon afaire en tristor,
K'ele m'a reprové
Çou dont jou sovent plor.
II
Ma dame m'a ramposné
Et m'a dit ke je sui el tor,
Ke trop ai le chief mellé
12. De caines, n'ai droit en amor.
Mais se j'ai mon tans usé
El n'a pas esté a sejor,
Ains a bien son vis gardé;
16. C'est voirs, ele est de bel ator,
LAIS d'auteurs connus
S*est plus blance ke flor,
S'a vermelle color,
S'a el(e) veû maint jor.
m
20. Ne me devroit gaber mie :
Dame de si grant valor
Ne doit dire vilonie,
Car ki met gent en iror
24. Il puet bien oïr folie.
IV
Ele avoit tort
D'esveiller le chien ki dort :
En mon descort
28. Me plai[n]g moût de son acort.
Mais j'ai confort
K'adès aproce a la mort.
Arivés sui a mal port,
32. Quant celé sor moi parole
Ou quidoie avoir confort ;
[Or me dure ki m'afole
Bien m'a tenu en confort ;]
36. Or voi k'ele me limpole,
G'i ai mais moût poi d'atente ;
Si Tenamai en jovente,
Encoire est & bêle & gente.
V
40. Trop a sor mon aé
Apertement parlé,
N'a pas fait ke cortoise,
Por çou k'en sa beauté
44. A si lonc tans duré.
Mais adès s'en va Oise.
Dont n'a ele pensé
Çou c'on a tant porté
48. Tost chiet, k'adès apoise.
VI
Qant voi[t] sa bêle samblance
Et son vis cler,
Adont n'a pas espérance
52. De [dejfiner,
Ains quide bien ceste enfance
Adès mener :
Mais rois ne porroit en France
56. Ensi durer!
VII
Oï avés en quel guise
M'a refusé mon servise.
Viellume, k'ele devise,
60. N'ert ja mais jus de li mise.
Saichiés ki autrui mesprise
Em point est venjance prise :
Ocoison a ki son chat bat.
64. Adès m'a tenu maigre & plat.
En fin m'a dit « eschec & mat >v ;
Cuidoit ele je fuisse ors
C'om bat & laidist tos jors ?
68. Si m'a mené a rebors.
Or m'a forjugié d'amors.
vm
Cest jugement m'a trop hasté
Et a grant tort congié doné,
72. N'a oevre ne m'a esprové,
Molt li vient de grant averté
Quant de çou dont a tel plenté
Me fait avoir si grant cierté ;
76. Si doit on bien faire bonté
De çou c'on ne voit ja usé.
IX
Ma dame a mal consel pris
Quant de li fui si laidis,
80. Si m'en a en tel point mis.
S'il s'echiet, g'iere escondis,
Et je sui si d'ire espris ;
Pour k'ai je crié som pris?
84. Je quic k'ele fera som pis
S'ele m'a en sus de li mis.
LAIS PROFANES
5
Rubrique: Pb**, Pb^ me sire Gautiers. — Lettres majuscules ^ dans ?b^^ y aux v. i, ^, 9, 13, i6, 21, 32, 36,45, 53;
lettres ornées (alternativement or et a{ur), dans Pb^, aux mêmes vers, sauf g, et de plus à 59, 62, 66, 74.
8. Pb** plour. — 10. ma] Pb** mal. — 12. Pb^ chainnes. — 13. Pb^, Pb** jai de. — 34-5. Ces deux vers, qui
semblent du reste exiger une correéîion, manquent dans Pb^^ et sont écrits dans Pb^ au bas du feuillet ; un renvoi indique
leur place. — 43. k'en] Pb«* ke. — 52. Pb», Pb<* de finer. — • 55. Pb^ ne poet. — 59. Pb^ viellune. — 67. Pb^ laidit ;
Pb«* jours. — 78. mal] Pb** ma. — 81. Pb" se rechiet. — 85. Pb^ de lui.
II
GAUTIER DE DARGIES
N'' 539. — Texte de Pb**, 147 x?® ; var, de Pb^, 90 z;° et de B*, 1 37 r<». — Edition : Archiv de Herrig,
XLII, 390.
Formule :
I a^ b^ a^ h^ a^ h^ a^ b-"*
II b*o a*o h^^ a*o b*o a^^
m (fi d» c^ d« ^ d« ^ d6
IV e^ /7 e'ï /7 e^ /^ ^s ^5 ^5 ^5
V ^7 h^ g^ h^ ^"ï h'' g'J h7
VI M h^^^ h^^7 h^ h^
// ny a entre les couplets aucune identité de struâlure.
12.
I
La doce pensée
Ki me vient d*amor i6.
M'est el cuer entrée
A tos jors sans retor ;
Tant Tai désirée
La doce dolor 20.
Ke riens ki soit née
Ne m'a tel savor.
Il
Douce dame, aine ne vos dis nul jor
Ma grant dolor, ains Tai tos jors celée : 24.
Mort m'ont mi oel, ki m'ont mis en error.
Dont la paine n'iert ja jor achievee ;
Je lor pardoins, car tant m'ont faitd'onor
Ke la millor del mont ai enamee. 28.
III
Qui voit sa crine bloie
Ki samble ke soit d'or,
Et son col ki blançoie
Deseur som bel chief sor,
C'est ma dame, ma joie,
Et mon rice trésor ;
Certes, je ne vauroie
Sans li valoir Heètor.
IV
De si belle dame amer
Ne se porroit nus deflfendre ;
Puis k'amors m'i fait penser
El m'i devroit bien aprendre
Coment porroie achiever
Puis k'aillors ne puis entendre.
6
LAIS D AUTEURS CONNUS
Se je li disoie
Ke s*amors fust moie,
Grant orgueil feroie,
32. Nis se le pensoie.
V
Ains sosferrai mon martire,
Ja ne savra mon pensé
Se par pitié ne remire
36. Les maus que me fait porter ;
Car tant redoc Tescondire
De sa très grant volenté,
Tel cose porroie dire
40. Dont el me saroit mal gré.
VI
La ou Diex a assamblé
Pris & valor & bonté,
T'en va, descors, sans plus dire,
44. Fors itant, pour Tamor Dé,
C'om puet bien par toi eslire
Ke ne je chant fors por lé
Dont Diex me doinst estre amé.
Rubrique : Pb**, mssires Gautiers; Pb^ Gautiers Dargies. — Lettres majuscules, dans?b^^,aux v, 1,9, 15, 23,
33, 41 ; ornées (or et a^ur) dans Pb^ aux mentes vers et à 2g. Je ne note pas dans B^ les var, purement graphiques.
2. Pb'* amors. — 4. Le vers, ainsi donné par tous les mss., est trop long; corr. N'en fera retor, ou N'en istra nul
jor. — 10. B* la grant amor. — 11. B* en teil error ; Pb** en estor. — 12. B^jamaixeschivee. — i3.B2kil mont
fait teil honor. — 14. Pb** en ai amee. — 15. Pb^ crigne. — 16. Pb^ que. — 18. B^ pardesus son c. ; Pb^le biau.
19. Pb^ ma dame & ma. — 20. B^ cest mes riches tressors. — 21. B^ tant lain ke ne v. — 24. B* ne me dovroit
blaimeir. — 26. B* ele me devroit a. — 27. B* eschiveir. — 28. B* quant ailiers. — 32. B* ne se. — 34. Pb^ penser.
^^^6, Pbn les maus que me fait porter les maus (un blanc au-dessous de quatre notes) le — 38. B^ de ma haute v.
— 40. B* dont jauroie son mal grei. — 42. B* sens & v. & bialteit. — 43. B^ chanson vai ten. — 44. Pb** dex ;
B^ f. i. porais bien conteir. — 45. par toi] B* per tout. — 46. le] Pb^ se. — 46-7. B* con ne trueve en nul leu sa
peir deus lai fait por esgairdeir.
III
GAUTIER DE DARGIES
fsfo ,421. — Texte dePh^, 89 v°; var. de Pb*S 146 V" et Pb*-, 168 r«. — Édition : Bartsch &
HoRNiNG, Langue & littérature française, col. 497.
I a*« b«« a«o b«o b«« a<* b<* a«« b«« a«» b«« a«» b*^ a<«
II c*^ c^ d« c« d« cc d^' c« d^*' c^
III e'^ e"' e'^ e'^
IV b5 b5 /8 b^ b5 /8 b5 b^ p f p P P
V g^ g^ a^ g^ g^ a^
VI h^ a^ IP a^ 2? a^ i^ a« i^ a«
VII IP j8 h^ j8 j8 *«
// n'y a entre les couplets aiuune identité de strudure.
LAIS PROFANES
I
De celé me plai[n]g qui me fait languir
En une manière, & dirai conment.
Quar aine ne la seu nul jour tant servir
[ment ;
4. Qu'en peûsse avoir son guerdoune-
Si ai enduré bien & loiaument,
[guenchir,
N'onques ça ne la ne vout mes cuers
Si m'en a mené, je cuit, pluz malement,
8. N'encore n'en a talent de moi merir.
Qiii dur seigneur sert félon loier atent,
En ceste manière me convient soffrir.
[talent,
Ma dame, por Dieu, fraigniez vostre
12. Jetez vostre cuer de cest félon aïr;
Se vous le tenez einsi pluz longuement,
Sachiez tôt de voir, moiconvendra morir.
11
S'einsinc morir me laissiez
16. Vostre en sera li péchiez ;
Mais, par amor vous proi.
De moi merci aiez.
Sachiez quant je vous vol,
20. De riens ne sui si liez ;
Moût vous port bone foi
Conme vostre sougiez :
Pour c'fest droiz que conroi
24. Hastif de moi prengiez.
m
Pas ne vous doi trouver maie
QLi'ainc ne servi de trigale,
Maiz teus rit & chante & baie
28. Qui la pensée a moût maie.
IV
Teuz gens font samblant
D'amer loiaument
Qiii cuers ont félons de mal aire ;
32. Proient durement
Et destraignanment
Con cil qui bien le sevent faire.
Et guardez vous ent,
36. Dame, de tel gent,
Haez & fuiez lor afaire.
On ne les doit mie atraire.
Qu'il servent de blasme faire ;
40. Nus ne les hante souvent n'i paire,
S'en ont honte & aveques contraire.
V
On se doit bien garder
Des félons hounourer,
44. Compaignie tenir
Et bel samblant moustrer ;
S'en doit l'en moût douter,
Con en puet mal oïr.
VI
48. Dame, tant bel vous chastie
Qui vous enseigne a couvrir
Vers la pute gent haïe.
Dont nus biens ne puet venir.
52. Sachiez bien qu'ai départir
Connoist on le revenir.
Mençonges aime & gas
Ki tel gent bee a maintenir,
56. Aine nus n'ama lor soûlas
Qui trahis n'en fust au partir.
VII
Nus n'aime sanz trecherie
Qiii ja par euz ait nul confort.
60. Félon sunt & plain d'envie.
S'ont moût de gent a lor acort.
Je vous di bien en mon descort :
Lor bienvueillanz ne sui je mie.
Rubrique : Pb^ me s[ire]s Gautiers Dargies ; Pb** me sire Gautiers ; pas de rubrique dans Pb*^. — Nous prenons,
par exception, Pb^ comme hase, à cause de quelques lacunes qu: présente Pb** ; pour Pb**, qui est publié, nous n'indiquons
8 LAIS d'auteurs connus
pas les variantes graphiques, — Lettres dorées dans Pb^, aux v.v. i, 1 1 , 21 , 25, 29, 38, 42, 48, 58 ; majuscules dans
Pb**, aux v.v. I, 25, 29, 38, 42, 48, 58 ; dans Pb**, aux v.v, i, 1 1, 21, 34, 42.
I. Pb^, Pb*i plaîg. — 2. Pb^2 dira vos conmant. — 3. Pb** seuc; Pb*2 conques ne la soi. — 4. Pb^
guerredounement ; PM^ conques en euse son gueredonemant. — 5. Pb<2 ains lai endurcit bien & loiamant. —
6. Pb^* cha... vaut; Pb<* mes cuers ne vot. — 7. Pb** quic. — 8. Pb<* nencoire. — 9. Pb*- ke. — 10. Pb** an
c. aventure mi covendroit servir. — 1 1-2. omis dans Pb**. — 12. cuer] Pb^ ami. — 17-8. manquent Pb^, Pb** ; je
modifie la graphie de Pb*2. — 20. sui] Pb^ fui. — 21. Pb*i porc boine ; Pb^^ prort. — 22. Pb** con li vostre sougeis.
— 24. Pb** hastieu ; Pb** de moi h. — 27. teus] Pb^ tout ; Pb*^ mais teils chante & iuwe & b. — 28. Pb^ pense ;
maie] Pb** sale. — 29-3 1 . gens. . . félons manque dans Pb** où il y a un blanc ; teus] Pb^ teuz ; Pb*2 teis. — 31. Pb'*
ki a cuer fellon de putare. — 35. Pb*2 aguardeis. — 38. mie] Pb** pais. — 42. on] Pb*2 ains. — 45. Pb*^
de bias senblans m. — 46-7. Pb<2 se doit on bien gardeir ke ons non gabe a partir. — 48. Pb*- d. mit. — 49
couvrir] Pb<2 covir. — 50. Pb*2 de 1. p. g. haïr. — 54. Pb*- mansonge. — 55. Pb*2 ki teis gent baie a détenir.
— 56-63. manquent dans Pb*2. — 56. nus manque dans Pb^. — 58. Pb-^ nuz. — 59. euz] Pb** aus. — 62. Pb^* enz.
IV
COLIN MUSET
>/«> 74. — Texte de Pb*, 161 z^ ; var. de Pb**^, 2191^,?* 334 ip. — Éditions : Tarbé, Chansonniers
de Champagne, p. 88; Bédier, De Nicolao Museto, p. 124.
Formule :
I a^ a^ a^ a"? b-^ b" a^ b^ b^ a^
II a^ a^ a^ b^ b^ a^ a^ a^ a^ a^ b' b^ a^
III c® c® c^ c® c^ c®
IV d» d« d« c8 d» d8 c»
V e^e^e^e^e^e^e^e^e^
"^X é^ é^ fi fi fi fi fi
H n'y a entre les divers couplets aucune identité de struâlure,
I II
En ceste note dirai Très Teure que Tesgardai,
D'une amorete que j'ai, 12. One puis ne Tentrobliai,
Et por li m'envoiserai Ains i pens & penserai !
4. Et bauz & joianz serai : Quant la voi, ne puis durer,
L'en doit bien por li chanter Ne dormir, ne reposer.
Et renvoisier & joer, i6. Biaus très douz Dex ! Que ferai?
Et son cors tenir plus gai, La paine que por li trai
8. Et de robes acesmer Ne sai comment li dirai :
Et chapiau de flours porter De ce sui en grant esmai
Ausi come el mois de mai. 20. Qu'encore a dire li ai.
LAIS PROFANES
Qiiant merci n'i puis trover
Et je muir por bien amer,
Amoreusement morrai.
III
24. Je ne cuit mie ensi morir, 4^-
S'ele m'i vouloit retenir
En bien amer, en biau servir ;
Et du tout sui en son plesir,
28. Ne je ne m'en quier départir : 44-
Mes toz jors serai ses amis.
IV
Hé ! bele & blonde & avenant
Cortoise & sage & bien parlant,
32. A vos me doing, a vos me rent, 48.
Et tous sui vostres sans faillir.
Hé ! bele, un besier vos demant.
Et se je Tai, je vos créant
36. Ne me porroit nuls mais venir. 52.
Ma bele douce amie,
La rose est espanie :
Desoz l'ente florie
La vostre conpaignie
M'i fet moult grant aïe,
Vos serez bien servie
De crasse oe rostie,
Et bevron vin sus lie,
Si merron bone vie,
VI
Bele très douce amie.
Colins Muses vos prie
Por Deu n'obliez mie
Solaz ne conpagnie,
Amors ne druerie :
Si ferez cortoisie !
Geste note est fenie.
Lettres ornées, dans Pb*, aux v. i, 1 1, 30, 37, 46 ; dans P», aux v. 1, 1 1, 24, 30, 37 {ce niss, s'arrête i 45);
dans Pb^-f à i , 11, 24, ^o {ce ms. s'arrête à 36).
Je ne note pas les variantes purement graphiques, que Von trouvera dans V édition Bédier. — 4. P» b. & j. —
8. Pb* & des r. — 9. Pb» & c. & de flour ; P» de flors; ?b^^ & d'orfrois. — 1 1. Pb* t. leuere. — 12. Pb* onqucs.
— 13. ains] Pb*, P», PM^ ades. — 19. Pb* sui ge. — 20. Pb* concore. — 26. Pb* en bien s. — 29. Pb**^ mez
manque. — 33. Pb*, P», Pb»^ & tout; Pb* vostre. — 36. Pb* nul mal ; Pb*^ ne men p. nul mal ; P* nul mal
ne men porroit — 40. la] Pb* a. — 47. Pb* colin muset.
COLIN MUSET
N" 972. — Texte de Pb'*, 78 r»; var. de B*, 22^ v°. — Editions : Jubinal, Rapports à M. le
Ministre de l'Instruftion publique, p. 30; Tarbé, Chansonniers de Champagne, />. 81 ; Hofmann,
Sitiungsbericbie de l'Académie de Munich, 1863, H, p. 320; Archiv, xliii, 358; Bartsch, Remanzen,
p. 353 ; Bédier, De Nicolao Museto, p. 93.
I a' a' a' a' a' a'
II b^ b^ b^ b^ b^ b''
m c' b^ c7 b^ c" b^
IV d' e'' d^ é^ d'' e''
V f» ^7 f6 ^7 fU ^.7
VI g« <?' g" e'' gO e'^
VII i' e^ Jb7 e'' i" e"!
VIII V e'' P <r7 V é^
IX e'' e'' é^ e^ e'' é^
X
XI
P P P P P P
P P
LAIS D AUTEURS CONNUS
Comme Bartsch (Romanzen, p. 355) et M. Tobler (Archiv, xci, 325) Vont fait remarquer, il y
a correspondance exaâle entre les deux parties de la pièce, dont la secotide reproduit la première en ordre
inverse, de sorte que I et II (qu'il faudrait peut-être réunir) correspondent à IX et X (les v. 61-2 forment
coda) III à VIII, IV à VII, V à VI.
I 28.
Sospris sui d'une amorette
D'une jone pucelette :
Bêle est et blonde & blanchette
4. Plus que n'est une erminette ;
S'a la color vermeillette
Ensi comme une rosette. 32.
Il
Itels estoit la pucele,
8. La fille au roi de Tudele ; }6.
D'un drap d'or qui reflambele
Ot robe fresche & novele,
Mantel, sorcot & gonele :
12. Molt sist bien a la doncele.
40.
44.
m
En son chief ot chapel d'or
Qui reluist & estancele.
Saphirs, rubiz ot encor
16. Et mainte esmeraude bêle.
Beaus Deus & c'or fusse je or
Amis a tel damoisele.
IV
Sa ceinture fu de soie,
20. D'or & de pieres ovree ;
Toz li cors li reflamboie,
Si com fust enluminée.
Or me doinst Deus de li joie,
24. K'aillors n'en ai ma panseie.
G'esgardai son cors gai, 52.
Qiii tant me plaist & agrée.
Je morrai, bien lo sai,
48.
Tant l'ai de cuer enamee !
Se Deu plaist, non ferai,
Ainçois m'iert s'amors donee.
VI
En un trop bel vergier
La vi, celé matinée,
Juer & solacier;
Ja par moi n'iert obliee.
Car bien sai, senz cuidier,
Ja si bêle n'iert trovee.
VII
Lez un rosier s'est assise
La très bêle, la sennee.
Ele resplant a devise
Com estoile a l'anjornee,
S'amors m'esprent & atise
Qui enz el cuer m'est entrée.
vm
El regarder m'obliai
Tant qu'ele s'en fu alee.
Deus ! tant mar la resgardai
Quant si tost m'est eschapee.
Que ja mais joie n'avrai
Se par li ne m'est donee !
IX
Tantost com Toi regardée,
Bien cuidai qu'ele fust fee.
Ne lairoie por riens née
Q'encor n'aille en sa contrée.
Tant que j'aie demandée
S'amor ou mes fins cuers bee.
Et s'ele devient m'amie,
56. Ma granz joie iert acomplie,
Ne je n'en prendroie mie
Le roialme de Surie,
LAIS PROFANES
60.
Car trop meine bone vie
Qui aime en tel seignorie.
XI
Deu pri qu*el me face aïe,
Que d'autre n'en ai envie.
Lettres ornées aux v. 1, 21, 30, 31 . ^ partir de }^ des majuscules tous les } ou 4 vers. Nous ne relevons pas les
variantes purement graphiques de B*, dont le texte intégral a été publié.
6. Pb^2 plus que nest une r. — 8. B^ fille est a — 9. B* restancele. — 12. B** siet. — 13. Pb^, B-chief sor.
15. Pb**, B* i ot ; B* entor. — 17. B* & ui ke fuise ieu. — 22. Pb'* cnsi fut ; B* enlumineis. — 25. B* mon c. —
26. B* ke trop. — 29. B* non ferai se deu plaist. — 3 1 . B^ un manque. — 35 . sai senz manquent B*. — 37. rosier]
B2 vergier. — 38. Pb*2 bêle & la s. — 43. B^ a li r. — 49. B* lo esgardeie. — 56. B* asevie. — 60. en
manque B2. — 61. cl] Pb«, B* il.
VI
COLIN MUSET
A/o 1302. — Texte de Pb^^, 77 r° ; var. de B*, 70 ip. — Éditions : Hist. littéraire, XXIII, p. 547
(v.v. 61-8); Wackernagel, Altfr. Lîeder, p. 72; Tarbé, Chansonniers de Champagne, p. 85;
Bartsch, Chrestomathie, 4* éd., p. 381 ; Bédier, De Nicolao Museto, p. 114.
Formule :
I a^ b^ a^ b® b^ a® b® a®
II c<0 ^10 clO QÎO
m b» a« b« a» ^ a^ rfs a^
IV e^ e^ e^ 2fi e^ e^ e^ 2fi
V f^ f* g* P f* g* f^ f* g* f^ f* g*
VI h"' h^ h^ h^ h^ h^ h^ h^
VII /•' h^ f h^ f f P d:^ d^ d-^ d^ d^
VIII j^ g» j^ g»
IX g^ g^ g^ g"^ g"' g^ g" g^
Il n'y a identité qu'entre les strophes VI ^/ IX. — // me parait évident que les deux dernières
doivent être transposées.
I
Quant voi le douz tens repairier, 8.
Que li rosignols chante en mai,
Et je cuiz que doie alegier
Li mais et la dolors que j'ai,
Adonc m'ocient li délai
D'amors, qui le s font engregnier. 12.
Las ! mar vi onques son cors gai
S'a ma vie ne lo conquier !
II
Amors de moi ne cuide avoir péchiez
Por ceu que sui ses hom liges sosgiez.
Douce dame, pregne vos en pitiez :
Qui plus s'aba[i]sse, plus est essauciez.
12
LAIS D AUTEURS CONNUS
m
Et qant si grant chose empris ai
Con de vostre amor chalengier,
Toz tcns en pardon servirai,
16. Se tout n'en ai altre loiier.
Ma très douce dame honorée,
Je ne vos os nés proier ;
Cil est moût fols qui si haut bee
20. Ou il n'en ose aprochier.
IV
Mais tote voie
Très bien revoudroie
Vostre amors fust jnoic
24. Por moi ensengnier;
Car a grant joie
Vit & s'esbanoie
Cui Amors maistroie :
28. Meuz s'en doit pro[i]sier.
V
Qui bien vuet d*Amors joïr
Si doit soffrlr
Et endurer
32. Qan k*ele li vuet merir,
Au repentir
Ne doit panser,
C'om puet bien, tôt a loisir,
}6. Son boen désir
A point mener.
Endroit de moi criem morir
Meuz que garir
40. Par bien amer.
VI
Se je n*ai la joie grant
Qye mes fins cuers va chaçant,
Deffenir m estuet briement.
44. Douce riens por cui je chant,
En mon descort vos demant
Un ris debonairement :
Moins en avrai de torment,
48. S'en vivrai plus longement.
VII
Bêle, j'ai si grant envie
D*embracier vostre cors gent,
S' Amors ne m'en fait aïe,
52. J'en morrai coiteusement.
Amors ne m'en faudrat mie,
Car je l'ai trop bien servie.
Et ferai tote ma vie,
56. Senz nule fause pansée.
Preuz, de tote gent loee.
Plus que nule qui soit née.
Se vostre amors m'est donee,
60. Bien iert ma joie doublée.
VIII
Mon descort ma dame aport
La bonne duchesse, por chanter.
De toz biens a li m'acort,
64. K'ele aime déport, rire & juer.
IX
Dame, or vos voil bien mostrer
Que je ne sai vostre per
De bone vie mener
68. Et de leialment amer;
Adès vos voi enmender
En vaillance & en doner :
Nel la[i]ssiez ja por jangler,
72. Qiie ceu ne vos puet grever.
Rubrique, dans B* : cest dou decort Colin Musct. Dans Pb*^ il n'y a pas de rubrique, et une lettre ornée seulement
au début ; petites capitales aux v. 3, 5, 7, &c. Le texte de B^ étant publié intégralement (Wackernagel, p. 72 &
BartscHi Chrestom., 4* éd., p. 381), nous ne relevons pas ici les variantes purement graphiques.
LAIS PROFANES
13
1. B2 or V. — 10. B2 liges hom sougis. — 12. B- plux est haitiés. — 13. B* ai manque. — 15. Pb** en
pardons. — 16. B- se tost ; Pb*- loieir. — 19. B- trop. — 20. B2 com ni ose. — 22. B- voroie. — 28. B^ bien se
doit prixier. — 38. B^ cuit. — 41. B^ por. — 42. Pb** chacent ; B* ke m. c. désire tant. — 47-8. Ces deux vers
sont transposés dans les deux mss. ; la correction est de M. Tobler (Archiv, XCI, 325). — 52. B* prochiennement.
— 53. men] B^ me. — 54. B^ tous jors. — 57. B^ plux de. — 72. B^ kil ne vos puet riens.
VU
GUILLAUME LE VINIER
//^ 193. — Texte de Pb**, 49 î;° ; var, de Pb^, 1 16 r®.
Formule :
I a^ a^ a^ a^ a^ b» a^ b« a^ b»
II c^ b^ c' b^ c^ \P c^ \P c' b^ c'^ b" b"^ b» b" b» b" b»
m d* d* b^ d* d^ b^ d* d* b" b^ b^ b^ b^ b^ b^
IV e* e* n e* e* P e* e* P e* e* V V V [P] V g® g^ g^ g^ g^
// ny a entre les couplets aucune identité de struâlure.
I
Se chans ne descors ne lais
Ki de loial cuer soit fais
Puet d'amor alegier fais,
4. Droit est que de cuer estrais
Soit mes chans & liés & gais
Contre la novele saison,
Pour querre merci & pais
8. Celi ki Ta en sa prison,
Dont ne poet estre retrais
Mes cuers, ki Taime a desraison.
H
Mais tant est de grant vaillance
12. Et sage & de haut renon
Qii'en moi ne truis espérance
Ki m'aliet de guerredon.
Et puis qu'espoirs fait faillance
16. N'i a se du languir non,
K'espoirs est la soustenance
As amans sans traïson,
N'en moi ne truis espérance,
20. Si faç samblant bel & bon.
Mais n'est fors par contenance
Pour covrir ma sospeçon,
Car je n'ai espoir de don
24. De rien ki tourt a garison,
Fors que mesdisant félon
Me font estre amé a parçon :
Il resamblent le gaignon
28. Ki mort la gent en traïson.
m
Si m'en aïr
Et voel haïr
Ceuls ki font tel mesprison ;
32. D'eus envaïr
Por dechaïr
Se paint chascuns en son non,
Car meschaïr
}6. De gent traïr
Leur devroit sans nul pardon.
Dous vis, dont moef ma chançon,
Haés gent d'itel sornon,
i4
40.
LAIS d'auteurs connus
56.
44.
48.
Car a paines se puet on 52.
Gaitier de privé larron,
Et a petite ochoison
Ocist li leus le moton.
IV
Tex gens haés,
Si vos gardés
D'eus et de lour faus maintiens ; 60.
De moi pensés,
Car tout m'avés
Et tenés, très douce riens ;
Ne m'oublies, 64.
Car bien savés
Que plus sui vostres que miens ;
Si m'ocirrés
Se vos volés,
Mais ce n'iert porfis ne biens.
Se fuisse pris a païens
Puis eusse esté raïens
C'ai esté en vos liiens,
N'ainc fausetés ne engiens
Ne me fisent ai[w]e.
Dame en bonté naïwe.
Ne m'i soies eskive ;
Se plus ne m'estes pive.
Ma vie est trop penive.
Rubrique, Pb** Maistre willaumes li viniers ; la rubrique manque dans Fb^, par suite de l'ablation d'une vigtietie.
Lettres majuscules, dans Pb*^ aux v. i , 1 1 , 29, 38, 44, 61 ; lettres ornées (or et a{ur) dans Pb^, aux mêmes v. sauf 61,
2. Pb»* fait. — 4. Pb3 drois. — 8. Pb» celé qui. — 16. du] Pb<« de. — 18. as] Pb»* tous. — 19. Pb<* nem
moi. — 56. a] Pb^as. — 58. La lacune que je conjecture et après le sens n'est pas indiquée.
VIII
GUILLAUME LE VINIER
A^*' 1946. — Texte ^ Pb**, 48 v^ ; var, de Pb», 113 r°.
Formule :
I a^ a" a« a'' 6* a^ 2fi a^ a'' J* b^ b^ d? b^ b^ a^ b^ b^ a^ é^ fc^ a"'
II c« d« c« d^ c« d« c^ d«
III d* d* ^5 d* d* ^5 d* d^ ^^ ^7 j- ^7 d7 ^7 j? ^7 d7
IV d^ d^ d* d' d^ d* f^ d^ r d* f d»
V ^' d^ g'* d"* ^^ d-"* ^*'' d'* g^ g^ h^ h'"» h*
// ny a entre les couplets aucune identité de struâlure.
l
Espris d'ire & d'amo[u]r(s), 8.
Plaing ma haute folour,
Dont j'ai joie & paour
Plus de mil fois cascun jour.-
Teus est ma vie : 12.
Joie ai de ma tristour
Et duel de ma baudo[u]r.
Bien pert de mon millour
Quant pour joie & pour douço[u]r
De mort m'afie
Ma douce anémie ;
Mais bien s'est vengie
De moi a cest to[u]r,
LAIS PROFANES
«5
48.
52-
56.
Quant sa compaignie 44.
Me vee & dévie,
16. Mort m'a sans reto[u]r ;
Vers cascun est lie,
Et vers mol irie
Pour croistre mMro[u]r :
20. Mais ki s'umilie
En sa signorie
Moût acroist s'ono[u]r.
H
Biaus cuers, dous vis [rians],
24. De vos ne doit issir
Lais dis n'oscurs samblans
Por vostre ami honir,
C'uns petis vrais amans
28. Vaut c[ent] haus pour mentir.
Ne d'estre desdagnans
Ne puet nus biens venir.
m
D'orgue! guerpir 60.
32. Vos proi; faillir
Fait pris & vaillance
Ki covenir
Ll lait ; nuisir 64.
36. Puet plus qu'il n'avance;
N'aies air
Ki amenrir
Puist vostre vaillance ; 68.
40. Car s'orguex par sa beubance
Veut vostre biauté traïr,
A petit de desperance
M'estuet targier al morir; 72.
Et si qui[c] je faire enfance
Quant ce vos os descovrir,
Dont plus fériés ma grevance
S'al Ioi[n]g me voliés haïr.
IV
S'orguels & desdains partir
M'en vuelent par vo plaisir,
N'em puis joïr,
Ains m'en convenra fuir
U niens ert del revenir,
Se retenir
Ne me volés
D'un douç solas a loisir
De fin cuer asavouré,
D'un douç souspir,
Qii'ensi doit
Qiii seit & puet amors joïr.
Selonc ma devise,
M'estuet avenir
A ma haute emprise,
U morant languir.
Amors, ki faintise
M'a fait enlaidir,
Proi ke fierté brise,
Faç en devenir
Pitié & franchise,
S'avra en moi mise
Vie en liu de mort :
Sor tant de confort
Fin mon descort.
Rubriques : Pb^ maistre Will[aume] ; Pb** uns descors maistre Williaume le vinier. Majuscules, dans Pb**,
aux V. 1 , 32, 48, 60 ; lettres ornées (or et a^ur), dans Pb^ aux mêmes vers, plus 23 et 40.
4. Pb** jor. — 6 ai] Pb** est. — 23. Pb^, Pb'* d. vis (Pb^ vuis) samblans. — 36. n'avance] Pb** avance.
— 39. Pb3 puisse. — 42. Pb** a p. desperance. — 43. Pb^ m'e. changier. Mais le sens n'est pas excellent : peut-être
faut-il corriger : cest petitet d*esperance. — m'estuet changier. — 44. PW cuit. — 49. Pb** me volsist. —
58. // manque ici dans les deux mss, deux mots : peut-être estre menés. — 6}, Pb*^ Pb^ U en m. — 66. A la suite de
ce vers. Us deux mss, ajoutent & orguel rebaptise (Pb^ rebautise), mais ces mots me paraissent une glose qui trouble la
symétrie de la stropbe. — 69. s'avra] Pb** sera. — 69-72. Les mots vie en liu de... fin mon manquent dans Ph^,
mutilé à cet endroit.
i6
LAIS d'auteurs connus
IX
GILLES LE VINIER
A^° 1928. — Texte de Pb*S 83 r° ; var, de Pb^, 136 -ip, {Ce vis., par suite dune mutilation, n'a
que les v. 1-9 et le premier mot de 10.)
Formule :
I a* a<^ 2!^ h^ a* a® a« b<^ h^ a* a^ a<^ b« a* a<^ a<5 b<^ b<^
II c* c* i« ^6 c* c* i» ^«
III e* f3 e^ f* f2 f3 g5 g2 f * f2 f3 f3 f8
IV Ifi b^ b^ i^ p i3 b^ lr> b^ i^ p \^
V b5 A5 b5 A5 b5 A"^ b5 A5
VI 18 18 m^ WC /«C I* 16 IB 18 „jC ;„C ;;^0 Ji 10 ;;;7 ;;,7 ,;^7 JS JS ;;^7 ;„7 ;;^7 ^ jS
VII n^ n^ n^ n^ n^ n^
Vn 0* 0^ p*" 0* {?5 pio ^i ^5 pio ^v ^5 pio
IX q7 q7 q7 q^
X r« r» r^ r« 5<^ 5« 5« 5*^ 5^
// //[y a aucune identité de strudure entre les couplets, mais la correspondance est fréquente entre
les membres de la plupart des couplets (dans VI la symétrie s'établit entre 60-6 et 67-73, ^''^''^ 74"^
et 79-83) ; seuls les couplets III et X ne sont pas divisibles en membres symétriques ; on peut également
excepter les couplets monorimes VII et IX, oii la symétrie n'est pas cbercbée.
12.
l
A ce m'acort
Ke mon chant claim descort,
Ke solas & déport
Doit avoir en chanter ;
Mais quant recort
Les griés maiis que je port,
De joie me descort,
Ki mon chant fait fauser,
Ke nel sai amender.
Et quant resort
Mes cuers ens Tautre bort,
Et il pense au confort
K*il quide recovrer,
Adont s'amort
De joie, n'a pas tort ;
16. K'espoir[s] me taut la mort
Et fait reconforter
Et plus bel déporter.
II
Si m'en avient
20. Qiiant m'en sosvient
Ke miex me vient ens voie
Che ke faire pensoie ;
Che dont me tient
24. Mostrer convient.
Lors me sostient la joie
Des biens k'amors m'envoie.
III
Mais quant
28. Voi pensant
LAIS PROFANES
n
As griés maus que por li trai
En atendant,
Lors cant
32. Em plorant,
K'a paines faiç mot
Ne not
A mon talant.
36. Pensant
Et plaignant
Faiç mon chant :
Si com mes cuers va descordant.
IV
40. Belle doce amie,
Ke que nus vos die,
Ne m'obliés mie,
Ne jo vos,
44. Por manaice
De jalos.
D'autre n'ai envie :
A mort ne a vie,
48. En vostre baillie
Sui je tos,
Qui qu'en faice
Enuios.
52. Li doç consirer.
Dont j'ai grant denrée.
Me font sospirer,
Ma dame honorée ;
56. Tant puet demorer
Bontés désirée
Ke par désirer
lert ma mors hastee.
VI
60. Vrai[s] Diex ! quant je premier la vi,
Mervell moi coment Tencovi :
Car tant par ert dolente
K'en sa faice rovente
64. Faisoient larmes sente.
Lors m'esbahi
K'encor m'en senç traï,
N'ainc de rien tant ne m'abelli,
68. Com del bel duel ke vie ens li ;
Si m'en asist tel rente
Ke n'ert jors ne m'en sente.
D'une si grief atente
72. Lors m'asailli,
C'ainc puis ne me failli.
Dame, blonde, fresche & gente.
Plus blance ke flors en ente,
76. Alegiés moi ma tormente.
Si aies merchi
De cest vostre ami !
Que vostres cuers me consente
80. K'autres fois, mie, vos sente.
Trop estes de son cors lente !
Si n'ai deservi
Ke je muire ensi !
VII
84. La plus belle dame
De tôt cest roiame,
Lons désirs m'afame,
Si d'amors [la] flame
88. Me navre & entame
Et le cors & l'ame.
VIII
La grans richesce
De la blonde trece
[cler vis,]
92. Des bruns sorchiex, des vairs iex, del
Et la simplece
De sa gentillece
M'a sostilment enlaichié & sospris ;
96. Et la proece
De sa grant hautece
K'a ma peine et mes travaus meris :
Par sa largesce,
100. Me mist ens leece
Quant me dona s'amor a mon devis.
3
i8
LAIS D AUTEURS CONNUS
IX
K'ai je donc ke je me plaing
Kant ce ke je chas ataing ?
104. Se je plor & je gaaing
On dira ke je me faing.
X
Non fas voir. Mais li grant déduit
Ke jou eue ens la bone nuit
108. Me viegnent devant trestuit,
Ne ja n'en garrai, je quit,
S'autés nuis ne m'anuite.
France dame bien duite,
C'est ma paine & ma luite,
Se mes voloirs afruite,
Ne vos daim pas quite.
. Rubrique : Pb** gilles li viniers ; Pb^ maistre giles li viniers. — Majuscules aux v. i, 19, 27, 40, 52, 60,65,
84, 102, 106.
5. Pb3 mes. — 6. Pb'* porc. — 8. Pb^ qui. — 9. Pb^ que. — 10. Pb^^ et manque, — 50. qui que sen. —
60. premiers la vie. — 85. roiaume. — 88. entasme. — 91. treche. — 94. la. — 97. hauteche. — 100. leeche.
— 10 1. mon] son. — 102. plaig. — 104. gaaig. — 109 quic.
ADAM DE GIVENCI
N° 205. — Texte de Pb<<, 82 r° ; var, de Pb^, 158 t;^
Formule :
I a> b-» a- h- a^ h- a^ b> b* b* a^ b* b* a^ b* b* a' b* b* a^
II a^ a^ à:' Q? a> a^ a^ c^ a* a^ a? c^ a* a^ a^ c^ d*^ d*^ d*<^ d*^
III C'* c* c^ c^ c^ c* e** e* e^ e^ e*^ e* c^ c* c*^ c*^ c^ c^ c* e^ e* e^ e^ e*^ e*^ e* e^
IV fio fio f 10 f 10 fio f 10 ^10 fio ^10 fio ^10 fio ^10 f iO
// n'y a entre les couplets aucune identité de struâlure; mais cette identité existe entre divers
membres des couplets I, II et III ; remarque^ l'identité des rimes entre 41-6 et 53-9, entre 47-52 et 60-7 ;
remarque:^ en outre V addition d'un vers, qui rompt la parfaite symétrie au dernier de ces membres dans
les couplets I {y. 26) et III (y, 67).
I
La doce acordance
D'amors sans descort
VeIt sans descordance
Ke faice un descort
Por la descordance
Ke sovent recort
La belle, la blance
A cui je m'acort.
Mais ce m'acort
Qiii j'aim tant fort
Et de li sui en dotance ;
12. Mais grant déport
Ai quant j'en port
Au mains d'amors la samblance.
Mais a grant tort
16. De moi s'estort
Quant ens li ai ma fiance,
LAIS PROFANES
Ï9
Car a som port
Par son effort
20. M'arive s'amors & lance. 52.
II
Brunete & blance,
Saichiés, sanz dotance, c^6.
K'en vos m'esperance
24. Et mon cuer mis ai.
Mais Tacointance
Tant m'i desavance 60.
Ou autres s'avance
28. Par vous, ke bien sai,
Mais n'ai poisance
Ke de vo vaillance ^^
Faice desevrance,
32. Ne ja ne ferai,
Ains ai fiance
Ke, sans demorance,
Vostre bienvoillance
36. Del tôt en arai. 68.
Car autrement convenroit a la fin,
Si com on dit, le faus sevrer del fin.
Ne nuit ne jor a ce penser ne fin
40. Ke fauseté peûsse traire a fin. 7^-
m
Por coi t'amerai
De cuer v[e]rai
Sans esmai,
44. Sans délai, 76.
Et serai
En tel assai
Se porrai venir
48. A mon désir 80.
Acomplir, ,
A loisir.
Sans fenir,
De cuer entir,
De celi dont m'esmai.
Se s'amor n'ai,
Ke dirai?
Ke ferai ?
Je morrai.
Quant bien sai
Qye n'em porrai
Ja mais nul jor partir.
A som plaisir
Assentir,
Sans mentir,
Tant désir
Que sospir
Qiiant [je] remir
Les griés maus ke j'en trai.
IV
Mais se mon cuer pooit aperchevoir,
Por vrai ami me porroit retenoir,
K'ainc ne l'amai certes por dechevoir,
Et en la fin en savra bien le voir.
Et s'ensi inuir sans vraie amor avoir,
Amors mal gré l'en devera savoir.
[coraige,
Voir, car bien set & voit •mon fin
Ke por s'amor a fait sovent doloir.
[saige
Mais tant est prex, tant cortoise &tant
Ke ens la fin ne me puet mal voloir ;
Bien l'aperçui quant je par mon folaige"
Près eue perdu de son cuer le manoir.
Mais je li proi que en son Iretaige
Soie remis a tos jors por manoir.
Rubrique: Pb*i Sire Adans de Givenci ; Pb^ Sire Adans de Gievenci. — Majuscules, dans Pb*i ; aux v, 1,21,
41, 68 ; lettres ornées (or et a^ur) dans Pb^ aux v. i, 37, 41, 68, 74.
2. Pb3 sanz (et de niême ailleurs), — 3. Pb^ veut. — 4. Pb^ face. — 13. Pb^* porc. — 14. Pb^ damors au
mains. — 1^. Pb3 mes. — 17. Pb^ en li. — 18. Pb^ son. — 21. Pb^ & manque. — 22. Pb^ sachiez. — 24. Pb*i,
20
LAIS d'auteurs connus
Pb3 & tôt. m. — 28. Ke] corr, ce? — 30. Pb** ke dels vaillance. — 35. Pb<* bienvaillance. — 38. Pb** si manque,
— 39. Pb3 ne jor ne nuit. — 41 . Pb^ por ce a. — 47. Pb^ se] ja. — 53. Pb^ ccle. — 59. Pb^ en. — 61 . Pb^ son.
— 62. Pb*» a sentir. — 68. Pb** cuers. — 69. Pb3, Pb" retenir. — 71. Pb" ens en I. f. — 74. Pb» voit & set. —
76. Pb3 si c. & si s. — 77. Pb3 en. — 78. Pb*< lapercut. — 79. Pb^ oi près p.
XI
ADAM DE GIVENCI
A^° 2018. — Texte de Pb**, 81 ro; var, de Pb^, 157 i»o. — Éditions : Histoire littéraire de la
France, XXllI, 54 (v. v. 49-64); Bartsch et Horning, Langue & litt. franc., col. 499.
Formule :
I sJ b^ a' b^ a^ b^ a' b^ b*
II c"' d^ c^ d^ d» c' d^ c^ d^ d» c^ d^ c^ d^ d«
m d' d^ d^ d^ d' d^ d^ d^
IV e'^ V e'^ V e'^ V e'^ V e'^ V e^ P e^ V e^ V
V ^7 a? gi a^ g^ a*^ g^ 3?
VI b^ i^ b^ i^ b^ V W i^
Vil j7 j7 j7 f j7 j7 j7 'f V? V? V? k^ \0 V? F r P F
Il y a identité de strtidure entre les couplets V et VI.
12.
16.
I
Trop est costumière Amors
Des loiaus amans grever,
Et d'aidier les trecheors
Ki la servent de giller ;
Certes, c'est moût grans dolors,
C'on voit faus cuers recovrer,
Et ceaus faillir as doçors
Ki les sevent achater
Par bien amer.
Il
Mais nient plus ke cose painte
Aïue a comparison.
Ne vaut joie d'amor fainte
Celi de service bon,
Quant Amors en rent guerredon.
En cuer est Amors estainte
Awulé de traïson,
N'il ne set k'Amors est sainte
Ne combien valent si don
Ne ke vilains set d'esperon.
20. Non porquant bel font lor plainte
Li faus, por çou les croit on :
S'en est engignie mainte
Ki estoit de haut renon
24. Par beaus mos, par fause orison.
III
Dame, ou j'ai m'en[ten]tion
Dru sont semé li félon ;
Neïs en religion
28. A de la gent Guenelon.
Ki ceaus a a compaignon
Boivre i puet maie puison ;
Bontés sans discrétion
32. Ne puet pas avoir fuison.
LAIS PROFANES
21
IV
Dame, sans cui n'a poissance
Amors ke j'aie respas.
N'aies cure d'acointance
36. Ki ne dure c'un trespas.
Se li faus ont mesestance
Torné sont en es le pas,
Et se on lor fait pitance
40. Il n'en font el ke lor gas.
Pesés en droite balance
Mes biens fais & lor baras,
S'arai vostre bien voellance,
44. Et il ne l'averont pas.
Avoir me font grant dotance
De perdre quanques je fas,
K'a ceste sole caance
48. Ai mis tôt, & haut & bas.
Dame, de moi seul amee,
Covoitie de pluisors,
Vostre haute renomee
52. Vos fait venir des faus tors.
Tant est plus de vent grevée
Com plus est haute la tors ;
Vens ichi est apellee
56. Parole de trecheors.
VI
Dame, trop ai dure vie,
Jalosie me destruit ;
Ke, se vo bontés m'aie,
60. Ke nus grever ne me puist;
Lors me redist jalosie :
N'est pas tôt ors quanques luist.
Tele est maie ki aïe,
64. Et tele est bone ki nuist.
Vil
Merchi vos pri, biaus cuers dos,
S'ai riens dite encontre vos,
Ne doit avoir entre nos
68. Fors deboinaire coros.
Estre me convient jalos :
C'est drois de fin amoros.
Si entirement sui tos
72. Vostres ke n'i ai rescos,
Fors ke j'ai por vos chanté
Del cuer ke vos ai doné,
Cui vos avés tormenté,
76. N'ainc ne changai volenté
Por dolor ne por grieté :
Tôt ai beu por santé,
Ki se cangera en mort
80. Se je n'ai hastiu confort.
Itex novelles vos port
Chis chans ke j'apel descort.
Rubrique : Pb^ Adans de Givenci, Pb** sire Adans. — Lettres ornées, dans PbU, aux v. v. i, 10, 25, ^}, 49,
57» 65, et de même dans Pb^, sauf au v. 57. Dans Pb** au v. 65, il y a une grande capitale, comme au début, — Nous
n'indiquons pas un certain nombre de variantes graphiques insignifiantes.
3. Pb3 trecheours et de même souvent om pour o. — 4. Pb^ qui etc, — 5. Pb** grant. — 7. Pb^ ceus etc. —
10. Pb3 non plus. — 1 1. Pb» aide — 13. Pb» celé. — 16. Pb» avugle. — 18. PM» si don répété. — 19. PbU ne
manque — 20 non] Pb" ne. — 24. par] Pb^ de. — 26. semé] Pb** remés. — 28. Pb^ a la gent de. — 33. Pb^ nai.
— 38. torné] Pb** trové. — 40. nen]Pb**ne. — 49. Pb** seule. — ^\-2.Sens? — 52.Pb3veoir. — 62.Pb*< pasors
quanques i. *— 66. Pb** vous. — 67. Pb** nous. — 70. Pb** amorous. — 72. Pb** vostre. — 73. Pb•^ Pb** fors
ce (cou) que (ke). — 80. Pb^ hastif. — 81 . Pb^ porc ; vos manque, — 82. Pb" c. c. ki apelle d.
22
LAIS D AUTEURS CONNUS
XII
ANDRIEU CONTREDIT
LE LAI DE BELLE YSABEL
A^*» 81. — Texte rf^ Pb**, 75 V" (ms. unique),
I a' a"' a*^ a^ a^ a^ a^ a'' a-^ a''* a"^ a"' a' a'' sfi a"' a^ a-^
II b^ c^ b' c" b" d b7 d
III c* d« c* d«
IV ^"^ n ^^ f^ ^^ f^ e^ V e'^ r ^7 f7
V f * ^ f* ^ h^ P h^ r> h^ /5 ^5 fo
VI ;7 d^ y^ d^ p d^ p d^
VIId*(?)y3 \o o V?
Il y a identité de struâlure, sauf le genre des rimes, entre II et VI.
12.
16.
20.
I
De belle Yzabel ferai
.1. lai ke je vos dirai :
Sa grant valor retrairai
Et s'en chanterai,
Ne Toublierai.
Je Famai
De cuer vrai ;
Morte est, ja nel chelerai ;
Ja mais aillors n'amerai
Ne n'i penserai :
Siens sui & serai
Ne mais autre amor n'arai :
Tel dame ne trouverai.
Ja vers li ne fauserai
Ne n'i meflferai,
Bien m'en garderai.
Ensi languirai
Tant com je vivrai
II
Mors, ti mal sont descendu
Sor moi anuieusement !
Ton mal talent as vendu
Ma dame & moi cruelment ;
Grant mal m'as por bien rendu
24. Sans nis .1. deffiement;
Ce ke j'avoie atendu
M'as tolu hasteement.
III
Moult tost briefment
28. M'estuet del mont partir.
Prochainement
Me doit li cuers partir.
IV
J'ai perdu kankes j'avoie,
32. Si me fait Dex corechier,
[Ke] tos mes cuers se desvoie,
Si ne me puis leechier.
Diex [me mete] en itel voie
36. Ke tant me puist avanchier
D'amor servir tote voie
Loialment & sans trichier.
Saichiés bien, se jou savoie
LAIS PROFANES
23
60.
40. Ma mort tost adevancier,
Volentiers, se Diex me voie,
Le vauroie porchascier. 56.
V
Ce afichier
44. Puis jou & moult bien dire
Et fianchier,
Nus ne m'en puet desdire.
Ma doce amie avenans,
48. Ke porrai je faire,
Jouene & gente & bien venans,
Sans nului meffaire? 64.
Aine ne fustes destornans
52. Grans honors a faire.
J'en sui en contraire,
Jel doi bien retraire. 68.
VI
Ahi ! belle doce amie,
Ke porrai je devenir?
Ne me fustes anémie :
De vos me doit sos venir.
Je muir, n'ai mestier de vie
J'en voil bien a chief venir!
Li cuers me part & esmie,
La dolor m'estuet soflfrir.
VU
Por sostenir
Ces biens
Sans villonie
Félon, or poés chanter :
Chaûs sui en grant torment ;
Maufés vos puist deschanter !
Rubrique : De bel Ysabel Contredis. — Lettres ornées aux v. i, 19, 27, 35 (par erreur), }g(erreur), 43, 55, 63.
19. ti mal ti mal. — 35. La lacune n'est pas indiquée, — 53. je sui. — 54. je doi. — 59. vie] mie. —
67. en répété, — Le sens du dernier couplet est peu satisfaisant (à qui s'adresse le vocatif du v. 66?) : la construdion
rythmique en est aussi bien singulière; ces vers font T effet d'une interpolation.
XIII
THOMAS HERIER
N° 186. — Texte de Pb", 132 v> (ttts. unique).
Formule :
I a' a' a' a' a' a'
II b^ b^ c^ b' b' d b^ b^ c'
III d' d' d^ d7 d^ d' d^ d'
IV e' V é^ V «7 V e^ V
V g' g^ g' g'' g' g' g' g'
VI k^ \0 k7 k^
VII p j- r f V p r p
VIII A' h' K' A' A7 K' A' A^
IX P r 1^ r l' P •' y^
X m'' n'' ff»' n' in' rC m' ri'
XI o' 0^ o7 0' 0^ o7 o7 o^
Il y a identité de structure entre les couplets III, V et XI (monorimes de 8 v. masc. ; VIII est de
même structure avec rimes fém.); IV et X (VII est de même struâlure, avec autre disposition de rimes
masc. et fém.); IX est aussi dans le moule qui pédomine dans cette pièce, mais les vers y sont inégaux.
24
LAIS d'auteurs connus
I
Un descort vaurai retraire
S*il porroit ma dame plaire,
Mais tôt li vient a contraire
4. Kanques sai dire ne faire ;
Peu pert a son bel viaire
K'ele me doie a rnort traire.
II
Ele m'ochirra
8. Qiiant il li plaira,
Ke bien en a le pooir :
Trop s'otrecLiida
Quant si haut pensa
12. Mes cuers, bien i doit paroir :
Diex, ke ce sera?
Avra ele ja
De moi merchi? Nenil, voir!
m
16. Dame, gens cors honorés,
A cui je me sui donés,
Trop grant cruauté ferés
S'ensi vostre home ochiés.
20. Las, pour coi fui onques nés,
Quant onques ne fui amés ?
Et si n'en iert ja ostés
Mes cuers de li, ne sevrés.
IV
24. Trop ai foie amor emprise
Et en haut lieu mon cuer mis,
Ens la plus belle a devise
Ki soit en tôt cest païs ;
28. Armés sui a son servise
A tos jors mais, ce m'est vis ;
Se ne truis ens li franchise
Mar vi onques son cler vis.
V
32. Je doi trop mon cuer haïr
Ki tans maus me fait soffrir,
Sovent me fait esbahir
Et mon visaige pâlir ;
36. Se jou dévoie morir,
Ne porroie jou partir ;
Qiiant son viaire remir,
Tôt le cors me fait frémir.
VI
40. Trop sui mescheans d'amors.
Quant je n'en ai fors dolors,
Paines & travaus & plors,
N'onques de li n'oi secors.
VII
44. j'aim, — mais on ne m'aime pas.
S'en ai la piour partie, —
Un cors alignié & cras.
Bel & de grant signorie ;
48. Car fuisse ore entre ses bras
Tant ke l'eusse baisie !
K'es[t] ce ke je soshais ? Las 1
je croi miex k'ele m'ochie.
VIII
52. Mervelle est ke je tant dure
Quant vers moi la truis si dure ;
je vif par grant aventure,
Ke nus tant de maus n'endure.
56. Quant jou regart sa figure
Et sa très belle aleùre.
Vis m'est k'el mont, a droiture.
N'a si belle créature.
IX
60. Douce plaine de valor
Et de cortoisie^
Dois vis color
Com rose espanie,
64. Des beautés portés la flor
De çou ne douç mie ;
Mon cuer, mon cors & m'onor
Meç en vo baillie.
X
68. Dame ou il n'a ke reprendre.
Ex vairs, dois cors bien tailliés,
LAIS PROFANES
25
Dons blans, menus, faice tendre,
Chavex blons, Ions & delgiés !
72. Par loisir i vaut entendre
Diex ki le fist, che saichiés ;
Vers li ne me quier deffendre,
Car siens sui tos desraigniés.
XI
76. Douce dame, je vous proi
Ke merchi aies de moi ;
Jou sai bien ke jou foloi
Qiiant plus haut aim ke ne doi ;
80. A vous servir tos m'otroi
Tant ke jou vivrai, en foi ;
Or doinst Diex, en cui je croi,
Ke bien mon service emploi !
Rubrique : Thumas Heriers.
Lettres ornées aux v, 1,7, 16, 24, 32, 40, 52, 60, 68, 76.
10. Il y a un blanc pour quatre lettres environ, — 18. cruautés. — 28. service. — 42. plours. — 62. Lalacune
est indiquée par un blanc ; peut être : de fresche. — 64. flour. — 71. Il est impossible d'écarter la faute contre la
déclinaison. — 82. qui.
B
LAIS PIEUX
XIV
THIBAUT DE CHAMPAGNE
Ar° 84. — Texte de Pb*« 9 -ip] var. de Pb^ 66 r^ Pb* 23 r, Pb** 12 r°.
Editions : Lk Ravallière, Les poésies du Roy de Navarre, II, p. 156; Tarbé, Chansons de
Thibault, IV, /). 113.
Formule : a* a* b* a* a* b* W c^ c^ b^ b' d^ d^ e* e^ f f g* g^ c^ d h* h^ T t' j* j? k^ k^
I* F ni^ nP n* n^ n^ n^ o* o^ 0^ [o''] p* p'' (?) p^ p^
Rien n'indique, dans les mss., que cette pièce doive être divisée en strophes; néanmoins la même
disposition se reproduit du v, 14 à la fin avec cette différence que, de ^4 à 4^, les vers formant chacun
de ces groupes sont monorimes. — Pour obtenir la formule indiquée ci-dessus, je suis obligé de corriger
le V. 19, de supprimer un vers après )0, de supposer une lacune à 41 et 43; je suppose en conséquence
que Voriginal commun de nos quatre mss, était déjà fautif (au v. 6 dolour parait bien être aussi une
faute qui leur serait commune à tous).
12.
Comencerai
A faire un lai
De la millour; 16.
Forment m'esmai
Ke trop par ai
Fait de dolour,
Dont mi chant tonront a plour. 20.
Mère virge savourée,
Se vous faites demouree
De proier le haut signour,
Bien doi avoir grant pauour 24.
Dou deauble, dou félon,
Ki ens la noire prison
Nous velt mener,
Dont nus ne puet eschaper ;
Et j'ai forfait, douce dame,
A perdre le cors & l'âme.
Se ne m'aidiés,
Dous Diex, de mes vix pechiés.
Ou sera mercis trovee,
S'ele est de vous refusée,
Qui tant valés ?
Sire, droiture oubliés.
Et destendés vostre corde.
Si viegne miséricorde :
Pour nous aidier
LAIS PIEUX
27
Nous n'avons de droit mestier ;
28. Quant sour tous estes puisans,
Bien devés de vos serjans
Avoir merci ;
Ne nos metés en obli.
32. Se pitiés ne vaint vengance,
Dont serons nous, sans doutance,
Trop mal mené.
Dame plaine de bonté,
}6. Vostre dois mot savouré
Ne soient pas oublié.
Proies pour nous :
Ja mais ne serons rescous
40. Se ne le sosmes par vous
De voir le sai :
Chi .... laisserai,
44. Et Diex nous doinst sans délai
Avoir son secors verai.
Rubrique : Pb** li rois de navarre. La pièce est anonyme dans les autres mss., mais se trouve (sauf dans Pb^)
parmi les œuvres de Thibaut, — Lettre ornée, dans les quatre mss,, au début de la pièce seulement.
3. Pb*l millor. — 6. fait est répète Pb** ; corr, dolour en folour (?) — 7. Pb*, Pb^ torront. — 19. Après dous
diex tous les mss. ont aies merci. — 24. Pb** deffendés. — 25. Pb^ et v. — 27. Pb* nos avons. — 30. Après ce vers
tous les mss. intercalent : bîaus dois sires je vous pri. — 31. nos] Pb^, Pb** me. — ^6. Pb** mos. — 39. Pb**
rescols. — 41. Li lacune n'est indiquée dans aucun ms. — 43. Pb** gi 1. ; supplée:^ mon douz chant (?) — 45. son
manque Pb*, Pb**, Pb**; Pb** ajoute à la fin du vers amors.
XV
GAUTIER DE COINCI
N^ 956. — Texte du ms. de Soissons {Cf. Raynaud 1, 240) d'après Poquet, Les miracles de la
Sainte Vierge, p. 15 (Po) (1) ; var, de Paris B. N., 986 f* 4 (= b) et 1530 fo 5 (= c). — Édition :
Poquet, citée ci-dessus.
Les trois couplets de cette pièce présentent, coutrairement à l'usage, la même disposition et le
même entrelacement de rimes masculines et féminines. Mais dans le second il n'y a pas de rimes
nouvelles aux v. v. 62-63 {correspondant aux v. v. 26-27) et dans le troisième il y en a de nouvelles
aux V. V. 82, 84, etc. {cf. 10, 12, etc.), 90, 92 {cf. 18, 20). yoici la formule du premier :
^5 Jjô ^5 ^5 ^5 J5 ^.5 ^5 ^5 Jtf ^5 J6 ^5 Ifi ^ô ^5 ^8 JO ,f8 Ifi ft5 ^0 ^S e« fcC f * f * JO ^ ^» g8 g8 ftÔ
glgiftC
4-
I
Royne celestre,
Buer fusses tu née,
Quant porte & fenestre
lés dou ciel nommée.
Tant es de haut estre,
Pucele sacrée,
Qu'el ciel a sa destre
T'a Diex coronnee :
Car de ta mamele,
(i)y'ji souvent corrigé, d'après le sens (v.v. la, i8, 46, àc), celle déplorable édition que je suis obligé de suivre, n'ayant
pu voir le manuscrit.
28
LAIS d'auteurs connus
Qui tant est emmiclee,
Fu sa bouche bêle
12. Peûe et abevree.
Haute damoisele,
Virge beneûree,
Touz li mons t'apele
i6. Par tous iés réclamée ;
Haute pucele pure & monde,
De toi sourt la rousee
Dont as toute la rien du monde
20. Norrie & arousee.
Royne ennouree,
Buer fusses engenree,
Car plus iés douce & plus plesanz
24. Et plus sade cent mile tanz
Qiie mielz en fresche ree :
Riens qu'asaveur
Sans ta saveur
28. Ne m'est asavouree.
Certes, qui ne bee
De toute sa pensée
A toi servir tout en apert,
32. Puis bien dire que s'ame pert
Et qu'ele en iert dampnee ;
Mes qui te sert
Dieu en désert :
36. Que buer fusses tu née !
II
Fontaine de grâce.
Mère Dieu, Marie,
Que que chascuns face,
40. Fouz est qui l'oublie ;
Tourne nous ta face
Qui tant est polie,
De nous touz efface
44. Toute vilanie.
Embasmee rose^
De nouvel espanie,
Touz li mons t'alose
48. Et vers toi s'umelie :
Qu'en toi se repose
Et en toi se recrie
Cil qui toute chose
52. De nient forme & crie,
Qiii de bon cuer a toi s'otroie
Qui t'aime, sert & prie.
Tu l'as tost mis a bonne voie
56. Et retrait de folie;
En toi n'a boidie,
Barat ne doublerie.
Tricherie ne fauseté :
60. Por ce a cil bien son sort jeté
Qiii a toi se marie :
Tu as biauté
Et loiauté
64. Valeur & courtoisie.
Ne foloie mie
Qiii de toi fait s'amie,
Car cil qui t'aime de cuer fin
68. Ne puet faillir a fine fin.
N'a perdurable vie :
Por ce t'enclin,
Por ce m'aclin
72. A toi, virge Marie.
m
Rose fresche & clere.
De saint Espir plaine.
Tu est fille & mère
76. Au filz Dieu demaine;
Tant fu ta matere
Nete & pure & saine
Qu'en toi prist ton Père
80. Char & forme humaine.
Dame, qui tant sainte.
Et qui tant fu[s] eslite,
Qiie grosse & enceinte
84. Fus del saint Esperite,
Oies ma complainte.
Et envers moi t'apite :
Ma lampe est estainte,
LAIS PIEUX
29
88. M'ame en enfer escripte.
Dame, de moi pitiés te preigne, 100.
Si deslace la corde,
Que deable[s] plus ne m'estraigne
92. Qiii m'enlace & encorde;
Ainz que morz me morde, 104.
Fai que me desamorde
De vilenie & de pechié.
96. Las, las, chaitis, tant ai pechié
Qiie ma vie est trop orde : 108.
Cuer ai de fer ;
Du feu d'enfer
Ja ne cuit que j'estorde 1
Mère de concorde,
Fais ma pais & m'acorde :
Péchiez m'a tout taint & noirci
Doiz de douceur, merci, merci,
A ton douz fil m'acorde :
Maint descordé
As racordé,
Fonz de miséricorde !
Pas de rubrique, — Lettres ornées dans b, aux v.v. i, 37, 73, dans c, aux v.v, i ^/ 73.
2-4. Po manquent, — 4. c de ciel ies. — 7. Po quen. — 12. Po abreuvree (sic). — 14. b, c boneuree. —
16. b, c par tout. — 18. Po sovit (sic); c sort. — 24. sade] c de. — 25. Po mieux; c que nule riens formée. —
28. c met. — 35. Po sert. — 39. Po die. — 45. Po rousee. — 46. Po espiniee (s/V:). — 49. Po, b, c car en toi. —
58. Po loberie. — 60. b a bien cil. — 65. Po ne félonie cil mie (sic), — 68. c f.ne puet. — 80. Po forme & char.
— 82. b essiutc. — 84. Po du sainte e. — 89. Po, b de moi manque. — 91. Po estingne, (sic). — 93. b mais que;
c que la morz. — 94. Po desamor. — 95. Po et manque. — 100. Po que je restordre (sic). — ^' loi. c de manque.
— 103. Po nercî. — 105. Po me racorde. — 107. Po recordé ; c acordé.
XVI
GAUTIER DE COINCI
N° 192. — Texte de Pb**, 73 r> ; var. de 2193 (Pb*^), 10 v^ ; (œuvres de Gautier de Coinci.) —
Imprimé par Bartsch dans Zeitschrift fur rom. Philol., 1, 70.
Formule :
1 a^ a^ a^ b^ a^ a^ a^ b^
a3 b^ b* b*
c* c* c^ c* c* c^ c'*
b* b* a^ a^ a^ b^ a^ a^ a^ b^ b* b* a^ a^ a^ b^ a^ a^
c* c* c^ c* c* c^ c*^
II
III d^ d=> d- d« d5 d^ d^ d« d" d' d^ d» d^ [d^J c« d^ d* ^ d- d' ^
IV p p g^ p p g^ p p g^ p p g^ p p g^ p p g^ p p g^ p p g^ h' /* h' »■*
h' »» »» *•» j* j3 j» k^ h^ *■* ï» j* j3 j3 k- k' t» t* j* f f A' A» [t* »•»]
V P 1'' P c3 c* c^ fi 1"' l"' P c' c* c^^ fi I' F F c' c3 c' fi ttfi nfi tfi m^ »»' «* m^ nfi »*
m' m^ rfi
VI d^ p^ d^ p^ o' p^ 0' p^ 0' p' o' p' p' q' q' q' q'
Vil r' s-' r^ s5 r7 s» r' 58 r^ s^
VIII t» t' t» u» t3 t' t' u» u» u* u*
}o
LAIS D AUTEURS CONNUS
// n'y a entre les couplets aucune identité. Ce lai nous est donné comme composé « contre le lai
Markiol » c'est-à-dire sans doute à son imitation (voy, la rubrique dans Pb** et cf. v. 21 ss.). Malgré
cette affirmation, il y a entre le rythme des deux pièces des différences sensibles, f^oy. Véd. du lai
Markiol donnée par Bartsch dans Zeitschrift fur rom. Philologie, 1, 61.
I
Flours ne glais,
N'oisieaus jais,
Ne dos mais,
4. •Ne pascor
N'erent mais
Ens mes lais ;
Tote lais
8. La folor,
Plus n'i sejor,
Ne n'i demor,
Car j'en trais
12. Ja grief fais;
S'en retrais
A dolor,
N'en puis mais.
16. Clers & lais
Sans relais,
Sans retor,
Vi en error
20. Assés grignor :
C'est li lais
Li markais
Et li tais
24. De puor,
Si pugnais,
Si mauvais ;
N'i a pais
28. Ne sejor
En tel amor,
N'a fors tristor.
II
Mais ki entent
}2. A sauvement
Et d'ame & de cors ensement,
Bien li deflfent
Ke riens ne penst
36. Fors k'a vostre amor seulement,
Dame a cui tos li mons apent,
Car ki emprent
Et ki aprent
40. A vos servir benignement
Ne s'en repent,
Car il i prent
Si riche guerredonement
44. Ke por un bien l'en rendes cent.
Si nos sosprent
Et entreprent
Pechiés, ki tôt le mont pourprent,
48. K'au jugement
En dampnement
Serons trestot comunalment,
Se vostre orisons nel deffent.
III
52. Dame, ke ferai?
A mal sans délai
Irai, mors serai,
Ja mais merchi n'arai,
56. Car trop meffait ai.
Et tant i entrai
El tai, dont en trai,
K'a paines m'en retrai,
60. Tos i remanrai ;
Se vo secors n'ai,
Bien sai ne verrai
Ja le signor verai,
64. Ja liés ne serai
Tant corne tel me sente,
Ja ne finerai,
LAIS PIEUX
3Ï
68. Mais set fois venrai
Le jor, par droite rente,
Si vos proierai
Et sosploierai,
72. Tex iert tote m'entente.
IV
Bien doit dire
Son consire,
Nus ne s*en doit taire,
76. A son mire
Ki désire
Garir de contraire ;
Nus eslire
80. Tel martire
Ne puet ne retraire,
Ne redire
Ne descrire
84. Vostre doç afaire ;
Et quant dire
Oi & lire.
Dame deboinaire,
88. Ke de Tire
Nostre sire
Nos poés retraire,
Molt s'empire,
92. Molt s'atire
Doleros repaire,
Sa mort tire,
Ki remire
96. Vostre doç viaire
Et le vostre doç samblant.
Ne ne vos daigne
Merchi crier em plorant,
100. Ke de lui pregne
P;tié le signor poissant,
K'o vos le maigne
En sa compaigne,
104. Et k'il n'apreigne
De losengier
Mençongier,
Ki songier
io8. Nos fait en viltance
Et met en balance
Et nos ensaigne
Tel bargaigne
112. Ke si très chier
Bargignier
Mais ne quier ;
Ki vers lui ne tance
1 16. Mors est sans dotance
Mais notre enseigne
Nos desenseigne
Tous de pechie[r],
120. De trichier,
D'avoir chier
Che qui desavanche
Foi & espcranche
«24.
Dame, tôt valés,
Tôt le mont veés,
128. Ke nus ki soit nés
Disnement
Bien n'atent.
Mais grief dampnement
132. Et mal & pesance.
Se vos pitié n'en avés,
[Dame,] bien savés
Ke nus n'ert sauvés,
1 36. Car coment
Autrement
Poons sauvement
Avoir, n'alejance?
140. Car nos visités!
Se por nos viltés.
Ma dame, obliés
Vostre gent,
144. Molt iert gent
A celui ki tent
32
LAIS D AUTEURS CONNUS
A nostre grevance.
Doce mère,
148. Estoille clere,
Sainte, nete & pure,
Vostre père
Fustes mère ,
152. Encontre nature;
Chier compère
Ki compère
Vers VOS créature,
156. Suer ne frère;
Paine amere
Désert et laidure.
VI
Dame, roïne del monde,
160. Se volés entendre
Au pechié ki sorabonde,
Ki nos set sosprendre,
Molt doç ke ne nos confonde,
164. Car pour tout le mendre
Jus ens la flame parfonde
Nos convient estendre,
Ke nus d*infernal vergonde
168. Ne nous puet deflfendre.
Se par vos ne somes monde
Tant porrons atendre,
K'il nos covenra descendre
172. La ou li fers aversiers
Trove cel ki n'est entiers
De vos servir volontiers ;
Trop est chier s itex loiers.
Vil
176. Dame, entendes mon désir,
Très doce Marie,
Nule riens tant ne désir
Com faiç vostre aïe ;
180. Ne nos laissiés pas morir
En nostre folie.
Se les buens volés causir,
Ma dame causie,
184. Molt ares au départir
Povre compaignie.
Vlll
En finant
Mon doç cant,
188. En plorant
Merchi cri ;
En chantant
Di bien tant
192. De vous quant
Je m'i fi
Ke tôt de fi
Avrai merchi :
196. Or fin ichi.
Rubrique : Pb** uns lais de nostre dame contre le lai markiol. — Lettres ornées, dans Pb**, aux v. v. i, 3, 52,
72, 126, 159, 186; dans Pb*3, aux v. v. 1; 21 (à tort), 38 à (tort), 45 (à tort), 52, 55 (à tort), 126, etc,
2. jais] Pb** lais. — 4. Pb*3 paschour. — 5. Pb*3 en. — 8. Pb** la flor. — 9-10 Pb*3 la plus ni demor ne ne sejor.
— II. Pb** dont j. t. — 12-18 manquent Pb** sans indication de lacune. — 14-18. Pb*^ dolour, retour. — 19. vi]
Pbii et. —29. Pb«3chele. —35. Pb*» ni. — 36. amor] Pb" cors. — 37. Pb^* d. a c. tos jors li m. a. — 38-9. Pb»3
transpose emprent et aprent. — 40. a] Pb*^ de. — 44. l'en rendes] Pb*^ en rent. — 47. Pb** esprent. — 49. Pb''^ au ;
Pb«i dansnement. — 56. trop] Pb»» tant. — 57. i] Pb*3 je; Pb»«, Pb»3 entai. — 58. Pb»3 tant entrai. -—60. Pb^^
ja voir nen istrai — 61. Pb*3 se vostre amor n*ai; Pb** vos s. — 62. Pb** b. s. ke ja n. v. — 64. Vb^^jdi manque.
— 65. Aucun des deux mss. n'indique la lacune que des raisons rythmiques me font supposer. — 67. manque Pb**. —
68. Pb*t verrai ; Pb»3 client f. — 72. Pb«3 tele. — 74. Pb»3 martire. — 75. manque?b^^.—^\. Pb»» n. p. retraire.
— 86. Pb** puis eslire; Pb*^ 00ns & 1. — 92. Pb^* m. atire. — 93. Pb** afaire. — 102. Pb*^ que par vous m. —
104. Pb** ne praigne. — m. Pb** faire tel b. — 114. Pb*3 voir n. q. — 1 17-23. manquent Pb**. — 132. Pb*' &
maie pesance. — 133. Pb*3 nen avés pitié. — 138. Pb*' porriesmes. — 139. Pb** ne a. — 142. ma dame omis
LAIS PIEUX
}}
Pbi3. — 148. Il faut ici un vers de trois syllabes; mais la première ^ comnunçant par une voyelle sur laquelle s*èUde la
dernière syllabe du vers précédent ^ peut être considérée comme faisant partie de celui-ci. Sur un phénomène inverse, voy.
Romania, XXVIII, p. 239-40. — 155. Pb*^ envers. — 156. Pb<3 filg n. f. — 162. Pb^^ qui si nous set prendre ;
à ce vers Pb^* ajoute & esprendre. — 163 . Pb*^ moult dout quil ne nous c. — 164. Pb*' car par mi le m. — 165 . Pb*3
j. en la flambe p. — 166. Pb*3 ajoute ens la chendre. — 167. ke] Pb'^ car. — 168. Pb^* ne se p. — 170. Pb*3 poons.
— 171. descendre] Pb** dire. — 172. la manque Pb*3; Pb*» ens la o. 1. f. a. — 175. trop] Pb*3 mit. — 179. Pb*3
com la vostre a. — 182. Pb*^ coisir. — 183. Pb*^ puchele très pieue. — 192-4. Pb*' de vos virge mafi ke t. etc.
XVII
ERNOUL LE VIEUX
LAI DE NOTRE-DAME
A/° 1017. — Texte ^^ Pb**, 61 z;° (w5. unique). — Édition partielle {v. 1-82) : Woi.f, Ueber
die Lais, p. 472.
Formule :
I a"^ b^ a^ b^ a^ b^ a? l^ b^ b^ b^ b^ b^ b^ a^ c^ a^ ^^ a^ c^ cî^ c^ c^ c^ c^ c^
II d^ d^ d5 d^ e^ f^ f^ f5 fs ^ gs gs g5 g5 ^5 j7 jji ^5 jp j7 ^5 ip ip ^5 ip ip ^5
ip IjÔ ^5 i5 Jo i5 jô ^3 g3 go [^g5] g5 ^5 jl jl f^o jl jl ^5 jl jl ^5 Jl jl ^5 ^5 /jo ^5 ^5
m F d^ r d^ [m^\ V d^ F d^ nf- V d^ F d^ m^ F d^ F d^ m^ «^ o^ n^ n^ o-
n' p"^ p'^ p* o'^ n^ q^ q^ q* o'^ o^ o^ b^ o^ b^ o^
IV r^ s^ r'' s'' /5 r'' s^ r'^ s"^ t^ r"^ s*^ r'' s'^ /^ r'' s^ r*^ s"' /^ u'^ v^ u"^ u^ v^ u^ \^ x^ x* v^
U^ p7 p'' p* '(p ip ip y^ ip y^ x;5
V z7 a'^ z^ a'^ z^ a'^ z^ a'^ z^ a'« z^ a^ z^ a^ z^ a'^ b'^ c'^ b"' ^'« d'» d'» d'» d'*
^•G p8 p8 ^'8 pH p8 p8 p8 pi pi y'O p8 p8 p8 p8 pi pi ^"6 g'8 yC g'8 yC g'8 ^6 g'8 yO
VI r^ b'^ r7 i'o r^ i'c r^ i'o r^ ô'o r^ A'O r^ i'o ^7 i'« ^'7 yo j'7 p
VU k'8 k'8 k'8 k'* /'« m'« m'» m'» m'* /'« n'» n'» n'» n'* o'^ k'» k'» k'» k'* o'o
p'8 ^'0 p'8 Q% p'8 o'C p'8 o'O ^7 ^5 ^7 ^3 J5 ^5 ^5 ^5 J5 ^5
Il y a identité de structure entre les couplets III et IV ; il y a aussi de nombreux parallélismes entre
les divers membres de presque tous les couplets. Enfin il y a grande analogie de struâure entre le début
et la fin de la pièce (v,v. 1-12 ; 263-72); il y aurait identité absolue si l'on supposait, ce que nous
croyons nécessaire, une lacune de 2 vers de *] et ^ sylL après 266.
4-
I
En entente curieuse
De querre ma vie,
L'amor de la glorieuse
Ne laiserai mie,
K'a la virge presieuse
Ne requière aïe,
Ki fu si très savereuse
Conques en sa vie
Ne li prist envie
De carnel folie.
Or ne m'escondie
}4
12.
LAIS D AUTEURS CONNUS
l6.
20.
24.
28.
32.
36.
40.
44.
48.
68.
De riens ke je die,
La doce, la pie, 52.
La Virge Marie ;
Virge boine aventureuse.
Sainte, caste & pure,
De tos les biens eûreuse, 56.
Plaine de mesure.
Sainte Virge a Dieu espeuse,
Pucelle a droiture,
Doce roïne piteuse, 60.
De boine nature,
Tote créature.
S'en vos met sa cure,
Puet estre seûre 64.
De boine aventure.
II
Dame de pitié,
Vaissaus d'amistié,
Virge sans pechié,
Moult eûstes lie
Et cuer & coraige,
Quant de Jhesu Crist,
Ki ens vous se mist
Et car & sanc prist,
Novelles vos dist
La vois del mesaige :
Ce fu Gabrieaus,
Angles boins & beaus,
Volans & isneaus,
Del signor de ceaus
Amoros messa[i]je.
Qui ne vos anoncha mie
Novelles de vilonie.
Ne parole vaine,
Qiiant de par le roi de vie, 84.
Te dist : « Diex te saut, Marie,
Ki de grasse iés plaine.
Diex [est] en ta compaignie.
Deseur toi n'a signorie 88.
Nule feme umaine.
72.
76.
80.
Ne soies pas esmarie.
Mais de joie raemplie :
Bien soies certaine.
Sans oevre vilaine
Conçois Dieu demaine
Ki vit & ki raine. »
Dame, moult vos plot
A oïr cest mot,
Qiiant dit le vos ot
Cil ki bien le sot
Noncier corne saijes :
Ce fut Gabrieaus,
Angles dous & beaus.
Del signeur de ceaus
Droituriers messaiges.
Virge(s) doce, deboinaire.
Caris est ki te puet faire
Honor & servise.
Tôt avons de vos a faire.
Nus ne se doit de vos taire
Ki ens pechié gise,
Ains se doit près de vos traire
Et vos som pechié retraire ;
Car en nule guise
Riens ne puet a Dieu desplaire
Ki contre vostre aversaire
Soit par vos conquise.
Vostre garandise.
Dame, nos soffise
En la grant asise
Au jor del juïse.
m
Virge, ki saintismement
Conceûstes sans pechié.
Conques nul jor plainement
N'eùstes le cors tachié,
[able],
Ne n'en eùstes talent,
Ne ne vous fut reprochié
LAIS PIEUX
35
Conques par nul tendement
Eùst cars a vous tochié,
92. Virge pietable,
Virge après renfontement,
Virge, ki sans mauvaistié
Fustes après & devant
96. Et sans carnel covoitié,
Virge pardurable,
Virge perpetuelment,
Dieus vos a doné tel fié
100. Ke por nostre sauvement
Li estes tos jors au pié.
Virge seco[urable],
Deproiés le roi del monde
104. Cui vos estes mère
Ke s'ire ne nos confonde
Por le mal ki surabonde.
Virge doce, clere,
108. Sainte, pure, caste & monde,
Nuit & jor por nos orés,
Nos aidiés & secorés
Et laborés
1 12. Vers Dieu, nostre [très] chier père,
Qiril nos gart de la vergonde
Et de l'angoisse infernal,
Quant puni seront li mal
Il 6. El parfont val
Dont Tordure est [très] amere.
Dame a cui matere
Nus ne s'acompere,
120. De nos faire aïe
Ne soies avère.
Car qui Dieu oblie
Tos jors le compère.
IV
124. Doce mère au Creator,
Nos vos devons jor & nuit
Honorer tuit li plusor.
Et non li pluisor, mais tuit :
128. Vos estes tôt digne
Ke li grant & li menor.
Se pechiés ne le[s] destruit.
Vos doivent porter honor,
132. Car vos portastes le fruit
De cui, v[e]rai signe,
Nostre anemis a pauor.
Et quant il le voit, si fuit.
136. Doce mère au Sauveor,
Proies tant, ne vos anuit,
Que dos & bénigne
Nos faiciés nostre Signor,
140. Si ke, par vostre conduit
Plus que par nostre labor,
Puissons ate[i]ndre au déduit
Ke [Jhesus] asigne
144. A cels de hautes mérites
Ki ont leur désertes
El livre de vie escrites.
Ce sont les âmes eslites
148. A cui sont ouvertes
Les portes, ki as hérites
Et a ceaus qui contre loi
Vont sans raison contre foi
152. Sont, par Totroi
[De] Dieu, closes & covertes.
Dame, les nos[tres] mérites
[Et] nos désertes sont tex
156. Ke se de nos... [es]
N'a merchi Dex,
Tormens nos atent a certes.
Dame, les nos pertes
160. Sont totes apertes,
Diex set de nos vies
Totes les revertes ;
Nos âmes traies
164. En seront désertes.
V
Dame, moult est faus & vis
Et de malvaise orine
Ki voit vostre imaige el vis.
36
LAIS D AUTEURS CONNUS
i68. Et cent fois ne Tencline.
Dame, tost nos ravrés mis
En racordance fine
Vers Dieu, ki est vostre amis,
172. S'il nos a en haine,
Dame, confors as chetis
Et as enfers mechine,
Estoille de paradis
176. Et del monde roïne,
Dame, doce flor[s] de lis
Et rose sans espine,
De nos, cui pechiés a pris
180. Et tient en [sa] saisine,
Deproiés vostre chier fill
Ke tos nos en retraie,
Et deffende de péri 11
184. Par sa pitié veraie.
Marie, estoille de [la] mer.
Que totes gens doivent amer
Et deproier & reclamer,
188. Cuer sans amer,
Voilliés vos entremetre.
Au [grant] pooir que vos avés,
— Tos les consaus vos les savés, —
192. K'es haus degrés nos faites mètre.
Car c'est cose [de] vérités
Ke clos nos ert icil ostés.
Si ke dehors serons remés,
196. Ke ja merchi n'en ara Dés,
Se vos ki des
Esperités
Estes del chiel & porte,
200. Celé entrée a nos [ne] donés.
Par vos nos ert habandonés
Li chiex, ou chil est coronés
Ki saintement de vos fu nés,
204. Et puis penés.
Et mal menés
Si ke sa chars fu morte.
Nostre anemis, ki par tôt cort
208. Ki tos maus nos enorte,
Et ki trop tient le monde cort
Mort pardurable porte ;
Doce dame, d'entrer ens cort
212. Cremons k'il nos resorte.
Se vostre amors ne nos secort.
Qui moult nos reconforte.
VI
Sainte Virge, en cui amor
216. Nos avons espérance,
Et porter & nuit & jor
Vos devons reverance,
Et estre, par grant sejor,
220. Devant vostre samblance,
Ki faite est ens vostre honor
Et ens vo remembrance,
Faites [nos], par vo doçor,
224. Virge de grant vaillance.
De Dieu nostre Creator
Avoir boine voellance ;
Faites nos mètre el retor
228. De paiz & d'espérance,
Et ke Diex, au chief del tor,
Nos ait en sa presance.
Virge Dieu, pucelle chiere,
232. Sainte, caste & nete,
Vostre saintisme proiere
En paradis nos mete !
VU
Dame en cui [tuit] nous nos fions,
2)6. Devant vos nos crucefions.
Dame, por Dieu merchi prions.
Et vos crions,
Virge, saintisme dame,
240. Ke pas ne metés en obli
Ke par vos ne soit acompli
Coment Diex ait de nos merchi,
Ki somes chi
244. El feu & ens la flame.
LAIS PIEUX
37
Nature nos fait [toz] pechier,
Nos fait mentir, nos fait trechier, 260.
Pauses paroles aflfichier,
248. Boivre & lechier,
Et tart lever por Taise.
Dame, de vérité savons 264.
Ke, se par vous merci n'avons,
252. C'est tôt passé, ja ne Tarons,
Ke deservons
Pardurable mesaise : 268.
Créance poons nos avoir,
256. Mais Tuevre est trop mauvaise.
Dame, nos savons tôt de voir
Ke par vos arons aise; 272.
Faites tant que, par estavoir,
Nostre anemis se taise.
Et ke de vos puissons movoir
Cose ki a Dieu plaise.
Tote riens soit envieuse
De querre en sa vie
L'amor de la glorieuse
De la Dieu amie.
Ki ens li se fie
Onques ne Toblie ;
Ki merchi li crie,
Tos jors por li prie.
Or nos doinst s'aïe
La Virge Marie !
Rubrique : Ci conmencent li lai Ernoul le vielle de Gastinois & cis est de Nostre Dame. — Lettres ornées aux v. i ,
27, 165, 181, 215, 235.
I. en] ei. — 5. ke la. — 6. requerre. — 48. est manque, — 55. conceus ; mais il faut un vers de cinq syllabes,
— 61. sajes. — 64. Suppléer volans & isneaus(?) ; cf, v, 39. — 69. service. — 81-2. Ces deux vers sont répétés,
— 83. saintisme. — 94. mauvaistee. — 102. virge seco {sic; quelques lettres ont été grattées), — i lo. & nos s. —
112. très nuinque, — 113. qu'il] qui; vergoigne. — 115. puni] comparé. — 125. nuit & jor. — 128. disne.
— 130. destruist. — 133. qui. — 138. doce. — 139. signour. — 143. ke li. Mais la symétrie exige un vers de ^s.\
au lieu J^ Jhesus, corriger lasus? — 151. raison et. — 154-7- Le ms. donne d. 1. n. désertes sont tex ke se de nos
na m. Mes correSlions ont pour but de rétablir le parallélisme entre ces vers et 1 13-6. — 156. Suppl, laschetés? —
165. vils. — 186. cui. — 194. ostels. — 199. nestes. — 200. celé] car. — 228. paiz] paine. — 247. Apres ce
vers le ms. ajoute : amer délit & avoir chier. — 248. Après ce vers le ms, ajoute : & tart couchier. Ma correélion a
pour but de rétablir le parallélisme entre 245-9 ^^ '^^ groupes qui précédent et suivent.
XVIII
ERNOUL LE VIEUX
LAI DE L ANCIEN ET DU NOUVEAU TESTAMENT
N° 1642. — Texte de Pb", 63 ifi {ms. unique). — Édition partielle : Hist. litt., XXIH, 560
{v.v. 18-44; 66-7 ; 70-1).
Formule :
I a'' 2l' a' i' a' a'' a' a'' è' V^ c' c* c' c' c' c' c''
H d^ d' dT d' d^ d' dT d' e^ e^ P 9 P V V H f f> P V P P
III g8 f g» i' g8 f g8 f
IV i* c* i* c* i* c* i* c"
V j' k' j' k' p k' p kT
38
LAIS D AUTEURS CONNUS
VI 1^ m^ 1^ m^ 1^ m^ 1^ m^
Vil n"^ o*^ n"' o^ n" o^ n*^ o*^
VIII p7 q^ p^ q'' p^ q^ p^ q^
IX r^ 5' r^ 5*' r*^ s"? r^ 5*'
X f n^ /" n^ r n^ /^ n^
XI m" u'' m'' u*^ ;;/'' u"' i?f u*
XII a" v^ a^ v'' a"' v" a"^ v" a'^ v" a'' v' a" v"^ a' v"
XIII x^ y x' / x^ y x"' \^
XIV k' q^J î^ q^ ^^ q^ f q^
XV 5^ a'' s'^ a"' s"' a"' s^ a"'
XVI g" n g7 P g' (7 g" f" g^ f" g7 f^ g" f"
XVII ft'7 c'7 ft'7 c'7 è'7 c'7 t'7 |-c'7] J'T [c'?] J"? [c'"] b'' [c'\ V' C*"
XVIII in^ d'7 m7 d"' ;;/" d"' ui^ d'^
XIX e'7 r7 e'7 f'7 e'7 f? e'7 f7 e'" f^ e'"^ f e"^ f^ e'^ f"
XX ^'" h"^ ^'^ h'"? ^'7 h'7 ^'7 h'7 gn g'-S g'Z g'3 ^'3 h'7
XXI i " j'"^ i'" )'"' P j'7 /"7 j'7
XXII k'7 f7 k"' n k"' V k'' f7 k'' n k'7 f" k"^ f^
xxiii f ' V p f" r f" f" r" 5^ s" r^ 5^ 5^ 1*7 1-7 r7 i-t i'7 i'7 1'7 1'7 1-7 \n
Il y a identité de struâlure (sauf le genre des rinies) entre les couplets IV, VI, VU, entre V, VIII,
IX, X, XI, XUl, XIV, XV, XVIII, XXI, entre XII, XVII, XIX, entre XVI et XXII.
I
S'onques hom en liu s'asist
Ki boin lai oïr vausist,
Onques lais si bien ne fist 20.
4. A escoter corne cist,
Ke tos est de Jhesu Crist,
Ki le patrenostre fist
Et ki les paroles dist 24.
8. Ke totes en escrit mist
Jehans, li ewangeliste.
De sa mort [tuit] furent triste
Mains jors après & mains ans. 28.
12. As enfans
Et as grans
Soit chis cans
En tel guise porfitans 32.
16. K*a nesun des escotans
Ne soit pechiés contrestans.
Il
De par son comandement,
El premier comencement
Establi premièrement
Le chiel & le firmament,
Et puis la terre ensement
Et tôt kank'il li apent,
Erbes, arbres, bestes, gent
Et tôt quanques mons comprent.
Les coses del monde crurent
Ki de Dieu criées furent.
Tôt crut, tôt multeplia.
Tant ovra,
Tant pécha
Li mondes & folia
Ke Diex el siècle envoia
Le diluve, ki noia
Fors Noë ki eschapa,
LAIS PIEUX
39
76.
84.
Ke Diex ens l'arche sauva,
36. Et ceaus qu'il li comanda.
Par lui donques s'aresna,
Recrut & recomença
Li mondes des lors en cha. ^^'
\\\
40. Qiiant li diluves fu passés
Et descrieutes les grans ondes,
Ke tôt un mois & plus assés
Orent esté si parfondes,
44. Em poi de lieu fu assamblés
Et amassés tos li mondes,
Ke, kant li maus fu trespassés,
De pechié fu chascuns mondes. 80.
IV
48. Des Noé, si come j'ai dit,
Et des le diluve ot mil ans,
Si com ens la Bible est escrit,
Dusk'a tans ke fu Abrahans ;
52. Ysaac son enfant petit,
Ke plus n'avoit de tos enfans,
Vaut sacrefiier sans respit,
K'il amoit plus ke trente tans. 88.
V
56. To[s]t reiist sacrefié,
Si com il Tavoit tôt nu
Deseur[e] Tautel liié, 92.
Quant un moton tôt cornu,
60. Ke Diex li ot envoie,
Vit dejoste lui venu :
Le moton a dévié,
Et son fi 11 a retenu.
96.
VI
64. N'estoit en oire nule lois
Qiiant Abrahans estoit en vie :
Ne nul déviés ne nul deffois 100.
Diex n'avoit fait ; lors n'estoit mie
68. Encor adonc ne cuens ne rois :
Tote iert a Dieu la signorie ;
A son boin gré & a som pois
Faisoient maint sens & folie.
VII
Assés de teus [lors] i avoit
Ki poi dotoient a pechier,
Et maint home ki ne savoit
Avoir le preu de s'ame chier.
Et tel i ot ki conissoit ;
Chascun[s] li devoit reprochier,
Et Diex, ki tôt set & tôt voit
Quanques au cuer peut aprochier.
VIII
Ensi li mondes alot
Em balance adès adès,
V. c. ans ke lores ot
Du[s]k'a tens de Moysès,
A cui Damediex parlot
Et as félons juis engrès
Endroit la loi mot a mot
K'il ont puis tenu après.
IX
Moysès, teste cornue,
Ot la loy de Dieu aprise ;
De Dieu li estoit venue
Et fu tote en escrit mise.
Quant par tôt fu espandue,
La lois crut & en tel guise
Ke mill ans fu bien tenue,
Et li pueples a devise.
X
Fort & ferme la tenoient.
Fors tant k'aucuns i avoit
Ki aucune fois pechoient,
Et n'aloient pas a droit
Le sentier k'aler dévoient,
Si come encoire orendroit
Pèchent pluisor & foloient ;
Car nus ne fait çou k'il doit.
40
LAIS d'auteurs connus
XI
104. Tôt itels estoit la vie.
Au chief de mil ans avint
Ke chist ki ochist Golie,
— C'est David — en plaice vint,
108. Ki puis ot la signorie
Des Juis & tos les maintint ;
Saul ne le venqui mie ;
Rois fu & Tempire tint.
xn
112. Cest chil ki le sautier fist,
Li prophètes sosverains,
Ki deseur tôt kank'il dist
Fu de prophesie plains ;
116. De son tans, si com on dist,
Ot mil ans, nis un jor mains,
Dusk'al tans ke Jhesu Crist,
Ke la virge ot entre mains,
120. La car en la virge prîst.
C'est li pardurables [pains]
Dont li rois des chiex nos dist
(De çou soit chascuns certains) :
124. C'est cil en cui raverdist
Non la paille, mais li grains
De la foi, ki ens nos gist.
Par quoi li mondes est sains.
xni
128. Puis David fu Ysaïes,
Et ses paroles oscures;
Daniel & Jeremies,
Et les autres escriptures
132. Ke on claime prophéties,
Ki dient les aventures
Ke veùes & oies
Ont humaines créatures.
XIV
36.
De Dieu, si com il fu nés,
140. Et de gens cruex & fieres
Fu si très vilment menés
Et en si pesmes manières.
Se garde vos em prendés,
XV
144. On le set & en quel guise,
Ke chascuns le voit as iex.
Et preeche sainte Eglise
Et as Jones & as viex,
148. Ki ont créance en çou mise
Chascun jor de miex en miex,
Ke l'escripture [devise]
De Jhesu Crist en ses fiex.
XVI
i«52. La sainte Nativités,
Ki le mont enlumina,
C'est la fine vérités.
Tant de biens nos destina
156. Quant sa dolce daïtés
A l'umanité clina.
La chars est l'umanités
Ki entre nos l'amena,
160. Sans çou c'onques vanités
De pechié ne l'engigna ;
Amors fu & karités
Et joies k'il nos douna
164. Et pais & humelités
Et quanques en tôt bien a.
XVII
C'est la fois^ c'est la créance,
Ce doit on croire & savoir,
168. Ke sa saintisme naissance
Fu faite por nos valoir.
Car il fu en tel estance,
Chil ki veit le puet veoir,
172. Moult nos valoit s'acointance
Ont esté cha en arriéres
Sa présence & sa poissance
LAIS PIEUX
41
176. Mais la honte & la viltance
La présence k'en soffrance
180. Reçut sa chars, ke poissance
Contre mort ne vaut avoir.
XVIII
Ne ne vaut ne ne dut mie,
Car nature le requiert ;
184. C'est çou ki nos rendi vie,
Ki nos est & f u & iert
Pais, salus & garandie
Vers celui qui mort & fiert,
188. Ki de tos biens a envie,
Car tos mais a lui afiert.
XIX
C'est li mortex Sathanas,
Li fiex de perdicion,
192. Ki tôt avoit, haut & bas.
En sa mortel région.
Après icelui trespas
Dont nus n'a remission
196. K'il ne past par celui pas;
En quel c'onques nascion
C'om moroit, en es le pas
Aloit a dampnation ;
200. Diex ki plus ne voloit pas
Soffrir tel condition,
Ki por nos sauver fu las,
Fist tant par sa passion
204. Ke li huis d'infer fu quas,
S'eùmes rédemption.
XX
Diex fu nés de la pucelle,
Hom fu nés & hom péri;
208. Moult fu sa naissance belle :
Tos li mondes en fljori.
Ce n'est pas cose novelle
S'om naist & vient, mais je di
212. Ke la ou l'ame rapelle
Le vaissel dont ele issi,
Et par tôt en vait isnelle
La novelle
216. Ki revelle
Sa vaisselle
Rest ens elle.
Craindre mervelle ne vi,
XXI
220. N'en cest siècle n'a parelle,
Ne resamblable n'est huî.
Ne de rien ne s'aparelle
Nule mervelle a cestui.
224. Diex, ki par tôt le mont velle,
Ki de tôt s'atent à lui,
Fist entre nos tel mervelle,
Ce dont em parole sui.
XXII
228. Hom fu, ce ne fu pas tors.
Puis k'entre nos habita
Et de mort n'a nus resors :
Sa mors la nostre achata.
232. Mais la daïtés fu fors,
Ki nos le resuscita,
Ke, quant il fu com hom mors,
Come Diex el chiel monta.
236. Après çou ses grans confors
Ses apostles conforta,
Qiiant del chiel nos plut la sors
Ke a tos nos aporta
240. Les gieus & les grans depors
Ke sainte Pentecoste a.
XXIII
Les apostles ordena
Diex, ki grasse lor dona,
244. Chascuns par le monde ala,
Preechant ki cha, ki la ;
Par çou que chascuns noncha.
42 LAIS d'auteurs CONNUS
Sainte Eglise comença Et jeté de vanité.
248. Tôt ensi corne ele va Or prions la Trinité
Et si corne ele a esté. K'il nos doinst la dignité
Par ans sont fait li servise 260. De celestial cité,
Ki sont fait en Sainte Eglise, Ke par nule aversité
252 Ne soions desireté :
Ki de mort sont rakaté Li sire de vérité
Par bauptesme, ou fois est prise, 264. Par sa grant auÊtorité
Et sont de totc mesprise Nos doinst ceste karité.
256. Par confession cuite Amen !
Rubrique : cest ci li vies testamens et li noveaus. — Lettres ornées aux w. i, 18, 41, 49, 60, 73, 81, 89,
1 13, 129, 153, 167, 207, 329, 243, ainsi qu à l'A de Amen.
5. est répété. — 9. jehans et li. — 10. tristre. — 19. comenment. — 23. li] corr, i (?) — 24. et gent. —
25. mons] mors. Après ce vers, Je ms, ajoute cria. — 27. cries. — 33. ki] corr. kil? — }6. comande. — 37. donc.
— 48. si corn. — 51. Abraham. — 52. son fill petit. — 57. il avoit. — 60. li avoit. — 76-79. Le sens est peu
clair ; je suppose que li {v. 77) se rapporte à home (v. 74). — 80. aloit. — 83. tens de] tant ke. — 84. parloit. —
96. la] le. — 99. et] ki. — 106. ki puis ochist. — 107. en] k'en. — 109. des juis tos. — 1 17. ot il m. — 120. 1. c.
k'en. — 121. c'est li pardurables. — 124. c'est] tôt; cui] ki. — 136. La lacune rend le texte inintelligible : il
semble néanmoins qu'il s'agit de la Nativité et des événements qui la suivirent. — 138. arrière. — 148. ki ont lor c. —
165. Et tôt q. — 173, 175, 177, 179 manquent : le sens et le rythme le prouvent, — 205. s'eusme. — 207. péri]
morut. — 211 vient] corr. muert ? — 212-8. Tout ce passage est certainement altéré ; je suppose qu'il manque un vers
(rimant en i) après 212^ et un autre après 216. Peut-être eût-il fallu aussi réunir en un seul les vv. 215-6, 217-8, qui
seraient pourvus de rimes intérieures ; le compas de cette strophe serait ainsi ramené à la forme ab ab.., qui domine dans
la pièce. Tout ce que l'état du texte permet de soupçonner, c'est qu'il s'agit ici de la Résurreélion et que la « merveille »
annoncée par l'auteur consiste en ce qu'une âme rentre dans le corps qu'elle a quitté et le ranime. — 250. service. —
252. // doit tnanquer un vers, dont le sens serait : « pour les fidèles... ».
DEUXIÈME SECTION
LAIS ANONYMES
LAIS PROFANES
XIX
No 284. — Texte de Pb**, ^^ v^ (ms. unique).
France, xxiii, 810.
Formule :
Édition partielle (v. 1-16) : Hist. litt. de la
l a* U^ a* V^ a* V^ a* V^
li c^ c^ c^ d^ f * r^ c^ d^ à c^ c* d^ à r^ r^ ^^
m (^P é^ p ^ p
IV e^^ e^^ e^^ e^^ e^^ e^^ e^^ e^^ e^^ e^^ e^^ e^^
Il ny a entre les couplets aucune identité de struHure.
12.
I
Bel m'est li tans
Que la saisons renovele,
Que ses douz chanz
Rencomence Talouele :
Con fins amanz
Chanterai por la plus bele
Qiii soit mananz
Desci q'as murs de Tudele.
II
Por li sospire
Mes cuers et empire,
Mais ne li os dire
Ne mostrer ma plaie ;
S'or seiist lire
En fuelle ou en cire,
16.
20.
24.
28.
Veïst mon martire,
Vers moi fust veraie.
Las ! Tant puis dire,
N'os juer ne rire,
Mon cors fait defrire
Celé qui l'essaie.
Deus ne fist mire
Qui poïst descrire
Mon cruel martire,
S'ele ne Tapaie.
m
Que tant l'ai amee,
K'ensi a . . . sosprise
S'amors ma pensée,
Qui dou tout s'est en li mise,
Car bien l'ai visée,
K'ele est trop bele a devise.
46 LAIS ANONYMES
IV
Ele ot brun poil, s'est plus blanche que fee,
}2, Droit nés, blans danz, con est la flors en pree,
Vairs euz rianz, boichette encoloree.
Front blanc & cler, tendre corne rosée,
Gente de cors, de membres acemee ;
36. Ainz plus bêle ne fu de mère née.
Mais or ne sai por coi Tai si loee.
Se ne li di tout de fi ma pensée.
Non ferai voir ! ne Ten dirai denrée :
40. J'aim mieuz morir k'avoir sa refusée.
Seus amerai, telx iert ma destinée.
Ne ja par moi n'iert mais d'amors rovee.
Le texte est surmonté d'un bout à Vautre de portées qui sont restées vides. — Petites capitales aux v. i, 5, 9, 13,
17, 21, 25, 31, 33, 35, 37, 39, 41. — V. I. tans] tens. — 5 amanz] amis. — 22. On attendrait un autre mot que
descrire. — 26. Supp. pieç'a ? — 34. front] fronc. — 39. ferai] feira (?). — 42. rovee] requise.
XX
LAI DES AMANTS
N° 635. — Texte de Pb**, 69 r° (ms. unique).
Formule :
I a* a* a" a' a'' b^ c» b^ c^ c^ c^
II d* d* d' d^ d^ e' P e^ P P P
III g^ b^ g^ ¥' g^ b^ g"^ b^ g"^ b^ /^' i^ i'* t''
IV p A » p k^ p P p h^ p k^ ^« e^ e^ e-
V a* a* a* P m* m* m* /* n'' 0^ n" 0'* n^ 0^ n^ 0^
VI a'» a'» a"» j-* p'^ p'^ p'^ p^ q" e'' q"^ e'^ q"^ e'^ o[^ er* q^ e^' q^ é^ p r^ ;'• r"
VII a"' p^ a'' p' sr* p^ s"» p^ i"' u^ /" u" v" x" v"' x"' v" x^ v" x^ v^ x' v" x"
VIII A3 b^ >'♦ i^ f y^ (7'3 a'3 a"' y e^ e^ e'^ y^ b'^ b'^ V^ b"^ b'* b'^ b'^ b"^
IX ft7 *^ *7 j7 ^'7 ^'7 ^'7 c'' d"^ d"^ d"^ d'^ d'^ d'"* d'^ d"^ d^ d'^ d'' d'^
X e'^ e"' e"' e"^ e"' e"^ e"' e"^
L'identité de struâlure entre les couplets I et II, III et IV a été obtenue par des corrections asse^
nombreuses, mais qui me paraissent assurées, au moins dans leur principe.
LAIS PROFANES
47
1
Ichi comans
Tôt en romans
Le gentil lai des amans.
4. D'amors est estrais li chans,
Et sil fist uns fins amans ;
D'amors est tote la note
Del sonet.
8. Par amors le chante & note
Cui boin est:
Cil [bien] s'entremet
Ki son cuer i met.
II
12. Je m'i sui mis;
Cum fins amis
Me sui d'amors entremis,
Et ce m'est honors & pris
16. K'a la belle me sui pris,
Et ki plus a cortoisie
Et valor
Ke feme ki soit en vie
20. Hui cest jor :
Mon cuer vers li tor,
Li otroi m'amor.
III
Belle gentix honorée,
24. Cui bontés honeure,
France riens boine eiiree,
Cui [jou] mes aeure,
Doce, boine savoree,
28. Se Diex me sekeure,
Mal m'i fait la demoree
Ki tant m'i demeure;
Qiiant me venra Teùree
32. Ke viegne au deseure
De ce ki m'atalente?
Doce amie gente,
Metés i entente
36. Tant ke je m'en sente.
IV
France de si grant franchise
Ke nule si france,
Preux & saige & bien aprise,
40. Ma dolor m'estance !
Car ne puis ens nule guise
Passer ceste plance,
Por coillir a ma devise
44. Le fruit sor le brance.
[Fai] ke [par] desos ta hance,
Ki belle est & blance.
Me passes outre, amie,
48. La dont j'ai envie.
Tes amis t'en prie :
Nel refusés mie.
Dame vaillans,
52. Se defaillans
Et non caillans
lés de ceste cose.
Ses k'avenra?
56. Maus m'en parra.
Si convenra.
Se ce ne repose.
Par force & par estavoir,
60. Ke par tans i muire ;
Se merchi n'i vels avoir.
Tôt m'i pues destruire ;
Moi convient a ton voloir
64. Ma vie déduire.
Por Dieu, ne m'i fai doloir,
Tost m'i porroit nuire.
VI
jou aim plus dis tans
68. Ke ne fist Tristrans.
Trop m'est arestans
Li maus ki m'atise.
Si que ne sai mais ke dire.
72. Soflfrir m'estuet grief martire.
48
LAIS ANONYMES
Il6.
I20.
124.
La ou fine Amors me tire,
Tôt a sa devise 112.
La convient ke jou coloi :
76. C'est vers vos, amie.
Chascuns dist ke jou foloi,
Mais je nel di mie.
Ains di, molt bien endroit moi,
80. Quoi k'autres en die,
Ke nul home je ne voi,
Hui cest jor en vie.
Prince, ne conte, ne roi,
84. De cui j'ai envie,
S'amors, por cui me desroi,
Me vient en aïe.
Tôt a ma devise
88. Sera miens quanques je voil,
Se de mon servise
N'en sui trais par orgoiL
VII '^^•
Je serf m'amie en amant,
92. Et c'est grans servises,
K'amors me vait enflamant
En totes les guises
Que l'on porroit onques
96. Ne conter ne dire.
Et vaura moi donques
Celé desconfire
Par orgoill ne par otraige
100. Ke j'aim plus ke rien ki soit?
Ja Diex ne l'en doinst coraige !
S'ele me desconfissoit.
Mort aroit som boin ami 140.
104. Et cel[u]i ki miex li veut.
Trop a son cuer endormi.
S'en amor ne me requeut,
K'ele ot bien ke je li pri, 144.
108. Come cil ki trop se deut.
En chantant merchi li cri :
Si m'en iert miex ke ne seut,
132.
136.
Car ele en avra merchi
Bien tost, s'ele s'i akeut.
Mais oï m'a dusk'a chi :
Or li proi k'ele m'apeut.
Vlll
Em peu d'eure
Diex labeure :
Par vostre grasse,
Se puis faire
Mon afaire
Em poi d'espasse.
N'ai ke plaindre :
Car destraindre
Ne rhe porra ne complaindre
La manace
Dont m'amie,
Ki me lie.
Me destraint & contralie.
Ce me lace
Ke [je] ne puis vers li faire
Nule rien ki li puist plaire.
Se trestot non par contraire ;
Ce me fait grant paine traire.
Por çou ne m'en puis retraire
Ke la plus très deboinaire,
Ki hui cest jor nului plaire.
Ne le m'estuise a retraire.
IX
Doce amie, en ceste note
Ke ma boce chante & note.
Te proi ne me soies sote.
Car se pitiés ne redote.
Et merchi t'en voille prendre
La porrai jou bien atendre.
Car ten cuer ferai si tendre
Ke vers moi le ferai tendre.
Se il a point en cest monde
De pitié, tant soit parfonde.
Ne puet estre, ki k'en gronde.
LAIS PROFANES
49
148. Ke t'amors ne me responde.
Dame belle, blance & blonde,
Plus belle ke Soramonde,
Dame, ki pure iés & monde
152. [. . . .] et de vergonde, 160.
Dame en cul tos biens abonde,
Ne me metés sor Fesponde :
Car se ne m'e[s]tes seconde,
156. Je criem mors ne me confonde. 164.
X
Or ai dit tôt mon convine,
Si saichiés bien em plevine,
Ja de mort n'avrai mechine,
Par herbe ne par raichine,
Se la chalors d*amor fine,
Ki d'eschaufer ne me fine,
Ne prent par toi boin termine,
Tel con cis lais détermine.
Rubrique : cest li lais des amans. — Utires ornées aux v. i, 12, 23, 51, 67, 91 (manque à 115), 137, 147
(à tort), 157.
I . comens. — 5. & si le f. — 8. On attendrait ici le subjonéitf. — 16. la plus b. — 18. et plus v. — 2 1 . Après
ce vers le rns, ajoute si Ice sans retor Ice plus ni demor. — 49. t'en] te. Après ce vers le ms. ajoute par cortoisie.
— 50. Après ce vers le ms, ajoute por riens kil te die. — 55. ses] ce. — 56. Peut-être porra. — 67. jaim. —
84. qui. — 85. qui. — 92. service. — 93-4- Ces deux vers sont répétés, — 100. riens. — 102. car sele. —
104. velt. — 106. requelt. — 108. dclt. — 1 10. selt. — 1 17. p. sa g. — 123. Corr, contraindre (?) — 124. manaice.
— 128. laice. — 130. riens. — 135. Corr, ki hui puist a n.(?) — 140. Sens? — 146. parfondre. — 152. Supp,
de pechié(?) — 157. con vigne. — 158. pie vigne.
XXI
LAI DE LA ROSE
N° 900. — Texte de Pb**, 67 n (ms, unique).
Formule :
I a"^ sP 2J a^ a"^ 2P sJ 2? a'' b^ b^ c^ t:' c^ c^ c^ c^
II (P cP (fi e» e» e» f 2 f^ ^ f « f « c^ f ^ f « c^
m g^ ^ f h» h» h» i« i* y5 [i«] iî ys i« \i ys
IV A« A» h^ 1« 1» 1» m2 m« n^ m« m« n» m« m* n^
V 0* 0^ 0- 0** 0^ c^ c^ c^ (^ c^ c^
VI b* b* p^ p^ p^ p^ p^ ffl p^ q* ç\^ q» r^ n« n» n» r^ s« s^ s» r^
Vil b* b* /» /5 /5 /5 /5 /3 /5 u« u3 u» v^ m^ m» m^ î;^ x* x^ x^ ifi
VIII b* b* r^ r^ r^ r^ r^ r» r^ y 2 y 3 y3 ^js a'^ a'^ a'3 i^ q« q» q^ ;î5
IX o2 qS o« qS 0» ^* ^3 ^7 ^7 cl c^
X t:5 r^ t'3 ^'3 ^5 ^5 ^'3 ^'3 ^'5 ^'3 ^'3 ^'5
XI ^5 ^5 y-'3 y'3 ^5 ^ g^f'^ f"^ g^ g^ g^ g'^ g^ b'^ i'^ *''^ b'^ ^^ ^^ *'^ P P *'*
XII h"- A'5 /'3 P A'5 A'5 ^'5 [;;,'3] ;,,'» [^'5] ^'5 ^'5 n'^ ;,'3 [o'5] ^'3 A'3 [^'S] ^'3 ^'3 ^'5
^'3 ^'3 ^'5
XIII t:3 ^3 r'5 5'3 5*3 r'^ /'3 /'3 w'5 Z;'3 x;'3 ^'5 y3 y3 ;c'5 y'3 ^'3 ;^'5
7
50
LAIS ANONYMES
Il y a correspondance entre II, III et IV (sauf que n dans IV est masculin); entre V et IX (notei
ridentité des rimes); entre VI, VII et VIII (note^ V identité des rimes aux deux premiers vers de chaque
couplet); cette correspondance me parait également évidente entre XI et XII (voy. notes critiques). Les
couplets \,\ et XIII restent donc seuls isolés.
I
Pot s'onques nus hom vanter
K'em plourant peûst chanter?
Plor & chant ki puet enter ?
4. Puet li chans le plor donter?
Ne puis mais em pais ester
Moi n'estuece desmenter.
Riens ne me puet creanter,
8. Ne plaire n'atalanter,
Fors m'amie a regreter.
Diex, Diex, Diex esperités,
Diex, Diex, Diex, ki iés la clés
12. De tos biens, ne sai que die,
doce amie,
Tôt ai mis en ta baillie.
Mon cuer, mon cors & ma vie ;
16. Je n'ai d'autre cose envie
Fors ke de ta compaignie.
II
Doce amie, car te pre[n]g garde
Kex la cose est ki tant m'atarde !
20. Tu tiens la clef ki mon cuer garde
Avoir nel puis sans ton congié :
Car dedens toi Tas herbergié,
En ta prison Tas enfregié.
24. Je faim
Et daim.
Ma très doce amie.
Mon aim
28. Reclaim
La dont j'ai envie ;
J'ai faim
Del pain
}2. Ou je voi ma vie.
36.
40.
44.
48.
52.
56.
60.
III
Doce cose de grant manière.
Vers ton serjant ne soies fiere !
Ja de nul don k'il te requière
Ne li faices nis .1. refu.
Tes amis est, tes amis fu.
Tes amis iert, ce saices tu.
11 voit
Et croit
Ke se le faisoies
Par droit
Fauroit
Se tu l'ochioies.
64.
IV
Doce dame, pitiés te praigne !
Ne puis faillir ne me complaigne.
Se li tiens cuers ne s'acompaigne
Au fais porter ke je sostieng.
Ha ! secor moi, ke trop recrieng
Ke ne perde çou ke je tieng.
Je sui
Et fui
Et serai amis
Celi
Ens qui
J'ai mon penser mis;
Vers li
M'en fui,
Car tôt m'a conquis.
V
Diex ! Diex !
Ma doce, corex !
68.
72.
76.
8o.
84.
88.
92.
96.
100.
LAIS PROFANES
Diex ! Diex !
Ki me blece
Li mieudres chatex
Et fait grand destrece.
Ki me soit remés !
104.
L'amors
Ma doce amie,
Ki secors
N'aler mie
.1. seul cors
Contre mon cuer ki te prie,
Seveaus vos demande :
Voi mon cuer ki s'umelie,
108.
Mors sui
Ne soies enorgellie,
Par anui
Ke tes dangiers ne m'ochie.
S'au jor d'ui
Tes cuers contremande
VI
Dame, savés,
I 12.
Mon cuer,
Doce suer.
Se vos m'amés,
Ke boine aventure
J'avrai deschaure,
K'a nul fuer
A toi ne s'atande !
C'est tote la pure,
VIII
Se vos n'avez cure
116.
Ja mes pensés
D'estre vers moi dure.
N'ert trespassés
S'aukes dure
Entroske je voie
Sans nule enfrainture.
Ke saisis en soie.
Jedi
120.
Molt avrai grant joie
Et an
Se tes cuers Totroie.
Que de chi
Amors m'i envoie
Tant ne priseroie
Et convoie
Par pris,
124.
Et met ens la voie;
Ce m'est vis,
J 'espoir
Paradis,
Toi avoir
Ne tote la joie.
Grant pooir
Ne rien
128.
De garir mes plaies ;
De nul bien.
De mal
Tant fust mien,
Ki est fal
Com je vous feroie.
Convient al
VU
Dame, esgardés
Et entendes
132.
Que tu me retraies.
Merchi
Por Dieu cri.
Et depri
Ke merchi en aies.
A la grant destrece
Ki mon cuer adrece
136.
Vers votre noblece.
IX
Car vostre proece
Diex, Diex !
Est une rikece
Amie corex !
5'
52
LAIS ANONYMES
l88.
192.
Diex! Diex! 176.
140. Doce, veritex!
Nule autre n'est tex.
Je n'en doç mie,
Vilonie 1 80.
144. N'a en toi, ne félonie :
Mors su! se tes cuers oblie
Le mien ki merchi te crie ;
Fai ke tes cuers me sorrie !
X
184.
148. Belle doce amie,
De ta cortoisie
N'est nus nombres :
Trop m'encombres.
152. Trop ai encovie,
Trop ai grant envie
Ke çou viegne
Ke je tiegne
1 56. Çou que mes cuers pense,
Ke sans faille
Criem ke faille
Ke je tieng par l'anse.
XI
160. Doce amie chiere,
Fai moi belle chiere.
Tôt me soilles ;
Ne me toilles
164. Riens ke je requière I
Trop par seras fiere,
S'en nulle manière ^^4-
T'en orgoilles,
168. Ke [tu] voilles
Estre ma guerrière ;
Mais se l'amors iere
De .11. pars entière,
1 72. Puet cel estre ! 208.
Porroit estre
Plus la cose estaule,
Et sans dote
196.
200.
Seroit tote
De .11. pars metaule;
Moult aroie
Vers tel proie
Mon cuer redevaule ;
Moi besoigne
Ke ma poigne
Ne soit dechevaule.
XII
Ne sai ke je face.
Ti oil & ta face
Ki me rient.
Cil me guient
Duskes a la trace
Par quoi ton cuer chace
Li miens ki porchasce
Par sa . . [aige]
Ton estaige,
Si k'il s'i . . . . [ace]
T'amors & ta grasce
Viegne em poi d'espasce.
Si sekeure
Em poi d'eure
Mon cuer ki . . . . [aire],
Dieu ne place
Viegne em place
T'amors ki [aire],
Car riens née
Tant n'agrée
Ne tant ne puet plaire
A nul home.
C'est la some,
Com tu me pues faire.
XIIl
Em baillie,
Doce amie,
Met tôt a délivre
C'est la voire :
LAIS PROFANES
53
212.
2l6.
Par ta gloire
Puis morir ou vivre.
Doce dame,
Geste flame
Ne puet estre estainte
Ne retraite ;
Por k*ai faite
220.
224.
Vers toi ma complainte.
A Dieu soies
Totes voies !
Çou est la parclose ;
Chi termine,
Chi define
Li lais de la rose.
Rubrique : lilais de le rose, — Lettres ornées aux v. i, 18, ^^, 39 (à tort), 48, 63, 74, 95, 125 (à tort), 148,
157 (à tort), 160, 184, 199 (à tort), 208, 214 (à tort).
I. S'onques] s'o. mais. — 5. ester] estre. — 12. a t. b. mais ne s. — 14. baillie] bataille. — 18. dieus d. a.
— 28. Reclaim ne parait pas donner un sens satisfaisant; niais il est impossible de lire autre chose, — 36. refus. —
42-44. de duel morroit mais ce seroit joies. Le sens n'est pas satisfaisant. Peut-être : destroit — morroit, — & te seroit
joies, — mais drois... Les fautes contre la déclinaison que présenteraient les v.v, 42, 45 ne sont pas pius graves que
xtïwpour refus et iHpour fel aux v,v, 36 et 130. — 48. prenge. — 71. vois. — 74. diex dame. — 100. proeche.
— 105. Remarquer la faute contrela conjugaison; peut-être : secors — fait au cors(?) — 1 16. pensers. — 132. q. t.
ne m. — 145. mais m. — 152. Corr, fai(?) — 157. ke]le. — 159. tieg. — 184. ss. Il me paraît évident que cette
strophe suit la même formule que la précédente , peut-être avec quelques divergences de détail {par ex. les v.v, 191-2 ne
sont pas sur les mêmes rimes que 186-7) ; c'est dans ce sens que f essaie de corriger y sans y réussir toujours, — 184. faice ;
de même aîce pour ace aux mots qui terminent les v,v. 185, 188, 199, 200. — 191. p. s. grasce. — 193. s, k. si
ostaige. — 197. em petit. — 198. ki t'enbraice. — 199-200. ha ia diex ne plaice ke ne vîegne em plaice. —
201. ki m'enlaice. — 210 met] mais.
XXII
LAI DU CHEVREFEUILLE
N° 995. — Texte de Pb", 66 r> ; var. de B', 187 r° (Pb^, 212 r>, mutilé à cet endroit, ne donne
que les dix derniers mots). — Éditions : Wackernagel, Altfranz. Lieder, p. 19; Hist. litt., XXIII,
562, v.v. 1-2; Bartsch, Chrestom. de l'ancien fr., 4» éd., col. 227.
Formule
1
II
m
IV
V
VI
a7 5.1
5 aS
a' a' a' a' a-» a
a'' a'' 3? si' a^ a^
b^ d b'' d b' c' b' €<
d? gO d' e9 d'' eP d'' e*»
h» »•« h» »8 h8 1« h» »■»
VII p AS p A» j7 AS p AS
Vm V m' F m' V m' V m'
IX h' n^ h' n' h' n' h' n'
54
LAIS ANONYMES
X
c'
0'
c' o' c"
0-
c
XI
i'
p"
»" p' f'
p^
V
XII
q"
q'
q" q" r
r, r'»
P'
XIII q7 q7 q7 q7 r r
7(9///^ la pièce, sauf les detix premiers et les deux derniers couplets, est formée de couplets de 8 vers
à rimes croisées : il y a parfaite identité de struâlure entre III, V, VIII, IX, X, XI (sauf le genre des
rimes dans V et XI) et entre I, Il et XII, XIII. Chacun de ces deux groupes est sur mêmes rimes et il
faïuirait peut-être considérer chacun d'eux comme formant une strophe unique.
I
Par cortoisie despuel
Vilonie & tôt orguel,
Car che k*ont chascié mi oel
4. Le me fait mètre sur fiiell,
.1. lai en acuel,
C'est del kievrefuel.
Il
La note del kievrefuel
8. Par amors comencier vuel,
Com cil ki mais ne me duel
Des maus dont doloir me suel,
Mais chi en recuel
12. D'amors bel acuel.
III
Amie, je vos salu
Ens mon lai premièrement.
Doce amie, mon salu
16. Prendés au comencement,
Car molt m'a vers vos valu
Ke si deboinairement
Vos a de nVamor chalu :
20. Je fuisse mors autrement.
IV
Faite m'avés grant bonté,
Doce amie, deboinaire riens,
Dont j'ai vostre cuer donté,
24. Si ke vostres est li cuers & miens.
Or ne seront mais conté
Li mal dont j'ai tant esté empriens,
K'a grant bien me sont monté:
28. Je ne quier mais plus de tos les biens.
V
Je ne quier nule autre joie,
N'autre bien, n'autre déduit
Mais ke tos jors de vos j'oie,
32. K'a nule rien tant ne luit
K'a çou ke plaire vous doie.
Et ke ja ne vos anuit.
Je sui, ou ke j'onques soie,
36. Avoc vos & jor & nuit.
VI
Ja mes cuers ne se partira
De vos mais ens ma vie.
Et s'il s'em part, quel part ira ?
40. Saichiés, ma doce amie,
Ke s'il s'em part, il partira :
De ce ne dotés mie.
Honis soit ki départira
44. Si doce compaignie !
VII
Ne fait mie a départir ;
Diex nos en deflFende !
Ains puisse li miens partir
48. Qiie li vostres tende,
Doce amie, au resortir.
A m'amor entende !
Faice l'on de moi martir
Ançois que ç'atende !
LAIS PROFANES
55
VIII
Amie, entre vos & moi y^-
N'ait ne guerre ne descort ;
Doce amie, par la foi
56. Ke jo, vostre amis, vos port,
Et port & porter vos doi,
Ja, par moi ne par mon tort 80.
Ne por rien ke je foloi,
60. Ne ferai de vos resort.
IX
Ja ens moi ne péchera 84.
Ke j'aie vostre corous :
Tuit li bien ke mes cuers a
64. Puissent ançois estre rous !
Les biens ai je tos a ja
Et les delis ai je tous 88.
Quanques Damediex cria,
68. La desus & cha desous.
X
Onques a home vivant
N'avint mais si bien d'amer, 92.
Tant com ventent tuit li vent
72. De la & de ça la mer.
Dame, merci vos en rent,
De par cui se puet clamer 96.
Cil ki mais nul mal ne sent,
Ne en qui n'a point d'amer.
XI
A nului ne port envie
De rien ki soit en cest mont ;
Ja ne quier plus ens ma vie
De tos les biens ki i sont
Fors ke vostre amor, amie,
La dont viegnent & ou vont
Mi penser sans félonie,
Ki font par vos kank'il font.
XII
Doce, plus doce ke mieaus.
Cil lais, ki est boins & beaus,
Est fais por vos tos noveaus.
Et s'il enviesist, seviaus
Tos jors plaira mais
As clers & as lais.
XIII
Ce saicent jouenes & viaus
Ke, por çou ke kievrefiaus
Est plus dous & flaire miaus
K'erbe ke l'en voie as gaus,
A non chis dous lais
Kievrefex li jais.
Rubrique : Pb** li lais du kievrefoel ; B* Tristans. — Lettres ornées, dans Pb**, aux v. i , 13, 21 , 28 (^ tort), 29,
37, 45, 53, 61, 69, 77, 85, 91. — Je ne note pas Us var, purement graphiques,
4. Pb** le me font. — 5. en] Pb'* i ; B- escuel. — 8. vuel] Pb** voil. — 9. B^ ki poent ne men. — 10. des
maus] B^damors. — 11. chi en] B^ sil ke. — 14. ens] B* en. — 18. kesi]B2ceu ke. — 23. Pb** doté. — 24. Pb**
vostre. — 25. seront] B^ soient. — 26. B^ si e. espriens; Pb** empiriés. — 27. bien] B^prout ; monté] Pb** conté.
— 30. Pb** ne ne quiert autre d. — 31. B^fors ke de vos t.j. — 32. tant] B-pIux; Pb** riens. — 34. B-ne ke jai.
— 35. B^ je seux belle ou ke je s. — 36. B- vostre amis & j. — 37. se] Pb** sen. — 40. B- ce saichiés d. a. —
41. il] Pb** kil. — 43. B2 mal dehait k. d. — 44. si] Pb** sa. — 47. Pb** puissiés; B- puisse mes cuers p. —
48. B^ k. li vostre i. t. — 49-52. Toute Ja fin de la strophe est notablement différente dans B^ ; je préfère, comme
à l'ordinaire y la leçon de Pb'*, bien que celle de B^ soit acceptable; la voici : muels faice on de moi martir ke jai i
entende & ki nos veult départir maie hairt lou pande. — 54. Pb** ja volentes ne d. — 96. Pb" ke jo doi v.
— 60. B^ vers vos. — 61. Par une prolepse hardie ^ le sujet de péchera doit être mes cuers (y, 63). — 62. Pb**
coros. — 63. tuit] Pb»i tôt. — 63-4. Manquent B2. — 64. Pb»» rois. — 65. Pb»» aie t. ; B^ ai je tous & sai. —
67. cria] B2 guia. — 68. B- & laisus & saidesous. — 71. tuit] Pb** tôt. — 72. Pb** de cha mer & de sa m. —
74. B^ quant de vos me puisse loeir. — 75. B^ com sil ki n. m. n. s. — 76. B^ ne vers vos nait p. d. — 77. B^
na n. — 78. rien] Pb** riens. — 79. B- ke je ne q. — 80. Pb** de trestos 1. b. ki s. — 83. B^ velonnie. —
85. Pb** miex. — 86-7. Intervertis dans B-. — 87. B^ por vos fut fais tous novias. — 88. B^ & s'il enviellist soit
vials. — 94. B* k'e. k. on v. as eaus.
56
LAIS ANONYMES
XXIII
LAI DES PUCELLES
N" 1012. — Texte rf^ Pb", 71 r° (ms. unique).
Formule :
2? 3? b' C"* c' b' a' a' b' 2? s? b'
<f» dp e' cP d^ e' d^ dP e» P P g^ P P g» P P g»
J3 ^ i3 i3 ^3 i3 i3 J3 i3 g» a» j3 3^ a^ f 3» 3^ j3
o'' 0^ p» p* /&=< A» A» q=» A3 P i!»3 q3 b^ b^ Ifi q3 r» r^ r» A« r» r» r» A* r» r» r» A*
I
II
m
IV
V
VI
VII
VIII a'' e' a"' e» e» e^ a"- s' s"»
IX d-i e'î d'7 e'5 e"3 e'» rf'^ f' f^
X h'3 h'' h'3 r* h'3 h** h'» r» h'» h'» [h^J [r»J h'' h'' q» q» q» ^'e a^ a' a» a» a» a» a* g«
r3 r3 r3 ifi
S7 s7 s5 /3 /» /3 s* /3 /* fi
U3 u3 u3 t>- u' u3 u3 T)-
S* /3 /3 s3
U3 u3 V^ [U3] u3 u3 T>* X^ x' X^ _>3 23 y^ y^ y^ z^
A"3 A'3 A"3 C'3 A"3 A'3 A'3 C'3 A"» A'3 A'3 C'3
^•3 ^'3 g-i q4
^■3^'3^'3ql ^3^3^3ql
XI i'3 i'3 i'1 i'3 i'3 i'7 i'3 i'3 {"7
i'7 i'7 j'7 j'7
J-3 j-* j'3 j.*
Il y a identité absolue entre II, III et IV, et entre VIII et IX (5/ïw/ /a dimension respective des vers
13, 17, 21 ^^ chacune de ces deux strophes, qui sont de trois syllabes dans la première, de quatre dans
la seconde),
La strophe VI est de forme tout à fait insolite et le sens y est également peu satisfaisant; mais elle
me paraît trop altérée pour que fy propose des correâlions.
12.
I
Coraigeus
Sui des geus
K' Amors viaut ;
Notes truis
Ou je pruis
Kank* espiaut
Li grans feus
Amoreus
Ke rekiaut
Li piteus
Angoisseus
Ki s'en diaut.
16.
20.
24.
II
En mes belles
Amorelles
Lais ichi
Des ancelles
Et de celles
Od mari ;
Des pucelles
Par novelles
Notes di,
Qu'autre amors
N'a nul cors
Ki tant ait
LAIS PROFANES
57
28.
32.
36.
40.
44.
48.
52.
56.
60.
De valors,
Car Amors
Vient & vait
AI secors
As dolors
C'om en trait.
m
J'ai amie
Sans folie :
Pucelle est.
Vilonie
N'i a mie,
Tôt a net.
Cortoisie
Par baillie
S'entremet
De nos deus,
Ke li gieus
Ne foloit
Quant li leus
Deliteus
Nos reçoit
Curieus
Envieus
De Tesploit.
IV
Ce dist ceste
Cançonete
Ke jou cant
Ke g'i mete
Amor nete
Redotant
D'estre preste
[ete]
K 'autre amant
Rendent tuit
Au déduit
Ki lor plaist
Et conduit
A Testruit
Ki les paist
64. Jor & nuit
De cel fruit
Ki ens naist.
V
Ce font il, mais je nel fas,
68. Ne li quier autre solas
Fors de baisier
Et d'embracier.
Nus ne die
72. Vilonie :
C'est folie
De blasmer ;
Ki me crie
76. De ma vie
Sans navie
Tente mer.
C'est ma vie
80. Ke m'envie
Leur envie.
A amer
Nuit & jor
84. Met sejor
Ens l'amor
M'amie ;
Tote ator
88. Ma labor
A l'onor
Ki guie
Sans retor
92. A boin tor
La dolor
Kilie
Par vigor
96. Ma color
A la flor
Florie.
VI
Puis ke la flors de! tans jai
100. Fiorist encontre le rai,
58
LAIS ANONYMES
Ke flors ki ens mai
Est enclose
Et si vol pose
104. Jus la rose
Et flor de glai,
Por s'alose
A la pardose
108. Ki me pose
A cel essai ;
Amer n'ose
Ki m'encose
112. Sans esmai.
VII
Je m'acort
K'il a tort,
Ki resort
116. Men juge.
Geste sort
D'amor port
Par déport
120. De druge;
J'ai confort
De son port
Ki m'aport
124. Refruge
[ort]
Ki tôt mort
Par son fort
128. Duluge.
Bien atent ki paratent :
N'aime pas ki ce n'entent
Et ki a tel cose tent ;
132. S'il velt plaire
Lors s'i vaint ;
Ne puet faire
Son afairc
136. Sans mal traire
Nus ki aint.
VIII
De ce sui em boin[e] estance
Ke je sai de f\
140. K'ele m'aime sans dotance ;
En s'amor m'afi,
K'autresi
L'aim je si
144. Ke sans oubliance
A tos jors mais Tamerai,
K'autre amie ne ferai.
Ma mesure,
148. C'est la pure
Ki n'a cure
De faintié,
M'asegure
152. K'en Tardure
Ke j'endure
Par daintié,
N'en droiture
J56. N'a frainture, .
N'aventure
De faintié.
IX
Je ne l'os de plus requerre
160. Por ce ke je criem
C'on ne die par la terre
C'outraigeus devieng ;
Ce maintieng
164. Kejetieng
Sans faire autre querre.
Ens li amer me délit,
Ne li quier autre délit,
168. N'ai coraige
Fol ne saige
De hontaige
A li doner,
172. Ne par raige
Mon otraige
Vers son gaige
LAIS PROFANES
59
176.
180.
184.
188.
Abandoner,
Ains li gaige
D'avantaige
Tôt folaige
A pardoner.
X
Je désir
Par . . . loisir
A jesir
En ceste amor,
Et taisir
A mon plaisir,
Por saisir
Au chief del tor,
Par loisir
Sans . . . faillir
192.
196.
Dont ne me puis repentir,
Ains me voil tôt adentir
A la belle [en]amer ;
Ki cuer a sans amer
Ne m'en porra clamer
[Ne] fol ne plain d'otraige
Ke ja certes, par mes ieus,
Ne li serai otraigeus
200. N'enuieus
Contralieus
Ne ireus
N'angoisseus
204. D'avoir les Ieus
Dont je tos vis esraige.
XI
Puis savoir
Ke, s'avoir
208. Voil son corous main & soir,
Puis por voir
Rechevoir
Joie d'amors par devoir
212. Décevoir;
Mais movoir
Ne me puet pas de savoir
Se ce li voil maintenoir,
216. Car tôt par fin estavoir,
Et çou seroit trop malvais,
Amors ke porter m'en fais ;
Tu me plais
220. Si con tu vais,
[Et] ja mais
N'en quier relais.
Rubrique : Li lais des puceles. — Lettres ornées aux v,v. i, 13, 22, 31, 49, 67, 71, 79, 83, 99, 138, 147,
159, 180.
3. vieut. — 4-5. La strophe serait plus régulière si on avait ici des rimes en eus. Peut-on supposer que le poète
s'est permis les formes treus, preus ? — 10, piteus] prex. — 17. chelles. — 30. corne. — 44. delitex. — 46. curiex. —
47. enuiex. — 55. prestre. Après ce vers, le ms. ajoute Simor amornett rciotaint (répétition des v.v. 53-4); mais il faut
ici un seul vers de } s, — 56. Supp, a la queste (?) — 6), piaist ou praist. — 70. et de bras. — 80. ke] ki. —
82. a li a. — 94. qui. — 99-1 12.' Cette strophe est aussi peu satisfaisante pour le rythme que pour le sens; mais elle me
parait trop altérée pour quefy tente des corrections , — 105 et] corr, el (?) — 106. por] corr, pou (?). — 118. porc.
— 123. Corr. k'il(?) — 125. Le rythme et le sens sont également défeéiueux ; suppL ains la mort(?) — 138. ce]cel. —
150. faintise. — 153. ke] ken. — 155-6. na droiture ens le frainture. — 162-4. devieg, maintieg, tieg. —
165. Sens? — 177. .1. avantaige. — 180. le d. — 181. SuppL son(?) — 182. Ce vers a été (à tort) exponStué. —
190-1. lai baillie de la baillie ou je tir. Ce texte est évidemment fautif ; il donne peu de sens et de plus il ny a pas
d'autres rimes en ie dans cette strophe ; je suppose ici, pour la symétrie, deux vers en ir, or de ^ et i^ syllabes, —
198. iex. — 199. otraigeus] coraigeus. — 206. sans espoir puis... ; les deux premiers mots, inutiles au sens, faussent
le rythme, — 217. malvaise. — 220. Après ce vers le ms. ajoute tu me plais (répétition de 21^) ; je supprime ces
mots pour la symétrie. — 222. Après les derniers mots : c'est li lais des pucelles.
6o
LAIS ANONYMES
XXIV
LAI DE LA PASTOURELLE
N' 169s. — Texte de Pb*, 186 r° (ms. unique). — Édition : Bartsch, Romanzen, p. 205.
Formule :
flS b" a» b<» b' a^ b" a^ b" b'
al b» a' b« b' a' b« a' b» b^
c' d' c' d7 d' c' d' c' d^ d'
ei e» d« e* e* d» d' f» f» d« f» f* d« d'
g* g* h' h» h* d' d' g* g» h7 h» h» d" d'
i« i« i« d' d^ 18 i» i« d^ d^
VU j' j^ f p r r P p
VIII h» h* h» f h* h» h» p h» h* h* p h* h* p h« h« h«
IX A* jû A» jo j' A5 j« A"' j« j'
I
II
m
IV
V
VI
PP
Il y a identité de struâlure entre I, II, III, mais la dimension des vers diffère. Si on admettait des
rimes intérieures dans W, cette strophe aussi deviendrait identique aux trois précédentes. En la coupant
comme nous le faisons, elle devient identique (sauf la dimension des vers et la nature des rimes) à la
suivante. — Quant à la strophe VIII, il eût mieux valu peut-être y admettre des rimes intérieures ; on
aurait alors
h8 j7 h8 j7 h» p h» f h» h» h« j7 j7.
// faut noter aussi la persistance des mêmes rimes dans plusieurs strophes.
8.
I
L'autrier chevauchoie
Pensant, par un matin,
Si vi lez ma voie.
Un poi loing du chemin,
Un trop delitous jardin,
Illec en l'arbroie,
Sos la cime d'un pin,
Oiseaus menans joie
Trop grant en lor latin :
Si tornai la mon chemin.
II
La sist en une coudroie
Pastore filant lin.
Et gardoit illec sa proie,
Seule, fors d'un mastin
Qui tenoit le chief enclin.
16. Ele estoit & bêle & bloie.
Blanche com flor de pin.
Et ses cheveus reflambloient
Plus clers que nul or fin.
20. Souvent regretoit Robin.
m
G'esgardai sa grant biauté.
Si fiji de li si sorpris,
N'onques ne fu honme né
24. Qui n'en deûst estre espris.
Je me lançai el porpris :
Quant el me vit ens entré,
Si dist : « Qiii vous a ci mis ?
LAIS PROFANES
6l
28. Ce n'est pas fet a mon gré,
Car Robin[s], li miens amis,
Vendra ja, ce. m'a pramis.
IV
Vostre merci,
}2. Fuiez de ci,
Biaus sire, aies laïs.
J'ai fet ami,
Bien le vos di,
36. Anchois de cest païs,
Robeçon, le fils Haïs.
Alez en la.
Car il vendra
40. Joer en cest païs.
Si cuidera.
Quant vos verra,
Se n'en estes partiz,
44. Qiie vos aiez entrepris. »
V
Ge Tesgardai
Parlant a moi.
Si descend! sanz demor,
48. Et par amor
Et par douçor
Mes deus braz au col li mis^
Puis li dis con fms amis :
52. « Bêle, amés moi!
Je vos otroi
Mon cuer & tote m'amor,
Qui est meillor
56, Que d'un pastor :
Tenez, je vos en sesis. »
Atant delez li m'assis.
VI
« Sire, dist ele, ne vaut rien,
60. J'ai fet ami qui est tout mien,
A qui j'ai bien tenu & tien
La foi que je li pramis.
Tant conme jel savrai vis.
64.
68.
72.
76.
80.
84.
88.
92.
96.
Aies vos en, jel vos lo bien,
Car se je lés aler mon chien
Et vos touchiés a moi, je criem
Qiie il ne vos saille au vis :
Il vos avroit tost maumis. »
VII
Je vi que trop coarder
M'i porroit moult bien grever,
Car qui se bee a joer
Doit bien lessier le jangler.
Lors la pris a conforter
Et a besier son vis cler.
Conment qu'alast Tassenbler,
La fin[s] fist bien a loer.
VIII
Tout par amor
Et par douçor
. Et par savor
De taster
Lessa le plor
Et la dolor
Et du pastor
[A] parler ;
M'estut ce jor
A joer :
Tant fui seignor
De bonne amor
Ne m'en puis assés loer.
Ele me dist au chief du tor :
« Sire, se j'ai fet ma folor.
Je vos pri, par vostre valor.
Ne vos en vuoilliés vanter,
Ains vos pri de ça hanter. »
IX
« Avoi, bone & bêle,
Ja n'en estuet doter !
62
LAIS ANONYMES
Vostre amor nouvele
loo. Mi plest bien a garder :
Ja n'en orrois mes parler.
A Deu, damoisele,
Vos puisse conmander.
104. Je mont seur ma seie,
11 m'en estuet aler :
Or vos pri de moi amer. »
Rubrique : Li lais de la pastorele. — Lettres ornées aux v,v. 1,6, 11, 16, 21, 26, 31, 38, 45, 52, 59, 61,
^5' %. 73» 77' 85» 92» 97* 'o^.
4. Loing^M lisible. — 16. bloie] gente. — 19. clers] cleirs. — 18. resenbloient. La rime est incorrede, mais
je ne vois pas la correéïion. Je ne corrige pas la faute contre la déclinaison; cf. v.v. 60, 6}, 89. — 26. entrer. — 40. ioier.
— 59. rien est d'une autre main, — 61. tieng. — 64. lo d'une autre main. — 75. qu'alast d'une autre main. —
85-6. d'erbc de plor de pinnancor. — 88. iuer. — 92. du tor] du tout — 102. le (dans damoisdo) d'une autre main.
XXV
LAI D AELIS
M 1921. — Texte de Pb**, 68 r° {ms. unique). Éditions
Bartsch et HoRNiNG, Langue & Littérature, p. 489.
F. WoLF, Ueber die Lais, p. 477 ;
I
II
111
IV
V
VI
vil
q\{ q\\ q\\ q\\ cil q\\
d'' e^ d^ e^ d^ e'*
Formule :
rjfi 58 a8 b^ a^ b^
^o ^5 ^5 ^5 ^5 ^5
f 7 gi) f 7 g(i f 7 ^0 f7 ^0 f7 ^0 f7 ^0
hfi h« i^ i^ b« bc b« i'^ f 'f i^ i^ k« W' k« P
I« r* 1« IG 10 ic m^ ;/« nv ;/« m' ««
08 f8 08 f8 08 f» o« f8 o» f8 o« f« 08 f« o« f8
p(} pO ^r.
pO pG ^5
pC pO ^5
VIII r« r« 5* 5* t« t« t« 53 u« u« 5* s^ v« v«
IX
^6 5* 5* b« bc b« s^
Remarquer les rimes intérieures des v. 8, 9, 11. //>^ ^ analogie, non identité de struflure, entre II
et III (5/;c membres en ab) ^/ analogie plus lointaine entre ces deux strophes et VI {qui a huit membres
en ab). Il y a identité de struâlure entre IV et VllI. // me paraît du reste évident qu'il faut, malgré
l'indication du ms., réunir en une les strophes VIII et IX {auxquelles est commune la rime en s) : il n'y
aurait plus alors identité absolue, mais seulement analogie, entre IV et cette strophe nouvelle.
I
En sospirant trop de parfont
Atendrai le confondement
Ke les grans destreces me font
K'en mon cuer font lor fondement,
Et li pensers ki me confont,
Par quoi sospir parfondement ;
Je ne sai s'il est folie ou s'il est sens :
En amer me font gaster Amors mon tens.
Nuit & jor sospir & plor quant me porpens;
LAIS PROFANES
63
12.
16.
20.
24.
28.
32.
36.
40.
^2.
60.
44.
Sospirer celé me fait a cui je pens.
Diex nVotroit ke ce ne soit sor son deffens !
Morir quic se de ii n'ai secors par tens. 48.
II
France deboinaire,
De ta grant franchise
Ne porroit retraire
Nus en mile guise.
Cornent porroit faire
Mes cuers nul servise
Ki te peûst plaire?
Ice me devise : ^
Ne te puis plus taire
Le mal ki m'atise ;
Ne m'i fai contraire :
Je faim sans faintise.
III
Dame, se jou perchevoir
Peiisse ton coraige, g .
Molt par me fesist avoir
Vers toi grant avantaige.
Se te di mon estovoir,
Nel tiegnes a oltraige :
Ce fait amors mentevoir,
N'i doi avoir damaige.
Ains m'en dois boin gré savoir,
Dame, ki tant iés saige.
Car jou n'i voill esmovoir
Nisun autre mesaige.
IV
Dame, el cuer m'as tu mis
Ke soie tes amis 76.
Et tu m'amie.
Par cortoisie,
Te requier & demant
Ne me faices dolant, 80.
Ne contre mon talant
N'aler mie.
Nule riens fors ke tu
68.
72.
Ne puet avoir vertu
De faire aïe
Vers l'envaïe
De ceste enfremeté
Ki si m'a assoté :
N'ai pas certaineté
De ma vie.
V
Doce amie gentis.
Vers toi sui ententis :
Ses coment je te pris ?
je t'en dirai le pris.
Il n'est, ce m'est avis,
Nus autres paradis.
Fors ke solement tes cors,
Ki s'i peûst amordre ;
Mais je crien estre au defors,
S'ançois ne vient a ordre
La cose tant com li mors
D'amors me vaura mordre.
VI
Hé Dieu, merchi ! quant avenra
Ke celé faice mon voloir
Ki me tient & ki me tenra
Et ki me fait le cuer doloir?
Hé Dieu, merchi! Porra meja
Li criers merchi riens valoir ?
Nenil, car celé ne vaura,
Ains metra tôt en non chaloir,
je criem molt k'il n'aviegne ja,
Et de Tautre part ce j'espoir.
Et croi bien ke miex m'en sera :
Si m'en confort sans plus avoir.
Se je l'aim, ele m'amera,
S'ele onques puet apercevoir
Quele atente mes cuers i a.
Et por çou ne m'em puis movoir.
Vil
Dame, je me tenrai
Atant com t'en dirai
I
64
84.
LAIS ANONYMES
88.
92.
96.
Duskes miex me viegne.
Dame, je t'amerai :
Mon cuer te garderai,
Tant ke ce aviegne
Ke je te troverai
Em point dont je m'esmai
Ke molt poi t'en tiegne.
VIIl
Dame, t'amor requier.
C'est çou dont j'ai mestier.
Mar le me vee !
Tu iés rentrée
De mal & de confort :
Se je n'ai ton déport,
j'arai par tans la mort
Encontree.
100.
104.
108.
1 12.
Dame, car me socor !
Grant paine por t'amor
Ai endurée.
S'ore t'agrée
Ke me voilles coisir
A faire tom plaisir.
Certes jou ne désir
Tant riens née.
IX
Dame, merchi te cri.
Et ses ke je te pri,
France honorée?
Sans demoree,
Dame, prochainement
La joie te demant
Ki m'est tant longement
Deveee.
Rubrique : c'est li lais d'aelis. — Lettres ornées aux v, i , 12 (erreur au lieu de 13), 25, 37, 53, 65, 81, 90, 98.
1. De parfont trop. — 4. fon. — 9. plor et sospir. — 10. celé manque, — 12. morir en q. ; tens] tans. —
18. service. — 23. fait] fai. — 31. maintenoir. — 36. nis .1. — 39. soie amis. — 48. verslenvie. — 53. gentiex.
— 56. jen dirai, — 66, faice répété. — 74. d'autre part ce. — 82. corn jou t. — 98. soscor. — m. demanc. —
113. devee.
XXVI
N^ 1931. Texte de Pb^, 103 r° (vis» unique).
Formule :
I a«« a«o a*o a*o
II b* (fi b* (fi b* c^ b* c^
III d*<> [d«o] d*<^ d*o e^^ e^^ e^^ e^^
IV f* P g^ f* P g^ h* h3 g^ h* h» g^
V i*® i*^' i*® i*^ f^ f^ f® f^
VI b<o (fi b*o (fi k^o k<o k«o
// ny a entre les strophes aucune identité de structure .
I [tort,.
I. Puis qu'en chantant covient que me déport D'Amors qui m'a navré a son grant
De la dolor & dou mal que je port, 4. Mais promis m'a que tost avrai confort,
LAIS PROFANES
6ç
II
Si soflfrerai,
Serai en atendance
Se j'i morrai
8. Ou avrai alejance.
L'amor avrai,
Se Deu plait, a la blance,
Car de ciier vrai
12. Servirai sanz faillance.
lil
Mais mesdisant se sont entr'ahasti
De moi grever se sont bien assenti ;
i6. Mais, se Deu plait, il seront desmenti,
Car Amors voit & set mon fin corage ;
De li tieng je tout mon droit héritage ;
Moult a lonc tans que je li fis homage,
20. N'en partirai nul jor de mon aage.
IV
Si sui so[s]pris
Et espris
Dou gent cors a la bêle,
24. Car, ce m'est vis,
De son vis
28.
32.
La douçor m'i rapele ;
Quant la resgart,
Adonc m'art
D'amors une estancele,
Moi fiert d'un dart
D'autre part
Par desoz la memele.
Pour li medueil quant ne l'en prent pitiez,
Par son orgueil sui ensi travailliez ;
Dire vos vuil que bien vos en gueitiez :
36. Plus prent a Tueil que li faucons as piez.
Par son resgart fui je la mis,
Qiiant je deving li siens amis ;
Por ce qu'ele est de si haut pris
40. Fui je plus tost de s'amor pris.
VI
Dame, or vous pri en la fin de mon lay,
S'en aiez sovenance.
Que ne faciez ne a clerc ne a lay,
44. Fors qu'a moi, acointance.
Secorrez moi, dame, procheinnement,
[ment :
Car vostre amors m'a mis en grief tor-
Coment qu'il soit, dou tout a vos me rent.
Lettres ornées aux v,v. 3, 5, 9, 13, 17, 21, 24, 27, 30, }}, 35, 37, 39, 41» 43» 45> 47-
10. blanche. — 14. Ce sont des raisons métriques qui ni amènent à supposer une lacune et un vers ici, ou tout au
moins entre 13^16.
xxvii
LAI DES HERMINS
N° 2060. — Texte de Pb*, 185 t» (nis. unique).
Formule :
I a* b'' a"' 6« ft«
II a^ 6« a^ t« fto
m a^ è6 a^ *« *«
IV a" b« a' é« fto
V aJ jo a" 6« è«
VI a^ b^ a' b^ *«
VII a^ è« a' 6« b<i
VIII aP fto a^ *e *«
IX c3 c» c» c^ c» [rf8 d^]
X c3 c* c8 c» c» d» d^
66
LAIS
ANONYMES
XI
c* c* c^ c* c* cf^ d^
XVI f» f» ^ f* f* (fi
XII
c* c» c8 c» c* ^ dO
XVII f* f t ^0 f» f» tfi
XIII
JO^^^
XVIII f* f* <^ f* f» ^ é«
XIV
JC^^^C
XIX g5^g5<^<;0
XV
f* f* ^ f* f * ^
Ce lai présente la curieuse particularité que la même formule y sert pour plusieurs couplets : ily a
identité de struâlure entre I et II, entre III, IV, V, VI, VII, VIII (il y a en outre grande analogie de
struâlure entre ces deux groupes, construits sur les mêmes rimes), entre IX ^/ X, entre XI et XII {même
remarque), identité de struâlure et de rimes entre XIII et XIV, entre XV, XVI, XVII et probablemetit
XVIII (voy. note au v. loi) ; XIX a la même formule, mais non les mêmes rimes que I et II.
12.
i6.
20.
1
Lonc tens m'ai teû
Et oncor me teroie,
Tant m'a despleû
Chanz & solaz & joie,
Ja mes ne chanteroie.
Il
Mes ramenteû
Le m'ont & mis en voie
Cil qui n'ont seû,
N'oncor ne lor diroie,
Conme Amors me guerroie.
III
Et ce m'avra tant neû
Que dire nel porroie
Que j'ai si souvent veu
Qiie vers celui se ploie
Qui faussement la proie.
IV
En moi n'a ancor veù,
Ne ne cuit que le voie,
Le servise aperceû
Qiie j'ai fet & feroie
Tant conme je vivroie.
V
Amors m'a trop deceii.
Se je dire l'osoie ;
Tant ai son conseil creû
24. Que toz jors qe vivroie
Ne ja ne recrerroie.
VI
En ce mal ai tant geû,
Ne guérir n'en querroie,
28. Quant plus mal en ai eu
Tant avoir en voudroie :
ja saous n'en seroie.
VII
N'onques n'oi tant recreù,
32. Ne ja mes ne l'avroie,
N'oncor n'en ai receû
Le loier que queroie :
N'est dolor[s] que la moie,
VIII
36. Quant il m'est si mescheù
De servir en manoie ;
S'oncor li avoit pieu,
Plus ne demanderoie :
40. Ja mes ne m'en plaindroie.
IX
Ne folor
Nule grainor
Ne porroie fere a nul jor
44. Que de clamor
Fere d'amor.
Molt est seûr qui . .
. . . . tantjustise.
LAIS PROFANES
67
84.
88.
X
48. Blancheflor,
Soredamor,
Li plus sage home & li meillor
One vers son tor 80.
52. N'orent retor
Ne nule garantise,
Par art ne par faintise.
XI
Ne resta tor
56. Ne mur entor
Troie au tens ancianor.
A grant tristor
A grant dolor
60. A maintes citez mises,
Maintes terres conquises.
XII
. . . . neor,
Conbateor,
64. Dames & cler tuit li plusor
Proece, honor,
Joie & valor
Ont trop [d'JAmors aprise.
68. Chascuns la sert & prise. 96.
XIII
Tuit sont en sa justise,
Tant est de grant puissance. jqq
Ja de li n'ert conquise
72. Droiture ne venjance.
XIV
N1 vaut ne drois ne mise,
Foux est qui vers li tence ; 104.
Molt vaut meuz a devise,
76. Bien le sai sanz doutance,
92.
XV
Amors servir.
Et deservir
Sa joie & s'aliance,
Par mal sentir
Et consentir,
Et estre en tel balance,
XVI
Et aconplir
Tout son désir
Que perdre par vitance,
Par repentir
Par resortir
De la bone espérance.
XVII
Donc ne désir
Fors son plesir
Et fors sa bien voillance.
Ne puet morir
Qui de joïr
D'amors a espérance,
XVIII
Et por ce tir
A revertir
De pleur . . . [ance]
En rebaudir
En resjoïr
De duel & de pesance,
Qu'en plorer ne m'avance.
XIX
El lai des Hermins
Ai mis reson roumance
Por toz amanz fins :
Qui d'amors a fiance
Sil chant en remembrance.
Rubrique : li lais des hermins. Ce lai, qui commence au bas du fol, 185 v^ se continue au fol , 191 (déplace par une
erreur de reliure) et se termine au fol, 187 v^. Le recto aussi bien que le verso dufoL 191 (v,v. 21-62), qui se trouve être
Je dernier du ms., sont très difficilement lisibles; même aux autres folios, plusieurs lettres sont à peu près complètement
68 LAIS ANONYMES
effacées. — Lettres ornées, alternativement bleues et rouges, aux v.v. i, 6, 1 1, i6, 21, 26, 31, 36, 41, 48, 55 (presque
effacée), 62 (id.), 69, 73» 77» ^3» 89, 95, 102.
4. chant. — 8. n'ont] mont. — 19-20 sont presque effacés, — 24. qe v. Levure douteuse, — 27. guérir dou-
teux, — 29. Leâure douteuse, — 31-2. Presque effaces, — 45-6. damor molt à peu près effacés, — 46-7. Trois mots
environ effacés, — 62. Siipp. bon poig..(?) — 64. clers. — 73. drois] droit. — 92-3. n. p. joïr q. d. morir. —
97, de pleur (un mot illisible) & de souspir ; corr. & de souffrance. — 101. Ce vers, qui n'ajoute rien au sens, doit
probablement être supprimé; cette correction conduirait à une identité parfaite entre cette strophe et les trois précédentes,
— 106. sil] si.
B
LAIS PIEUX
XXVIII
N" I02Ô. — Texte de Paris (A; Arsenal }<yi'j,fol. 4; cf. Romania, XIX, 298); var. deB^ et de
Tours (T; ms. ^^6, foL 119, r"; cf. Romania, XX, 283). — Éditions : Wackernacel, Altfranzô-
sische Lieder und Leiche, p. 69; Romania, XX, 283 {y. v. 1-20).
Formule :
I
a- b^ a^ b^Jf
H
az (i a^ f3 ^
m
d:-' e^ d' e^ c«
IV
f g^flg^gO
V
h7 ,-0 h7 ,•« ,-6
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VII
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n» n' />« q» q* /)« /)«
IX
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h» h« h» »« 7<«
XII
y^ y8 yS f/0 jAt
XIII
(P dF' dF' (f* rfc ^ ^G ^c
XIV
X* X* cP y* y* ^«
XV
28 28 28 ^'C ^'6
XVI
*'^ ^5 ft'5 ^5 ^0 c"o
xvn
d'^ C'^ ^'5 ^'6
Il y a identité de struâlure entre I et II, III ^/ IV, VI (du inoins si Von admet les correâlions
proposées), VU et VIII, entre IX et X, XI, XII ^/ XV. Seuls V, XIII, XIV, XVI, XVII restent isolés (encore
faut-il noter l'analogie de V avec I-IV et de XIV avec VI-VIII).
70
LAIS ANONYMES
12.
l6.
20.
I
Virge glorieuse,
Pure nete & monde,
Mère précieuse,
Mon cuer purge & monde
Des griés maus de cest monde.
II
Dame gracieuse.
De Dieu fus eslite.
De toi fist s'espeuse,
Par ta grant mérite,
Dex ki en ciel habite.
III
Tu es rose coulouree,
Tous tans es vermelle,
Ta coulors n'iert ja muée ;
Ce n'est pas mervelle :
Nus ne vit ta parelle.
IV
Tu es lis & violete,
Tous jours nete & pure.
De tous pechiés monde & nete,
Sour toute nature,
Car Dex i mist sa cure.
VII
Tu es li pors
Et li despors,
Li déduis & la joie,
36. Tu es confors
Et li acors,
Chemins & droite voie
A celui ki te proie.
VIII
40. Tu es solaus.
Tu es journaus.
Et estoile marine ;
Par la bonté
44. De ta clarté.
Nos cuers tous enlumine,
Bêle douce roïne.
IX
Tu es rosiers,
48. Tu es vergie[r]s,
Tu es li très dous paradis
Plains de delis
Ou Jhesus Cris
52. Se desduit & délite
O le saint Esperite.
Tu es basmes natures,
Dous miex & laituaire,
Tu es pieumens savorés ;
24. Pucelle de bon aire.
Nos cuers purge & esclaire.
VI
Tu es [la] flours
De cui Todours
28. Ne défaut ne n'empire,
Tu es [li] fruis
Ki nous conduis
Et maines a Tempire
32. Que tient Jhesus li sire.
Tu es clartés.
Tu es purtés,
56. Tu es li savereus osteus;
Aine ne fu teus.
Car des sains chieus
Vint la sainte rousee
60. Dont tu fus arrousee.
XI
Tu es sacraires enbasmés.
Tu es celiers enpieumentés,
Ou li fieus Dieu s'est délités
64. Quant en dolour & paine
Prist en toi char humaine.
LAIS PIEUX
7«
XII
Tu es la verge Aaron,
Tu es li temples Salomon,
68. Tu es la maison d'ourison,
De toute vertu plaine
Et de tous biens fontaine.
XIII
Roïne couronee,
72. Dame bone eûree,
Bien doit estre aource
L'eure ke tu fus née.
Par toi est délivrée
76. La gent maleuree,
Qui ert emprisonee
En enfer et dampnee.
XIV
Ki bien te sert
80. Il en désert
La joie en ta contrée,
Qiie cil aront
Ki t'averont
84. Servie & honeree.
XV
Douce dame ki Dieu portas,
Ki de ton saint lait Talaitas,
Virge fus & virge enfantas ;
88. Par ta miséricorde
A Jhesu(s) nous racorde.
XVI
Douce damoisele,
Nete créature,
92. Saintisme pucele.
De la grant ardure
D'enfer qui tous tans dure
Deffendés nos âmes
XVII
96. Et menés a vie,
Qiii sour toutes dames
Avés segnourie,
Dame sainte Marie !
Lettres ornées, dans A, en tête de chaque strophe et de plus auv. S2\ dans B^, de même, et de plus au v, 'jy, du
moins si les indications de IVackernagel sont exodes, — Dans T, les couplets VII-X sont intervertis dans V ordre suivant :
VIII, VII, X, IX. Les variantes purement graphiques de B* ne sont pas signalées.
1. B* nete g. — 2. B* virge p. & m; T ne<Se pure. — 4-5. T lumere dou monde — en toy toz biens
habunde. — 7. fus] B* fustes; T fu. — 8. sespeuse] B* sa pouse. — 9. ta] B^ sa; T p. ton grant m. — 10. A
chiel; T au cieus. — 12. T toz jorz & v. — 14. ce] A che. — 17» T totemps le (un hhnc pour quelques lettres) &
p. — 18. T de tôt péché. — 19. B* toutes natures. — 21. A natureus. — 22. &] A en; T pimenz & leftuayres;
B* laituaires. — 23. A savereus; B^ pimens; T enlhesnez (?) & savorez. — 26. B^ flor ; la manque dans tous les
mss, — 27. B2 a cui lodor. — 28. A ne ne faut; B^ ne faut. — 29. li manque dam tous les mss. — 31. B^ &
moinnet. — 32. T tint. — 34. A T depors. — 42. estoile] B^ est si de ; & manque dans T. — 4y4 sont intervertis
dans T. — 45 . tous manque T. — 46. T des angels la raïne. — 47-8 sont intervertis dans T. — 49. très manque A T.
— 50. pleyns répété dans T. — 52-3 sont intervertis dans T. — 52. A deduist ; T deduyt. — 56. A saverex
o. ; B2 osteis ; T tu es esperites hôtels. — 57. fu] A fus ; B^ ains n. f. teils ; T onc n. f. tel. — 58. A chiex ;
B2 c. d. douls ciels; T quar dou saynt ciel. — 59. T dessendit la rosée. — 61. A sacroires. — 62. T celers. —
63. T out 1. f. d. fu d. ; B^ ou 1. f. deu délite. — 64. en] A sans; B^ sa. — 65. T en toy pris. — 66, T virge.
— 69. T de totes vertuz. — 70. fontaine] B^ mondaine. — 71- T rayne. — 72. bone] B^ bien. — 73. doit]
A doist. — 74. B2 1. q. fustes n. — 75. es] T fu. — 77. B^ kestoit ; T que fu. — 78. B^ & e. e. d. ; dampnee]
T enferrée. — 80. T desiert. — 81. la joie] T son luec; ta] T la. — 83. T qui bien fauront. — 85-6. qui] B^ke;
T que. — 89. T a ton fil nos acorde. Après ce vers T ajoute : Si por toy mêmes acorJe — molt en seront
descordé — noz cuers qui sunt mal acordé — si tu ne les acordes — fontayne de concorde. — 90. A douche;
T sayntisme pucele. — 91. T gente de faiturc. — 92. A puchele; T gentys damoiselle. — 94. B^ ke; T que
toz jors. — 95 A T armes ; B^ aimmes — 96. B^ atraiés; T & metez. — 97. B^ ke sors; T qui sus. — 99.
Après ce vers B^ ajoute : amen chascuns en die.
72
LAIS ANONYMES
XXIX
PLAINTE DE LA VIERGE AU PIED DE LA CROIX
N"" 1093. — Texte de B,N. fr. 12483, 63 r° (w/s. unique; cf. Raynaud, Bibliographie, I, p. 149).
— Édition : Romània, XXIll, 576 ss.
Nous ne donnons pas la formule rythmique de cette pièce, qui est calquée sur le lai du Chèvrefeuille
(//« XXII). Uauteur de notre Plainte a rigoureusement conservé le genre des rimes de son modèle, mais
sans s'astreindre, comme l'auteur de celui<i, à construire plusieurs strophes sur les mêmes.
I
<( Lasse, que deviendrai g[i]é,
Que cil juif e[s]ragié
Ont mon fil tant outragié
4. Qu'a un mort le m'ont changié,
Et sans nu[l] forfait
M'ont si grant tort fait?
II
Filz, onques ne fus estous,
8. Mes plus souefs & plus dous
Que n'est lais ne miaus ne mouz ;
Tant mar fu vostre[s] biau[s] voz !
Diex ! pour coy mouri
12. Flours qui si flori?
III
Onques ne cuidai savoir
Que deulz est, or le savrai ;
Maintes joies seul avoir,
16. Ne sa! se plus en avrai ;
Bien dit Tescripture voir,
Par tant m'en apercevrai,
Qye j'avoie a recevoir
20. Un glaive : or le recevrai.
IV
Biaus fix, tu fus concëus
Et n [ent]
[eus]
24. . . . si très glorieusement ;
Des bestes fus connëuz
En la creiche tout premièrement
Et des rois apercëus
28. Qui t'ofrirent leur dons doucement.
V
Toute riens fu esbaudie
Quant mes ventres t'enfanta ;
Nis la bêle compaingnie
32. Des celz en rist & chanta.
Quant la mort vint sor ta vie,
Li cielz s'en espouenta ;
Moût dëust estre garie
36. Dame qui tel enfant a !
VI
Mes n'i voi pas ma guerison
Quar je ne sui mes mère ;
Tolu m'a l'en par trahison
40. Mon chier fil(z) & mon père ;
Or si l'a mis en sa prison
La mort dure & amere ;
Li philosophe que lison
44. Y prirent leur ma[tere].
VII
Biau douz fi[lz] . . . [iez]
. . douleur profonde ;
Cist deulz dont vous me paissiez
LAIS PIEUX
73
48. Crieng ne me confonde.
Touz soulaz est abaissie[z] 76.
Et douleur habonde,
Qiiant li arbres est plaissiez
52. Qui paissoit le monde.
VIII
Nule rien[s] que Diex cria 80.
Ne me pourroit apaisier.
Lasse ! com mal deul(z) ci a !
56. Moût se doit or esmaier
Li folz qui mon fil lia 84.
Et li fist le sanc raier.
Ce sachiez, Diex l'oublia ;
60. Mau[s] jour[s] li ajourna hier.
IX
Onques ne senti doulour, 88.
Biau[s] filz, quant vous fustes nez,
Ne ne muay la coulour :
64. Ne pouoit estre esgenez
Li cors qui de tel seignour
Avoit esté
. . duel, nus n'ot gregno[u]r,
68. Dont vous estes si menés.
X
Biau[s] filz, je vous alaitai.
Mors estes : dolente en sui !
Mainte fois vous afetai
72. Ou berçuel si com je dui.
Pour Herode vous guetai.
Et jusqu'en Egypte en fui. 100.
92.
96.
Onques ne m'en deshaitai
Autretant com je fais hui.
XI
A martire sui livrée,
Ne sai qui ce destina.
Li juif m'ont désertée :
Onques nus d'euz ne fina
D'avoir vers mon fil mellee :
Mors est qui maul(z) voisin a !
Voirement est ce l'espee
Dont Symeon devina.
XII
Ne puis mon cuer estanchier :
En plourant m'estuet vengier
Et tout mon cors detre[nchier].
[ier]
. . . ne seulz avoir
De trop grant avoir
XIII
Ne me pris un grain de mil ;
Or m['en] irai en essil.
A Dieu comande mon fil
Qiii fu abuvrés d'aisil
Et mis [en] la crois.
Ci me faut la vois. »
Moût eut la dame grant douleur ;
Nous li prirons par sa douceur
Que si penson a la Dieu mort
Qirarriver puissons a bon port.
Letires ornées aux v,v. 1,7, 13, 29, 33 (à tort), 41 {à tort), 45, 49 {à tort), 53, 61 , 65 {à tort), 69, 73 (à tort),
77» 85. 91, 97.
1, 2, 5, 45, 87. Les lettres rétablies entre crochets ont été enlevées par Je couteau du relieur, — 30. tesfanta. —
32. rist] rich. — 43. q. nous 1. — 45-6. Suppléer : vous me plongiez en(?) — 52. q. p. tout 1. — 66, Suppléer :
estrencz. Or ai. — 67. not] le^re douteuse. — 68. dont] id, — 76. autretant] la syllabe tre a été ajoutée après
coup dans Vintcrligne,
10
TEXTE MUSICAL DES LAIS
PREMIÈRE SECTION
LAIS D'AUTEURS CONNUS
LAIS PROFANES
GAUTIER DE DARGIES
Texte musical <fe Pb".
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' 'AI mainte fois chanté De joie & de baudor : Or ai mon ver[s] mu- é, Si sui en grant er-
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Ma dame m'a ramposné Et m'a dit ke je sui el tor, Ke trop ai le chief mel- lé
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De cai-nes, n'ai droit en a- mor. Mais se j'ai mon tans u-sé El n'a pas esté a se- jor,
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Ains a bien son vis gardé ; C'est voirs, ele est de bel a- tor, S'est plus blance ke flor, S'a
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T
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vermel-le co-lor, S'a e-l(e) ve- û maint jor.
78
LAIS D AUTEURS CONNUS
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met gent en i-ror II puet bien o- ïr fo- li- e.
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cort. Mais J'ai confort K'adès aproce a la mort. A-ri-vés sui a mal port, Quant ce- le sor moi
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pa-ro-le Ou quidoie avoir confort; [Or me du-re ki m'a-fo-le Bien m'a te-nu en confort;]
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Or voî k'e- le me limpo-le, G'i ai mais moût poi d'à- ten- te ; Si l'en- amai en
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jo- vente, En- coire est & bêle & gen- te.
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cor-toi- se, Por çou k'en sa
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beau-té A si lonc tans du- ré, Mais a-dès s'en va Oi- se. Dont n'a e-le pen- se Çou c'on
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a tant porté Tost chiet, k'a-dès a-poi- se.
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Quant voi[t] sa be-le samblan-ce Et son vis dcr, Adont n'a pas es-pe-rance
LAIS PROFANES
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De [de]- fi- ner, Ains quide bien ceste en- fan- ce A- dès me- ner : Mais rois ne porroit
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en Fran-ce En- si du- rer!
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O-ï a-vés en quel gui- se M'a re-fu-sé mon ser- vi-se. Viellume, k'e- le de- vi-se,
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N'ert ja mais jus de li mi- se. Saichiés ki autrui mespri- se Em point est ven-jance
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pri- se : Ocoi-son a ki son chat bat. Adès m'a te-nu maigre & plat, En fin m'a dit
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« es-chec & mat »; Cuidoit e-le je fuisse ors C'om bat & lai-dist tos jors? Si m'a
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me- né a rebors, Or m'a for-ju-gié d'à- mors.
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Cest ju-ge-ment m'a trop has- té Et a grant tort con-gié do-né, N'a oevre ne m'a
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es-pro- vé, Molt li vient de grant a- verte Quant de çou dont a tel plen- té Me fait avoir
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si grant cierté ; Si doit on bien fai- re bon- té De çou c'on ne voit ja u-sé.
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Ma dame a mal consel pris Quant de li fui si lai- dis, Si m'en a en tel point
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uis d'auteurs connus
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mis, S'il s'echiet, g'iere es-con-dis, Et je sui si d'ire espris ; Pour ii'ai je cri- é
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som pris? Je quic it'e-Ie fe-ra som pis S'e-le m'a en sus de li mis.
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GAUTIER DE DARGIES
Texte musical de Pb".
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A do-ce pense- e Ki me vient d'amor M'est el cuer entre- e A tos jors sans
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re-tor; Tant l'ai de-si-re- e La do-ce do-lor Ke riens ki soit ne- e Ne m'a tel savor.
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Douce da-me, aine ne vos dis nul jor Ma grant do-lor, ains l'ai tos jors ce-lc- e : Mort
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m'ont mi oel, ki m'ont mis en error, Dont la paine n'iertja jor achieve- e; Je lor pardoins,
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car tant m'ont fait d'onor Ke la mil- lor del mont ai e-name- e.
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Qui voit sa cri- ne bloi- e Ki samble ke soit d'or, Et son col ki blançoi- e De-seur
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som bel chief sor, C'est ma dame, ma joi- e, Et mon rî-ce tre-sor; Certes, je ne vauroi- e
LAIS PROFANES
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Sans li va-loir Heftor.
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De si bel-le dame amer Ne se porroit nus deffendre ; Puis, k'amors m*i fait penser El m'i
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devroit bien aprendre Coment porroie achiever Puis k'aillors ne puis entendre. Se je li
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di-soi- e Ke s'amors fust moi-e, Grant orgueil fe-roi-e, Nis se le pensoi-e.
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Ains sosferrai mon mar-ti-re, Ja ne savra mon pensé Se par pi-tié ne re-mi-re Les maus
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que me fait porter; Car tant re-doc l'escondi-re De sa très grant vo-lenté, Tel co-se porroi- e
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di-re Dont el me sa-roit mal gré.
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La ou Diex a assamblé Pris & va-lor & bon-té, T'en va, descors, sans plus di- re. Fors
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i-tant, pour l'a- mor Dé, C'om puet bien par toi es-Ii- re Ke ne je chant fors por lé
TT^-tni i r
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Dont Diex me doinst estre a- mé.
XI
82
LAIS d'auteurs connus
III
GAUTIER DE DARGIES
Texte musical de Pb**
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E ce-le me plai[n]g qui me fait lan-guir En une manière, & di- rai * conment.
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Quar aine ne la seu nul jour tant ser- vir Qu'en pe-ûsse avoir son guerdou-ne-ment ; Si ai
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-^
enduré bien & loi- aument, N'onques ça ne la ne vout mes cuers guenchir, Si m'en a me-
:r^==szzî=5i5i
-1-^-1— H-
X
-r
5zE^=Sz3:±:Ezdfc,-q=
né, je cuit, pluz ma- lement, N'enco-re n'en a ta-lent de moi me-rir. Qyi dur seigneur sert fe-lon
fi^
:1i3±±5ïV
4=3:
-^— ^-
^ra:
A
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^^-
V-M— i-^-
t^-
-1-
loi- er a-tent. En ceste manie-re me convient soffrir. Ma dame, por Dieu, fraigniez vos-tre
i±3i^£z4
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-rl-t
p H=â=^=^^-'^=^=^^'^-^
•4-
^1:
X
ta- lent, Je-tez vostre cuer de cest fe- Ion a- ïr ; Se vous le tenez einsi pluz longuement,
6-^— P^
-1-1 — i-î=ï«^a-î
-1-
Sachiez tôt de voir, moi convendra mo-rir.
'çX^
^=?*=i=v^
3^;
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-V,-^
S'einsinc mo-rir me lais-siez Vostre en se- ra li pe-chiez; Mais, par amor vous proi, De
î=;;^ -a-^4-i— 8 L-l-!l-!U!|:|:i
H
-i-1— '-rr^T-î-' — ^
moi merci aiez. Sachiez quant je vous voi. De riens ne sui si liez; Moût vous port bo-ne foi
LAIS PROFANES
8^
=3=p«
J-ht
=1-V^='=Î
l=1=:1=3=îl:
4
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Conme vos- tre sou-giez : Pour c'est droiz que conroi Has-tif de moi pren-giez.
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H
-1—1-
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Pas ne vous doi trouver ma-le Qu'aine ne servi de tri-ga-le, Maiz teus rit & chante & ba-le
j-
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M:
Qui la pensée a moût ma-le.
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T 1 M^-^
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Teuz gens font semblant D'amer loiaument Qui cuers ont fe-lons de mal ai-re ; Proi-ent du-rement
!:
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X:^
iffeiffl-
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-1-
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Et destraignanment Con cil qui bien le se-vent fai-re. Et guardez vous ent, Dame, de tel gent,
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Ha- ez & fui-ez lor a- fai- re. On ne les doit mie a-trai- re, Qu'il servent de blasme
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T~1~1~Tn
tl:
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t
i=C^
a=r^
fai- re ; Nus ne les hante souvent n'i pai- re, S'en ont honte & a- veques contrai- re.
E3
On se doit bien garder Des fe- Ions hounou- rer, Compaigni- e te- nir Et bel samblant
pw^^
^V^^
X
-1-
-V
1
moustrer ; S'en doit l'en moût dou- ter, Con en puet mal o- ïr
H
T^-^-P-l-V
ttr^-r^
3
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^'-ri-^VYîiïï j
1^^
Dame, tant bel vous chas-ti- e Qui vous enseigne a couvrir Vers la pu-te gent ha- ï- e,
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E
^ 1 1 -^
î
Tts
lt1=±çis:
Dont nus biens ne puet ve- nir. Sachiez bien qu'ai de-partîr Connoist on le re-ve-nir.
84
LAIS D AUTEURS CONNUS
^
J-itv
-ft-ât
-X
S-M-Flr
-r^-ly-K-ft-a— 4-U.
Mençonges ai-me & gas Ki tel gent bee a mainte-nir, Aine nus n'ama lor sou- las
^
1-
r-i^ > -ï-r^^
Qui tra-his n'en fust au partir.
Ï^?EÇEm4^E^^I
U
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:*->— 1-
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V^
t^
Nus n'ai- me
1
^
sanz treche- ri- e Qui ja par euz ait nul con-fort. Fe- Ion sunt &
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h— v^i-^
X±=â=î:
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f^=^=^
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1
plain d'en-vi- e, S'ont moût de gent a lor a- cort. Je vous di bien en mon des- cort :
X±±
5==ïP=^=1
±^-
1
Lor bienvueiilanz ne sui je mi-
IV
COLIN MUSET
Texte musical de Pb*.
Seule, la première strophe est notée dans Pb* ; et comme entre les divers couplets il n*y a aucune
identité de struMure, il semble impossible de reconstituer la mélodie au delà de la première strophe.
E
!jgjÉgz3^4ri -inv-TT =^^=^J=^:^^^=5^i-r i
:^5
5
N ceste no-te dirai D'une amo- re-te que j'ai, Et por li m'envoi-se-rai Et bauz
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1=^-
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X
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-l-'-l
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XX
& jo- ianz se-rai : L'en doit bien por li chanter Et renvoi-sier & jo- er, Et son cors te-nir
:^:
^
-a-
1— a— ^-Pi-T
1—1
plus gai, Et de robes a-cesmer Et chapiau de flours porter Ausi come el mois de mai.
LAIS PROFANES
85
COLIN MUSET
(Sospris sui d'une amorette)
La musique de ce lai manque dans les manuscrits.
VI
COLIN MUSET
(Quant voi le douz tens repairier)
La musique de ce lai manque dans les manuscrits.
VII
GUILLAUME LE VINIER
Texte musical de Pb^'.
,-:1=Pr.
S
:5-C^
r,z:5z=zï
-X=:^
31=rï=^
:5
E chans ne descors ne lais Ki de lo- ial cuer soit fais Puet d'a-mor a- le-gier
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H
M
^5::z;::!lzp-Jïs;=^z:ï
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^
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fais, Droit est que de cuer es-trais Soit mes chans & liés & gais Contre la no-ve- le saison,
: X-^ ^
Pour quer-re merci & pais Ce- H ki Ta en sa pri-son, Dont ne poet estre re-trais Mes
E
A>
X
H-Md
cuers, ki l'aime a desraison.
86
LAIS d'auteurs connus
:M-.
!3z=!|:^=pr:piiiJlzgzl=P?iv=h=ï— *
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■^m^
H-^
X:^
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Mais tant est de grant vaillance Et sage & de haut re-non Qu'en moi ne truis espe-rance
P_jg;_-^-^^-j^-^
Ki m'a- liet de guerre- don, Et puis qu'espoirs fait faillance N'i a se. du languir non,
±
- 1 -^if*- i
M-4-q-t«:
-*
I 1^^' i^- M-
J= L-^ 1 1 1-
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K'espoirs est la souste-nance As a- mans sans tra- ï- son. N'en moi ne truis espe-rance.
H
p::Fg==î=l::^
T
4^
:!!=q:î= r^-r T-r'^^
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^-
Si faç samblant bel & bon, Mais n'est fors par conte-nance Pour co-vrir ma sospe- çon,
b=K=ç^
-^ a \
r^-r=^j
^zJ=]=pr=j=n-T-v. MA-'=b
^=1:
Car je n'ai espoir de don De rien ki tourt a ga-ri-son, Fors que mesdi-sant fe-lon Me font
^-\-
M=:S==r34:3z35ivzt
+
r-f . . ,-u
:v3
l=î
estre a-mé a parçon : Il re- samblent le gaignon Ki mort la gent en tra- ï-son.
13=15:
-lîliiT-
vn-^-i^^r=^=i=5^
t
ïri~^T%rn
Si m'en a- ïr Et voel ha- ïr Ceuls ki font tel mespri-son; D'eus enva- ïr Por de-cha- ïr
1-1 - =— .— ,^
i=j=v:5v:i=a=^
J=n:
a 1 1S
X^
-^
A
5Z4:
Se paint chascuns en son non, Car mescha- ïr De gent tra- ïr Leur devroit sans nul par-don.
-^
^
i::aî>-=î=1=i ' \ \ ^t =^ ^l^t 1 | 1-î s^q- i8iJ= ±i^ij=l
Dous vis, dont moef ma chan-çon, Ha- es gent d'i-tel sornon, Car a paines se puet on
ii^:3: â-l!^^= l4l=^-=a= ^^
:ï
1:
Z
Gaitier de pri- vé lar-ron. Et a pe-tite ochoi- son Ocist 11 leus le mo- ton.
êi^ ::J -^-^f ly 1 1., n J-l ^±r?M-n-J-J=J:E±Jar-]
Tex gens ha- es, Si vos gardés D'eus & de lour faus main-tiens; De moi pensés, Car tout
LAIS PROFANES
87
Hdfctl
^-"-I^^HipT-J-^-^^Jz!
*s—^
3-M^
ra:
m'a-vés Et te- nés, très douce riens; Ne m'oubli- es, Car bien sa-vés Que plus sui vostres
jiH=1=gi^aBJ±Liz?fc3^
-V
^^-T^^
:1=5fc-4
:i
15:
T^t
que miens ; Si m'o-cirrés Se vos vo-lés, Mais ce n'iert porfis ne biens. Se fuisse pris a
Mi^t:
paï-ens Puis eusse esté raïens C'ai esté en vos liiens, N'ainc fausetés
ne engiens Ne me fisent aï[w]e, Dame en bonté naïwe, Ne m*i soies eskive ; Se plus ne m'estes
pive, Ma vie est trop penive.
VIII
GUILLAUME LE VINIER
Texte musical ^^ Pb**
E
i±li>-=1-^-K= i =L=^-=1:
-1-
r:t
:îi
-1-
b:
Spris d'ire & d'amo[u]r(s), Plaing ma haute fo- lour, Dont j'ai joie & pa- our
155
1
-a-
±1^
^-
1-ï T
-r
Plus de mil fois cascun jour. Teus est ma vi- e : Joie ai de ma tris- tour Et duel de ma
i=iîr=r±=iî
ivm=^-
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A
A-
±=^
-1-
■n — T
-T-i
bau- do[u]r. Bien pert de mon mil-lour Quant pour joie & pour douço[u]r De mort m'a- fi- e
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-1-
^=51^=1:
F^-^ O 1 -r-^-^=P^
Ma douce anemi- e ; Mais bien s'est vengi- e De moi a c'est to[u]r, Quant sa compaigni- e
88
g
LAIS d'auteurs connus
±
-Â=^-^^:
-1-
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i-:i-^
-T
:i_1i>i^
Me vee & de-vi- e, Mort m'a sans re-to[u]r; Vers cascun est H- e, Et vers moi i- ri- e
e
-:iï=i=±zi^
1-
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,-1-^-^rr ^ 1 1 U <>
A-
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Pour croistre m'i-ro[u]r : Mais ki s'umi- li- e En sa signo-ri- e Moût acroist s'ono[u]r.
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1- -i--n--^—
Biaus cuers, dous vis [ri- ans], De vos ne doit issir Lais dis n oscurs samblans Por vostre ami
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"1— 1-^— n-:^
1-
-^
•î-r1— n 1 ^ 1 1
4-
ho- nir, C'uns pe-tis vrais a-mans Vaut c[ent] haus pour mentir Ne d'estre desdagnans
e
T
T
Ne puet nus biens ve- nir.
e
b
Ë=v^=t3
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1-
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H,- 1 ■ '11
D'orguel guerpir Vos proi ; fail-lir Fait pris & vaillance Ki co- ve-nir Li lait; nui-sir
b
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-i]- 1 "'11 ■ "♦ -ij- 1 1 1
Puet plus qu'il n'a-vance ; N'ai- es a- ïr Ki a- menrir Puist vostre vaillance ; Car s'orguex
b i.
A=^-^'<
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-1-1-4-
^^=iP=^.
i
par sa beuban- ce Veut vostre biauté tra- ïr ; A pe-tit de despe-ran- ce M'estuet targier al
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^^=5:
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Â=X
-1-1—^
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" 1
mo-rir; Et si qui[c] je faire enfan-ce Quant ce vos os des-covrir, Dont plus fériés ma gre-
b
-a-^-fte-
-1-
3Zpp^i=5:
-1-
1
van- ce S'al loi[n]g me vo-liés ha- ïr.
LAIS PROFANES
89
^U-
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4-^5-1-^
3:
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••1 4-!^-^:
a-
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-1-
-^
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S'orguels & desdains partir M'en vue-lent par vo plai-sir, N'em puis jo- ïr, Ains m'en
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S==t:^
ïtEfe=^=?^:ï=J
■1~1v-i-^
E=1:
1=:1=îv^
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^v^
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con-venra fu- ïr U niens ert del re- ve-nir, Se re- te-nir Ne me vo-Iés D'un douç so- las
b
i
^T^lfcriS
Â=^--r^
^-n-
A-
^
T
t
8-^
a loi-sir De fin cuer a-sa-vou-ré, D'un douç sous-pir, Qu'ensi doit .... Qui seit & puet
^♦r
3ir^
a- mors jo- ïr.
H-a— !
J-1
^-^
M^
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-p-^
II:
-1-
■4-
Se-Ionc ma de- vi- se, M'estuet a-ve-nir A ma haute empri- se, U mo-rant languir.
gn-J— i
A
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J-1
J=X
Hiî:
J-!1=V
:îij
:ï
513+51:3=?^:-^
Amors, ki fainti- se M'a fait en!ai-dir, Proi ke fierté bri-se, Faç en de-ve-nir Pi-tié & fran-
5
rf^5E^
8,1 "T 1v
3is:N=t^
1
1-
chi-se, S'avra en moi mi- se Vie en liu de mort : Sor tant de confort Fin mon descort.
IX
GILLES LE VINIER
Texte musical de Pb''.
A
g J-i- 1 -i4- 1
^=■4=+
:î:==Î:3=î:
ïr
■^X^!^=X
3
ce m'a-cort Ke mon chant claim descort, Ke so-las & de-port Doit avoir en chanter;
A — 5 — ^-n-A-
r 1 1-1-M
i-^Tri-T ^î
:1=ç±=î
■%■
-'-— 1-i-'
Mais quant re-cort Les griés maus que je port, De joi- e me descort, Ki mon chant fait fau-ser,
12
90
LAIS d'auteurs connus
t^Â=^
•4-1-
--fi=!t^.
»— ^— 5 — Â-n-T-
i=5=-^=1=^=
XX
-1
Ke nel sai amender. Et quant re-sort Mes cuers ens l'autre bort, Et il pense au confort
pzîi:^:^^:
-1-
1-,4=5=i^=±^=?=t=1zi=1=^=^=^
K'il quide re-covrer, Adont s'amort De joi- e, n'a pas tort ; K'espoir[s] me taut la mort
:p--lJ-q-
t^
A-
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Et fait re-conforter Et plus bel de-porter.
=p--M-F^
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l±zN:
^
A-
-1-
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5iz=1i1it:att^î;^
M-
1 1
Si m'en avient Quant m'en sosvient Ke miex me vient ens voi-e Che ke fai-re pensoi-e;
=ï=pi=3-^=l=^
ttit^
^ ->-3-^ =3=t:v=?
:35;=î:
■1-
T--—
1 1
Che dont me tient Mostrer convient. Lors me sostient la joi-e Des biens k'amors m'envoi-e.
p=ç
v-^-t-1 — 3 — ^ — l—l-
t^-
ilz^t^z^
^-1 — 1—1-
-1-1-
1 ■ ' ■ ' «!
Mais quant Voi pensant As griés maus que por li trai En a-tendant, Lors cant Em plo-rant,
5-1^-1—5—1-
1^-
i--
-1—
-1-Vr-1-1-
■-1~14^Ï— 5 — ^^rf=5-î:
■-ti
K'a paines faiç mot Ne not A mon ta-lant. Pensant Et plaignant Faiç mon chant : Si com mes
-1--
-1-
-1-1-
1
cuers va descordant.
^-^-
ji±±:J|îr:;j^i1:ï-- ^a~''-TT P
-^
Belle doce ami- e, Ke que nus vos di- e, Ne m'obli- es mi- e, Ne jo vos, Par ma-nai-ce
1-1 —-1% n I-1-M -
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-X
1-1-
-1-1-M— ^-l-^l-l-M-^-l-
t^
De ja- los. D'autre n'ai envi- e : A mort ne a vi- e, En vostre bail- li- e Sui je tos,
03
A-FS-
Qui qu'en fai-ce Enui- os.
LAIS PROFANES
9«
i-,M=^-q^q— i—'^ 1 ^ , Fg-ï— q-^-q-4=q
-1-i
;r~"^rw7
Li doç consi-rer, Dont j'ai grant denre- e, Me font sospi-rer, Ma dame ho-no-re- e ;
-1
^5^44=F^=5=15B
b?=±3=fi±:5=5n
4»5
-X
Tant puet demo-rer Bontés de-si-re- e Ke par de-si-rer lert ma mors haste- e.
6
I^ tÇ.
-1-
A-^ 1-M-^
:T-
t
^— %;-
jf=n=5=^l
-1-
Vrai[sJ Diex! quant je premier la vi, Mervell moi coment l'en-co-vi : Car tant par ert do-
i^iz^z^v^^^JJzJzl-J3Jj=
6
1 1
lente K'en sa fai-ce revente Faisoient larmes sente. Lors m'esba-hi K'encor m'en senç tra- ï,
:q fv?~î ZZ3iqz:q:z:qipq-:=:q=;jiiqz:^-q^
^^
-X
^-M— 1-
3±i
-1-=-^-^
N'ainc de rien tant ne m'a-bel-li, Corn del bel duel ke vie ens li ; Si m'en a-sist tel rente
hi:^-=l5^-
-- ^_q_aiMl |lq_^---- ^-.q_1_^- ^--:
1 1
Ke n'ert jors ne m'en sente. D'une si grief a-tente Lors m'asailli, C'ainc puis ne me fail-li.
î±j
^
-^-^— V
5:^^:^^^=^:
1-1-^-^-
:lz^iT±:^-J
-^— 1— V
:3=ï:
•1-
Dame, blonde, fresche & gente, Plus blance ke flors en ente, A-legiés moi ma tormente,
g
■1-
-l-l-i-
t::^:
-1-
-^— 1 — ^-
,;j_r__^_^_^^
T
1
Si a-iés merchi De cest vostre a- mi ! Que vostres cuers me consente K'autres fois, mi-e, vos
h:^,-%
^
A—^-A-
:5=wt^:
1-^— i-rv
^-^=:!l:
1
sente, Trop estes de son cors lente ! Si n'ai de-servi Ke je muire en- si !
La fin du texte n'est pas notée dans Pb^\ et la mélodie ne peut être reconstituée à cause du manque
de symétrie entre les strophes.
92
LAIS D AUTEURS CONNUS
X
ADAM DE GIVENCI
Texte musical de Pb".
L
t=5=3=v
=F-^,=^=1=^
A doce a- cordan-ce D'amors sans descort Velt sans descordancè Ke faice un^escorf
Imr^
3- M . 1 8 Hparq:
_j=M-pc^jM=fr^^zH^"— tjl
V 1
Por la des- cordan-ce Ke sovent re-cort La bel-le, la blance A cui je m'a-cort. Mais ce m'acort
g
:1=i:
-T-r-T-v-ï-1-
-a
:-ï-a-ï-[=!l — ï-
1=S=±^=:|
i-rr- ^-i
Qui j'aim tant fort Et de li sui en do-tance; Mais grant déport Ai quant j'en' port Au mains
-^■
X=±
A
A-
^-1-1 — TT-n-— ^-^-^-
111' 11
d'amors la samblance. Mais a grant tort De moi s'estort Quant ens li ai ma fi- ance, Car a
^
^=^
-^-=^-
1-i- 1 1 1 ^1 1-^-^-
som port Par son effort M'a-ri-ve s'amors & lance.
g
Hzqz^iifi^
-1^:
^■=Â.
■^-z^ziX^Xa-
Xâ±^
A-
^^
Brunete & blance, Saichiés, sanz do-tance, K'en vos m'espe-rance Et mon cuer mis ai.
^i=:^=5i±:î|=^=f^m=^
3;=â:X^i^
1-
3=^-T-T
V
^ ^~ï q-^
Mais l'acointance Tant m'i de-sa-vance Ou autres s'a-vance Par vous, ke bien sai. Mais n'ai poi-
e
4-
î
A
^z^zlzliïiiviiimî:
Xâ^'=Xâ-
t
-\=^^^P=^
1-
Â=X=X
-i
-1-^'
sance Ke de vo vaillance Faice de-sevrance, Ne ja ne fe-rai, Ains ai fi- ance Ke, sans de-
^
•1-
î^î:î=a=4:
A
^■=^^
Xa-
T-^r^
Xât^-
r
■Xâ^.
A-
mo-rance, Vostre bienvoillance Del tôt en a-rai. Car autrement convenroit a la fin, Si com on
LAIS PROFANES
9}
X±=X
-A^
^ztt
+
1:5:^
-^1-
■^i=Â=x
\=:l
r-n-
^-
T
dit, le faus sevrer del fin, Ne nuit ne jor a ce penser ne fin Ke fausse-té pe-ùsse traire
g
a fin.
-fl— 1-1-1-
1—1-
■X
■■Sa:
i=î:
X
-i-:t4.
iit
Por coi t'ame-rai De cuer v[ejrai Sans esmai, Sans de-lai, Et se-rai En tel assai
L^-|-J3^irizq_i^
-^-
I^:
t^z1zq-zr^zîz^=:i
■^
if^
Se porrai ve-nir A mon de- sir Acomplir, A loi-sir, Sans fe-nir, De cuer entir, De ce- li
-1-
-\-
A-%-A—^
-V^rM
n^^=^
-X
:^=X^
dont m'esmai. Se s'amor n'ai, Ke di-rai? Ke fe-rai? Je morrai, Quant bien sai Que n'em porrai
x^-
1-4-^-^ — M-
:!l:
'Pi^^:=^:
■X
A-
Ja mais nul jor partir. A som plai-sir Assentir, Sans mentir. Tant de-sir Que sospir
e
Â^
X
X=rç
:5=i:
:.Ca:
Quant [je] remir Les griés maus ke j'en trai.
X:^:
■f-r>
-■^Xii
:l=i:
X3iX:
A-
«-1-
■x^
Mais se mon cuer po- oit a-perchevoir, Por vrai a-mi me porroit re-fenoir, K'ainc ne l'amai
^
-M^
^■
-P^
M-V
f-^
xm
1=^=3:
A
X^=X
A-
X=Â=X
g
cer-tes por dechevoir. Et en la fin en savra bien le voir. Et s'ensi muir sans vraie a-mor avoir,
b ■
vt=^:
^±1^
«i]=î
J1-
Amors mal gré l'en de-ve-ra savoir.
La fin de la mélodie manque dans Pb^^ ; les portées sont tracées au-dessus du texte, mais les notes
n'y sont pas.
94
LAIS d'auteurs connus
XI
ADAM DE GIVENCI
Texte musical de Pb".
T
I
^r-f-
1-1-fl-
-•ri-
:1:
tt^=^li=55=8:
-1-^
1-1^—^ 1-M
:5:
ROP est costumière A-mors Des lo-iaus amans gre- ver, Et d'aidier les treche- ors
ËË^3E^
-1-q— 1— \-r
:3=?:l5:ï
Ki la servent de gil- 1er ; Certes, c'est moût grans do- lors, C on voit faus cuers re- co-vrer,
H-F--
— i— A-s— Pl —^—5 i
lifiqrzlzn:
Et ceaus faillir as do- cors Ki les se-vent acha- ter Par bien amer.
i ^-1-~i^ :p a=^-?Jr.!]ï^^
Mais nient plus ke co-se painte A-ïue a compa- ri- son, Ne vaut joi-e d'amor fainte
Ëï55zraZ3±?!zi
v:;R=î::^
4V
"^-1—1
8=
Ce- li de servi-ce bon, Quant Amors en rent guerre- don. En cuer est Amors estainte
F^^n^-i^-q-l^-i-^-^-^-^— ^ -q-8 — - 1% I ^ H-|| — ^1v- q"
-M
Awu- lé de tra- ï- son, N'il ne set k' Amors est sainte Ne combien va-Ient si don Ne
-iffi-i — 1-— T -i— — i — B 1 1 » 7-r^ ^ -— ^r— s— ^
=s=!l=:j:
: i V > 1
-1-
ke vi-lains set d'espe- ron. Non porquant bel font lor plainte Li faus, por çou les croit on
l±te±:5
J|^Vi|-
i
^r-nA
X
^=5:
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-v^
A ^-
S'en est engigni-e mainte Ki es-toit de haut re- non Par beaus mos, par fause o- ri- son.
p^
:i=î
-ifr
1 • 1 V ..
■XÂi^-
X^-
X!P=X
Dame, ou j'ai m'en[ten]ti- on Dru sont semé li fe- Ion; Ne- ïs en re-li-gi- on
LAIS PROFANES
95
r±35:
1-1-
î±
^aPiifX
I^PÂZHi.
ï::l=î^
A de la gent Guene- Ion. Ki ceaus a a compaignon Boivre i puet ma- le pui- son ;
˱z5.^^^:^
:Pi=v
■1-
Bontés sans discre- ti- on Ne puet pas a-voir fui-son.
ï
X=Â=^P ^-.-[-^- ^a
A-
:i -Tr-rrr r=j=i
î
-^-
4
II:
Vj.
Dame, sans cui n'a poissance Amors ke j'ai- e respas, N'a-iés cu-re d'acointance
.fV_._ _ _ ___p..
8ir^=5-1
4-
~^::!l=1i:^=5:fr
:^=1=ï
-^-
î==^p^î:
15
13:
11
-1-
I
Ki ne du-re c'un trespas. Se li faus ont me-sestance Torné sont en es le pas, Et se on
1:
T 1— mziifw.
-1-
1
1=^=3^
^115=3:
4-
ï±î]
lor fait pi- tance 11 n'en font el ke lor gas. Pe-sés en droi-te ba-lance Mes biens fais & lor
p
^ -i|J3=1=Tz=X^^■_^-:1 -1-r^ -^ ^ TI — 1=1iv-^|
■*-n
t^
1=
%
ba- ras, S'arai vostre bien voellance. Et il ne l'a-ve-ront pas. Avoir me font grant do-tance
p -q 1~1" 1 ^, — — ^-q^=H^-p.nij^l^^^=1^fii
:î
De perdre quanques je fas, K'a ceste so-le ca- ance Ai mis tôt, & haut & bas.
ï^
faii-i-^
?-H-5=t-1-ft-ziî5
X=^
:1:
-1-
:Jz1:
îî:
:î?
■4
Dame, de moi seul a-me- e, Covoi- ti- e de plui-sors, Vostre hau-te re-no-me- e
8=5^-
:?-^
1=ï:
-^^
4-
1=ft
1
:î33:
-.1:
•■■♦.
in:
-^
Vos fait ve- nir des faus tors. Tant est plus de vent gre-ve- e Com plus est haute la tors ;
1^3
Éi3=^'
izPi:
V-1
1:
1=3:
-■1-
Vens ichi est a-pel-le- e Pa-ro-le de treche- ors.
R^-
Jzi^"-=^1Jg
"■ï ~1 1 1 1 -^-
:î=Î:
1:
-1-
■Xâ±â=X
Dame, trop ai du-re vi- e, Ja-lo-si- e me destruit; Ke, se vo bontés rh'a- ï- e, Ke nusgre-ver
96
LAIS d'auteurs connus
p-3-fl-H-^-^
A — 1— ilH-î-î
3^i=a
3=t±1=vi=î
:^=î;
52
ne me puist; Lors me re-dist ja-lo-si- e : N'est pas tôt ors quanques luist. Tele est ma-le ki
H
ÂH^Z^Z^
^-
''^±^-
A-
a- ï- e, Et tele est bo-ne ki nuist.
Le reste de la mélodie viatique dans Pb^^ et ne peut être reconstitué par suite du défaut d'identité
de structure.
XII
ANDRIEU CONTREDIT
LE LÂI DE BELLE YSÂBEL
(De belle Ysabel ferai)
La musique de ce lai manque dans l'unique manuscrit.
XllI
THOMAS HERIER
Texte musical </(î Pb",
u
l^ï
4-a-^=ï
:5-lV,
^
^
r
-^A-
^M^
-W-
*
N des-cort vaurai retrai-re S'il por-roit ma dame plai-re, Mais tôt li vient a con-
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^^-^-
fll-
-^-1^-
■JW-
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■i=R=^
^^-
-11-
±8z;pi^:
tt
-M
trai-re Kanques sai di-re ne ûû-re ; Peu pert a son bel vi-ai-rc K'e-le me doie a mort traire.
LAIS PROFANES
97
iPiM:
±X
-r
: pz^zq^4Jr4v
-^-
8-
:rq=1
îi-n:
E-le m'ochir-ra Quant il li plai- ra, Ke bien • en a le po- oir : Trop s'otrecui- da
1-1— a -^^v^fl-â— Mn- ^
-1-
^:
1=.=^:
h
Quant si haut pen- sa Mes cuers, bien i doit paroir : Diex, ke ce se- ra? Avra e- le ja
L1!é-,_L-V 1v
^
De moi merchi? Ne-nil, voir!
3i5=3=5-f.JiV
J-pi-|-^=^'='^g^^^^- |-i
-XX=^
Dame, gens cors ho-no-rés, A cui je me sui do- nés, Trop grant cru-au-té fe-rés
3=m=:5:-|!.
-1«î
±^
H:^=S:
-A-
^-^-
1-
S'ensi vostre home o-chiés. Las, pour coi fui onques nés, Quant onques ne fui a-més?
:!|zm:5-F.-:M*
6
-p-
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Et si n'en iert ja ostés Mes cuers de li, ne se-vrés.
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:^z±=Ez^î^
:3=îl:
^
1
4
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1-
îii?=ï
1-
4-
Trop ai foie amor empri- se Et en haut lieu mon cuer mis, Ens la plus belle a de-vi- se
fcr'=M^^:^J^g^gS
r
:X
15=1=1
—1"
Ki soit en tôt cest pa- ïs ; Armés sui a son servi- se A tos jors mais, ce m'est vis ;
ï
8^
& L_lJ!j: qib=JzJ=i >r-^^'r-i
Se ne truis ens li franchi- se Mar vi onques son cler vis.
^-^-
^ 1 %
-1 — 1-
lîBi-a-^-ir-
A-^-i
^!p^
8-
■1-
1-^
Je doi trop mon cuer ha- ïr Ki tans maus me fait sof-frir, So-vent me fait esba-hir
-9FM'
^^-
-1— ï-
■l-
-X!\-
^■
-^-A-f^
XX
-1-
--^
-T
4-
^-
Et mon visai-ge pa- lir ; Se jou de-voi-e mo- rir, Ne porroi- e jou par- tir ; Quand son vi- aire
13
98
LAIS d'auteurs connus
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i±^
1-
re-mir, Tôt le cors me fait fre- mir.
1
Ï=T=^^:
-T T
:F^=^p
^rs^tnpï
:3z^:
-V
Trop sui mesche- ans d'amors, Quant je n'en ai fors do-lors, Paines & tra-vaus & plors,
-— S:
-P
3=^=s:
1-a-
N'onques de li n'oi se-cors.
Z
^-
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8
■Pi
V±^'P\-
6
:1:
-1-
:l=î
-1-
:1:
-1-
^31:
J'aim, — mais on ne m'aime pas, S'en ai la pi-our parti- e, — Un cors a-lignié & cras
iE^ÈEl^'
h
:5=î:
-1-
lï
-1-
^=5:
1=1:
Bel & de grant sîgno-ri- e ; Car fuisse ore entre ses bras Tant ke l'e- ùsse bai-si- e! K'es[tJ ce
I
^-
tcï=v
J=!i--
H:
^it^i:
ke je soshais? Las! Je croi miex k'e-le m'ochi- e.
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-d^
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r^+i--?
^3"_l|.
-1—1-
X
-1-
î:
1-
-1-
-1-
-V
-1-
-T
Mervelle est ke je tant du-re Quant vers moi la truis si du-re ; Je vif par grant aven-
:î=K^-^-hi=i^
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-1-
X
A-
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a-
-1-^
X
A-
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t
-1-
-r
-v
tu-re Ke nus tant de maus n'en-du-re. Quant jou re-gart sa fi-gu-re Et sa très belle
1 -" =i**-i-8
a- le- ù-re, Vis m'est k'el mont, a droitu-re, N'a si bel-le cre- a- tu-re.
f
a-
:ï=!|^î:
-1^-1-
1-^
A-
-fW-1-
2-
1" '"7 1" '" '1
Douce plai-ne de va- lor Et de cortoi- si- e, Dois vis
4-
. co- lor Com rose e- spa-
8-
^V-1-
-A^^
T
■^
:î=!3-î:
-S
-P--1-
-8-
ni- e, Des beautés portés la flor De çou ne douç mi- e ; Mon cuer, mon cors & m'o-nor
LAIS PROFANES
99
±
-^^
5=1=^
Meç en vo bail- li- e.
4=3^n-
5dz!km"5^F^=î=tit^
■^
+
Dame ou il n'a ke re- prendre, Ex vairs, dois cors bien tailliés, Dens blancs, me- nus.
tï^
:n--1n-
j
^—^
:^=3=i-zi
-V
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■^—%
Â=X
-^
fai-ce tendre, Cha-vex blons. Ions & delgiés ! Par loi-sir i vaut en- tendre Diex ki le fist,
e;
A—^-Âi
Â=:^--
Â=^
1-^
-^-4-
^■
-T-^
che saichiés; Vers li ne me quier def- fendre, Car siens sui tos des-raigniés.
M
-^=^^u-
Z
-p-
-X
■^-
X
-X
:a-H-
"r^r
-1-
4=1=^4
H
Douce dame, je vous proi Ke merchi a-iésdemoî; Jou sai bien ke jou fo- loi
A-
:|=5=î=:1:
■1-
=h:
:î
-1-
-1-
:^=5:
Quant plus haut aim ke ne doi ; A vous servir tos m'o-troi Tant ke jou vivrai, en foi;
:3=:l:
1^
:3=^î
:t-:
-X
-P-j
:îl:
Or doinst Diex, en cui je croi, Ke bien mon service emploi !
B
LAIS PIEUX
XIV
THIBAUT DE CHAMPAGNE
Texte musical de Pb-.
c
-1-
-jçXX
^_5_^
X
-1
r
Â-X-
T
-1-
î-^^^^,
Omencerai A faire un lai De la millour ; Forment m'esmai Ke trop par ai
-■— aJ ■ ^ — ■ — = 1— •
:ï^
^-fï
-^— Hl
:3=^
A-
Fait de dolour, Dont mi chant ton-ront a plour. Me-re virge savoure- e, Se vous faites de-
i
ti
T=^-^
-âX
:^=î
-^
-\
1-
-p-
^TT
1
X
moure- e De pro- ier le haut signour, Bien doi avoir grant pauour Dou de-auble, dou fe- Ion,
R
j
1=5.
^^ r'-'-n-ï :
-T\-^
■^-^-
IH:
1-%— ï— T ' ' ''-1— T^
Ki ens la noi-re pri-son Nous velt me-ner, Dont nus ne puet escha-per ; Et j'ai forfait, douce
tfc=b:
-|-
t
Jr3=p-prr^ ^1=1ld=1^ (=^-^ ^ ^^
dame, A perdre le cors & l'a-me. Se ne m'aidiés, Dous Diex,
de mes vix
^4!^V-R=Â^1
:ï=tï=:l
-1-
rii^z3.=^J=^=ii^ii:1:
^lïm
■^-
pechiés, Ou se-ra mercis trove- e, S'ele est de vous re-fu-se-e, Qui tant valés? Si-re, droi-ture
LAIS PIEUX
101
tca=W:
4:3=3=v:i=T
t=^-
^-^
lï
~ ^f~^ ^ i|-^ gzp.qlj
oubli- es, Et destendés vostre corde, Si viegne mi-se- ri- corde : Pour nous aidier Nous n'avons
h=i^?^i=t3=±=yË:^i^zt:ëd^?^
- 1 1 p .
1
de droit mes- tier ; Quant sour tous estes puisans. Bien devés de vos ser- jans Avoir merci ;
S
t
l(=!^--
^fm 1
-1-
-1-1-
bzt—
-1-Vi-
-1-
-r
^^-
X
[Beaus dois sî-res je vous pri,] Ne nos me-tés en obli. Se pi-tiés ne vaint vengance,
±=^±i r^^riy; pr-igJ ±i-i ir T-TT- - ->
i -
ts=i±
î
Dont se-rons nous, sans doutance, Trop mal me-né. Dame plaine de bonté, Vostre dois mot
v^]j^^;)-jj — q-i=^:^ ^ %,-^ zq -^-nri =J^
savou-ré Ne soi-ent pas oubli- é, Pro-iés pour nous : Ja mais ne se-rons rescous Se ne le
1-
-X
X=^=-.
^^Hl=i1-
U-^-i-
sosmes par vous De voir le sai : Chi
laisse-rai. Et Diex nous
6
^i8=M-^-
:3— 1— ,-1— Mh-
doinst sans de- lai Avoir son se-cors ve-rai.
XV
GAUTIER DE COINCI
Texte musical de Pb^'.
R
e- H-iH-i -rrfe
A
TT7-rT 'pç=.
-^-^^-T
3
3
irt
3=îa4^
0-y-ne ce-lestre, Buer fusses tu ne- e. Quant porte & fe-nestre lés dou ciel
-1— a-^-
^^■^
t±1=v:^W
X
M-
tttizraz^î
:5==3=Vï
nomme- e. Tant es de haut estre, Puce- le sacre- e, Qu'el ciel a sa destre T'a Diex co-ronne-e :
e
X
-Â=X-
TX
A-
Pi=;;=^=ï
X
XX.
v^^— ï
'^
■XX
^^
x=^
-i
■H-T-
Car de ta mame-le. Qui tant est emmiele- e, Fu sa bouche be-le Pe-ûe & a-bevre-e.
102
LAIS d'auteurs connus
i^=Mi!^:
:^
:i= ^ ^>-vri:;;= rr~i'
^=i:
Î^P=f^:ï=î:
X^=tX
^v
A-
-^
Hau-te damoise-le, Vîrge be-ne-ù-re- e, Touz li mons t'ape-le Par tous iés reclame- e; Haute
g
Â^X^-
:1=^
-r
-^
A-^~^-
-T
Xâ<
"T
^-
-q 1 1 1"
:ï=^
1-
fcî
4
r
1- . • ■ .1
pu-ce-le pure & monde, De toi sourt la rouse- e Dont as toute la rien du monde Norrie &
e
:^=5:W
A
1=^^
:t:î:
:n=^=--q:
X=Xâ
i
X
:X^:
arou-se- e. Royne ennoure-e, Buer fusses engen-re- e, Car plus iés douce & plus ple-sanz
g
^-^Q^=q— 1-1 ^ ^T ^ i-^-^-Vi-
-q-vfl-
i
g
Et plus sade cent mi-le tanz Que mielz en fresche re- e : Riens qu'a-saveur Sans ta saveur
rp=X^:
-Xa=^
A-A-n-
i^zlzliïpl:
X
■X:Xâ
i
A-
-H-i-ï"^
Ne m'est a-savoure- e. Certes, qui ne be- e De toute sa pen- se- e A toi servir tout en a-pert.
g
^=^-q-q-i-i-y^^^=^-q T iM -^
A-A-
A-
i
-t
1
Puis bien di-re que s'ame pert Et qu'ele en iert dampne- e ; Mes qui te sert Dieu en de-sert
g
TT"1 » ^
-1-
■T
Que buer fusses tu ne- e !
Ce lai est composé dans la forme des chansons, et les autres strophes s'adaptetit exaélement sur la
mélodie précédente.
XVI
GAUTIER DE COINCI
Texte musical ^ Pb^^
F
|i=îztLd^^Mzfci3
1=^=î
X
ï— ÎTl—rTT"^
Lours ne glais, N'oisieaus jais, Ne dos mais, Ne pascor N'e-rent mais En mes lais ;
nftr
^^-=\±^
4-1—^^1—1--^
^^X^
A-
-1-1-
Vtl-1-1-1-
To-te lais La fo-lor. Plus n'i se-jor, Ne n'i demor, Car j'en trais Ja grief fais ; S'en retrais
LAIS PIEUX
103
e 1 ■ I ^ — g— 3- ^ -3-3-1-4-iV— 3
A-
•Vl-I
A-A-
A do-Ior, N'en puis mais. Clers & lais Sans re-lais, Sans re-tor, Vi en error Assés grignor :
t ^^AAl ^ MM--^ =^|-CTi3=3^
-1-i
C'est II lais Li markais Et H tais De pu- or, Si pugnais, Si mauvais ; N*i a pais Ne se-jor
8
A-A-
^=M-3— M-
■1-
En tel amor, N'a fors tristor.
3^
j ± d-UH-^_;^_vJ_LJ_^.j =p ^ ^ , 1 1 i iE iizQ
A
Mais ki entent A sauvement Et d'ame & de cors ensement, Bien li deffent Ke riens ne penst
î=^3:
^-''-rT Tr rr^
1=p:
î
1-9-
α:i=t:5=t3:^=;3
r
Fors k a vostre amor seu-lement, Dame a cui tos li mons apent, Car ki emprent Et ki aprent
p:
4-^-
^=X
î=î=!tt
izîn
3:-^
î=l
T
^^r^
H:
1=0=5=1
1=±=ï=î=*
1
A vos servir be-nignement Ne s'en re-pent, Car il i prent Si riche guerre-donement Ke por
f
Jz U-M-4-4 =^^=f3
^^
:l
-1— i-r
4— 1=1^-^-^
un bien l'en rendes cent. Si nos sosprent Et entreprent Pechiés, ki tôt le mont pourprent,
P=îm
II:
■X
^:
AA-
:5=t^zîzz1:^
A-^
K'au ju-gement En dampnement Se-rons trestot comunalment, Se vostre o-ri-sons nel deffent.
B
-^-î-«.
iq=v=1:
^—^■
-1-1
3=1:
-V4-
■XX
■M-Hi-i
r
Dame, ke fe-rai? A mal sans de-lai 1-rai, mors se-rai, Jamais merchi n'a-rai, Car trop
^-P--
^H=î=ï
X
^-^-
-X
-v^
m:
X=Â.
■n-^
^ — ^fl-^
mef-fait ai, Et tant i entrai El tai, dont en trai, K'a pai-nes m'en rctrai, Tos i rcmanrai ; Se
Fï
m
î+3-:^=±4:¥
3=i;
Tt 1 < 1
:s=j
A-
vo se-cors n'ai, Bien sai ne verrai Ja le signor ve-rai, Ja liés ne serai Tant corne
104
LAIS D AUTEURS CONNUS
±±±t
^_-Bi=S-rT:H
Vt-^I— 1
3=1-=1:
^
■^-^
:ï=ï:
tel me sente, Ja ne fi- ne-rai, Mais set fois venrai Le jor, par droite rente, Si vos proi-e-rai
b=^r53e^zï=1-1:
ïs=rJ:
Et sosploi- e-rai, Tex iert to-te m'entente.
U 1 ''^t'^~ ^^^ r-t-i— 1 =^
α:r3
U;^Pi-^^:|:^T=l
Mtfitiv
1-
Bien doit di-re Son consi-re, Nus ne s'en doit taire, A son mi-re Ki de- si- re Ga-rir de
i-
1M-i
5ziit±^ïtoiîrzr=^
^1
^^vH=T^
contraire; Nus esli-re Tel mar-ti-re Ne puet ne retrai- re, Ne re-di-re Ne descri-re Vostre
3=?=^=lT?=5iqilznd
■•j
M=5q=^t
n
^A-
^__^_^q.
Xt.'KzXzf;^
1
doç a-fai-re ; Et quant di-re Oi & li- re, Dame deboinai- re, Ke de l'i-re Nostre si- re
H"=iH=^
X^=^:
^4-r-1-n-V
:î=ï:s=-^
A
Nos po-és retraire, Mo!t s'empi-re, Molt s'a-ti- re Do-le-ros re- paire, Sa mort ti-re, Ki remi- re
X
^
■^-^-1-3
3=riîiî]=3:
V4-^
i-i,-- v-1-
-^
-1— «M
-^1-
±z-^
Vostre doç vi-ai-re Et le vostre doç samblant. Ne ne vos daigne Merchi cri- er em plo-rant,
ii: ^ ^-1-,— i — r ^^^a-H,-^a-1=g:-^=?=l
1-i 1 1 -
-^-
-1-
Ke de lui pregne Pi-tié le signor poissant, K'o vos le maigne En sa compaigne. Et k'il
■]
-1-
n — F*-
q=P 1 '~ 4=q-.-q-
-1-
n'apreigne De losengier Mençongi- er, Ki songier Nos fait en vil- tance Et met en ba-lance
-^=h^
!
:|
A-
A
_j_^_^_^_P^___
Et nos ensaigne Tel bargaigne Ke si très chier Bargignier Mais ne quier; Ki vers lui ne tance
i=^
X-1=^3i-tJ=^l=3=n:--J=:3-:!):-i^
i^ztC^I
13:
• — Ri
A-A-
Mors est sans do- tance Mais notre enseigne Nos des-enseigne Tous de pechie[r]. De tri-chier.
LAIS PIEUX
105
t±
'-^•-h-
A-
-l-ii-P.
:v±:5i:±:3if!r^z::i±:1zt=5i^-f
D'avoir chier Che qui des-a-vanche Foi & espe-ranche
j:ÎEn^zpzt5=±T
H:
lîzlz^izrta:
■X
A-
-^
■X
Dame, tôt va-Iés, Tôt le mont ve- es, Ke nus ki soit nés Disnement Bien n'a-tent. Mais grief
3=5:^:
^-i-^-^-^-
:1=!ai1-1-T, . , ^-J-^
1-
1
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-1
dampnement Et mal & pe-sance. Se vos pitié n'en avés, [Dame,] bien savés Ke nus n'ert
t
X
A=X^-
^±=xx^±xv=^^
x=x=xx
x^^m
t
A
^-A — L-^
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6
sauvés, Car coment Autrement Po-ons sauvement Avoir, n'a-le- jance ? Car nos vi-si-tés ! Se
-1-
x-^
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Â-t
^-JM-t^-1
i^dzzlz^i^bîlzïiripîîzi
por nos viltés, Ma dame, obli- es Vostre gent, Molt iert gent A ce- lui ki tent A nostre gre-
g
^i-iî-i^-^^'^^-^-^i
A-A-
j-E^iEEE^ËÉ^
•q 1 1 M
-1-
A-i
vance. Do-ce me-re, Estoille cle-re, Sainte, nete & pu-re, Vostre pe-re Fustes me-re Encon-
1-
:lTi:
-1-
î=^z=1:ail4^:i^Ét^i^^
tre na-tu-re ; Chier compe-re Ki compe-re Vers vos cre- a-tu-re. Suer ne fre-re ; Paine ame-re
H
^-.-^-M-
De-sert & laidu-re.
; pi:^i:1=^-=^^ p ^=^i1=:lipp=1=±j±^[:4^
Dame, roïne del monde. Se vo-lés entendre Au pechié ki sor-abonde, Ki nos set sospren-
R4:^^-=^-=;pq^'^^:aT-^-J^^=^-^^ ^^
i
dre, Molt doç ke ne nos confonde. Car pour tout le mendre Jus ens la flame parfonde Nos con-
H=^— ^-|-1-"i— ^^
-1^1=1—1
:1=f=1=î:ilH=ï=«
tu:
-l-U
1
vient estendre, Ke nus d'infernal vergonde Ne nous puet deffendre, Se par vos ne somes
14
io6
LAIS d'auteurs connus
¥^
^3=ï=^-p-1"-^-i^--q-1=^=ï=pp^Mn-
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X
A — ^
Xm=^
monde Tant porrons a-tendre, K'il nos co-venra descendre La ou li fers a-versiers Trove cel
g-J-^n-
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X=Â=^=Â^
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ki n'est en-tiers De vos servir vo- lontiers; Trop est chiers i-tex lo-iers.
Eïzi^az:3^=trF=n:^-î
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1=^:
A-
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Pi_LJ— 1— 4
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Dame, entendes mon de-sir, Très doce Ma-ri- e, Nu-le riens tant ne de- sir Com faiç vostre
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A-A-
î-,4-5-r^-5-lv^
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a- ï- e ; Ne nos laissiés pas mo-rir En nostre fo-Ii- e, Se les buens vo-lés cau-sir, Ma
Î!=1=^
■^-J^-^-3=1-
3_^ir:l_^_^_,_^i|.
dame causi- e, Molt a-rés au de- partir Povre compaigni- e.
i-±±?^:f^^-J^^
^=1=ïî:1
!r3iCl=1=t3=1:
1:
En fi-nant Mon doç cant. En plo-rant Merchi cri ; En chantant Di bien tant De vous quant
-1-
A-^
■A-^-
A-
^■EiEè=^--&
Je m'i fi Ke tôt de fi Avrai merchi : Or fin i-chi.
XVII
ERNOUL LE VIEUX
LAI DE NOTRE-DAME
Texte musical de Pb".
E
A
1zfiPi=5:
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1-
t'-^-i-i-1-l-l-
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-x^=^^=x.
-1-1-
-V
iî:^
N enten-te cu-ri- euse De querre ma vi- e, L'amor de la glo-ri- euse Ne lai-
H:
:1=m:
-1
i=i-pa:
-1-^-
-1-1-
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-X
X^ÂÂ-
x^^x
■AA-
1-
■v-1-
se-rai mi- e, K'a la virge pre-si- euse Ne requière a- ï- e, Ki fu si très save-reuse Conques
LAIS PIEUX
107
X
^-\Âp^-A-n "1 i~ïtl " i n 11 â'j^'.q-q— .^iM-îl^q-i— »-1=v4
^
■X
en sa vi- e Ne li prist envi- e De carnel fo-li- e. Or ne m'escondi- e De riens ke je di- e,
e
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M-^ -^--q-i4-q-^--H|-^^^=^-q-4-i-q-ps-^-^q-rfr
-^^
■X
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X
La dcxe, la pi- e, La Virge Ma- ri- e; Virge boine a-ventureu-se, Sainte, caste & pu-re,
x±^=x^-^
^-
-^-i^-J^î-ï-t
iztzpr^î
-^^
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X
De tos les biens e- ùreu-se, Plaine de me-su-re, Sainte Virge a Dieu espeu-se, Pu<elle a
e
^-^-^U-^'
1-^-M:
-M-
-^-^
^ -M-qT^î-i-ij-^-i-i-h— g— i^ -1-q-M^
droi-tu-re, Do-ce ro- ï-ne pi-teu-se, De boine na-tu-re, To-te cre- a-tu-re, S'en vos met sa cu-re,
e
^f^
~-A-9\-^-^-ÂA-^-^—.X
1-
Puet estre se- û-re De boine a-ventu- re.
H-^
4-
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-^
-1-1-
-1-
-VH-
4-
glqn-l-l-P-»-]
A-^
1-V
■•1-1-
Dame de pi-tié, Vaissaus d'amistié, Virge sans pechié, Moult eûstes li- é Et cuer &
=1: [±±i 1 q-^H =^l-iq —
-1-
■•1-
-1-1-
co- raige, Quant de Jhe-su Crist, Ki ens vous se mist Et car & sanc prist, Novel-Ies vos dist
6
M=^
i^L;
-1-^-
-1-1-
-1-
-1-1-
^-^-
A-
-1—1-
-y^
-4
-1—4
A
La vois del me- saige : Ce fu Gabri-eaus, Angles boins & beaus, Vo-lans & isneaus,
zitiJzy =11 H-^-l =1-î-î - pfe-iT-î-i- fte-; p1=i-v^-^-^
Del signor de ceaus Amo-ros mes- sa[i]je, Qui ne vos anoncha mi- e Novel-les de
i:z3^M=p5
-1-
1-^-ï-i"4-g— ï-pg-i^-i-1- p. 1 1 ï — 1^— M'
-ï-aM
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vi-lo-ni- e, Ne pa-ro- le vaine, Quant de par le roi de vi- e, Te dist:«Diex te saut, Ma-ri- e,
-1-
M
X
-p-
■fr— 1-VM— 1
:Cs=5:
:i--ï-*-1^ï
X
-1-
A-p-n
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r
Ki de grasse iés plaine. Diex [est] en ta compaigni- e. Deseur toi n'a signo-ri- e Nu-le feme
-fr-i-^-+-i-i-
:^=X
-1—1-
:î— i---^i
X
"Pb-1-1^
i
— H- T
umaine. Ne soi- es pas esma- ri- e. Mais de joi- e ra- empli- e : Bien soi- es cer-taine,
io8
LAIS D AUTEURS CONNUS
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ï— ^-^-^ 1 î~T ~^-q— ^— 3-ï-î-Fq-ï-i<-^-M
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-X
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Sans oevre vi-Iaine Conçois Dieu demaine Ki vit & ki raine. » Dame, moult vos plot
g-vi-
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-1— V
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:q:^:^=t-r^4::1^:=?^
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-^-ï-
-1-1-1
A o- ïr cest mot, Quant dit le vos ot Cil ki bien le sot Noncier co-me sai-jes : Ce fut
e-i l-H— i r^r-^à -'M
■4-
-1-1-
-1-
-1—1-
A-B
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-1-
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Gabrieaus, Angles dous & beaus, Del signeur de ceaus Droituriers mes-saiges.
-1-
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1-ï--— 5-^'
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Virge(s) do-ce, deboinai-re, Ga-ris est ki tepuetfai-re Honor & ser-vi-se. Tôt a-vons de
-K-^-U-^-r ^-^'
4 — '1— ^?ip— î':^-i— î-i^s— ^— î-ï-l
vos a fai-re, Nus ne se doit de vos tai-re Ki ens pechié gi-se, Ains se doit près de vos
e
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tn^^=L-^-^-^-
A-J-%-^-
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-V-1-1— 1 — 1
^1:5:
-1— a-
-1-
trai- re Et vos som pechié retrai- re ; Car en nu- le guise Riens ne puet a Dieu desplai- re
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^-1-^-^—4
" 1 1 — ^%— =i-=i-h-^— 1— i^ -^-1-^H-^ -^— n-
.-ï-ï4^-1-ï-il-1-i-4-ti -î— --^-1-14=-^
Ki contre vostre a-versaî-re Soit par vos conqui-se. Vostre ga-randi-se. Dame, nos sofFi-se
6
■1— l= ^::î^q:4-î-i^^-M-
En la grant a-si-se Au jor del ju- ï-se.
§JɱS^^E^fg^^5^~— ^=^=^-î^
3±|S=1
Virge, ki saintis-mement Conce- ûstes sans pechié, Conques nul jor plai- nement N'e-ùstes
^^[^^-^Jî^^^^^^^
le cors tachié,
[able] Ne n'en e- ùstes ta- lent. Ne ne vous fut re-prochié
|:t^=T-:=1-VF5:5d=ai=1
X
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l-4-^-Î4=4
t-^^±^=^^
1
Conques par nul ten-dement E- ùst cars a vous tochié, Virge pi- e-table, Virge après Tenfan-
-1
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5=^=^=H=ï=F0E^?^5
1-
H
X
XûX:
X
:1:
155=3:
X
tement, Virge, ki sans mau-vaistié Fustes après & de-vant Et sans carnel co- voitîé,
LAIS PIEUX
to9
-^-1-
^-=1=^-
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:1=tPi=1
44:
5=3:
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:M=ï=5-i-^
-X
-X
Virge pardu-rable, Virge perpe-tu- elment, Dieus vos a do-né tel fié Ke por nostre
i=?!a:
:1=5iPi=3:
-H-^ — F rP
-t
sau- vement Li estes tos jors au pié. Virge seco[urable], De-pro- iés le roi del monde
g : . , J , q
Â=^^
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-q_4_j_f
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15
:f^=:3:
4—1-
3:
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Cui vos estes me-re Ke s'i-re ne nos confonde Por le mal ki sur-a-bonde. Virge do- ce,
g. —
^— 1— P^-=-F4-î-^- 1 1 1 ï
11:5:
4-1-
:|^:
4-
X
4-
ica
4-n-
cle-re, Sainte, pu-re, caste & monde, Nuit & jor por nos o-rés. Nos ai-diés & se-co- rés
l
i^^Î4=P
H
4-
M:
X
q-^ 1 1 1
:(^=:1:
1-14^4-4-^—5=!
X
Et labo-rés Vers Dieu, nostre [très] chier pe-re, Qu'il nos gart de la vergonde Et de l'angoisse
13:
g
infernal. Quant puni se-ront li mal El parfont val Dont l'ordure est [très] amere. Dame a
-1-1-4^4— ï:=n;=3~ï4ip'---i:
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X
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±±l=5±5zBïEiT^-'-
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cui ma-te-re Nus ne s'a^ompe-re, De nos faire a- ïe Ne so- iés ave-re, Car qui Dieu obli- e
g
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-1-1-
X
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Tos jors le compe- re.
g^i4=3=^V
tî^:
■^Â=X^-ç
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X
X
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X
X-
X
Do-ce mère au Cre- a-tor, Nos vos de-vons jor & nuit Hono-rer tuit li plu-sor, Et non li
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3î»=l!5=i
Uï-M-5-i-i-jî
4-1-
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pluisor, mais tuit : Vos estes tôt digne Ke li grant & li me-nor. Se pechiés ne le[s]
X±
t?zi=3
Xû=X.
X
-^z±:XX
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.-^î — ^-X^=^
■^1-1
destruit, Vos doivent porter honor, Car vos por-tastes le fruit De cui, v[ejrai signe, Nostre
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û=X
X=^=X:!!i:
■Xû=X:
Â=X
:Xû:X
:C^=1=1
X
X
a-nemis a pau-or, Et quant il le voit, si fuit. Do-ce mère au Sau-ve- or, Proi-és tant, ne
110
LAIS D AUTEURS CONNUS
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'A T~%r
:î=t|ti1:
-1-^-1 T^ 1 ^
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vos a-nuit, Que dos & be-nigne Nos faiciés nostre Signor, Si ke, par vostre conduit
8
-*!— 1-
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Plus que par nostre labor, Puissons ate[i]ndre au déduit Ke [Jhe-sus] a-signe
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T-- l-M4=-q-^ ^ -q-q-pry-h-q-^
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de hautes me- ri- tes Ki ont leur désertes El livre de vie escri- tes. Ce sont les âmes
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es-Ii- tes A cui sont ou- vertes Les portes, ki as he-ri-tes Et a ceaus qui contre loi
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11:
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Vont sans raison contre foi Sont, par l'otroi [De] Dieu, clo-ses & covertes. Dame, les nos[tres]
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me- ri- tes [Et] nos de-sertes sont tex Ke se de nos . . [es] N'a merchi Dex, Tormens nos
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13:
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1—^=^4-1 — ^-hj-Î-M-R:
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a- tent a certes. Dame, les nos pertes Sont to-tes a-pertes, Diex set de nos vi- es To-tes
J^
-i| -^-q-qq-q-i:
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A—^
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les re-vertes ; Nos âmes tra- ï- es En se-ront de-ser- tes.
"^1 1 i — 1 1 . M 1 ^-Pi
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--^hXr.
3=i=i=i=i=i= rn-r*
Dame, moult est faus & vis Et de malvaise o-ri-ne Ki voit vostre imaige el vis, Et cent
±15— 1—^=5:^— --H-Î^P»
±=t-1-^-=ti
H— P^
■^-
X
t-
:^ï
X
fois ne l'encline. Dame, tost nos ravrés mis En ra-cordance fi-ne Vers Dieu, ki est vostre
H-^-M^^-B-
:?-î=l-^-J— ^
tli^^
TX
X
X
v-+-5-^
■i-
X
amis. S'il nos a en ha- ïne, Dame, confors as che-tis Et as enfers mechi-ne, EstoiHe de
e-4lq-i| -^-q-^l =ï-V-^-i^— |-i-1-q-q- ?
t
-1-
X
'Â-X^-fm-
:a=^[
±X=i
X
pa-ra-dis Et del monde ro- ï-ne, Dame, do-ce flor[s] de lis Et ro-se sans espi-ne, De nos,
LAIS PIEUX
III
g_ii_jii:3_q_.^q_5_ii_Pi^^_=gii 1.^ — __l 1— -hh
cui pechiés a pris Et tient en [saj sai-sine,
Depro-iés vostre chier fill Ke tos nos en re-
'■^^^Â^
^-
EyiS^^E^si^
:i-
:5=±:î±=1=^
-1
-M-
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trai-e, Et deffende de pe-rill Par sa pi-tié ve-rai-e. Ma-rie, estoil-Ie de [la] mer, Que to-tes gens
^^=ÂT-
A-
:a--^:
'^^-
X
A-
■X
A-
-1-
3:
Â=^'-
3-*-i-^:
-X
-i
doivent amer Et depro- ier & redamer, Cuer sans amer, Voilliés vos entremetre, Au [grant]
î-i-,-J-i-4-^
Â=X:
Â=X
^=!1=S:
m
Â=^-
A-^-
XV-:±=Â
X
g
po-oir que vos a-vés, — Tos les consaus vos les sa-vés, — K'es haus degrés nos fai-tes me-tre.
15=^ ^-V4-1-ii-l
:^z^=^in:^:^4:±i5i:1i5
X:±t±zx
:3=^Tl-l-J]_^,_U
Car c'est co-se [de] ve-ri-tés Ke clos nos ert i-cil ostés, Si ke de-hors se-rons remés, Ke ja
g
13:
-1-1-^
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^t=^==M-H
X
:^=î=v:
«:
ÂÎ3
X
A-9r-U
-X±=Xi
-■r-^
merchî n'en a-ra Dés, Se vos ki des Espe-ri-tés Estes del chiel & porte, Celé entrée a nos [ne]
g ^ 1 - ■ . m ^ M à -m- n 1 -^-^ <
_^-jj_q^^-^ -^
^-1-1^
=r:h^îÂ=1=^=:î5
-h]
f\-
do- nés. Par vos nos ert habandonés Li chiex, ou chil est co-ronés Ki saintement de vos fu
g-b-^^-^-M— r--^-
Â^X=h^
X
11—4-1—4-^
-^■
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X:^A=X=^
g
nés, Et puis pe-nés. Et mal menés Si ke sa chars fu morte. Nostre a-nemis, ki par tôt cort
^ 1 1 1 1 -^-^
M — i4-n-*-'
A—A-
X
^^^Â=X
A-%-
X
X
Ki tos maus nos en-orte. Et ki trop tient le monde cort Mort pardu-rable porte; Do-ce dame.
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-1-
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'A — qzr::5_q_j^_[:^=i5_^
i=?-rii:
A—^-
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1 — 1
1 — V
d'entrer ens cort Cremons k'il nos re-sorte. Se vostre amors ne nos se<ort, Qui moult nos re-con-
g
-M-
forte.
i ^--q - -q-^-q^-ifq^-^--ri-TY v P^^-^- ^-'^-Tt-^-^^"
"i-i
iPOrJ
Sainte Virge, en cui amor Nos a-vons espe-rance. Et porter & nuit & jor Vos devons re-ve-
112
LAIS d'auteurs connus
^1-1-^— 5— Ï-ii-MJ — ^
5=t:
iC^zï
±rj=i=î— -1=Â
î=5.::1:
rance, Et estre, par grant se-jor, Devant vostre samblance, Ki faite est ens vostre honor
H-
±3:
q-^-i ■ I ^ T -q-ft^
tt^vl
-q-
w=;^
lï
:l:
a:
Et ens vo remembrance, Fai-tes [nos], par vo do-çor, Virge de grant vaillance, De Dieu nostre
Ë ±i^-^^i*-i-^-^4_^^^^^=S Et^z i-3â--^=^
Cre- a-tor Avoir boine voellance ; Fai-tes nos mètre el re-tor De paiz & d'espe-rance,
fr-^=1^ — q--^— q-ij - p^-q-
■î^:
n=J±=:1i;p=1±1==M±^1
Et ke Diex, au chief del tor, Nos ait en sa pre-sance. Virge Dieu, pu-cel-le chiere. Sainte
^=î=pi:
■A-
n:
î^=t=5_,-q-4-1^5=î:^f:^-=T:!î
^
X.
■1-
caste & ne-te, Vostre saintisme pro-ie-re En pa-ra-dis nos me- te !
:î=ipJ
II:
A — 1—1^—3-^4
X:X
A
!r-=î=:1:
-1-
-M-q-
Dame en cui [tuit] nous nos fi- ons, De-vant vos nos cruce- fi- ons, Dame, por Dieu merchi
Â=X
'i^^zi^
-1-
^-
lîl:
-l—ii-M— R-.— ^-.-î:
:3i^!3=^q-±4
.q_q.
X
pri- ons, Et vos cri- ons, Virge, saintisme dame, Ke pas ne me-tés en obli Ke par vos ne
6
Xâ^
^1:
hl
î=^iq~qztiL-l:
:^:
Vh-1-^-v
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A-
:1:
V-1--
soit a-compli Coment Diex ait de nos merchi, Ki somes chi El feu & ens la flame.
g
%-^-ii-n
1:^,-q-^-i
|^=5^3=EJ^=CT^j^j:
r^-l-^l^nq:
-1-
A-
Na-tu-re nos fait [toz] pechier. Nos fait mentir, nos fait trechier, Fauses pa-ro-les af-fichier,
e^
:X
A-
n-A-X-m-
îBZllji-UAi 1 1 M-^ 1— ^
-1-
Boivre & lechier. Et tart lever por Tai-se. Dame, de ve-Ti-té savons Ke, se par vous merci
e —
--j-q-^
A-A-
A-
3.31:
t-
-X
TzHzîzz^zt^iî^zz^
:3
X^i
A-
n'avons, C'est tôt passé, ja ne l'a-rons, Ke de-servons Pardu-rable mesai-se : Cre- ance po- ons
e
â:X
A — ^
X
.3_q_q_tl^Z3_4_^
r-^r-r
:^=^np3=i
X
T-^T
1 T
nos avoir. Mais l'uevre est trop mauvaise. Dame, nos sa-vons tôt de voir Ke par vos a-rons
LAIS PIEUX
•1^
M-^ï^-ï-
î-4-i|-^1-W— 5-^-1— n
ln^-q-H:
•1 — V
-X
Â=X:^
T
e
ai-se ; Fai-tes tant que, par estavoir, Nostre anemis se tai-se, Et ke de vos pulsions movoir
1-
.^-l-.~4— ^-:|-.-^
z1:±ipi=:1:
-^-1-
-^— ^-
-X
Ll-q--qZ|-^q_p^_j
Co-se ki a Dieu plaise. To-te riens soit envi- eu-se De querre en sa vi- e L'amor de
I
la glo-ri- eu-se De la Dieu ami- c. Ki ens li se fi- e Onques ne l'obli- e; Ki merchi
e
:^
5=r^=|-^-i— ii-i-M^-1— ^— il — 5-^-i-l=^-i-n-i
X
1-
li cri- e, Tos jors por li pri- e. Or nos doinst s'a- i- e La Virge Ma- ri- e !
XVIII
ERNOUL LE VIEUX
LAI DE L ANCIEN ET DU NOUVEAU TESTAMENT
Texte musical de Pb".
S
H— g— g— ^-^ -i^- M-q=î=^1— -^
X
-1— 1— g-
-^=X-
X
'Onques hom en liu s'a-sist Ki boin lai o- ïr vausist, Onques lais si bien ne fist
g-i-M
-x±x-
X
-g-l-l-
rrfH:
X
■^-1-g
iT-r-ti
X
-g— 1-1-
x^u
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A escoter corne cist, Ke tos est de Jhesu Crist, Ki le patrenostre fist Et ki les pa-ro-les
^ T-i-^— -^M-ll-l-
-1-1-1-
X
âX.
X^Xâ=ç.^z:^.
•4-
:tt=ï:
-•1-
:1ztz
dist Ke to-tes en escrit mist Je-hans, li ewange- liste. De sa mort [tu't] fu-rent triste
H
A-
j:^X=Â^i:;;z'^Â^=^X=^^
Mains jors après & mains ans. As enfans Et as grans Soit chis cans En tel guise por-fi-tans
X
tlirli^p^— i^ipluî^:
-T
1-
K'a ne-sun des esco-tans Ne soit pechiés contrestans.
15
114
LAIS D AUTEURS CONNUS
=3=î;
:f!a.J^
71
^z^i^plrtv
De par son comandement, El premier comencement Establi premie-rement Le chiel & le
H,ji_q_^_zn-Ti-^— 3-q-^J
în=^i4:
^3^-=n=v^::1=^::;^^
firmament, Et puis la terre ensement Et tôt kank'il H a-pent, Erbes, arbres, bestes, gent
^1-^-1:
S
-T
^—>;
T
=1=1=î:
A^
H-1-1-
-^•
-^■=^-Xâ=â-
X
Et tôt quanques mons comprent. Les co-ses del monde cru-rent Ki de Dieu cri- e- es fu-rent.
H
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3:^^i=ri:rzi-ri^ï=îi^^±;=^
-T
1-
-1-
T
F^-
-T
Tôt crut, tôt multepli- a. Tant ovra, Tant pécha Li mondes & fo- li- a Ke Diex el siècle envo-ia
i
-I-
3-q-*-1=3=ÏII-% î^-a-H-J-V-L-i^îM .-H-l
:l=4=l
■V
r
1-
Le di-lu-ve, ki no-ia Fors No- ë ki escha-pa, Ke Diex ens l'arche sauva, Et ceaus qu'il
8
M-t-— 5-^— - — 3-l-i±.-5=ï-.4"=l-i-t^-l— ii-3— î
-1-
1-
-1
1-
-r
1"
li comanda. Par lui donques s'a-resna. Recrut & re-comença Li mondes des lors en cha.
i — ^-q-î^— ^-i^ijip— g— q- i|
-^■
A-
r-t:
-M — ^1=
«=3
-1
q_L_q.
Quant li di-luves fu passés Et descrieutes les grans ondes, Ke tôt un mois & plus assés
p-1— 1-
X^^
X=Â-^-^
J|— ^-1-
X=!!i=X
Î3
"P^Â^^^
-1-
-%■
i
0-rent esté si parfondes, Em poi de lieu fu assamblés
Et amassés tos li mondes,
-XXX
X=^K
X
~1-
-1-
A-
Ke, kant li maus fu trespassés. De pechié fu chascuns mondes.
tx=rx
X
A-A-n-^
X
X
JI=^=3It^
-1-
X
X
^—^-.-^.
X
X
Des No-ë, si come j'ai dit. Et des le diluve ot mil ans, Si com ens la Bible est escrit,
H
-a
î|ir:1z?irM=ii^3
«
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X
X
■X=-TX
A-
A-'^^
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Dusk'a tans ke fu Abra-hans; Y-sa-ac son enfant pe-tit, Ke plus n'avoit de tos enfans. Vaut
S-:^±l=-q=:;p=h
-X
X
XJi=X
A-
1^-^
1
sacre-fi-ier sans respit, K'il amoit plus ke trente tans
LAIS PIEUX
«•5
1-
»
r^=^=î:
■XiX
i
A
v=::3=!=3i±±4=t^i:î
v±=i::1:
1-^
H:
:i--^
To[s]t l'e-ùst sacre- fi- é, Si com il l'avoit tôt nu De-se-ur[e] l'autel H- ié, Quant un
^=ï=»:
3
^±^=5=i:3
i=^
-%
3=3i=ti=:r-ç:;p1H:
ï=g:1-'-^-i-^T"1'^1
■t
mo-ton tôt cornu, Ke Diex li ot envo- ié, Vit de-joste lui venu : Le mo-ton a de-vi- é,
1
4^=^:5
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•^
Et son fill a re-te-nu.
i — ^-^-fl-
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:îl-î=^:
1— q:
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x::a
A-
:5z^z±:^-zt^
N'estoit en oi-re nu-le lois Quant Abra-hans estoit en vi- e : Ne nul déviés ne nul deffois
3=î:
A
1=l==^±ï
:1=î
-X^:
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Diex n'avoit fait ; lors n'estoit mi- e Encor adonc ne cuens ne rois : Tote iert a Dieu la si-
g
A
'A——Â^
T^ï—X
-^-
■.'i=^
-ï-
1-^ — 1
-1— ^
gno-ri- e; A son boin gré & a som pois Faisoi-ent maint sens & fo-Ii- e.
tl=^
-X
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-X
X
^-^■A
X
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-1
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-1-11-4
Assés de teus [lors] i avoit Ki poi do-toi-ent a pechier. Et maint hom ki ne savoit
b
:a:^ZTz:ïz5,
1
4-
■X
X
4-
VIM-
-^
^ q- T 1 f ip4
tt
Avoir le preu de s'ame chier. Et tel [i] ot ki co-nissoit ; Cha-cun[s] li devoit reprochier, Et
g__^_5.
:î
4-
X
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:1=^
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4-1-H-1
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Diex, ki tôt set & [tôt] voit Quanques au cuer peut aprochier.
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XX
î^'\±:X:±±X±A=:X:^i:i^^^
-^
X
Ensi li mondes a-lot Em ba-lance a-dès a-dès, V. c. ans ke lo-res ot Du[s]k'a tens de
^
5=i=t^=3:
-ï
α:^zlz5i5=i=::1z:^±:4
-4-
X
■XzX=ip\=\
X±Â^
Mo- y-sès, A cui Damediex parlot Et as fe-lons juis engrès Endroit la loi mot a mot K'il
!:
:P
X
t^=X^:
ont puis te-nu après.
ii6
LAIS D AUTEURS CONNUS
i=^-ï-ï— •!
■A-n-^
1=l:1=ti^i1
^-^i-î
ï=t:1iq:
:1-q-ï:
^— t^
&!|:
Mo- y-sès, teste cornu- e, Ot la loy de Dieu apri-se ; De Dieu li estoit venu- e
^■
:i^=i=3
3^=t^:
tïzizrr.
3=i=;M^t
r^-n-i:
-^-L
r-^rï-
Et fu tote en escrit nii-se. Quant par tôt fu espandu- e, La lois crut & en tel guise
fcyj_j_5_3^l^_,_y_,j_j
K
Ke mill ans fu bien tenu- e, Et li pueples a de-vi-se.
f±±i-^=i^i-^
3;
î±
■1-V4-
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!l=iMf
X
Fort & ferme la tenoi- ent. Fors tant k'aucuns i avoit Ki aucune fois pechoi- ent,
i^:
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-A-A—^■
■^-1-
X^
î=?^:^qi5;^J=i-=
15=1=^
v^— 1-
■VI-
li.
Et n'aloi- ent pas a droit Le sentier k'a-ler devoi- ent, Si corne encoire o-rendroit Pèchent pluisor
p=M5^a=F^
x
^—^-A-
& fo-Ioi-ent; Car nus ne fait çou k'il doit.
Mzii1=?--:^=^i3
:^:
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.q_-_^
:jz1=;pî:^^z=r^i54=l
Tôt i-tels estoit la vi- e. Au chief de mil ans a-vint Ke chist ki ochist Go-lî- e,
A
î^:^^:^^
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A-
A-A-A-
Z
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Xi^-=X
A-
A — ^-^
— Cest Da-vid — en plai-ce vint, Ki puis ot la signo-ri- e Des Juis & tos les maintint;
t^^
A-
X
4-
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a:^-
X:â=X
A-A-^-
Sa- ùl ne le venqui mi- e ; Rois fu & Tempi-re tint.
■A=i^-^=r4
^zz5i±rj=lii-i!)rt:^z!z!|=^^
Vii-^
;;iq-rrT
'n=Â-=x
:ï=1
C'est chil ki le sautier fist, Li prophe-tes sosverains, Ki deseur tôt kank'il dist Fu de pro-
E^
-\
^±z^-^-^-'i
-_.._q.-=:r:5-1— .4-i— i-ï~i-P^
4
^ijz^-lzîzz^ztizlizq-ti^i:::]:
A-
■X
phe-si- e plains; De son tans, si com on dist, Ot mil ans, nis un jor mains, Dusk'al tans ke
to:
!5=^-a
-%=r^
«
.'l=qi:^-n~^~r-^-±:1it:^=tf--r^'^vH
•^
Jhe-su Crist, Ke la virge ot en-tre mains, La car en la virge prist. C'est li pardu-ra-bles [painsj
LAIS PIEUX
117
^=1=5irJ|:
lîzij:
^itii^
,_..-ï— .4^
3:
-1-
•i-
^—^-
■X
^^F^
Dont H rois des chiex nos dist (De çou soit chascuns certains) : C'est cil en cui ra-verdist
4=!5^
^z:^"i^z3zt^^-d=^i
ii=:3=t5i:^5=|
Non la paille, mais li grains De la foi, ki ens nos gist, Par quoi li mondes est sains.
g4— î-î:
^-^=rA
^-V;^_^_^_5_5_^_^_
^-Vi-î:
'Xâ:â-
:l-ï-,-^
1i5iî=t=^
Puis Da-vid fu Y-sa- ï- es, Et ses pa-ro-les oscu-res; Dani- el & Je-remi- es, Et les
^1-^-
'X-^-
h^:=:;=^
!1=^^
3-^-.-^:
,1i!i3z:t=^;
:^— ^--4
I^Iiî:
■^-^
autres escriptu-res Ke on claime prophe-ti- es, Ki di- ent les aventu-res Ke ve- ù- es &
g
A
3:±:5-tî=r4
-Â^^=^
V-^^i
o- ï- es Ont humaines cre- a-tu-res.
3d-
F[y£-i3^^
:^I^j:^I^:]pj=!j=z33p^
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13=?
1-5-4-?-^
^-^■
3=?:
Ont esté cha en arriéres De Dieu, si
X^=^
^ rz^z^z±:^=:4^=pVJ=^^
com il fu nés, Et de gens cru- ex & fie-res Fu si très vilment menés Et en si pesmes
H-^-i^-4-^-^-^-^-1 — q-q
manie-res, Se garde vos em prendés,
Êiïzr^
^:
:ï
-■^-a
5:
-X
X=Â=X
'X
A-
X
A-^-^-
On le set & en quel guise, Ke chascuns le voit as iex, Et pre-eche sainte E-gli-se
A
3=^1^-^=1:
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A—,
X=;^X-:±=-jç==i--^-
ï
X:^-
A'
A-A—A-
tii=;
Et as Jones & as viex, Ki ont cre- ance en çou mi-se Chascun jor de miex en miex, Ke
^-=^^•^^4
:?
X
:!l=ïi5:
A-
A—^-A
Tescriptu-re [de-vi-se] De Jhe-su Crist en ses fiex.
31314:
v:3 -^r-'- i±^-r'- r^rr^-ri :±!i
i-.
A-
^^^^'T^r^
La sainte Na-ti-vi-tés, Ki le mont enlumi-na, C'est la fi-ne ve-ri-tés, Tant de biens nos des-
ii8
LAIS D AUTEURS CONNUS
riiTi^iT:
3ii±:^=:lz!i3=JiiT3=t^i±11!i:3=î=t^
-A-m-^-
A=T-^^
1-
Â=.'P^-
ti-na Quant sa doice da-î-tés A l'uma-ni-té cli-na. La chars est l'uma-ni-tés Ki entre nos
liPi:
1^±ï=1:
^=^=111:
lit^zl:
ï-^C^
■Xi^
^zi^-zi^-n
^î=±:i:!I±^5
-^
l'ame-na, Sans çou c'onques va-ni-tés De pechié ne l'engigna ; Amors fu & ka-ri-tés Et joi-es
8^
:3=tl=^=:5=:?=!|:
^-n
A-
^-P-5-
A-
k'îl nos douna Et pais & hume-li-tés Et quanques en tôt bien a.
H
-i^=5:
rï-ïTTi~n=?
A-^A-
-M-î
-M-
-■'s=^^^
1:
C'est la fois, c'est la cre- ance, Ce doit on croire & savoir, Ke sa saintisme naissance
^
3=±=^^=ï:
-1-^-
^i
■5-M-i,-h1---?
■\
-'h-- 1-
-:3±,
Hz^
^=P=1:
-^—M-
Fu fai-te por nos va-loir. Car il fu en tel estance, Chil ki velt le puet ve-oir, Molt nos va-loit
^
P3^g^-^3==ï-M'
^-^
13=?:
^-q-, I 1 ■ -r^~ q-q-q:
^■
4
3=1:1=3
î
s'acointance
:3-q-i-i|-[-3i-^-3-^-q-ï
Sa pre-sence & sa poissance
-<\-%-
■X
1=r:t±!
Mais la honte & la vil-tance La pre-sence k'en soflfrance
,=,zrft^
3=-,z^zzq=3=zzl=3=.
^
-1-1-q-
Re-çut sa chars, ke poissance Contre mort ne vaut avoir.
^^SE^5^±^3^E^E^5^^^e
Ne ne vaut ne ne dut mi- e, Car na-tu-re le requiert ; C'est çou ki nos rendi vi- e.
=i^=î
3===1=i^j^3^33
-^
-V
-^-fl-V
1=ï=î
3
Ki nos est & f u & iert Pais, sa-lus & ga-randi- e Vers ce-lui qui mort & fîert, Ki de tos
H
ï-%^-3=
-^
13=^=3=5=^^:^
q-
biens a envi- e, Car tos mais a lui a-fiert.
LAIS PIEUX
119
ÎI3IZ:-
SS^
xx
A
_^-^^_,-.-^---^-^.
X^:X
l^z^-lzitl:
C'est H mortex Satha-nas, Li fiex de perdi- ci- on, Ki tôt avoit, haut & bas, En sa mortel
^5TJi
A=r-l-'\
--^,-^-4-,-^--—^
.^-^
!] J|-- I _q 1 =^-1
1-
CT
5=M
re- gi- on, Après i-ce-lui trcspas Dont nus n'a remis-si- on K'il ne past par ce-lui pas ;
g-
--^=îii!z::3=îz:mijz^z=îl:fz:1:
t:X
tt^lz^j^tzlrv^-ï^î
En quel c'onques na-sci- on C'om moroit, en es le pas Aloit a dampna- ti- on ; Diex ki
-1-
H:
X^:
A
Xt^-=^-=^^=ii^i^
t^
ï-ZZTilzî:
II:
A
^-1zz!zl=î=:5i^:
i
plus ne vo-loit pas Soffrir tel condi- ti- on, Ki por nos sauver fu las, Fist tant par sa pas-si- on
r
^=ï:5=1:
Â=^
Ke li huis d'infer fu quas, S'e- urnes red-empti- on.
3
ijitçj
-■^
H^-1
-A-
333^45E^
-1—1-1-
-1—1-
:^1=ï^i^^i-4
^t:
Diex fu nés de la pu-celle, Hom fu nés & hom pe-ri; Moult fu sa naissance bel-le : Tos
5^
-1-
-1-^-ï
■•1-
Hz^^ir-ûî
:T.
A-
^-^
-^—1-1-
X
:r-
-1-4-^
li mondes en flo-ri. Ce n'est pas cose novel-le S'om naist & vient, mais je di Ke la
-^z±
1-1-1 -,-hJ=^-^ï-i-ï
1-
-1-1^
-^
^1-4
■A-A
'X^
-Xzi
:1:
X
X
OU l'ame rapel-Ie Le vaissel dont ele issi. Et par tôt en vait isnel-le La noveUe Ki
1:^^
A-^-X
-1-
0-1— ï-q-M— n V 1-g-ïq]
1-
:5
X
revel-Ie Sa vaisselle Rest ens elle, Craindre mervelle ne vi.
h=i=:1i±rizr^iî
^
X
-X=^.
-1-
-1-1 — 1-
ilzizî
X
-^■
-i-tfc
X^
N'en cest siècle n'a pa-rel-le Ne re-samblable n'est hui, Ne de rien ne s'apa-relle Nu-le
^.
-1-
-1-1-1-
:5--=i=1
X
-1-
A-
-XrçX=l-^^=^-
1-
h=F5=?=i
mervelle a cestui. Diex, ki par tôt le mont velle, Ki de tôt s'a-tent à lui, Fist entre nos
f
4
:ï
^:
11=13:1:
-1-
1-1-1
tel mervelle. Ce dont em pa-ro-le sui.
120
LAIS D AUTEURS CONNUS
'j^iz5i±:^zyz1=t^-=53iTj=tr^±^'
■1-
'X
--"PX
:r±i^i.53:
Hom fu, ce ne fu pas tors, Puis k'entre nos ha-bi-ta Et de mort n'a nus re-sors : Sa mors
1-
15:
,-ii^!li:î-
^=^dL-^z5z!i1i±zLzt^=^îli:!rJzti1i^H^z!]=z5
i-
Â=^!1=W
la nostre acha-ta. Mais la da- ï-tés fu fors, Ki nos le re-susci-ta, Ke, quant il fu com hom
g-
!=:i--±:^:
:iz-iita=-::i
V
■-1=5:
-I-
1=tïz&:1=L-:1isztrr=:îi:
mors, Come Diex el chiel monta. Après çou ses grans confors Ses apostles conforta, Quant del
e
■:^-=^:
:P
-X
\=^>-l
^-
X.
A
îit_i=îl=!z7J]=trJiv±:^=i1izlTj:
-n--^
X:tî=1=r-4
chiel nos plut la sors Ke a tos nos a-porta Les gieus & les grans depors Ke sainte Pente-
h
a=^:
coste a.
b=5ii=?dBïh=n=tbtrt:ti=:id^.=t4«^t£EÎ
Les a-postles ordena Diex, ki grasse lor dona, Chascuns par le monde a-la, Pre- echant ki
Ii5iiî=ch=1=ï
T3=ï:
T^Xa-
Â=t^
^-^-
^Pl=n:
-1-
A-
■%■
cha, ki la; Par çou que chascuns noncha, Sainte Egli-se comença Tôt ensi come e-le va
i-^-^-i| — q-^-q-i^ [- — ^— l-'-^q-^-g-^— ^--^-q
il^q:
r-^\^
■m
Et si come ele a esté. Par aus sont fait li servi-se Ki sont fait en Sainte Egli-se,
:1=i:
3=1:
■^'i=^
^-
±11:
X
t
3=i=j
Ki de mort sont ra-ka-té Par bauptesme, ou fois est pri-se. Et sont
i=5z^i?z^zifïz^z=:^->
^
Xb-
-T
-!r:"-1-.J-1-i-i, — 1_!!„_îi_..4-q
T
de to-te mespri-se Par confessi- on cui-té Et je-té de va-ni-té. Or pri- ons la Tri-ni-té
g
K'il nos doinst la digni-té De ce-lesti- al ci-té, Ke par nule aversi-té Ne soi-ons de-si-re-té
■r
-1-
-,-5::v^-.-M"J-f.-î-i— !l-.-3-q
1"
-1-
-T
ivl:
-T
!!iz[b?5^pt
Li si-re de ve- ri- té Par sa grant auéto-ri-té Nos doinst ceste ka- ri- té.
A- men !
DEUXIÈME SECTION
LAIS ANONYMES
i6
LAIS PROFANES
XIX
(Bel m'est li tans)
La musique de ce lai manque dans le manuscrit unique.
XX
LAI DES AMANTS
I
i^^:
X
^
:1=^
X
Texte musical de Pb^^
■X
-X
X
X
1 , 1
X
- chi comans Tôt en romans Le gentil lai des amans. D'amors est estrais
1=^=^^^-^-^^^^^^^^^^^^^ fl 1 l -N-^-fiFP--^-^-P>- j
?•
-^-
V
li chans, Et sil fist uns fins amans ; D'amors est to- te la no-te Del so-net. Par amors Je
g
t±
^dit^zi^piititi-U-^-ïit
\
chante & no-te Cui boin est : Cil [bien] s'entre-met Ki son cuer i met.
^
'^^v
X
^-^-^-^-^
X
x-^—^'x
î-
-^
Je m'i sui mis ; Cum fins amis Me sui d'amors entremis, Et ce m'est honors & pris
K'a la bel-le me sui pris, Et ki plus a cortoi-si- e Et va-lor Ke feme ki soit en vi- e
124
LAIS ANONYMES
tpT
MiiX^-i_!|.z6=^d=q=^=4
A-
Hui cest jor : Mon cuer vers H tor, Li otroi m'amor.
g
-i
ii1i±1iib±E:^z:1±i?i1i3=fca=t=5=?iî
-v^-^-^
-1-
:%
Bel-le gentix hono-re- e, Cui bontés honeure, France riens boine e- ù-re- e, Cui [jou] mes
■^-1-
!lz1ij^i3=±:5i±^
1-1-1-^-^
-^-
A-A-
^^z^iz^r^r^qbj
a- e- u-re, Do-ce, boine savo-re- e, Se Diex me sekeure, Mal m'i fait la demo-re- e
^ ^— 1-1-1-^-M=^^=3^^^5 ^=3 -v1-^^^—1-vr '
Kl tant m'i demeure ; Quant me venra Te- ù-re- e Ke viegne au deseure De ce ki m'a-ta-
f
^-i^tï-H-J-î-^
-T
A
3=^M=M
■V
Â=^f-
•^
lente? Doce ami- e gente, Me-tés 1 entente Tant ke je m'en sen- te.
=î=:1=!=1-
i-ii-^-
-X
-M-
il-î
jj_^.
n=±=^=îl=tl
^-n-A-A
:5
Â-l
A-
France de si grant franchi-se Ke nu-le si france, Preux & saige & bien apri-se, Ma do-Ior
-i
M-
_q_, — 1-%-^-^
1z1:±^7i5z!z5=:tîjr
:î=1:
-1-1-
i^z^iqiiipzî
i->- i ■ 1 1
Â=X
m'estance ! Car ne puis ens nu-Ie guise Passer ceste plance, Por coillir a ma de-vi-se Le fruit
^
:î=Î=W'
H — L4-q- 1:
?r^-^r'n-pi-;rH~H^3d
-1-
ÎH:
sor le brance. [Fai] ke [par] de-sos ta hance, Ki belle est & blance, Me passes outre, ami- e.
g
=ï=PïV
1-
î-i,— q::?=ï-q ~^~ï 1, -^— 1-M^=;i=^
1-
La dont j'ai envi- e. Tes amis t'en pri- e : Nel re-fu-sés mi- e.
^^^-1-
ÉË
±XZ±
:3±^^-dzi1±
-^-1-
X
A-\-A-
m:
Dame vaillans, Se de-faillans Et non caillans lés de ceste co-se, Ses k'a-venra? Maus m'en
3i1z?i^zz:^i:^i:1=Îâ^h:^
A
l±^
A^
^-H-i-i^-'i-^-
:1=î:î=l
3=;^=î^
parra, Si convenra, Se ce ne re-po-se, Par force & par estavoir, Ke par tans i muî-re ;
-1
-1-
1=5=^:
A
izriliî:
-1—1-
:5=^5^:
-n-
:3=i=ï
3=rz3iî
-1-^
3=^Î4:
1
Se merchi n'i vels avoir. Tôt m'i pues destruire ; Moi convient a ton vo-loir Ma vi- e déduire.
LAIS PROFANES
125
P=^'
^=^-=-n
^P^-:^.
A — 1-
:1iî:
Por Dieu, ne m'i fai do-loîr, Tost m'i porroit nui-re.
-1-1-
-^
t±z!l±
1-1-
-1-î
:3=3^-zzl=Ft-
X
1-M-
:3=:
^_q.
Jou aim plus dis tans Ke ne fist Tristrans. Trop m'est a-restans Li maus ki m'a-ti-se, Si
X
que ne sai mais ke di-re. Soflfrir m'estuet grief marti-re. La ou fine Amors me ti-re, Tôt
1-a 1
pi^Z5^^=îl!l
Z
A-
:X
A
1=2=111:
-M— ^
i=;;i=^
1— n-J
x^x
a sa de-vi-se La convient ke jou co-loi : C'est vers vos, ami-e. Chascuns dist ke jou fo
A-
-^■
«
-.X=rÂ
:X
-^— i-n
-1-
iTi:
l^rilzzl:
Ji_j|-
-r
Xâ
loi. Mais je nel di mi- e. Ains di, molt bien endroit moi, Quoi k'autres en di- e, Ke nul
-1-
:1:
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1^-.
-^^1^
A
1=51:11:1:
-1^-
^1-^-t
1:^1=1:
-1-^
i=;n=^
-1
home je ne voi, Hui cest jor en vi- e. Prince, ne conte, ne roi, De cui j'ai envi- e. S'a-
i=^
::1:
1=^zr=i1ilzr:^=î=1
-P— J
-1-
:1=î:
J-1-
1=1^:1:4:
mors, por cui me desroi, Me vient en a- ï- e. Tôt a ma de-vi-se Se-ra miens quanques
-1-
^q=1-l=:r=:i1i1=M^=1=±1=Si==^:
=ï-
:1::^
A
je voil, Se de mon servi-se N'en suî tra- ïs par orgoil.
* 1 1 1
1=±:1=1:
-1— ii-
:1=^=i:
±1:
-r
î-i-v-i^n-H-^-t^i
:r^-rr^-'^-i
r
Je serf m'amie en amant. Et c'est grans servi-ses, K'amors me vait enflamant En to-tes les
±=1=T^
:1^
:1:
^—n-A-
1II14jz1I:1z:^p;Tr~n-^ ^q-l ^l-^Hv
1:
■A-n-A-
i
A
guises Que l'on porroit onques Ne conter ne di- re. Et vaura moi donques Ce-le desconfi- re
i=î=t^
^-
Â^-A
A
A il — ^
:1=î=4:
^-
A-
A-
■A^^
Par orgoill ne par otraige Ke j'aim plus ke rien ki soit? ja Diex ne l'en doinst co-raige !
U±=^^
xx^-.
-X
n^-i
4
t^tlzqzii3-1=1:
1=ï:
-^-
-X-
1=:i=î:
H
S'e-le me desconfissoit, Mort aroit som boin ami Et celfuji ki miex li veut. Trop a son cuer
126
LAIS ANONYMES
J|-
^=^-^-
:T-,
X
H:
A-
-^
'X
:.5i=ï:
■^-
A
A-
^i^
A-
endormi, S'en amor ne me requeut, K'ele ot bien ke je li pri, Come cil ki trop se deut.
^
j
— 1-
Â
A-
m:
^-
^-X^
A-
vPl=^
En chantant merchi li cri : Si m'en iert miex ke ne seut, Car ele en avra merchi Bien tost,
-X
5:e?é
Xâ^X^:^
1-
-^-
-^■
A-
s'e-le s'i akeut. Mais o- ï m'a dusk'a chi : Or li proi k'e-le m'apeut.
Â^^^.
^-
A^-A
az^:
U-=â:[^-
A
^zïDizu-^x-^^-vx-n
A-n-^-n
XJ
Em peu d'eure Diex labeure : Par vostre grasse, Se puis faire Mon a-fai-re Em poi
■-î=^=^t^
A-
Â=X:^=^
^-
A-
1=t-^
A-^^
5=^-î:
-^-
X
XX
A-
d'espasse, N'ai ke plaindre : Car destraindre Ne me porra ne complaindrc La ma-na-ce
e^
^=x-^
1-
A-n-A
A
^±q-r^— l-'Mi^il:
V^-1-
_J__.
:XX
A
±X=^i
Dont m'ami-e, Ki me li- e. Me destraint & contra- li-e. Ce me la-ce Ke [je] ne puis
f
^-^— ^-
â:^
A-n-A
Â^^a
•^-1— ^-i
4-
Â=^=i:
-1-
â=Xâ
■A-
â=Xâ
A-
vers li fai-re Nu-le rien ki li puist plai-re, Se trestot non par contraire ; Ce me fait grant
^-
^^-
-1-
A-
X
A-
^^
u-=^x
A-
A-
âX^:
A-
1-ii— V
-H
paine traire. Por çou ne m'en puis retrai-re Ke la plus très deboinai-re, Ki hui cest jor nu-
I-
-Â=^^--
A-
A—n-A
âXiâ
lui plaire, Ne le m'estuise a retraire.
H
X
:^:A=.'iÂ=4=X=r^
X=A
:PX:
3=^=^pti.:=5^=H=1
11
■X=^X:^.
Doce amie, en ceste no-te Ke ma bo-ce chante & no-te, Te proi ne me soi- es so-te.
fX=Â
Xî:
-X^X:Âi
X
:jz|:
X
Hi-^zi^qzîz:^!
-1-
■V^— 1-
Car se pi-tiés ne re-do-te, Et merchi t'en voille prendre La porrai jou bien a-tendre,
i-i-1— i-^^-5— i|-i-1^:
-^
5=|it:
31^=1"
X
Xâ=^^=â=X=â
-^
Car ten cuer fe-rai si tendre Ke vers moi le fe-rai tendre. Se il a point en cest monde
LAIS PROFANES
127
i^Bm^i
■-l1-^-.-4— q — M I 1 ï
:î=i:
:1=a:^:
:! 3-q-1-q-l-
De pî-tié, tant soit parfonde, Ne puet estre, ki k'en gronde, Ke t'amors ne me responde.
g-5-J-q^=î=^=:1-i-H-Ll
la
-x=-^
:1=a=^
:î
11=^
-X
:î=3=i:
Dame belle, blance & blonde. Plus belle ke So-ramonde, Dame, ki pure iés & monde
P=^
II— q-.— 1— n-1-lH-î=^
X=^-
-X
X^
:!]=a=î:
:1^=ï=:1=:p=
[ ] & de vergonde, Dame en cui tos biens abonde, Ne me me-tés sor Tesponde
|-5~5-i—-— 1^:^1-1=
-^
-^■
■-l-=Â-
XâX=^-
Car se ne m'e[s]tes se-conde, Je criem mors ne me confonde.
H^-5^"=3— ^i^-VfJ-i— î— ^
X=.J.
X
A- 3^î-^— l-î:|^
:5=ï:
Or ai dit tôt mon convi-ne, Si saichiés bien em ple-vi-ne, Ja de mort n'avrai mechi-ne,
fX=Â=X=^
X=^
X
A-
■4-
:Îi^.î:^.zîz^
■4-
X=Â-
X^
-■^
Par herbe ne par raichi-ne, Se la cha-lors d'amor fi-ne, Ki d'eschau-fer ne me fi-ne.
-1
^_^-^_^^-
-x^
1=3:
-1-
i^^^ipr
Ne prent par toi boin termi-ne, Tel con cis lais de- ter- mi- ne.
XXI
p
LAI DE LA ROSE
Fi=l:
,J:
3:
Î==S=Î
Texte musical de Pb",
■4-
-X
H=ri=S=1:
OT s'onques nus hom vanter K'em plourant pe- ùst chanter? Plor & chant ki puet
=r-= —
fcl:
■X=:^.
-x=^
X
4
-4
enter? Puet li chans le plor donter? Ne puis mais em pais ester Moi n'estuece desmenter.
^-^_.^ =fa:3|ri== : ^ -rB^ rT -^ ^ ^ 1 1 T» ^P .4-U
Riens ne me puet cre- anter, Ne plai-re n'a- ta- lanter. Fors m'amie a re- gre- ter.
128
LAIS ANONYMES
lil5>^_ q_^ -^ : ^^4i!lV^
Diex, Diex, Diex espe-ri-tés, Diex, Diex, Diex, ki iés la clés De tos biens, ne sai que di- e,
8^
pi
ri-TT
1-înT^~^^^~^ ^ 1 ' '-r
doce ami- e, Tôt ai mis en ta baiUi- e, Mon cuer, mon cors & ma vi- e ;
U— M-i,-T
-a^^^^
n
a:
-1-
-^♦H-
Je n'ai d'autre cose envi- e Fors ke de ta compaigni- e.
h=3Î5^1:
-I m m I ' i—A
ni:!!:
Â=^--
m
Doce ami- e, car te pre[n]g garde Kex la cose est ki tant m'a-tarde ! Tu tiens la clef ki
b:
-^-
XXn:
^
-1-
^
+
:q:z!]zz!:izqz ^-^ n =!)=Â:^:t:-.!î
^-
A-
-%■
mon cuer garde : Avoir nel puis sans ton congié : Car dedens toi l'as herbergié, En ta pri-son
i-
4-
^PS=AÂ-
■^ 1 -^ 1 1-1—1-1-^ ^ .^ 1 .^ 1 1 1— T-1-^-^
l'as enfregié. Je t'aim Et claim, Ma très doce ami- e, Mon aim Reclaim La dont j'ai envi- e ;
8-
-T
1 — 1-1-1—1-
A-^
J'ai faim Del pain Ou je voi ma vi- e.
bzrf^di
^ — i-n-i
:ï=1=4:
:3:
A-
A=X
X
x
m
m
A-
Do-ce co-se de grant ma-niere, Vers ton serjant ne soi-es fie-re ! Ja de nul don k'il te
h^
A-
■A-
ri-^i-^— ï-i::i-ri-n-^~i--=i~rï~Tn-^— ^=i-TT7
M:
-1-
1
requière Ne li faices nis .1. re-fu. Tes amis est, tes amis fu, Tes amis iert, ce saices tu.
ê-
T
V-T
r-1-
-r ■ -r
Il voit Et croit Ke se le fai-soi-es Par droit Fauroit Se
1 1 i ii
tu l'ochi-oi-es.
\
LAIS PROFANES
129
tT3:3^^± r^7T -i=: :v:] --^-^^ 3J=: ^^r^1^:^
:»=)
Doce dame, pi-tiés te praigne ! Ne puis fail-lir ne me complaigne, Se li tiens cuers ne
tl^=7
:!l=t:^
-^
A-
iq-zi^z^r-^-^za
-1-
:^^J|z5=^z^±:5:
-1-
A-
A-
s'a-compaigne Au fais porter ke je sostieng. Ha! se-cor moi, ke trop recrieng Ke ne perde
1
^^-^=Â
çou ke je tieng. Je sui Et fui Et se-rai amis Ce-Ii Ens qui J'ai mon penser mis; Vers li
g^
M'en fui. Car tôt m'a conquis.
b b
îzî|i1-^^^33i=3izlz:^i3i5E?z!tqzt£t!H
Diex! Diex! Ma do-ce, co-rex ! Diex ! Diex ! Li mîeudres cha-tex Ki me soit remés ! Ma doce
!-=^-t
^
i-^-^rr-l
1
1-
î
.«_,_._,_ q_^,_^^-^
ï:^
-1
1 1^-
ami- e, N'a-Ier mi- e Contre mon cuer ki te pri- e, Voi mon cuer ki s'ume-Ii- e, Ne soi-es
-1
A-
-X
^—^
J|*^fl
en-orgel-Ii- e, Ke tes dangiers ne m'ochi- e.
i=^
■r
1-
X=±
H:
3z1_4-i-.-^4^1=ï=i:^ii=pa=^3^=:^n
X
'X
Dame, savés, Se vos m'amés, Ke boine a-ventu-re J'avrai descha- û-re, C'est to-te la pu-re,
i=U — q-.-q-d=1-l-q— ^ 1 1 I M
-X
X
VÎ=t_^_.q_,_!^
Se vos n'a-vez cu-re D'estre vers moi du-re. S'aukes du-re Sans nule enfraintu-re. Je di
t^
L-i-l=r^1-i-^'ï-i-ti4
5=i±±i
^-
A-
X:
A-A-
âXâ±;^X^X
5=t!±3--:±5=^!li^t=j
Et a-fi Que de chi Tant ne pri-se-roi-e Par pris, Ce m'est vis, Pa-ra-dis, Ne to-te la joi-e,
:5=tl:
1~ï~f n—^ — ^---4-4
:1
-X
^X^:
-1
Ne rien De nul bien, Tant fust mien, Corn je vous fe-roi-e.
17
UO
LAIS ANONYMES
aziztîliiti:
=5=^1
-^-^•q_^M^-1— 1— ï-i^-q-q= l -^^^1= ï=l
Dame, esgardés Et entendes A la grant dcstre-ce Ki mon cuer adre-ce Vers votre
bjjj^gij^rijig^jiiri^fejirrll^^i-^-^
noble-ce, Car vostre pro- e-ce Est une ri-ke-ce Ki me ble-ce Et fait grand destre-ce.
i -1- 1 . 1 - 1 . I - -1— i — ■-■ I 7-1 ■ 1 . I - 1 — rh
^^3^^i3±1zld.-di3:ii=a=^È^E&=^-tï
L'amors Ki se-cors .1. seul cors Seveaus vos demande : Mors sui Par anui S'au jor d'ui
S
X
■A—^-
:^=^=^
îl=j=5:
3=5=t:r:1— ^■
r
15:
:l=i:
:^-lz^
'1'
Tes cuers contremande Mon cuer, Do-ce suer, K'a nul fuer A toi ne s'a-tande !
:-3.3M:
1=3:
--t
.1=5:^=iirMii='l33T=;p:î=rt:!î-1=^:J
X
-^
1 " —
Ja mes pensés N'ert trespas-sés Entroske je voi-e Ke sai-sis en soi- e. Molt avrai
L, — ^id=5-^'— 1 — ,_Mi5-i- — i-^-^ tI t~^
^
-X
V^J-I— S-i^l-i^^
grant joi- e Se tes cuers Totroi- e. Amors m'i envoi- e Et convoi- e Et met ens la voi-e ;
î:
:^=F=5
1=vt=!|iii4ij
lijz^:
X
A-
-1-1
:1z!il-ii=5T
-x±x
-^
■^■
-r
J'espoir Toi avoir Grant po-oir De ga-rir mes plai- es ; De mal Ki est fal Convient al
:5=i:
X=K
X
A-^-
âXâ=ïi^^=X±X
■X
A-
-X
-i-J-n
Que tu me retrai- es. Merchi Por Dieu cri, Et depri Ke merchi en ai- es.
b b
^^=q-H-i^HH^^ r^ u
:r:=5
XÂXi
4-
X=K
XI^
Diex! Diex ! Ami- e co-rex ! Diex ! Diex ! Do-ce, ve-ri-tex ! Nule autre n'est tex. Je n'en doç
h
X
'X=^.
X
X
X
^-^— r-rr
i-^-l-n-
mi- e, Vi-lo-ni- e N'a en toi, ne fe-lo-ni- e : Mors sui se tes cuers obli- e Le mien ki
-i-'^-n^
T
g
A=^-
-1
l=^i:ri^
-1-
-1-ï-T
merchi te cri- e ; Fai ke tes cuers me sor-ri- e !
LAIS PROFANES
U'
idJi^^^^-p^-^n^y^:
■^-s
:?=1=^:
■X
-■Sz^:
Belle doce ami-e, De ta cortoi-si- e N'est nus nombres : Trop m'encombres. Trop ai
Izd3±j±^— v-^-^-p^-^'-ypJdir^
-1-1 -i—
•^=i=î
■xx±!
enco-vi-e, Trop ai grant envi-e Ke çou viegne Ke je tiegne Çou que mes cuers pense,
ti=3=:5ii=|=1=1^^!l:^=^
13:
II:
Ke sans faille Criem ke faille Ke je tieng par l'anse.
I±±^^
1-1-P4— ï-
:5^
m
-X
■A-
-X
--^^^
X
-1-
-i
-1-ï-^
-^
Doce ami- e chiere, Fai moi belle chiere. Tôt me soilles ; Ne me toilles Riens ke je re-
— 5-ii-Jl-M-M
:a
1-ï-^-
-1-
-1-
A-
-^
-i
A
-i"
quiere ! Trop par se-ras fiere, S'en nulle manière T'en orgoilles, Ke [tu] voilles Estre ma
bdrMzîi:
-^-
-1— ^-1— (-1
-1-
A-
■1-
A-
guerrière ; Mais se l'amors ie-re De .11. pars entie-re, Puet cel estre ! Porroit estre
!É^3Hî
•1^^-^-i-M-M'
A
A-
-ï-
-."pâ^x
XX
A-^-Â^
1-
Plus la cose estaule, Et sans do-te Se-roit to-te De .11. pars me-taule ; Moult a-roi-e
H— ^— ^-
1-
^-
1!i=^X
X'pr:^
X-X
X
^-X
A-
■Xzn:
î-ï-fl-^
a-
Vers tel proi-e Mon cuer redevau-le ; Moi besoigne Ke ma poigne Ne soit dechevaule.
M-fl-
Â=^--
M-fl-i-^
E5e
-^
X
^— 5=Vt
-n-
:î^
A-
Ne sai ke je fa-ce. Ti oil & ta fa-ce Ki me ri- ent, Cil me gui-ent Duskes a la tra-ce
g
3=^:
-1-1-h^
A-^-\-^
^- 1 , r ^ -Xâ
t
-^-
A-
A
A-
A-
A-
Par quoi ton cuer cha-ce Li miens ki porchasce Par sa . [aige] Ton estaige, Si k'il s'i
H-^
Xâ=^:
A-^-A-\-A
t:
-1-
-%■
A
■\^=x
A-
A-
[a-ce] T'amors & ta grasce Viegne em poi d'espasce, Si sekeure Em poi d'eure Mon cuer ki
5^^4
Â^=K
■1-
-^—^
rt^1-ï=5:
'XX
1-1 — i-=H-i — 1 i ,"i ^
A-
4-
[ai-re],Dieu ne pla-ce Viegne em pla-<:e T'amors ki . [aire], Car riens ne- e Tant n'agre- e
1^2
LAIS ANONYMES
Hz3=ï33
:1::iiy
rj:3zr4-1=3=î=?i5=n
:-3;
=1— ^— 9-i
^
Ne tant ne puet plaire A nul home, Cest la some, Com tu me pues faire.
M
^-i-h^=5-^iH-^'
^t:5=3=î=î:7T
^-^-q-i-h 1 1 1 , 1 ï
t
■i3pX
Em bailli- e, Doce ami- e, Met tôt a de-livre C'est la voire : Par ta gloire Puis mo-rir ou
^=1^::1
3=3q4:5=5=:î=i:=3=ï
:5 — ^-j-Â
vivre. Do-ce dame, Geste flame Ne puet estre estainte Ne retrai-te; Por k'ai faite Vers toi ma
h
■!\:=X
-^=3— ^-r-M-^-
■^-
15=5=^:
« — m
tttlzrz^
lOiï
:^H=1
complainte. A Dieu soi-es To-tes voi-es ! Çou est la parclo-se; Chi termi-ne, Chi de-fi-ne
tx
3=vTi
i-
Li lais de la ro-se.
XXII
LAI DU CHEVREFEUILLE
Texte musical de Pb".
fJE^Jg^J ËJEE^j^^^EgEd v^p
P
AR cortoi-si- e despuel Vi-lo-nic & tôt orguel, Car che k ont chas-cié mi oel
-1-
-1-1-
^■=a=Â-
-\-^
X
Le me fait me- tre sur fuell, .1. lai en acuel, C'est del kievre- fuel.
l:[=V±JHzz^-z^ :^] n=^z1:^zi^i^— ■
-1-
-%i
-X
:t5=y
La no-te del kievrefuel Par amors comencier vuel, Com cil ki mais ne me duel
Â==^-Szz==itxÂ^
r-
A
-^1-
^--Xa-
A-
■f*fm
X
Des maus dont do- loir me suel. Mais chi en recuel D'amors bel a- cuel.
LAIS PROFANES
133
Ami- e, je vos sa-Iu Ens mon lai premie-re- ment. Doce ami- e, mon sa-lu Prendés au
i:|!c±3=ÏHzi-=ti3=3
3S±i
^—^■
■^
KlQifrtiinzï:
^
^-
15=1:^=^
comence- ment, Car molt m'a vers vos va-Iu Ke si deboi-nai-re- ment Vos a de m'amor
te^^5^£sa
cha-lu : Je fuisse mors autre- ment.
S
':fy.-=5i5^=Câ:
X
^-
x^-^
-^
:^z3=r^pr
X
Fai-te m'a-vés grant bon-té, Doce ami- e, deboinai-re riens, Dont j'ai vostre cuer don-té,
b:
■A—^-^
A=\
X
Si ke vostres est li cuers & mi- ens. Or ne se-ront mais con-té Li mal dont j'ai tant esté
h
X=^^
4-1-
:î]=1=^=Pi:
X
^
X—
Hznrjizs:
empriens, K'a grant bien me sont monté : Je ne quier mais plus de tos les biens.
Â=^--
A — ^— 1-i
!li:ii^c:5itii^z3q=tÂ=ï
-1-^ — %■
ilzi^dii
Je ne quier nule autre joi- e, N'autre bien, n'autre déduit Mais ke tos jors de vos j'oi-e.
^z^±^-=3=îl::^l-1
-1—^-^-.
1-
A
-^-=^:±:^=XzXz:±^zl
T
-1-
K'a nu-le rien tant ne luit K'a çou ke plai-re vous doi-e. Et ke ja ne vos anuit. Je sui, ou
g 1—
A-A-
'i-f^zrj-^ -'^-rr^.
X
V-
X
ke j'onques soi-e, Avoc vos & jor & nuit.
-^-
-1— ^-
:5=^:
-vi-
^=^.-i-HV-^-^±i1=^=^^^^
X
Ja mes cuers ne se par-ti-ra De vos mais ens ma vi- e, Et s'il s'em part, quel part i-ra?
g^
___5.
^-1-^-1
1-^r
-^-
A-4-
X
-1-1-1— 1-g-q-v-i , ^-g-ï— q-l
1-=^T
Saichiés, ma doce ami- e, Ke s'il s'em part, il parti-ra : De ce ne do-tés mi- e. Ho-nis soit
'34
LAIS ANONYMES
T
ki de-parti- ra Si do-ce compaigni-e!
e
Ji — =-i-=-q-
^zfz^i!z1:
-^i|~^
-q-1-
A-
-1-=-^
A-
^_._
1zt!t:fz;pi
Ne fait mie a depar-tir ; Diex nos en defifende ! Ains puisse li miens partir Que li vos-
-1-
j^_v
-^
^-i-A-
Â=^-^
ViM-
■A-A-
^^^
A-
A
j-^rn
1
très tende, Doce amie, au re-sortir. A m'amor entende ! Faice Ton de moi martir Ançois
e
-^-1-
A
que ç'a-tende !
fer^
^zi=M=i^=ï=ir: n-i-h =i=^
-X
Â-
:^3=i
Amie, entre vos & moi Nait ne guerre ne descort; Doce ami- e, par la foi Ke jo,
■4-
X
^iiX:!^:X±:XX^=^=f*4^==X^^^^
3:
vostre amis, vos port, Et port & porter vos doi, Ja, par moi ne par mon tort Ne por rien
h
!i^ -^-hP i^=^3!a
%
ke je fo-loi. Ne fe-rai de vos re-sort.
i=^=±:1z^=^
±±zîz5=Ct
3=^^zl:5=r-l=!iq-
X
A
X
A
A-
Ja ens moi ne pèche- ra Ke j'ai-e vostre corous : Tuit li bien ke mes cuers a Puissent
^-^-^f-vt^
-1-
y-
-X=X=!:m:
H^z^ztfc^
-a-
3:
^-M-
tttî=|
ançois estre rous ! Les biens ai je tos a ja Et les de- lis ai je tous Quanques Damediex
iiPi:
:1-h-^-1
^
X
A-^A
cri- a, La de-sus & cha desous.
teEH
A-%
14=1:
li^mn^Jr-r^^-^Hr^i
Onques a home vi-vant N'a-vint mais si bien d'amer. Tant com ventent tuit li vent
it
A
r^'-pi-Tiqza:
it-j— n-1-ï-^
:1
3i±::l!fr=iz:^zzîi5=J-5=±::5
:î=ïPl
X
De la & de ça la mer. Dame, merci vos en rent. De par cui se puet clamer Cil ki mais
LAIS PROFANES
'35
fel=i=^
îi:i:l:=rzCfezrz^im
1-
nul mal ne sent, Ne en qui n'a point d'amer.
k
-1-
^=3:^1= 1^-1- -q-^ = q-,-q-4-: =:!l===3=^--^qi=±=1^^
:5
■.r
A nului ne port envi- e De rien ki soit en cest mont ; Ja ne quier plus ens ma vi- e
b
1^— g— i| — q-1— 1-
-^r—n
A
^ïiq ~^ 1 — ï-^3 — q_-_^_^.5
-1
De tos les biens ki i sont Fors ke vostre amor, ami- e, La dont viegnent & ou vont
ifc
!lia.iz^:5i1irti35=ï=r=f=3=:53::
X
-T
Mi penser sans fe-lo-ni- e, Ki font par vos kank'il font.
H-^-^-i-i-THa=i^
3=3^
^ 1 1 -s
:ttti
Do-ce, plus do-ce ke mieaus, Cil lais, ki est boins & beaus. Est fais por vos tos noveaus.
-i— J-^-^n-— J-T
^
-v^-
:1=h=
A-
:t
X
-V
V
Et s'il envie- sist, seviaus Tos jors plai-ra mais As clers & as lais.
idzi-t=?=îz!l=^q=:ii::1iiî=^
X
W=^*4
ï
Ce sai-cent jouenes & viaus Ke, por çou ke kievrefiaus Est plus dous & flai-re miaus
rn;^-^qij=iz|z3=r-^^-=i=l=i:
i^tsz:
-1-
K'erbe ke l'en voie as gaus, A non chis dous lais Kievre-fex li jais.
XXIII
LAI DES PUCELLES
Texte musical de Pb".
G
R^-
15:
■X^a:
^=^
-X
1—1-1-^-3=1
X
-1— î=^
Oraigeus Sui des geus K'Amors viaut ; No-tes truis Ou je pruis Kank' espiaut
iSzztt
X:^
Xz^.
X=Â-
X
:i=1=î:
-X
X
-.\=X=Â-
Li grans feus Amoreus Ke rekiaut Li pi-teus Angoisseus Ki s'en diaut.
136
LAIS ANONYMES
tl-^iizni:^
-^--x^-x
:^=X^-
^
X
■A-^
■^■
1=
En mes bel-Ies Amo-rel-Ies Lais ichi Des ancel-Ies Et de celles Od ma-ri;
±±1iq-z:lzv^
:pa:
■X
i-H-^ -i-q-ij -
'^^
X
-Â=-'^^
^r-!ï4ii
Des pu-celles Par novel-les No- tes di, Qu'autre amors N'a nul cors Ki tant ait De va-lors,
1^=3:
i-
:^=1=çj=î
v:t=C=!|;
-s-
Â=!\=Â
Car Amors Vient & vait Al secors As do-lors C'om en trait.
j Jzi-J|^3 i!lzi^i;jqp ta=^p^
J'ai ami- e Sans fo-li- e : Pu- celle est. Vi-lo-ni- e N'i a mi- e, Tôt a net. Cortoi-si- e
X
p— ^-q-i, [ "> 1 v q=J— 1:
T
-\=n=^
r
-^-
X
Â-X^it^
Par bail-li- e S'entremet De nos deus, Ke li gieus Ne fo-loit Quant li leus De- liteus
Â=:^^=^
:^i^z^-5:
Â-'^^-
Nos reçoit Cu-ri-eus Envi-eus De l'esploit.
6Jzfc:^iq=^zqi^Crz.?-.q-p^=J^ ^
S
Ce dist ceste Cançone-te Ke jou cant Ke g'i me- te Amor ne- te Re- do- tant
X
±:^-X^^=^zX
■^-
X
:ffe=:t^
X
■-%=Xzdi
A-
^ZZJT^Z^ZZ^^
D'estre preste .... [e-te] K'autre amant Rendent tuit Au déduit Ki lor plaist Et conduit
^i^-=:=c ^ 8 :
t^
:i=1=i=t:1
-.--\-n-A-
Â=^^t
1
A l'estruit Ki les paist Jor & nuit De cel fruit Ki ens naist.
-^-
A-
ï3zt=^=^
^-^■
-M-
-î-
-^— 1-
Ce font il, mais je nel fas, Ne li quier autre so-las Fors de baisier & de bras.
Â=^
-1-
Ë«=35l3ïSËEE^^^i^^ï5E:EB:Ë^^EË
Nus ne di- e Vi-lo-ni- e : C'est fo-li- e De blasmer; Ki me cri- e De ma vi- e
J=^:^i3iËiv^ËzJ-P--^-^^1=^^4=^_ï:ÈJzM:
Sans na-vi- e Tente mer. C'est ma vi- e Ke m'envi- e Leur envi- e. A amer Nuit & jor
LAIS PROFANES
U7
M-
1 T I 1 rw 1
I^IÏ
1-^TVï-TTT v i I n llTl
15^1
II:
lî:
Met se-jor Ens l'amor M'ami- e ; Tote a-tor Ma labor A l'onor Ki gui- e Sans re-tor
15
-v-1-
v3h-^-M^
XX
-^-^
1 1~i î f^ i"
X
X
m
A boin tor La do-lor Ki li- e Par vi-gor Ma co-lor A la flor Flo-ri- e.
j:;pqz] J l --n-±-JU-^-4 =1::î= !U-^J-^ ri=ï =i p3:i^^^
Puis ke la flors del tans jai Flo-rist encontre le rai, Ke flors ki [el mois de mai]
j^ pz^zqi±:^i1ip!=?i:qr ^[1--^ -1=:q-:] Ty
Est enclose Et si vol po-se Jus la rose Et flor de glai, Por s'a-lose A la parclo-se Ki me
p:î[3=^]ï^ i rrTri-^ 1-l|jz : 1-i 1 1 ^ M =
pose A cel essai ; f . , . .] Amer n*ose Ki m'enco-se Sans esmai.
g-H|— 14-j-i^- '' ^ I i ^ -q-3-p-v^-^- | ^ ^~ ^ -M lin ^^ ^l
Je m'a-cort K'il a tort, Ki re-sort Men juge. Geste sort D'amor port Par déport De druge ;
&^
•^1—4-
j^-V-Vh^J-5
.i|_^.
1 1 I q-fr-1-^
H:
-X
■4-
X
J'ai confort De son port Ki m'a-port Refru-ge . . [ort] Ki tôt mort Par son fort Du-lu-ge.
tx^
îa=r?itpi=î=!ni:ïi±i^^
X
X
X
Bien a-tent ki par-a-tent : N'aime pas ki ce n'entent Et ki a tel cose tent; S'il velt plaire
H ^ 1 I , 1 1 1 1 1 1 1 1 |A_ ■3=î:[:]hm=;^]
■■X
Lors s'i vaint; Ne puet fai-re Son a-fai-re Sans mal trai-re Nus ki aint.
!| -^-^— ^-r i-f^-q 1 ■ 1 1 ■ 1 r'' "^-i-M- 1 , 1- 1=1
b=^
X
X
De ce sui em boin[e] estance Ke je sai de fi K'e-le m'aime sans do-tance ; En s'amor
^^4tbizi^3^5E^
i
Vr^=ï:±XÂ=X
-%■
A-
--^^^
■A-^
m'a-fi, K'autre-si L'aim je si Ke sans oubli- ance A tos jors mais l'ame-rai, K'autre ami- e
- 1 lM ^
XX%:
V aa±:l-^, r^^-ri
x^^
-M-
r
ne fe-rai. Ma me-su-re, C'est la pu-re Ki n'a cu-re De faintié, M'a-se-gu-re K'en l'ardu-re
i8
138
LAIS ANONYMES
±:ïz^i5±t:^Z4
z^-IHMriC^
-M"
-1-
Wl
r
A-
A-^
Ke j'endu-re Par daintié, N'en droi-tu-re N'a fraintu-re, N'a-ventu-re De faintié
h-^
A^-^
^=w=^=^=^
^
-v^l-
CO:
-X
:^:1=j
Je ne l'os de plus requerre Por ce ke je criem C'en ne di- e par la ter-re C'outraigeus
H-±=tx=^
-T
X-
i
-X
-X
A-
:î=^:
A-
A-
■A-
■4-^
devieng ; Ce maintieng Ke je tieng Sans faire autre querre. Ens 11 amer me de- lit,
A-
A
X^::â:^
:5=1iM^4=^
:5=^
-V
i=rîr_^:
A-
A-
A-9i-
Ne li quier autre de- lit, N'ai co-rai-ge Fol ne saige De hontaige A li doner.
tX:X^
:1=M=tfï
■^-
:î:W
-1-
15:
A-
:3=vï±:
A-
A-^-
Ne par raige Mon otraige Vers son gaige Abandoner, Ains li gai-ge D'a-vantaige
t
1-
q->-1- L4-J i:qi|
1-
Tôt fo-laige A pardo-ner.
X
Â=^XX
i^ittl:
n-
A
XmXï:^- Â-.-Al-A-X
A-
:î=^
Je de-sir Par . . loisir A je-sir En ceste amor, Et tai-sir A mon plai-sir, Por sai-sir
A-
t^d
Â=XX
A-
n=t±3
4-
^ -, Pi I TT ^iX
î=ï=îtt±r^i;f:T
-r
Au chief del tor, Par loisir Sans . . faillir
Dont ne me puis re-pentir,
3:
f^ ^ n -^-V |-^-^ ^' ^ M^-1-H L-U^ ^ 1 > ^
Ains me voil tôt a-dentir A la belle [enjamer ; Ki cuer a sans amer Ne m'en porra clamer
i±±=^
A-
ÎTIT-Ï
V^-^-1-
n^-H
X=Â^-
:î
■^-Â-
-^
X:â-
[Ne] fol ne plain d'otraige Ke ja certes, par mes ieus, Ne 11 se-rai otraigeus N'enuieus
A=X
:^_p,_^
-^-
A
'i=±XÂ=^-=!i=\=^PÂ=^
X
W=t
A-
Contra- li-eus Ne i-reus N'angoisseus D'avoir les Ieus Dgnt je tos vis esraige.
// est impossible dans Vétat adtiel du texte d'identifier la dernière strophe qui n'est pas notée dans
le ms. 1261^ et qui régulièrement devrait se rapporter à la précédente. Peut-être les derniers vers
peuvent-ils ainsi se noter?
e
4=î-
1 1 I ^ 1
Â^X=Â-=rX.
^:±:î
A-^-
Tu me plais Si con tu vais, [Et] ja mais N'en quier re-lais.
LAIS PROFANES
'39
XXIV
LAI DE LA PASTOURELLE
Texte musical de Pb*.
L
L_^z=i_v
H:
1
vir±=3-l-
l=ï
-1-^
X
A-
■q-n M 1 -
'Autrier chevauchoi- e Pensant, par un ma- tin, Si vi lez ma voi-e. Un poi loing
:^=P.-
a4-^— ^
4-
-Xi^.
-v-^-
:i=vt3:
:t
-1-
-M-
, Un
^
-^
du chemin, Un trop de- li-tous jardin, Il-lec en l'arbroi- e, Sos la cime d'un pin, Oiseaus
h
qi;pt:^ _q ^ i-vn-p~l -
-pi-1-
•Jl-^-
me-nans joi-e Trop grant en lor la- tin : Si tornai la mon chemin.
■XX:X
-M-V
î=^=^1-
J=^-^
XXX
-w-p-
-p— H
■^
.1,.^.
La sist en une coudroi-e Pasto-re fi-lant lin. Et gardoit il-lec sa proie, Seule, fors d'un
-1-1-
■X^.
^V-1-
A-\-
m:
M - Tp , ^ ^ ^.■^_-8-:3=::v: q-
XX
i
-1-
mastin Qui te-noit le chief enclin. Ele estoit & bêle & bloi-e. Blanche com flor de pin. Et ses
6^
AA-
q^ TM i :
-V-1-
1 1 ' ^ 1 1 -
"P-1-
1
r
-fl-^
çheveus re-flamboi-ent Plus clers que nul or fin. Souvent regre-toit Ro-bin.
H
-8—5 pi
ï=i-ii-J-i-
J-3-1-1-
-1-
-a ^"1^=^"
^j=:5-i
A-
1
G'esgardai sa grant biau-té. Si fui de li si sorpris, N'onques ne fu honme né Qui n'en
i1
-1-
1=!I=V
Ir
-P— 1-
4=Âi-^-J_i:
^li-^
4-
^tziî
-I-
■1— ?-
\
A
r
de-ùst estre espris. Je me lançai el porpris : Quant el me vit ens entré. Si dist:«Qui vous
\X
A-
3=Î=V
-1-1-
Xâ
~P— 1-
Vï=t;p!l=:î=?!i±^
-1-
-^
a ci mis? Ce n'est pas fet a mon gré. Car Ro-bin[s], li miens amis. Vendra ja, ce m'a
pramis
i
140
LAIS ANONYMES
H-^
^^
T'rvT
A-A-
:3=â:
-1-
V^pz3_^:
-^-
^-
■1-
Vostre merci, Fu-iezde ci, Biaus sire, a-lés la- ïs. J'ai fet ami, Bien le vos di.
-^4-
V=P^
T:i5=i
:ï=^
■^■-4
ïv n 1 -q
A-1-
^ ■" T^
-1-1-
r
Anchois de cest pa- ïs, Robe-çon, le fils Ha- ïs. A-lez en la. Car il vendra Jo- er en cest
f
-1-1-
^=S:
-1-1-
■1-
-fc-^
-P— 1-
■1-
-1-1-
1-T— 1 1 ' 'M i|-=M
pa- ïs, Si cuide-ra, Quant vos verra, Se n'en es-tes partiz. Que vos a-iez entrepris. »
P=g"-4-p3-i P"" i^ T -i-4
3-1— .-i n 1 , ["a î" f*
::j
:1:
1-
-1-
Ge l'esgardai Parlant a moi, Si descendi sanz demor. Et par amor Et par douçor Mes
4
11 11 ^ 1->
-1—1-
z
-pb-1
-V-4
-1-A
-1-
-1-1—
1-
deux bras au col li mis, Puis li dis con fins amis : « Bêle, amés moi I Je vos otroi Mon cuer
^^-''v^'-^'^^=^}jj.-^^
i
-P— 1-
-11 ' O - ^
& to-te m'amor. Qui est meillor Que d'un pas-tor : Te-nez, je vos en se-sis. » A-tant de-lez
e^
^
-1-1-
li m'assis.
P
:a=rf=x=1i-i^
^-î=^^-1
H:
X
3=r -ï — " r rpb-
-1
-1-
« Si-re, dist e-le, ne vaut rien. J'ai fet ami qui est tout mien, A qui j'ai bien tenu & tien
'X
.^_^_^_^_^^
i
:X
-T
:ï=i:
■fi- 1-
-1-1-
-r
:1=ï:
-fti-i-
-1-1-
La foi que je li pramis, Tant conme jel savrai vis. A-lés vos en, jel vos lo bien. Car se
g-^=PH-^— 1 — ^
H:
-1-
-1-
-a-
^-i:
-Pii-1-
î±^
-i
-1-
-1-
-T
r
je lés a-ler mon chien Et vos touchiés a moi, je criem Que il ne vos saille au vis : Il vos
^
-1-
A-1-
-1-1-
avroit tost maumis. »
LAIS PROFANES
^5^^-^
p -U-Ui
1-n-
1^ -1-1 1 1 1 1 1 1 ^1
141
4h
n
XX
Je vi que trop co- arder M'i porroit moult bien grever, Car qui se bee a jo- er Doit bien
-1-
3=i:ft
- ! U-4H-4
^=t5i
15:
-^
:3=î:
:î=ï
lessier le jangler. Lors la pris a conforter Et a be-sier son vis cler. Conment qu'a-last
p::^::i=p3
H^
Tassenbler, La fin[s] fist bien a lo- er.
^ 11,1"
R="^=p
1 ^ i I l- m=;p!lz3=!]=M Jzî[±ij
3
Tout par amor Et par douçor Et par savor De taster Lessa le plor Et la do-Ior
F=55=*=É
!lz;z:^=ai±4i±T^ïii=!zrd
■Xi
A-^-
Xrx
X
A-^-
-X
Et du pastor [A] parler ; D'erbe de plor De pinnancor M'estut ce jor A jo- er : Tant fui
4
^33
^-rV^-i^t-^ 1 1 I 1^^^ ^^^
3
^S
■V
seignor De bonne amor Ne m'en puis assés lo- er. E-Ie me dist au chief du tor : « Si-re,
p=Ps-
3=ï=i-^:^=!l:
3=îl=v
X
-f^-A-
-i
A-
■1 ^-^M
A-^
X
se j'ai fet ma fo-lor, Je vos pri, par vostre va- lor, Ne vos en vuoilliés vanter, Ains vos
8
A-^-
-^-
-v-^
pri de ça hanter. »
î=3— VI — ,1=1=5— fi
TX^^^
X
A-
^ n^XT -
X
q "ir~1~ï"
-T
■n
« Avoi, bone & be-le, Ja n'en estuet do-ter! Vostre amor nouve-le Mi plest bien a garder
I:
'—X\-
^rrr
^^■
■fr— 1-
^4±:5
W~1~T
X
A-
-M
1-
-r
Ja n'en orrois mes parler. A Deu, damoi-se-le, Vos puisse conmander. Je mont seur ma
A-1
? 1 n* ^ mJ-^-=1=^
A—^
-^-
se-le, 11 m'en estuet a-ler : Or vos pri de moi amer. »
142
LAIS ANONYMES
XXV
LAI D AÉLIS
Texte musical de Pb*'.
E
j 1 1 1"
8=3:
N sospi-rant trop de par-font A-tendrai le confondement Ke les grans destre-ces
;— a— 14.
A-
=.5:^
.1=5:«
1
-Pi-1
JM^
— i — ^-q ,
-V
me font K'en mon cuer font lor fondement, Et H pensers ki me con- font, Par quoi sospir
V
:3=n=î:
Â=^r=û.
x^i=Â-
H^zXÈ^ipz^
3=î:
T
:1=ï=-4:
-1"
par- fonde- ment ; Je ne sai s'il est fo-lie ou s'il est sens ; En amer me font gaster Amors
r
1-
^
H:
-X:XX=iç.
:1=ï:
A
^=8^E^z^^~ri^
mon tens. Nuit & jor sospir & plor quant me porpens ; Sospi-rer ce-le me fait a cui je pens
8^
:î
13=1=3^
^^^
a-
-X:XX^-
11=^:
-1-
A-
Diex m'otroit ke ce ne soit sor son def-fens ! Mo-rir quic se de li n'ai se-cors par tens.
Ml^
m
A — 1-
lî:
A-
m:
-1-1"
XX
4-
Ï^î:
:3=1:
±ï
France deboinai-re. De ta grant franchi-se Ne porroit retrai-re Nus en nu-le gui-se.
g^=r^
a-
X=X
-1-1-
::i:
-1-
^=ï=iR=5i5
-1— 1-
XX
13=3
îî:
Coment porroit fai-re Mes cuers nul servi-se Ki te pe- ùst plai-re ? I-ce me de-vi-se :
î^ESE^
x^
x=^-.
-1—1-
lîn
X
^11^=1=3
-1 — 1-
XX
Ne te puis plus tai-re Le mal ki m'a-ti-se; Ne m'i fai contrai-re : Je faim sans fainti-se.
E^^=3:
-4-
3=i^i
X
1-1—1-
X:X
-^r-
■x=^^
3=4
X
Â=\
A-
Dame, se jou perchevoir Pe-ùsse ton corai-ge, Molt par me fe-sist avoir Vers toi grant
Eril
^^=Â^
-x=^x
-Xa-
■x=x
-1-4
X
Itt
XX
X
A-
-4-4
a-vantaige. Se te di mon estovoir, Nel tiegnes a oltraige : Ce fait amors mentevoîr,
LAIS PROFANES
'43
1=13^:
^^-
■X:^=X
H:
-X^:
r-t^
-XX
N'i doi avoir damaige. Ains m'en dois boin gré savoir, Dame, ki tant iés saige. Car jou n'i
î=î
:1=?
X:^.
■A-A-
X
-M-
voill esmovoir Nis-un autre me-saige.
^-i ~n ï n 1 ^
^ 1 1 i^
M--^
■^
:!î=r:l3'î=t:î
Dame, el cuer m'as tu mis Ke soi- e tes amis Et tu m'ami- e. Par cor-toi-si- e,
g-
:î
■Â=X
A-
5=^:
-^-n-A
X:^^':^'m=^-X-A-X-M-,J-X=^Xj^
A-
Te requier & demant Ne me faîces dolant, Ne contre mon ta-lant N'a- 1er mi- e. Nu-le riens
i:^Z=!l -q-^-q_^
A=Xsi^
X±:Xâ^
^-^N
:tt=:t3
A—^
X
fors ke tu Ne puet avoir vertu De faire a- ï- e Vers l'enva- ï- e De ceste enfreme-té
X
A-
A-
5i^ztz-qz1ii^i1^irl=!ï=±:l=î
Ki si m'a asso-té : N'ai pas certaine-té De ma vi- e.
B^^
r-î- , -i-î :
T-X
-iJ'-J-H
1=î::ï=î=ç
X
13:
\r.
H
Doce ami-e gentis, Vers toi sui ententis : Ses coment je te pris? Je t'en di-rai le pris.
S^3^^5^^
X^XiÂi
-^
t^^i
:î=s:
-I"
A-
Il n'est, ce m'est a-vis, Nus autres pa-ra-dis, Fors ke so-lement tes cors, Ki s'i pe-ùst a-
i;=:5=^=1=:|:
X=â:
X^=X=Â.
A-
x^
A-
X
A
-4:1:
:-1=v:
mordre ; Mais je crien estre au de- fors, S'ançois ne vient a ordre La cose tant com li mors
^1=4
t=3:
A-
D'amors me vaura mordre.
tÂ=X
A-XA-n-A
â=X:â-
A-
X
A-
aX:^
a—Xa-
A
X=^Â-X^
Hé Dieu, merchi ! quant a-venra Ke ce-le fai-ce mon vo-Ioir Ki me tient & ki me tenra
U^
A^-^
^i=^=Â^
A=X=^
A
X=^^=X=Â-
a-Xâ-
A^
â=Xâ-
A-
Et ki me fait le cuer do-loir? Hé Dieu, merchi! Porra me ja Li cri- ers merchi riens valoir?
144
LAIS ANONYMES
55
A IA-*-A
-1- 1 — ij-
-1-^-1
'P=Â=SZK
3z±^-=iî:ç
1=?i^3l=çE'
Nenil, car ce-le ne vaura, Ains metra tôt en non cha-loir. Je criem molt k'il n'aviegne ja,
55
J=î=^:
^=5—1-11—1
I^Z^Z^Z^^
-X
'^-=^-^
X
A-
Et de l'autre part ce j'espoir, Et croi bien ke miex m'en se-ra : Si m'en confort sans plus
Â=^-^-
^î-^
-1— ï:q-»-i— ,
i
=51^
:X:^=âz'Câ-
A
^zî^Ïâ:
^Jz::^=:3i^
avoir. Se je l'aim, e-le m'ame-ra, S'ele onques puet apercevoir Qyele a-tente mes cuers i a,
M=î
+
-1-
Â=X:^
Et por çou ne m'em puis movoir.
trfidz^
:1in=î=4:
X
^
A-A
■X=Â
Z
X^±:^.
X
A-\-A-
Dame, je me tenrai A-tant com t'en di-rai Duskes miex me viegne. Dame, je tame-rai :
b=t:3:
15:
A-A-
:ÎÂ^=P
A
^X=Â
A-
X=^-
A
X::^-AA-A-
Z
^^
Mon cuer te garde-rai, Tant ke ce a viegne Ke je te trove-rai Em point dont je m'esmai
5
-1-
A-^r-A
Ke molt poi t'en tiegne.
4=tli^q=3=4
ii^
^ ^ Il
^^-
n 1 1 1 1
:l=t:î
Dame, t'amor requier, C'est çou dont j'ai mestier. Mar le me ve- e ! Tu iés l'entre- e De
-x=±
tx=^-
:î
A
X
A
A—n-A
^-L-l-JL-lz^ii Ti I 1 1 i- 3=: vh^ ■ 1 ^ Tï
mal & de confort : Se je n'ai ton déport, j'a-rai par tans la mort Encontre- e. Dame, car me
p- rTl H -q
5=5=^
X=Â^
n— n~i=ï
3 ' 1 ' 1.
^^=T^Â
1' 1 n
-1-
so-cor ! Grant paine por t'amor Ai endu-re- e. S'o-re t'agre- e Ke me voilles coisir A fai-re
A-
3-q-M4-q-3-^ =^
■4-
Xâ
X
tom plaisir. Certes jou ne de-sir Tant riens ne- e.
UIS PROFANES
M5
i=1±j^jg^--1z£^=^z^i=z .-^
î==:!l=!lzn
X^
■^=r^
Dame, merchi te cri. Et ses ke je te pri, France honore- e ? Sans demo-re- e, Dame,
l=r^
A-^-A
^._^_^^^_^^_^_^___^
-1
^■^I^.
prochainement La joi-e te demant Ki m'est tant longement Deve- e- e
XXVI
Texte musical de Pb^.
p
^v
-■ — I
^-=i^^^x
-V
Uis qu'en chan- tant co-vient que me de- port De la do- lor & dou mal que
^<
-%.
t
1^
:l:
■^^1=
^^
A-
A-
je port, D'Amors qui m'a navré a son grant tort, Mais promis m'a que tost avrai con- fort;
-■-•-
:î-^
-■ — ■-
■Xa.
u
î
îs
X
*.-\
Si soffre-rai, Se-rai en a-tendan- ce Se j'i morrai Ou avrai a-le-jance. L'amor
-m — •-
^-f-i
s^
-^■-^-
■^^-
avrai. Se Deu plait, a la blan- ce, Car de cuer vrai Servi-rai sanz fail-Iartce.
H
if^ii^^t:
ft— *^
Mais mesdi-sant se sont entr'a-hasti De moi gre-ver se sont bien
SiP-ZT
■1-
-^-
-a-
:f^:^;=^=:1
-1-
T
Pi=;^
-H-J
assenti ; Mais, se Deu plait, il se-ront desmenti. Car Amors voit & set mon fin co-ra-ge;
h:
-1-
-8-
A-
-^
*rA-
-\A-
De li tieng je tout mon droit he- ri-tage ; Moult a lonc tans que je li fis homage.
tl
■^-
-r
ïï=i:
■M-
N'en parti-rai nul jor de mon a- âge.
19
146
LAIS ANONYMES
e
x^
:5-
A-
m=4=1—
■•1
^
Si sui so[s]pris Et espris Dou gent cors a la be- le, Car, ce m'est vis, De son vis
:1=?=î:
1^^=4=5=^
Î^3^ESEE1
3ZH
1
La douçor m'i ra-pe- le ; Quant la resgart, Adonc m'art D'amors une estance- le, Moi fiert
W-
^
4-
:C^
d'un dart D'autre part Par de-soz la même- le.
H
^-
:3:
-^-
.-P-
-^-
■^-
^-'-^i
Pour li me dueil quant ne l'en prent pi-tiez, Par son orgueil sui ensi travailliez ; Di-re vos
A-
4^
13:
-^-
■*-i
-h
A-
A-
*—9i-
vuil que bien vos en gueitiez : Plus prent a l'ueil que li fau-cons as piez. Par son resgart fui
-q "" i^ %_ n
:3=i'-i
e-Vnr
-q %f -»-
■A-
je la mis, Quant je de-ving li siens a- mis ; Por ce qu'ele est de si haut pris Fui je plus
H 1
V:5î
A-
tost de s'a- mor pris.
_i i_
-^
-%■
m m
:j
-1-
Dame, or vous pri en la fin de mon lay. S'en a- iez sove-nance, Que ne faciez ne a
V
-\
^ ■ , — P* ■ ly
^-
:?:
H-r-i— ftr
clerc ne a lay. Fors qu'a moi, acoin-tance. Se-cor-rez moi, dame, procheinne- ment, Car vostre
■H
l
T^ ■ 71^ ■ i > , , — H
-%■
:5-_^^X
a- mors m'a mis en grief tor-ment : Cornent qu'il soit, dou tout a vos me rent.
LAIS PROFANES
147
XXVII
LAI DES HERMINS
Texte musical de Pb*.
L
:!l:
A — 1-Pi
1-^-M
J-1-M-
J1-3-S
^J-T-^
One tens m'ai te- ù Et oncor me teroi-e, Tant m'a desple- ù Chanz & so-laz
-^-
^t=Â-
-^-^-
^-^
■M-
& joi-e, Ja mes ne chante-roi-e.
f
X
■Â^Xû-
x=^-
j_J__:^_^:
15:
A-
t
l±:FÎ=i==:^=vtl
1-
Mes ramente- ù Le m'ont & mis en voi-e Cil qui n'ont se- û, N'oncor ne lor di-roi-e,
-Xâ.
-fi— 4-
-1-1-
Conme Amors me guerroi-e.
^=l:
-1-1-
-V
1-
^1=^
-^-1-
^âtxx
-ï-î-1— fr-
-1-
r
Xâ-
Et ce m'avra tant ne- û Que di-re nel porroi-e Que j'ai si souvent ve- ù Que vers ce-lui
-1-
1-1 ' ^ 1 1
->-i-
-1-1-
se ploi-e Qui faussement la proi-e.
-1-Ï-1-V
•s-l-i-i^-i-HH-ï-^P'i-i-t'-
=1=5:
VT^ 1 -
:5
11=^--^
f»
^
1-
r
En moi n'a ancor ve- û, Ne ne cuit que le voi-e, Le servise aperce- ù Que j'ai fet &
-1-
-fc-1-
A-
AA-
■1-1-1-
fe-roi-e Tant conme je vivroi-e.
g-^
^ — ^-1-p^ ' — H-^a-l-i-ï4J-î-ip4-1-^
X\
A-
Amors m'a trop de-ce- û, Se je di-re l'osoi-e; Tant ai son conseil cre- û Que toz jors
*:?j^qz3=ç±±R:
qe vivroi-e Ne ja ne recrerroi-e.
148
LAIS ANONYMES
i=?=4==«=v
78=1=^
-1-
nîzs:
■■^.
A
.q_L-^-JM
■4-
-r
En ce mal ai tant ge- ù, Ne guérir n'en querroi-e, Quant plus mal en ai e- û Tant avoir
>-1
VP-l-l-^'
P^4
1-^
en voudroi-e : Je sa-ous n'en se-roi-e.
iJ=q -^a-^ -fi
â_!Uq-q_-^ 1 . 8-4-p;
•1-
^±:^=ï:
^-
-■I
N'onques n'oi tant recre- ù, Ne ja mes ne l'avroi-e, N'oncor n'en ai re-ce- ù Le lo-ier que
:ï±;p1-^
-1-
-v-a-
A-^-
que-roi-e : N'est do-lor[s] que la moi-e,
M
4-
-a-
Xâ
-ï=tJ|-i-
-1-
r
p.
:5=^
-1-
A-
■1
-1-
1-
Quant il m'est si mesche- ù De servir en manoi- e ; S'oncor li avoit pie- ù, Plus ne
A
■f.-^
■1-V
-■^^-
^— 4
B_q_U
demande-roi- e : Ja mes ne m'en plaindroi- e.
^
p=nq=vr^il!ï
-X
1-FM-
îz^zTirtiï
ï:î=v
-^
A-
4-
^±1
Ne fo-lor Nu-le grainor Ne porroi- e fere a nul jor Que de clamor Fe-re d'a-mor.
^^■
■f— 1-
M=î-^^-1-
V^-
Molt est se- ûr qui . .
1-^-
tant justi-se.
4-
p-z:1z!5=pi±^
H:
4— Ps — q:
-3— ^— -^-i:
:tn=.1
1:
-1-
4-
Blanche-flor, So-re-da-mor, Li plus sage home & li meil-lor One vers son tor N'o-rent
tu
1— H-^
-%-4
1-1 ^i
A-
-f.-4
-n-1-
re- tor Ne nu-le ga- ranti-se, Par art ne par fain-ti-se.
P
A-A—^
15:
Xr^--
X
S=:1=pi=f=8=1=i
A
Ne resta tor Ne mur entor Tro- ie au tens anci- anor. A grant tris-tor A grant
4-
-■I-
:5=4
-v-i-
AA-
1-
-^:^-
A—A-
A-A-
do- lor A maintes ci- tez mi-ses, Maintes terres conquises.
LAIS PROFANES
149
P
:5z1i1_Ji^^,^_
ï
ï 1 > T~ï---q
^i!zz5
^-1
a-5-v
-1-
■1-
1-
. ne- or, Conba-te- or, Dames & cler tuit H plusor Pro-ece, honor. Joie & va- lor
t
-v-^
^=5==ï=^-=r-ï::^=5=4
-Pi-^-
M
Ont trop [d'JAmors apri-se. Chascuns la sert & pri-se.
Ë=!E=5±3^3=3E=S
i^JrJlzJiiîi^^rl^^
:ï
Tuit sont en sa justi-se, Tant est de grant puissance. Ja de li n'ert conquise Droitu-re
■4
ii^
ne ven-jance.
p
4
J-V^H-l-
-1-1
ïs=;=ï
I11 I I
N'i vaut ne drois ne mi-se, Foux est qui vers li tence ; Molt vaut meuz a de-vi-se,
Fï
:1±t.
3=3:
Bien le sai sanz dou-tance,
FF^=1=3=f:^=i±±j-^-1 . 9-^-1-1-, 1 1 1 Lj -1-^-FJ
tx
Amors servir, Et deservir Sa joie & s'a-li- ance, Par mal sentir Et consentir.
-ï
FJ - I , i "l î=î-
Et estre en tel ba-lance,
j=^ = ^- 1 -^l^ ±=f:^=]^:3=p -Iq_ii I ^ 1-^rpç±î±pJ
Et a-con-plir Tout son de-sir Que perdre par vi-tance. Par re-pentir Par re-sortir
fctï
1^=t?:
^-r
De la bone espe-rance.
BEBS^É^'^
3=^=8=1^
15:
-^-1-
X=^=X
tT^-—\
^
Donc ne de-sir Fors son ple-sir Et fors sa bien voillance. Ne puet mo-rir Qui de jo- ïr
«50
LAIS ANONYMES
^ 1 i ^ 1
D'amors a espe-rance.
, ^ ■ 1 ^ H-
Ë 1 ^ "S
■ 1 r ■
■ 1
i '
1 liai
11
a 1 h 1
1 1 1 ^ 1
' - 1-
- ' n- !_•
Et por ce tir A re-ver-tir De pleur
[ance] En rebaudir En resjo- ïr
-p-i
5=^:=^:^i=F=^if:
^p— ^-
■9i-^-
-1-
De duel & de pe-sance, Qu'en plo-rer ne m'avance.
t^^:
H
ï=U— 1-ï
3—1^-11-
:1:
^-
El lai des Hermins Ai mis re-son roumance Por toz amanz fins : Qui d'amors a fi- ance
^— i— 1,-1-^:
-Ri-1
^-^-M
■f-^
Sil chant en remembrance.
B
LAIS PIEUX
XXVIII
Texte musical du ms. de l'Arsenal ^317.
V
bxiE
:^:^-=iJii H^-r^'=^-S ^1-^ ^ H
Irge glo-ri- euse, Pu-re nete & monde, Me-re pre-ci-euse, Mon cuer purge &
HZ^D^JZ!^ ^'.
-f--^-
-V-^
monde Des griés maus de cest monde.
^^:
s-3-^-^ — ._^_a_p.
-qi^_=i-^
X
Êç:r±XA.
-f^ — ^-
Dame gra-ci- euse, De Dieu fus es-li-te, De toi fist s'espeuse, Par ta grant me-ri- te,
•M i
:^-
-^-%
A-Â-
Dex ki en ciel ha-bi-te.
:m:!l:
Â^X^
^-n-H— ^-
-a— 1-^-1-
:n=5:
:ï=S:
.^^!]=:^
Tu es ro-se couloure- e, Tous tans es vermeHe, Ta coulors n'iert ja mu- e- e ; Ce n'est pas
-1-
^-^-
4-^-
q-4 T 1 1
mervel-Ie : Nus ne vit ta pa-rel-Ie.
A-X^
1=1-4-4
4=3:
:n=5:
q i | ' 1 V
z'a=:%
44±-1=i
Tu es lis & vi- o- le-te, Tous jours nete & pu-re, De tous pechiés monde & ne-te, Sour
152
LAIS ANONYMES
-P.-1-
-Pl-1-
-I-
toute na-tu-re, Car Dex i mist sa cu-re.
l-^-^H^q-l
Ê-1
l=3=p.:
-aJ=ï-^
-^
:î=ï:
-1-
J
pZT-l-l-
-1-
1-
-1-
-1
Tu es basmes na-tu- rés, Dous miex& lai-tu-ai-re, Tu es pieumens sa-vo-rés; PuceHe de
A-
^i^_j — q:
■f.-^-
-î-1-
bon ai-re, Nos cuers purge & esdaire.
Ê-1
T=!!\
^^
T=1=ï=ï*^
^1=V
-1-
A-
-1-
-^
rt
Tu es [la] flours De cui l'odours Ne défaut ne n'empi-re, Tu es [li] fruis Ki nous conduis
1-
-^-
■h-A-
A-A
T
:1=i-
*-i-
-^-1-
Et maines a l'empi-re Que tient Jhe-sus li si-re.
H-^
^^-
.azîl-M-
.^_^.
:î=^
-^-
^=î::^
-1-
1-
J|-
T
Tu es li pors Et li despors, Li déduis & la joi- e, Tu es confors Et li a- cors,
^-=Â
-|V-i|-
Xâ
-R— 1-
-T
-^-V
T
-M-
Chemins & droi-te voi-e A ce-Iui ki te proi-e
Ê-1-^
a-1-^v
-^-A-
:l3i:
-1-
4-
-4-
-I-
4-
■1-
:1^=±:1
Tu es solaus, Tu es journaus, Et estoi-Ie ma-ri-ne ; Par la bonté De ta clarté,
■V4-
^p t 1 ^ •^Tv Jzr!3=4
-P.-1-
■M-
Nos cuers tous en-lumi-ne, Be-Ie douce ro- ï-ne.
:3=1=?:^=tâ=1
-1-Ï-1-1~1-
e
-X
:1:
4-
X
^-
l=5=i
Tu es rosiers, Tu es vergie[r]s, Tu es li très dous pa- ra-dis Plains de de- lis Ou Jhe-
^
-P.-4
■^■A-
-Xâ:
-h-A
AA-
sus Cris Se desduit & de- li-te O le saint Espe-ri-tc.
II:
■Vi
Tu es clartés. Tu es purtés, Tu es li save-reus osteus ; Aine ne fu teus. Car des sains
LAIS PIEUX
«5^
>-a
-q^i 1 i-T?— q-qir:^— ^
A-J1-
■M-
chieus Vint la sainte rou-se- e Dont tu fus arrouse- e.
15
:!l=1=5i?:-^X^.
H^'î-^
:1:
-^ — i-^ -q
A-
A-
1=5=S:
ï±l
Tu es sacrai-res enbasmés, Tu es ce-Iiers enpieumentés, Ou li fieus Dieu s'est de- li- tés
f
A-^
■f— fl-
1-
V1-i-^-:i-1
A-A-
Quant en do-lour & paine Prist en toi char humaine.
Eî
-q_[l_PL_-
15:
Vi^-^
:î
^1— =-a — th-
A
A-^i
Tu es la verge A-a-ron, Tu es li temples Sa-lomon, Tu es la maison d'ou-ri-son,
-\A
^^-P^ifziïi^liiplz^
-p.— 1-
A-A-
De toute ver-tu plaine Et de tous biens fontaine.
pi^zJi^ifri^ : pr^-r^Tpr ^
Ro- ï-ne courone- e, Dame bone e- ù-re- e, Bien doit estre a-oure- e L'eure ke tu
EES5
t.
ÎS^=f=1:
\r-
:1=S=^H=Î
r4
^rrl
fus ne- e. Par toi est de- livre- e La gent ma-le- ù-re- e, Qui ert empri-so-ne- e
5zt
3
X
+
I
■^
En enfer & dampne- e.
^z aziip^z± ± ^ -i-yr-^-n-v-^ zi3=p r^- ^-r'
Ki bien te sert II en de-sert La joie en ta contre- e, Qye cil a-ront Ki t'ave-ront
3=i=e
R^^= P=^^'^'=[
Servie & hone-re- e.
:îl=îi:3=î:-i^-:!|:
î=5
tH-.-1-^— ^
4
î=-ïq=^=ï=4==8=ÎÂ
1-
-^
Douce dame ki Dieu portas, Ki de ton saint lait l'a-lai-tas, Virge fus & virge enfan-tas ;
20
•54
LAIS ANONYMES
-T
:^
A-^-5-=-
^4-
-1"
X^
-f— ^
■^-A-
Par ta mi-se- ri-corde A Jhe-su(s) nous ra<orde.
!=^=ï
^ÎEÈ
:î
:1:
-^-
Douce damoi-se-le, Ne-te cre- a-tu-re, Saintisme pu-ce-le, De la grant ardu-re
vF±=5=^
-^-1-
•M-
A-^
D'enfer qui tous tans du-re
i::^=ï=l^-
-8::1-A-v
-1 — 5-^
-1--.
:1^:
:5:
-1-^^tî^
P— 1
15
DeflFendés nos âmes Et menés a vi- e, Qui sour toutes dames Avés segnouri- e,
^1-
X^.
-fl— 1-
-1-1-
-T
Dame sainte Ma- ri- e !
XXIX
PLAINTE DE LA VIERGE AU PIED DE LA CROIX
L
-1-^
3=5=-,:
J= qJM^H^-^ ^= ^ ' *' 1 J l '^
Asse, que deviendrai g[i]é, Que cil jû- if e[s]ragié Ont mon fil tant outra-gié
1-
1— ^
1
:i^
-T
A=^:
A=L^=S=^^-
Qu'a un mort le m'ont changié, Et sans nu[l] for-fait M'ont si grant tort fait?
6-
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Filz, onques ne fus estous, Mes plus sou-efs & plus dous Que n'est lais ne miaus ne mouz ;
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Tant mar fu vos-tre[s] biau[s] voz ! Diex ! pour coy mouri Flours qui si flo- ri?
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Onques ne cuidai savoir Que deulz est, or le savrai ; Maintes joi-es seul avoir,
LAIS PIEUX
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Ne sai se plus en avrai; Bien dit l'escriptu-re voir, Par tant m'en a-percevrai, Que j'avoie
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a re- ce voir Un glaive : or le re- cevrai.
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si très glo-ri-eusement; Des bestes fus conné- uz En la creiche tout premie-rement
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Et des rois a-percë- us Qui t'o-fri-rent leur dons doucement.
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Toute riens fu esbau-di- e Quant mes ventres t'enfanta ; Nis la be-Ie compaingni- e
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Des celz en rist & chanta. Quant la mort vint sor ta vi- e, Li cielz s'en espou- enta ;
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Moût de- ust estre ga-ri- e Dame qui tel en- fant a !
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Mes n'i voi pas ma gue-ri- son Quar je ne sui mes me- re; To-Iu m'a l'en par tra- hi-son
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Mon chier fîl(z) & mon pe- re ; Or si l'a mis en sa pri- son La mort dure & ame- re ;
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Li phi-lo-sophe que li-son Y prî-rent leur ma[te- re].
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Biau douz fi[lz] . . . [iez] . . douleur pro-fon-de; Cist deulz dont vous me paissiez
156
LAIS ANONYMES
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Cri- eng ne me confon-de. Touz sou-laz est a-baissi- e[z] Et douleur ha-bon- de,
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Quant li arbres est plaissiez Qui paissoit le mon- de.
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Nu- le rien[s] que Diex cri- a Ne me pourroit a- paisier. Lasse ! com mal deul(z) ci a !
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Mout se doit or esma-ier Li folz qui mon fil li- a Et li fist le sanc ra-ier.
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Ce sachiez, Diex l'ou-bli- a ; Mau[s] jour[s] li a-journa hier
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Onques ne senti doulour, Biau[s] filz, quant vous fustes nez, Ne ne mu- ay la coulour
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Ne pou-oit estre esge- nez Li cors qui de tel seignour A voit es-té .
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. . duel, nus n'ot gregno[u]r, Dont vous estes si me- nés
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Biau[s] filz, je vous a-lai- tai. Mors estes : do-lente en sui ! Mainte fois vous a-fe- tai
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Ou berçuel si com je dui. Pour He-ro-de vous gue- tai, Et jusqu'en Egypte en fui.
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Onques ne m'en deshai- tai Autre-tant com je fais hui.
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A marti-re sui livre- e, Ne sai qui ce de-sti- na. Li juif m'ont de-ser-te- e
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LAIS PIEUX
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Onques nus d'euz ne fi- na D'avoir vers mon fil meUe- e : Mors est qui maul(z) voi-sin a !
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Ne puis mon cuer e-stanchier : En plou- rant m'estuet vengier Et tout mon cors de-
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tre[n-chier].
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ne se- ulz avoir De trop grant a- voir
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Ne me pris un grain de mil ; Or m['en] i-rai en es-sil. A Dieu comande mon fil
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Qui fu a-buvrés d'ai- sil Et mis [en] la crois. Ci me faut la vois. »
APPENDICE
XXX
LAI A LA VIERGE « SUR LE CHANT D AELIS »
Lofidres, Brit. Mus., Arundel, «** 248, fol. 153 r*> (ws. unique), — Édition : W01.F, Ueber die
Lais, p. 475. — Fac-similé : Early English Harmony, London, 1897, pi. 33.
c* c* c* c* c* c*
Formule :
I a» a6 a« Ifi b^ b^ b^
II d* a^ d* 2? d* a''
m <?* ^* è^ f4 f4 J5 g4 g* ^5 g* g4 ^3 h* h* *5 ii i4 ^5
IV j7 j7 k^ k^ F F m^ m''
V n^ n^ o^ o"'
VI p^ ffi q^ c^ c^ ç^ c^ c^ j^ c^ c*^ q^
Il n'y a aucune identité de struâlnre entre les strophes. — Aux v.v. 8, 21, 51 (>« n'obtient le
nombre régulier de syllabes qu*en faisant entrer en ligne de compte la voyelle atone qui termine le vers
précédefit {Sur ce procédé, voy. Remania, XXVIII, 240).
12,
I
Flur de virginité,
Chambre d'onesteté,
De merci mère & de pité,
Deu wus saut, virge pure,
Ki nature
D'engendrure
E port(e)ure
Surmontez
Par voz bontez.
Dont tant avez
Ke bien poez
Aider assez
As mesaissiez.
II
Rose très bele,
Flur de lis en chasteté,
16. Virge pucele,
Enfantastes le fil(z) Dé;
De ta mamele
Doucement fu alaité.
m
20. Beneûree
Destinée
Aviez a Theure,
Quant del toen cors
24. Eissi Deus fors
Sanz point de blesmure.
i6o
LAIS ANONYMES
Char & sanc pris[t]
Diiz Jesu Crist
28. De tei, virge pure,
Dunt rançon fist,
(E) pur nus [se] mist
A mort aspre & dure.
32. Wus n'avez p(i)er,
Hoem ne moiller,
D'umain' engendrure ;
Car de tuz mais
36. Gariz & sal(f)s
Sûmes par ta cure.
IV
Notre espeir, notre refui
Estes en chascun ennui,
40. [E] nostre joie a estrus.
Dame, vient trestut de wus ;
Nus n'avon si par wus nun
Bien ne joie n'autre dun ;
44. Trestut, dame, de wus vient
Quanque nus en bien sustient.
V
Solaz estes e comfort
AI besoing & a la mort
48. A ceaus ki honneur wus font,
E de quer amant wus sunt.
VI
[O] très pie
Marie,
52. De Deu grâce pleine,
Securez
Et aidez
A vos ser(f )s demaine,
56. De péchez
Nus facez
Quites de peines,
E après
60. Nos décès
A ton fil(z) nus meine.
Rubrique : Cantus de domina post cantum Aaliz. — Lettres ornées aux v.v. i, 14, 20, 38, 50. — Dans le
ms. (voy, le fac-similé dans Wolf, Beilage n*» 13), le texte français est accompagné d'un texte latin qui présente
exaéiement la même disposition ; Wolf, Daniel et Kehrein l'ayant puhVé, nous jugeons inutile de le reproduire.
Ce texte est sûrement anglo-normand (voy, la rime heure : -ure v. 22 ss., et facez pour faciez 57) ; en outre le
ms. où se trouve ce lai est d'origine anglaise et la pièce latine paraît avoir été composée aussi en Angleterre, La déclinaison y
étant violée à la rime (v. 19), // n'y a pas lieu de la rétablir dans le corps des vers. Remarquer aussi Vbésitation dans le
traitement de e atone précédant une voyelle (élidé, v. 6, 7, 34, non élidé, v. 20).
4. virgne. — 17. enfantastes. — 30. e pur nus m. — La dernière strophe de la pièce latine n'a pas été traduite.
TEXTE MUSICAL
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Lur de vlr-gi-ni- té,
a "*" ■ ■ ■
Chambre d'ones-te- té,
De merci mère & de pi- té,
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■ ■
i
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Deu wus saut, virge pu-re, Ki na-tu-re D'engendru- re E port(e)u-re Surmon-tez
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■ ■
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m m
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Par vos bontez, Dont tant avez Ke bien po-ez Aider assez As mesaissiez.
LAIS PIEUX
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Ro-se très be-le, Flur de lis en chaste- té, Vîrge pu-ce-le, Enfantastes le fil(z)Dé;
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De ta mame-le Doucement fu a-lai-té.
u
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Beneù-re- e Desti-ne-e A-vï-ez a l'heure, Quant del toen cors Eissi Deus fors
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Sanz point de blesmu- re. Char & sanc pris[t] Duz Je-su Crist De tei, vir-ge pu-re,
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Dunt rançon fist, Pur nus [se] mist A mort aspre & dure. Wus n'avez p(i)er, Hoem ne moiller
f
■ ■ ■ ■
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■ ■ ■ ■ ■ ■
■ ■ ■ ■ .
■ ■ ■ • ■ • •
D'umain' engendru-re ; Car de tuz mais Ga-riz & sal(f)s Sûmes par ta cu-re.
:\
Notre espeir, notre refui Estes en chascun ennui, [E] notre joie a estrus, Dame, vient
E
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' m
trestut de wus ; Nus n'avon si par wus nun Bien ne joi-e n'autre dun ; Trestut, dame, de wus vient
ï»3
Quanque nus en bien sustient.
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A
i^ir^inîzi:
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So-laz estes e com-fort Al be-soing e a la mort A ceaus ki honneur wus font.
l=E^
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E de quer amant wus sunt.
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[O] très pi- e Ma-ri- e, De Deu gra-ce pleine, Se-cu-rez Et aidez A vos ser(f)s demaine,
ai
l62
LAIS ANONYMES
^s-H
t-
m m
-i-.-Ji.
■ ■
De péchez Nus facez Quites de peines, Et après Nos de-cès A ton fîl(z) nus meine.
La pièce que nous publions en appendice est bien un lai, mais son prototype latin n'est certes pas une prose :
c'est une poésie liturgique assurément (cf. Ulysse Chevalier, Repertorium hymnologicum , n° 6410), mais de
faâure libre, une sorte de lai latin. Une fois de plus Wolf, qui cite cette pièce, s'est trompé : à l'origine d'un lai,
nous trouvons un lai & non une séquence. Au point de vue de la notation nous avons ici affaire à du plain-chant
& non à une notation mesurée.
GLOSSAIRE
Adentir (soi) XXIII, 193, se consacrera.
ahastir (soi) XXVI, 13, rivaliser.
aim XXI, 27, hameçon ; reclamer son aim, jeter
son hameçon.
al XX, 131, pour el, autrement; le mot paraît
ici explétif.
alever VII, 14, soulager, secourir.
amordre (soi) IX, 14, s'accoutumer à.
aresnier (soi) XVIII, 37, s'arranger, se mettre
en ordre.
Gaine II, 12, cheveu blanc.
chalengier VI, 14, ambitionner, poursuivre.
cliner XVIII, 156, s'incliner vers.
couvrir (soi) III, 49, cacher ses sentiments.
covenir (laissier) VIII, 34, laisser quelqu'un agir
à sa guise.
creanter XXI, 7, propr* garantir; ici, apaiser,
contenter.
crier XXIII, 75, blâmer.
crine II, 15, chevelure.
Enfraintnre XXI, 82, infidélité.
enfregier XXI, 23, enchaîner.
enlaidir VIII, 65, haïr, rejeter.
enseigne XVI, 117, enseignement.
erminette V, 4, hermine.
esgener XXIX, 64, torturer.
eslire XVI, 79, concevoir.
espérance I, 31, prévision.
esponde ; mètre sor /V. XX, 154, mettre de côté,
délaisser.
essaier XIX, 20, éprouver ; par extension, faire
souffrir.
estruit XXIII, 62, bijou (sens métaphorique).
Fal XXI, 130, autre forme àt fel, cruel.
fauser IX, 8, détonner; XII, 14, être infidèle.
forjugier I, 69, bannir.
frainture XXIll, 156, infidélité.
Gagier XXIII, 176, s'engager à.
gaignon VU, 27, dogue, chien de garde.
Daintié XXIII, 154, propr* morceau de choix.
Peut-être dans ce passage faut-il lire por
daintié & comprendre : « la peine que j'en-
dure pour [obtenir] une récompense. »
defois XVIII, 66, défense.
desamordre (soi) XV, 94, se détacher de, renon-
cer à.
deschaûre XXI, 77, dorénavant.
déserter XXIX, 79, ravager, désoler.
dévié XVIII, 66, défense.
dévier VIII, 15, = deveer, défendre.
deviser XXV, 10, se proposer.
drnge XXIII, iio, sorte de fée ou démon.
Ja (a) XXII, 65, pour toujours (?).
journal XXVIII, 41 (s.-ent. estoile), étoile du
matin.
Lacier XX, 128, angoisser, torturer.
laïs XXIV, 33, là-bas.
limpoler I, 36, leurrer, tromper (?). Cf. nimpole
dans Godefroy.
laitier XXII, 32, s'efforcer, tendre.
Maintenoir XXIII, 215, maintenir.
markais XVI, 22, marécage.
merir VI, 32, faire endurer, imposer.
31*
164
GLOSSAIRE
mesestance XI, 37, souffrance.
mesure XXIII, 147, sentiment, résolution.
mise XXVII, 73, dépense.
Pardoner XXIII, 179, renoncer à.
partir XXII, 42, 47, se rompre, éclater (en parlant
du cœur).
plaissier XXIX, 51, abattre.
poigne XXI, 182, effort.
prover (ind. pr. i« pers. pruis) XXllI, 5, mani-
fester, exprimer (?)
pure, adj. pris absol*, XXI, 78 dans la locution
çou est la pure, cela est la vérité.
Querre inf. pris subst. XXIII, 165, recherche.
Recueillir XXIII, 9, contenir.
ree XV, 2^, rayon (de miel).
reflambeler V, 9, flamboyer.
région XVIII, 193, royaume.
reposer XX, 58, cesser.
rescos XI, 72, secours.
resort XX, 62, séparation.
resortir IX, 10, arriver, aboutir; XVII, 212, em-
pêcher; XXII, 49, renoncer à, se désister
de; XXIII, 115, se faire, se constituer.
retenoir X, 69, retenir.
retor; avoir r. XXVII, 52, avoir recours.
retraire XXV, 15, intrans., décrire.
reverte XVII, 162, sentier.
rovent IX, 63, rougissant.
Second XX, 155, favorable.
soillier XXI, 162, gâter; ici, tourmenter (?).
sort XVIII, 238, destinée, bonheur.
sospeçon Vil, 22, tristesse.
sot XX, 139, rebelle.
Tai XVI, 23, 58, bourbier.
tans (par) XX, 60, bientôt.
tendement XVII, 90, intention ; ici volonté per-
verse, faute, péché.
tenir impers. XXV, 89, importer.
tor ; estre el /. I, 10, être sur le retour.
trigale ; servir de /. III, 26, tromper.
Valoir XVIII, 169, sauver.
vergonde XVI, 113; XX, 152, honte.
vot XXIX, 10, visage.
INDEX DES NOMS
Aaron XXVUI, 66.
Abraham XVIII, 51, 63.
Blancheflor XXVIII, 48.
Colin (Voy. à Muset).
Daniel XVIII, 130.
David XVIII, 107.
Egypte XXIX, 74.
EsPERiTE (le saint) XV, 84, XXVIII, 53.
EsPiR (le saint) XV, 74.
France I, 55.
Gabriel XVII, 37, 62.
GoLiE XVIII, 106.
Guenelon XI, 28.
Haï XXIV, 37.
Hector II, 22.
Hermins XXVII, 102.
Herode XXIX, 73.
Jeremie XVIII, 130.
Juif XXIX, 2.
Marie XV, 38, 72; XVI, 177; XVII, 14, 46;
XXVIII, 100.
MoYSÉ XVIII, 83, 88.
Muset (Colin), IV, 47.
NoÉ XVIII, 34, 48.
Oise I, 45.
Pentecoste XVIII, 241.
Robin XXIV, 29 ; Robeçon XXIV, 37.
Salomon XXVIII, 67.
Sathanas XVIII, 190.
SORAMONDE XX, I 50.
SOREDAMOR XXVII, 48.
SURIE V, 58.
Symeon XXIX, 84.
Tristran XX, 68.
Tudele V, 8 ; XIX, 8.
YzAAC XVIII, 52.
Yzabel XII, I.
YzAiE XVIII, 128.
ADDITIONS ET CORRECTIONS
II, 27. Virgule à la fin du vers.
m, 18. Point d'exclamation à la fin du vers.
V. Dans le schéma du couplet V, lire e au lieu de c,
VII, Dans le schéma du couplet IV, lire P T [P] P P.
VIII, 67. Au lieu ditfaç en, lire faç en,
IX, 40. C'est par inadvertance que le mot baillie a été imprimé en caraâères gras.
XVI, 35. Au lieu de ke riens, corr. k'a r.
— 1 17. Au lieu de notre, lire vostre.
— 133-4. Le premier de ces vers est trop long. Lire Se vos rien avês, — Pitié, bien savês,,. La seule correftion
au ms. consistera dans le déplacement de pitié,
XVIIl, str. VII, schéma. Les vers en n sont de 8 syllabes.
XXIII, 69-70. Réunir ces deux vers en un seul, comme l'exige la mélodie, & modifier le schéma en conséquence.
— 148. Virgule à la fin du vers.
— 165. Effacer la note sur ce vers.
XXVIll, couplets XVI & XVII. Il faut rattacher le dernier vers du couplet XVI (95) au couplet XVII ; ces deux
couplets deviennent ainsi identiques entre eux & à 1, II.
On sait que, dans les textes artésiens, la i^ pers. sing. du présent de l'indicatif est souvent terminée par un
son chuintant; ce son dans le ms. Pb** est ordinairement noté par c : ainsi senc, mec, doue, qui doivent être pro-
noncés sencb, mecb, doucb. Pour modifier le moins possible la physionomie du ms., je me suis borné, dans ce cas,
à substituer ç k c (sauf dans quelques passages où le t: a été conservé par inadvertance : ainsi quic l, 84, XXV, 12,
redoc II, 37, & aussi eue [babui] X, 107). C'est aussi par ç que j'ai noté le son cb à l'initiale : ainsi çou est pour
ebou. Mais d'autre part, je ne me suis pas cru obligé de modifier la graphie du ms. pour eiî, cel, &c. (=z= cbil, cbel),
de sorte que le même son cb est noté tantôt par ç, tantôt par e. Peut-être eussè-je mieux fait en somme de ne
point toucher à la graphie du ms., en laissant au leâeur le soin de l'interpréter.
TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION AUX TEXTES v
INTRODUCTION AUX MÉLODIES xix
TEXTE LITTÉRAIRE DES LAIS
PREMIÈRE SECTION :
LAIS D'AUTEURS CONNUS
A. — LAIS PROFANES
Gautier de Dargies.
"^ I. J'ai maintes fois chanté 3
^ IL La doce pensée 3
^ m. De cele me plaing qui me fait languir 7
Colin Muset.
IV. En ceste note dirai 8
V. Sospris sui d'une amorette 10
VI. Qyant voi le douz tens repairier 11
Guillaume le Vinier.
VIL Se chans ne descors ne lais 13
VIII. Espris d'ire & d'amours 14
Gilles le Vinier.
"^ IX. A ce m'acort 16
Adam de Givenci.
"" X. La doce accordance 18
^ XL Trop est costumière Amors 20
Andrieu Contredit.
XII. De belle Izabel ferai {Lai de belle Ysabel) 22
Thomas Herier.
XVIII. Un descort vaurai retraire 23
B. — lais pieux
Thibaut de Champagne.
XIV. Comencerai 26
Gautier de Coinci.
XV. Roy ne celestre 27
XVL Flours ne glais .29
170
TABLE DES MATIÈRES
Ernoul LE Vieux.
XVII. En entente curieuse {Lai de Notre-Dame)
XVIII. S'onques hom en liu s'asist {Lai de Vancien et du nouveau Testament)
DEUXIÈME SECTION I
LAIS ANONYMKS
A. — LAIS PROFANES
XIX. Bel m'est li tans
XX. Ichi comans {Lai des amants) .
XXI. Pot s'onques nus hom vanter {Lai de la rose)
XXII. Par cortoisie despuel {Lai du Chèvrefeuille)
XXIII. Coraigeus {Lai des pucelles) .
XXIV. L'autrier chevauchoie {Lai de la pastourelle)
XXV. En sospirant trop de parfont {Lai d'Àélis)
XXVI. Puis qu'en chantant covient que me déport
XXVII. Lonc tens m'ai teù {Lai des Hermins)
B. — LAlS PIEUX
XXVIII. Virge glorieuse
XXIX. Lasse, que deviendrai gié? {Plainte de la Vierge au pied de la croix)
TEXTE MUSICAL DES LAIS
PREMIÈRE SECTION :
LAIS D'AUTEURS CONNUS
A. — LAIS PROFANES
Gautier de Dargies.
I. J'ai maintes fois chanté
II. La doce pensée
III. De cele me plaing qui me fait languir
Colin Muset.
IV. En ceste note dirai
Guillaume le Vinier.
VII. Se chans ne descors ne lais
VIII. Espris d'ire & d'amours
Gilles le Vinier.
IX. A ce m'acort
Adam de Givenci.
X. La doce acordance
XI. Trop est costumière Araors
Thomas Herier.
XIII. Un descort vaurai retraire
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B. — LAIS PIEUX
Thibaut de Champagne.
XIV. Comencerai 100
Gautier de Coinci
XV. Royne celestre 101
XVI. Flours ne glais 102
TABLE DES MATIERES
171
Ernoul le Vieux.
XVII. En entente curieuse {Lai de Notre-Dame)
XVIII. S'onques hom en liu s'asist {Lai de l'ancien et du nouveau Testament)
DEUXIÈME SECTION :
LAIS ANONYMES
A. — LAIS PROFANES
XX. Ichi comans {Lai des amants)
XXI. Pot s'onques nus hom vanter {Lai de la rose)
XXH. Par courtoisie despuel {Lai du chèvrefeuille)
XXIII. Coraigeus {Lai des pucelles) .
XXIV. L'autrier chevauchoie {Lai de la pastourelle)
XXV. En sospirant trop de parfont {Lai d*Aélis)
XXVI. Puis qu'en chantant covient que me déport
XXVII. Lonc tant m'ai teû {Lai des Hermins)
B. — LAIS PIEUX
XXVIU. Virge glorieuse
XXIX. Lasse, que deviendrai gié? {Plainte de la Vierge au pied de la croix)
Appendice : XXX. Flur de virginité {Lai à la Vierge « sur le chant d'Aélis »)
Glossaire
Index des noms
Additions & corredions
Table des matières
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1820 — SoLESMEs, Sarthe. Imp. Saimt-Pierre. février 1901.
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